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__Le rapport 2000 du PNUD : les droits de l'homme au centre du "développement humain"
Des inégalités de revenus sans précédent
Il manque aux pays en développement 80 milliards de dollars par an pour assurer tous les services de base. En 1998, 150 millions de personnes étaient privées d'emploi et 250 millions d'enfants contraints de travailler dans les pays en développement. Plus de 30'000 enfants meurent chaque jour pour des raisons qui auraient pu être évitées. La planète compte aujourd'hui 1,2 milliard de personnes qui vivent avec moins d'un dollar par jour - et 780 millions de pauvres souffrent de la faim, dont 8 millions dans les pays industrialisés. Droits de l'homme: des progrès mais aussi de graves violations"Au terme du XXe siècle, les droits de l'homme et le développement humain ont accompli des avancées sans précédent, mais le chemin qui reste à parcourir reste encore long", note le rapport du PNUD qui souligne que "les luttes pour la liberté humaine ont changé la face du monde". L'optimisme des responsables de l'agence des Nations unies s'appuie sur des progrès incontestables obtenus au cours de ces dernières décennies. En l'espace de dix ans, cinq des six grands traités relatifs aux droits de l'homme ont été ratifiés par plus de 140 pays et sept grandes conventions sur les droits du travail ont été ratifiées par 62 Etats. Ces progrès ne font pas oublier que les discriminations perdurent, fondées sur le sexe, l'âge, l'ethnie ou la race. Certes la torture est en recul. Mais les violences contre les femmes et les enfants persistent: actuellement 1,2 millions de femmes et de fillettes ont été envoyées de force à l'étranger pour être prostituées et 100 millions d'enfants vivent ou travaillent dans la rue. L'éradication de la pauvreté est un défi central pour les droits de l'homme au XXIe siècle, affirme encore le PNUD qui préconise une "démocratie intégratrice" qui protège les minorités, assure la séparation des pouvoirs, avec une société civile ouverte et des médias indépendants. L'Etat doit rendre des comptes aux citoyens, à l'abri du "pouvoir corrupteur de l'argent". Croissance économique et libertés fondamentales"La philosophie du PNUD est facile à comprendre, analyse "Le Monde": comment ne pas partager l'idée selon laquelle toute personne ayant le droit de participer à la vie politique, ayant accès aux soins de santé ou à la propriété foncière est en mesure de travailler plus et de s'engager davantage dans l'économie et la vie collective? Mais les fait, pour l'instant ne semblent pas toujours donner raison à l'administrateur du PNUD. Des pays comme la Chine, le Pérou ou encore la Tunisie obtiennent des résultats impressionnants en matière de croissance économique et de réduction de la pauvreté sans offrir à leurs peuples certaines libertés fondamentales, en particulier la liberté d'expression. Mark Malloch Brown en convient: "Certains pays ont connu de longues périodes de croissance avec des gouvernements totalitaires. Mais les pays qui veulent maintenant leur croissance sur le long terme doivent ouvrir leur système politique.. Regardez le Chili, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud... Est-ce que ça s'applique à la Chine? On verra, je pense que oui." En 2000, conclu le rapport du PNUD, "le monde dispose des informations et capacités nécessaires pour réaliser les droits de tous dans tous les pays" mais "les lois à elles seules ne peuvent garantir le respect" de ces droits. |