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20 juin 2001, la Journée mondiale des réfugiés
__Kofi Annan : "Nul ne doit être renvoyé ou expulsé quand sa vie ou sa liberté est menacée du fait de sa race, de ses opinions ou de sa religion"

| LE MESSAGE DE KOFI ANNAN |

Word Refugee day
Les Nations unies ont organisé pour la première, le 20 juin 2001, une "Journée mondiale des réfugiés". La décision de créer cette journée avait été prise le 4 décembre 2000 par l'Assemblée générale de l'organisation à New York.

Le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), agence des Nations unies basée à Genève, s'occupait fin 2000 de 21,1 millions de personnes: quelque onze millions de réfugiés, mais aussi des demandeurs d'asiles, des rapatriés et une partie des personnes déplacées par les guerres civiles. Plus de 6 millions des personnes secourues vivent en Afrique, particulièrement dans la région des Grands lacs et en Afrique de l'Est. Un autre point chaud est l'Asie centrale en raison notamment du conflit afghan.

D'un budget 2001 de quelque 950 millions de dollars, le budget 2002 du HCR est en régression : il passera à 825 millions de dollars, soit une baisse d'environ 14%.

Le Haut Commissaire pour les réfugiés, l'ancien Premier ministre néerlandais Ruud Lubbers, qui a remplacé en janvier 2001 la Japonaise Sadako Ogata, a souhaité que la Première "journée mondiale des réfugiés" se traduise par un effort politique et financier accru de la communauté internationale.

Dans un message diffusé le 18 juin à New York, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies a relevé les tentations de repli de certains pays occidentaux: "A l'heure d'une prospérité sans précédent pour certains, les réfugiés découvrent que les lieux d'accueil se font de plus en plus rares".Up

LE MESSAGE DE KOFI ANNAN

Aujourd'hui, nous célébrons pour la première fois la Journée mondiale des réfugiés. Cette journée a été proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies en hommage au courage et à la vitalité extraordinaire des réfugiés d'hier et d'aujourd'hui, qui ont su persévérer quand tout était perdu, sauf l'espoir.

Les réfugiés sont les grands battants de notre époque. Beaucoup rentrent chez eux, après avoir surmonté les dures épreuves d'un long exil, pour trouver un pays dévasté, des communautés éclatées, où tout est à reconstruire. D'autres ne peuvent jamais rentrer et sont contraints de refaire leur vie à l'étranger. Tous méritent nos encouragements, notre soutien et notre respect.

Il est affligeant qu'en une époque qui est pour certains d'une prospérité sans précédent, les réfugiés sont de moins en mois bien reçus. Les pays qui leur donnaient volontiers asile commencent à fermer leurs portes et ce sont les pays pauvres, ceux qui peuvent le moins se le permettre, qui assument le plus lourd fardeau. Ce n'est pas juste. Aider les réfugiés n'est pas seulement un devoir moral; l'expérience a montré que, sur le plan culturel comme sur le plan économique, les réfugiés produisent davantage qu'ils ne consomment. Bon nombre d'entre eux sont extrêmement créatifs, s'étant déjà bâti une réputation dans leur pays d'origine ou s'empressant de s'en faire une dans leur pays d'adoption. Presque tous ont des qualifications et des compétences précieuses, ils sont durs à la tâche et heureux de pouvoir subvenir à leurs propres besoins.

_Le 50e anniversaire de la Convention sur les refugiés

Cette année marque le cinquantenaire de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951, qui est la pierre angulaire du régime de protection des réfugiés. Cette Journée mondiale doit être l'occasion de réaffirmer les principes fondamentaux consacrés dans la Convention, dont l'interdiction d'expulser ou de renvoyer quiconque dans un pays où sa vie ou sa liberté pourrait être menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son opinion ou de son appartenance à tel ou tel groupe social. Le respect de ce principe a permis de sauver d'innombrables vies humaines.

Le Haut Commissariat pour les réfugiés, qui a son siège à Genève, s'occupe de plus de 20 millions de réfugiés et autres personnes relevant de sa compétence dans le monde entier. Tous les réfugiés ont une histoire importante à raconter et, pour peu qu'on leur en donne la chance, une riche contribution à apporter à la société. Aidons-les à préparer des lendemains meilleurs !

Source: Nations unies, New York, 18 juin 2001.Up