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LES VIOLATIONS |
OCTOBRE 2002, LA CAMPAGNE "JUSTICE POUR TOUS" DAMNESTY INTERNATIONAL
Près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants sont incarcérés en Russie, selon Amnesty. Parmi eux, près de 200'000 attendent d'être jugés. Or, souligne l'organisation, "la plupart des personnes en détention provisoire vivent dans des conditions qui constituent une peine ou un traitement cruel, inhumain et dégradant". Les femmes arrêtées par la police sont "fréquemment torturées et notamment violées", et les "les mineurs sont fréquemment privés de leur liberté pendant des mois, voire des années, en attendant d'être jugés". "Peu à peu, en fréquentant un certain nombre de personnes qu'il m'a été donné de connaître, et en particulier sous l'influence de ma femme, la défense d'individus victimes d'injustices et de violations de droits civiques essentiels prenait une place grandissante dans mes interventions publiques. "Ces dernières années, cette défense est devenue l'axe principal de mon action. Je soutiens la lutte internationale pour la libération des prisonniers de conscience dans le monde entier, ce qui est l'objectif d'Amnesty International; je soutiens sa lutte contre la peine de mort et la torture. "Je suis persuadé que les idées de défense des droits de l'homme sont la seule base susceptible d'unir les hommes indépendamment de leurs convictions nationales, politiques, religieuses et de leur position sociale " Andreï Sakharov, ancien prisonnier d'opinion et défenseur des droits de lhomme. Dans: Mémoires, Seuil, Paris, 1990. Pour Amnesty, la Russie est un pays où "la torture et les mauvais traitements sont largement utilisés par les responsables de l'application des lois", y compris à l'égard des femmes. L'organisation cite plusieurs méthodes de torture, dont celle connue sous le nom de "slonik" (l'éléphant) qui consiste à asphyxier la victime avec un masque à gaz soudain coupé de toute alimentation en air, ou encore celle de la "lastotchka" (l'hirondelle) qui consiste à attacher les mains de la victime derrière son dos avec des menottes et à la suspendre ainsi par les bras. La situation en TchétchénieLes minorités ethniques, et particulièrement les Tchétchènes, sont la plupart du temps considérés par les forces de sécurité comme "des terroristes, des trafiquants de drogue ou plus généralement des criminels", relève Amnesty, qui consacre également un long développement sur les violations des droits de l'homme en Tchétchénie. Les forces russes, "sur la base de renseignements dignes de foi et qui se recoupent", seraient notamment responsables de "disparitions, d'exécutions extrajudiciaires, de viols et d'autres actes de torture" en Tchétchénie. Amnesty fait d'autre part état de violations des droits de l'homme par les forces tchétchènes, dont certaines "ne font rien pour protéger la population civile", lorsqu'elles opèrent en zones urbaines. En conclusion de son rapport, Amnesty International propose
plusieurs "recommandations" aux autorités russes
à commencer par la mise en oeuvre d'une "réelle
volonté politique de promouvoir et faire respecter les
droits fondamentaux". L'organisation lance également
un appel à la communauté internationale "à
condamner les atteintes aux droits humains commis par les forces
russes et tchétchènes en Tchétchénie". |