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MAI 2002, LA SITUATION DES REFUGIES EN EUROPE
__Selon le HCR, le nombre des demandeurs d'asile dans les pays européens a considérablement diminué depuis 10 ans

Le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) a publié, le 30 mai 2002, à Genève, une série de statistiques qui semblent indiquer que le nombre des demandeurs d'asile dans les pays européens a considérablement diminué depuis 10 ans.

Le HCR souligne que le nombre des ces demandeurs d'asile dans l'Union européenne (UE) a diminué de moitié pendant cette période. En outre, relève le HCR, le nombre des demandeurs dans les pays de l'UE est en lui-même relativement faible, notamment si il, est comparé aux centaines de milliers de réfugiés accueillis par des pays en développement comme l'Iran ou le Pakistan.

L'agence des Nations unies exprime sa crainte que des milliers de réfugiés fuyant des persécutions dans leur pays d'origine soient qualifiés d'immigrants illégaux, de "faux réfugiés". "Le problème avec cette terminologie, c'est que les demandeurs d'asile entrent dans cette catégorie, alors que selon le droit international, il n'est pas illégal pour un réfugié d'entrer dans un pays sans papiers", remarque Rupert Colville, porte-parole du HCR.

"Les Juifs qui fuyaient en France l'occupant nazi pendant la Deuxième Guerre mondiale, franchissaient les Pyrénées sans papiers vers l'Espagne. C'était la seule façon pour eux de trouver la sécurité", rappelle-t-il.

384'530 réfugiés accueillis en 2001

Au cours des dernières années, selon le HCR, les groupes de demandeurs d'asile les plus nombreux venaient de l'Irak de Saddam Hussein et de l'Afghanistan sous domination des talibans. Le nombre de demandeurs d'asile dans l'Union européenne est passé de 675'460 en 1992, au plus fort de la crise dans les Balkans, à 384'530 en 2001.Up

Pendant cette période, l'Union européenne a accueilli d'abord des ressortissants yougoslaves (dont 680'000 Kosovars), des Turcs (283'000 kurdes), des Irakiens (239'000 Kurdes), des Afghans (158'000), des Bosniaques (151'000), des Srilankais (108'000 tamouls), des Iraniens (105'000), des Somaliens (104'000) et des Congolais de la République démocratique du Congo (88'000).

Dans tous ces pays, des troubles politiques expliquent cette émigration. Pour le HCR, il est difficile, dans ces conditions, de parler de "réfugiés économiques", d'autant que de nombreux réfugiés ont pu par la suite regagner leur pays.

Le nombre des demandeurs d'asile en baisse

Le HCR relève que le nombre des demandeurs d'asile est aujourd'hui en baisse. En dix ans, ce nombre a diminué de près d'un tiers. La moyenne sur ces dix ans est de 593'000 demandes d'asile par an pour les trente principaux pays industrialisés. Dans les quinze pays de l'Union européenne, elle est de 374'000 - 396'000 demandes en 1999, 384'000 en 2001.

Ces statistiques, souligne le HCR, devraient calmer les craintes de ceux qui, dans les pays de l'UE, veulent renforcer la lutte contre l'immigration clandestine et mettre en place une police européenne des frontières. Pour le HCR, l'approche consistant à durcir la fermeture des frontières est contre-productive, car elle conduit les réfugiés à avoir recours aux passeurs clandestins et à se confondre avec le flot des migrants économiques. "Les réfugiés sont alors contraints de se tourner vers les réseaux mafieux et c'est un cercle vicieux car ils sont alors associés à des activités criminelles".

Le principal mandat du Haut commissariat pour les réfugiés est de protéger les réfugiés et de surveiller l'application des mesures internationalement reconnues les concernant. Sont considérés comme réfugiés, les personnes fuyant des persécutions ou des discriminations dans leur pays. Le droit d'asile ou le statut de réfugié est accordé, suivant les pays, soit par les autorités nationales, soit par le HCR.

Sources: HCR, Genève, Nations unies, New York, et presse internationale, mai 2002.

_L'Union européenne ne compte que 3,5 % d'étrangers

La Commission européenne a publié, le 29 mai 2002, un rapport montrant que l'Union européenne héberge relativement peu d'étrangers d'origine extérieure à l'Union. Les "extra-communautaires" ne sont que 13 millions, soit 3,5 % de la population de l'Union.

"Leur nombre a progressé de moitié en quinze ans, notamment à cause de l'afflux d'immigrés d'Europe de l'Est et des Balkans après la chute du mur et la guerre en Yougoslavie, mais leur poids reste très inférieur aux 6,6% d'étrangers qui vivent aux Etats-Unis, note le quotidien Le Monde. Européens de l'Est et des Balkans ont choisi, pour les deux tiers, de vivre en Allemagne. Résultat, ce pays, qui héberge ainsi les trois quarts des Turcs vivant dans l'Union, est celui qui a le plus d'étrangers "extra-communautaires" - 5, 5 millions -, loin devant la France (2,1 millions), le Royaume-Uni (1,4 millions) et l'Italie (1, 1 million)."

Source: le Monde, Paris, mai 2002.Up