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La violation des droits de l'homme dans le monde


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> Le rapport d'Amnesty sur les Etats-Unis
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AMNESTY INTERNATIONAL MAI 2005 / LE RAPPORT 2005 DE l'ORGANISATION
__Guantanamo est devenu "le goulag de notre époque"


Les violations continuelles et massives des droits de l'homme sur la planète trahissent une promesse faite par les dirigeants du monde entier, et d'abord les plus puissants : telle est la principale accusation lancée par Amnesty International, dans son rapport annuel 2005, rendu public le 25 mai 2005 à Londres.

CarteCette trahison, déclare Irene Khan, secrétaire générale de l'organisation de défense des droits de l'homme, s'est accompagnée, au cours de l'année 2004, d'une montée en puissance du terrorisme : décapitation de prisonniers en Irak, prise en otage d'enfants à Beslan, attentats de Madrid.

"Pourtant, ajoute Irene Khan, les gouvernements refusent de s'interroger sur l'inefficacité de leur action contre le terrorisme, et s'entêtent à appliquer des stratégies manifestement inopérantes, mais politiquement si commodes. Quatre ans après les attentats du 11 septembre [2001], la promesse d'un monde plus sûr sonne plus creux que jamais".

Photo Armée américaine, 2002.


Irene Khan dénonce les tentatives des Etats-Unis de banaliser la torture. Les Américains, souligne-t-elle, essaient de retirer son caractère absolu à l'interdiction de la torture en la "redéfinissant" et en l'"édulcorant" . Or, rappelle-t-elle, "la torture gagne du terrain dès que sa condamnation officielle n'est plus absolue". Malgré l'indignation suscitée par les tortures commises dans la prison d'Abou Ghraib (Irak), déplore Amnesty, ni le gouvernement ni le Congrès des Etats-Unis n'ont demandé l'ouverture d'une enquête approfondie et indépendante.

"Le centre de détention de Guantanamo est devenu le goulag de notre époque", assure Irene Khan. "Lorsque le pays le plus puissant de la planète, poursuit-elle, foule au pied la primauté de la loi et des droits humains, il autorise les autres à enfreindre les règles sans vergogne, convaincus de rester impunis".

Amnesty reproche enfin à la communauté internationale de ne pas être capable d'une action concrète au Darfour - "Au Darfour, l'indifférence et la lassitude s'allient à l'impunité" - et fustige la Commission des droits de l'homme des Nations unies, basée à Genève, "où les droits humains font l'objet de marchandages entre maquignons".

Irene Khan En 1973, dans son premier rapport consacré à la torture, Amnesty International s'exprimait en ces termes : "La torture prospère grâce au secret et à l'impunité. Elle surgit dès que les obstacles juridiques qui l'interdisent, sont abolis. La torture est renforcée par la discrimination et par la peur. Elle gagne du terrain dès que sa condamnation officielle n'est pas absolue". Les images des prisonniers détenus par les Etats-Unis à Abou Ghraib, en Irak, montrent que ce qui était vrai il y a trente ans reste valable aujourd'hui.

Malgré l'indignation presque universelle suscitée par les photographies en provenance d'Abou Ghraib et malgré les éléments laissant penser que d'autres prisonniers détenus par les Etats-Unis en Afghanistan, à Guantánamo et ailleurs sont victimes de telles pratiques, ni le gouvernement ni le Congrès des Etats-Unis n'ont demandé l'ouverture d'enquêtes détaillées et indépendantes.

Au contraire, le gouvernement des Etats-Unis a fait de grands efforts pour restreindre le champ d'application des Conventions de Genève et "redéfinir" la torture. Il a tenté de justifier le recours à des techniques d'interrogatoire coercitives, la pratique des "détenus fantômes" (personnes dont la détention au secret n'est pas signalée) et la remise de prisonniers à des pays où la torture est notoirement en usage. Le centre de détention de Guantánamo, où la pratique de la détention arbitraire et illimitée s'est pérennisée au mépris du droit international, est devenu le goulag de notre époque. Les procédures suivies par les commissions militaires ont tourné en dérision la notion de justice et bafoué les droits de la défense. Irene Khan, Avant-propos du Rapport AI, mai 2005.

Source : Amnesty International, mai 2005.
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