LES VIOLATIONS

Les rapports
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__Des experts des Nations unies demandent à la Russie d'enquêter sur les allégations de violations des droits de l'homme et de protéger les droits des tchétchènes
Des experts de la Commission des droits de l'homme des Nations unies ont lancé, le 3 mars 2000, à Genève, un "appel urgent" à la Fédération de Russie pour qu'elle enquête sur les allégations de détention arbitraire, d'exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, de torture et de violence contre les femmes en Tchétchénie.
Dans leur appel, Mme Radhika Coomaraswamy, rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes; M. Kapil Sibal, président-rapporteur du Groupe de travail sur détention arbitraire; Mme Asma Jahangir, rapporteuse spéciale sur les exécutions extrajudiciaire, sommaires ou arbitraires; M. Nigel Rodley, rapporteur spécial sur la torture, font mention d'informations qui ont été portées à leur connaissance en ce qui concerne :
des allégations d'exécutions extrajudiciaires, par les troupes russes, de nombreux civils pendant les opérations ou les attaques militaires et les fouilles de villages; les allégations de viols de femmes tchétchènes par les soldats russes pendant et après les opérations de l'armée;
des allégations de détention arbitraire, sans mandat ni accusation, d'un nombre inconnu mais important de civils tchétchènes, en majorité des hommes, dans plusieurs camps d'internement ou "camps de filtrage", comme le camp de Tchernokosovo;
des informations sur la torture et le mauvais traitement des personnes détenues dans les camps d'internement, y compris des femmes et des adolescents, et de personnes soupçonnées de collaboration avec les rebelles tchétchènes; ainsi, il a été rapporté que des personnes détenues dans "les camps de filtrage" sont soumises, en particulier pendant les interrogatoires, à la torture et à d'autres formes de mauvais traitements, y compris le viol et d'autres formes d'abus sexuel, aux coups de matraques et de marteaux, et sont parfois enfermées dévêtues dans des cellules froides et humides.
Selon certaines allégations, des détenus sont parfois forcés de garder les bras levés pendant des journées entières et gaz lacrymogène est régulièrement utilisé dans les cellules; il semblerait que les corps d'hommes tchétchènes exécutés par les membres des forces armées russes portent parfois des marques évidentes de torture ou de mauvais traitement;
les déplacements forcés de la population civile qui se poursuivent et les préoccupations qu'ils suscitent, notamment de la part du Représentant spécial du Secrétaire général sur les personnes déplacées dans leur propre pays, qui s'était exprimé sur la question le 21 décembre 1999; des informations récentes indiquent que quelques 300 000 personnes ont fui le conflit et sont déplacées en Tchétchénie et dans les républiques voisines de l'Ingouchie, du Daguestan, de l'Ossétie du Nord et d'autres régions de la Fédération de Russie. En particulier, il y a des inquiétudes en ce qui concerne la situation des personnes qui ont été déplacées dans les Gorges de l'Argoun.
Les experts des Nations unies demandent à la Fédération de Russie "de fournir des renseignements en ce qui concerne les allégations de violations et de veiller à la protection du droit à la vie de la population de Tchétchénie, de son droit à l'intégrité physique et mentale et de son droit de ne pas être soumise à la détention arbitraire".
Source: Département de l'information (DPI), Nations unies, Genève, 6 mars 2000. |