NATIONS UNIES, HCR, 20 JUIN 2010 | LA JOURNEE MONDIALE DES REFUGIES
__La Journée mondiale du réfugié a pour thème : "Retrouver un chez-soi"
En 2010, la Journée mondiale du réfugié célébrée chaque année le 20 juin a pour thème Retrouver un chez-soi dans le but de faire connaître le sort de plus de 40 millions de personnes déracinées à travers le monde.
"Nous avons choisi ce thème pour mettre l'accent sur l'espoir de retrouver un chez-soi. Cet espoir est partagé par toutes les personnes déracinées du fait de conflits, dont le souhait le plus cher est de retrouver une vie normal", a expliqué Daisy Dell, directrice de la Division des relations extérieures du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR).
"Au HCR, nous aidons les déracinés à retrouver un chez-soi et à recommencer une nouvelle vie grâce à la réinstallation, au rapatriement librement consenti et à l'intégration locale dans le pays d'exil. La plupart du temps, et là où c'est possible, les réfugiés préfèrent rentrer dans leur pays d'origine. Néanmoins, lors de conflits persistants - voire même s'aggravant - dans de nombreux pays, retrouver un chez-soi et recommencer une nouvelle vie s'avère de plus en plus difficile, a-t-elle ajouté.
Le monde compte 43,3 millions de personnes déracinées par les conflits, dont 15,2 millions sont des réfugiés, y compris 10,4 millions relevant de la compétence du HCR. (HCR).
• LE NOMBRE DES PERSONNES DERACINEES ATTEINT 43,3 MILLIONS EN 2009, COMME AU MILIEU DES ANNEES 90
A la fin de 2009, le monde comptait quelque 43,3 millions de personnes déplacées de force, soit le chiffre le plus élevé de personnes déracinées par le conflit et la persécution depuis le milieu des années 90, selon le rapport annuel du HCR sur les tendances globales de 2009 publié le 15 juin 2010. Par ailleurs, le nombre de réfugiés rentrant de leur plein gré dans leur pays est le plus faible enregistré au cours de ces vingt dernières années.
Le rapport indique que le nombre global de réfugiés est resté relativement stable, soit 15,2 millions, dont les deux tiers relèvent du mandat du HCR, l'autre tiers relevant de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). En raison de la persistance des conflits, plus de la moitié des réfugiés recevant l'assistance du HCR se trouvent dans des situations prolongées.
"Des conflits majeurs, comme en Afghanistan, en Somalie et en République démocratique du Congo, ne laissent entrevoir aucun espoir de solution", a souligné António Guterres, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés. "Les conflits qui semblaient s'acheminer vers leur terme ou étaient en passe de trouver une solution, comme au Sud-Soudan ou en Irak, sont dans l'impasse. En conséquence, l'année dernière n'a pas été un bon cru pour le rapatriement librement consenti. En fait c'est l'année la moins faste de ces deux dernières décennies"
Le rapport du HCR révèle que seuls 251’000 réfugiés sont rentrés en 2009, soit le chiffre le plus faible enregistré depuis 1990. Ce chiffre est à considérer en regard de la norme établie au cours de la dernière décennie, soit environ 1 million de rapatriés chaque année.
"Les réfugiés en exil depuis au moins 5 ans constituent désormais la majorité des réfugiés du monde. Ce pourcentage ne pourra que s'accroître si le nombre de réfugiés en mesure de rentrer chez eux diminue", a précisé António Guterres, se référant au plus de 5,5 millions de réfugiés relevant de son mandat dans une situation prolongée.
Le nombre de personnes déracinées par le conflit dans leur propre pays a augmenté de 4 %, passant à 27,1 millions à la fin de 2009. La poursuite du conflit en République démocratique du Congo, au Pakistan et en Somalie explique pour l'essentiel l'augmentation de ce chiffre global.
Le nouveau rapport observe également que davantage de réfugiés vivent dans les villes, essentiellement dans le monde en développement, contrairement à l'idée qui veut que les réfugiés inondent les pays industrialisés.
Le nombre de nouvelles demandes d'asile individuelles dans le monde avoisine le million, l'Afrique du Sud ayant reçu plus de 220’000 demandes l'année dernière, ce qui en fait le premier pays de destination pour l'asile dans le monde.
Principaux pays de destination des nouveaux demandeurs d'asile, 2008-2009
Le rapport sur les tendances globales de 2009 examinant les tendances statistiques et les modèles de déplacement liés au conflit couvre également les apatrides. Le nombre de personnes recensées comme apatrides à la fin de 2009 s'établissait à 6,6 millions bien que, de source officieuse, ce chiffre pourrait être de 12 millions.
Le HCR protège et assiste les réfugiés et s'efforce de trouver des solutions à leur sort. La persistance du conflit rend difficile le retour librement consenti vers les pays d'origine, soit la solution privilégiée par les pays hôtes et les réfugiés.
Concernant la réinstallation biais par lequel les réfugiés hébergés dans un état d'asile, habituellement dans le monde en développement, sont admis aux fins d'établissement permanent dans un autre Etat, généralement dans le monde développé le HCR a présenté le chiffre record de 128’000 dossiers individuels de réinstallation dans des pays tiers, soit le chiffre le plus élevé de ces 16 dernières années.
A la fin de 2009, 112’400 réfugiés ont été admis aux fins de réinstallation par 19 pays, y compris les Etats-Unis d'Amérique (79’900), le Canada (12’500), l'Australie (11’100), l'Allemagne (2’100), la Suède (1’900) et la Norvège (1’400).
Les principaux groupes de réfugiés réinstallés en 2009 venaient de Birmanie (24’800), Irak (23’000), le Bhoutan (17’500) la Somalie (5’500), l'Erythrée (2’500) et la République démocratique du Congo (2’500). Au cours de la dernière décennie, plus de 1,3 million de réfugiés ont été naturalisés plus de la moitié d'entre eux aux Etats-Unis.
LA JOURNEE DES REFUGIES. En témoignage de solidarité avec l'Afrique, qui abrite le plus grand nombre de réfugiés, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté, en décembre 2000 une résolution instituant, le 20 juin de chaque année, une Journée mondiale des réfugiés.
Sources : Nations unies, New York et Genève, juin 2010.
