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La violation des droits de l'homme dans le monde

 LES VIOLATIONS 

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RAPPORT 2006
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> Introduction A la recherche de la sécurité humaine

> La situation en Europe

AMNESTY INTERNATIONAL / LE RAPPORT 2006 DE l'ORGANISATION DE DEFENSE DES DROITS DE l'HOMME
__"L'opinion mondiale n'est plus disposée à croire que la sécurité passe par une restriction des libertés"

Rapport 2006Les "puissants" négligent le sort des "pauvres et des faibles", victimes, comme en Irak, des violences communautaires et des "actes terroristes des groupes armés", mais ils sacrifient leurs propres principes au combat antiterroriste, notamment en s'autorisant le recours à la torture : "Ce n'est pas en versant de l'huile sur le feu que l'on parvient à éteindre un incendie. La torture et la terreur se nourrissent mutuellement."

Tel est le principal constat dressé par Amnesty International (AI), dans son rapport 2006, rendu public le 23 mai 2006, à Londres, et qui porte sur l'année 2005.

Les droits de l'homme ont continué d'être bafoués dans le monde en 2005, mais des "raisons d'espérer" apparaissent, juge cependant Amnesty, dont le rapport, véritable état des lieux planétaire des répressions et violations, passe en revue 154 pays et territoires.

Irene Khan "Des limites, encore fragiles, se dessinent. Des voix s'élèvent. Tout cela nous donne à espérer que les mentalités vont évoluer et, qu'à l'avenir, les droits de l'homme et la sécurité seront appréhendés de manière plus morale", souligne Irene Khan, secrétaire générale de l'organisation, qui se veut optimiste.

"Nous voyons un changement dans l'opinion publique. Les gouvernements, et parmi les plus puissants, sont amenés à rendre des comptes. Les gens protestent, par exemple contre l'érosion de l'interdiction de la torture. Nous avons vu en Europe l'indignation provoquée par les vols [secrets] de transports de prisonniers. La lutte contre l'impunité continue à gagner du terrain", explique-t-elle.

"Le nombre global de conflits continue à diminuer dans le monde". En Angola, au Liberia et en Sierra Leone autrefois ravagés par la guerre, "des millions de personnes ont retrouvé l'espoir" et vivent à nouveau en paix.

Plusieurs pays ont aussi "ouvert des enquêtes ou organisé des procès contre des personnes soupçonnées de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", et dans le même temps, "le soutien apporté à la Cour pénale internationale (CPI) s'est renforcé", malgré l'opposition des Etats-Unis. Les Nations unies ont commencé de réformer leur système de protection des droits de l'homme. Selon Amnesty, l'année 2005 a enfin vu "l'une des plus grandes mobilisations de la société civile dans la lutte contre la pauvreté et dans le combat pour les droits économiques et sociaux".

"L'opinion mondiale commence à changer, conclut Amnesty. Elle n'est plus disposée à croire que la sécurité passe par une restriction des libertés."

La fermeture de Guantanamo

L'année 2005 a vu la répression, l'arbitraire et la terreur se poursuivre sur tous les continents. Les manquements aux droits de l'homme sont présents sur tous les continents.

L'Irak a sombré dans la spirale de massacres quotidiens. Palestiniens et Israéliens continuent de souffrir. Dans plusieurs pays, les attentats commis contre des civils ont franchi "un nouveau palier de brutalité et d'intensité". Amnesty cite aussi des violations à grande échelle en Chine, en Russie, en Colombie et au Soudan.

Le conflit du Darfour, à l'ouest du Soudan, illustre, de manière exemplaire, pour Amnesty, l'impuissance, voire l'indifférence, de la communauté internationale envers un conflit qui a déjà tué des milliers de personnes et contraint des millions d'autres à se déplacer ou à s'exiler. La communauté internationale, note-t-elle, n'a porté qu'une "attention intermittente" à la crise.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, d'autres pays européens sont critiqués pour avoir défendu l'usage de la torture et pour avoir mis à mal l'Etat de droit au nom de la "guerre contre le terrorisme". Le gouvernement britannique est accusé d'avoir, après les attentats de Londres de juillet 2005, tenté de "remettre en cause l'interdiction de la torture".

Comme en 2005, Amnesty dénonce aussi la détention par les Américains, sans inculpation ni jugement, de milliers de personnes en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo (où quelque 500 personnes soupçonnées de terrorisme sont emprisonnées sans inculpation), et la "disparition" d'autres détenus dans les prisons secrètes de la CIA.

L'organisation demande la fermeture de Guantanamo "symbole de l'abus de pouvoir des Etats-Unis".

[ Le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Sean McCormack a formellement démenti les accusations d'Amnesty faisant état "d'actes de torture et de mauvais traitements" à Guantanamo. "Non. Personne n'est torturé à Guantanamo", a-t-il assuré.

"Personne ne veut garder (le centre de détention) Guantanamo ouvert indéfiniment", a-t-il assuré. "Mais il a une utilité : retirer de la circulation ces individus qui menacent les Américains et d'autres".]

Les manipulations du Conseil de sécurité

Enfin, Amnesty s'en prend au Conseil de sécurité des Nations unies, dont les membres, estime-t-elle, manipulent les Nations unies pour protéger leurs intérêts, qu'il s'agisse de la Russie au Caucase, ou de la Chine, complaisante avec les régimes les plus répressifs d'Afrique.

Même critique envers l'Union européenne, qui, écrit Irene Khan, doit se montrer plus sévère envers la Russie, à propos de la Tchétchénie, et doit maintenir l'embargo sur les armes à destination de la Chine.

Sources : Amnesty International et presse française, dont "Le Monde".
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