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LES VIOLATIONS |
MAI 2004 / LA SITUATION DES DROITS DE LHOMME EN FRANCE
Le rapport d'Amnesty ne se veut pas exhaustif, il ne traite pas de tous les domaines où les droits de l'homme peuvent être limités (sécurité intérieur, justice...) ni des cas individuels de violation des droits de l'homme, conformément à la règle de l'organisation. ASILE. L'évolution du droit d'asile est pour l'organisation française "inquiétante". Qu'il s'agisse des zones d'attente (gares, aéroports), du fonctionnement de l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), de celui de la commission des recours ou de l'accompagnement des mineurs isolés, la France, estime Amnesty, a "un positionnement qui est souvent lourd de conséquences sur celui de ses voisins européens". VIOLENCES CONTRE LES FEMMES. "Harcèlement, atteintes, agressions sexuelles, viols, violences conjugales, mutilations sexuelles féminines, proxénétisme... les violences à l'encontre des femmes sont l'un des plus grands scandales en matière de droits humains de notre temps. Elles n'ont aucune limite de culture, ni de statut social", s'indigne Amnesty dans son rapport. L'association évoque la situation particulière des femmes issues de l'immigration qui "a longtemps laissé indifférents les dirigeants". Humiliées, isolées, les femmes migrantes n'ont pas, selon l'organisation, les repères suffisants pour savoir à qui s'adresser. LES VENTES D'ARMES. Si ces ventes ont une réelle
importance économique pour la France, juge Amnesty, l'association
regrette le manque de transparence et de contrôle. Elle
demande que le Parlement puisse exercer ce contrôle, avec
la "garantie que les armes ne soient pas utilisées
à des fins de répression ou de violation des droits
humains". AMNESTY-FRANCE PRESENTE SON RAPPORTLa France, souvent citée comme "patrie des droits de l'Homme", joue un rôle important au sein de plusieurs enceintes internationales dans la protection et la promotion de ces droits. Pourtant, elle ne donne pas toujours l'exemple que l'on pourrait attendre d'elle, tant dans la mise en oeuvre des instruments internationaux que dans le plein respect de ses engagements existants. Le rapport, outil de travail pour les citoyens et les ministères, ne prétend pas évoquer de façon exhaustive tous les aspects de la politique française, mais présente certaines de nos préoccupations majeures ayant fait l'objet d'échanges avec les gouvernements successifs durant cette période. Le rapport aborde les 8 thèmes suivants :
LU DANS LA PRESSE
"Intitulée "France, patrie des droits humains ?", cette étude, la première faite par l'association sur la situation française, vient seconder le rapport annuel 2004 d'Amnesty International [ ]. Alors que, par tradition, les sections nationales de l'ONG s'interdisaient jusqu'alors de se prononcer sur l'état des droits de l'homme dans leur pays, l'antenne française a décidé cette année de changer ses règles. "Au regard de la situation nationale, nous avons décidé d'en faire un peu plus dans le domaine de la promotion des droits", explique Patrick Delouvin, un des responsables de la section française. La partie la plus critique [du rapport] a été
réservée à la politique du droit d'asile,
qui, au regard d'Amnesty International, a subi "une évolution
inquiétante". "Au-delà des déclarations
politiques, la réalité est que le droit d'asile
en France est en crise et que la situation s'aggrave", indique
l'ONG. Après le vote de la loi du 10 décembre 2003,
le parcours du demandeur est encore plus "semé d'embûches"
: multiplication des procédures prioritaires avec un examen
accéléré de la demande, statut moins protecteur
avec la création de la "protection subsidiaire",
décisions par "ordonnance"à la Commission
des recours des réfugiés, augmentation des rejets
pour "demande manifestement infondée" à
la frontière, mesures restrictives dans l'octroi du statut
pour les étrangers provenant de "pays d'origine sûre"...
Autant de mesures votées qui "vont permettre de refuser
l'asile à ceux qui l'obtenaient pourtant avant", souligne
Amnesty".
Et si ce dernier thème est particulièrement développé, c'est que "le droit d'asile en France est en crise et que la situation s'aggrave". Qu'il s'agisse des zones d'attente, de l'accompagnement des mineurs isolés ou du fonctionnement de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Amnesty regrette "l'influence grandissante du ministère de l'Intérieur au sein de l'Ofpra". [ ] Selon le rapport, le nombre de demandes d'asile à l'arrivée en France est en chute libre (moins 40 % en deux ans). [Amnesty France] met aussi le doigt sur les violences policières racistes en zone urbaine ou lors de reconduites à la frontière. Amnesty s'élève enfin contre l'inégalité des Français face à la justice en comparant les sorts de Maurice Papon, libéré, et de Nathalie Ménignon (Action directe), toujours en prison. Sources : presse française et communiqué
Amnesty International France, mai 2004. |