LES VIOLATIONS

Les rapports
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LE RAPPORT 2003 DE LOBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE LHOMME
__Les difficultés du combat pour les droits de l'homme
Le rapport que publient annuellement la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) constitue une mine d'informations quant à la situation des droits de l'homme dans le monde et aux risques qu'assument ceux qui les défendent. "Menaces de mort, campagnes de diffamation, mauvais traitements et actes de torture, représailles sur la famille, interdiction de voyager, arrestations et détentions arbitraires sont quelques-uns des obstacles que doivent affronter dans de nombreux pays les défenseurs des droits de l'homme", indique le rapport 2003.
76 d'entre eux ont été assassinés ou ont disparu en 2002, tandis que 143 ont été arrêtés, détenus ou condamnés de façon arbitraire, certains ayant subi des tortures ou des mauvais traitements. Les auteurs du rapport décrivent les "véritables stratégies de musellement" mises en uvre par certains Etats face à "une société civile dont la capacité d'action et de mobilisation s'accroît constamment aussi bien au niveau national qu'international". La répression contre les défenseurs des droits de l'homme est aussi, notent-ils, "une preuve de l'efficacité de leur combat".
[Les défenseurs des droits de l'homme en première
ligne. FIDH et OMCT. Editions L'Aube, 285 pages, 18 euros.]
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LES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE
Le document de la FIDH et de l'OMCT / Introduction
Constituer une association ou un syndicat, enquêter sur
des disparitions forcées ou des détentions arbitraires,
rédiger un rapport sur la torture, dénoncer les
conséquences sur la population indigène d'un barrage
ou documenter toute autre violation des droits de l'homme, comporte
un risque dans plus de quatre-vingts pays dans le monde. Menaces
de mort, campagnes de diffamation, mauvais traitements et actes
de torture, représailles sur la famille, interdiction de
voyager, confiscation de matériel, arrestations et détentions
arbitraires, sont quelques-uns des obstacles que doivent affronter,
dans de nombreux pays, les défenseurs des droits de l'homme.
L'existence d'une société civile dont la capacité
d'action et de mobilisation s'accroît constamment aussi
bien au niveau national qu'international s'accompagne d'une réaction
des Etats qui adoptent de véritables stratégies
de musellement de cette société civile indépendante.
Le tout sécuritaire
En 2002, cette tendance s'est confirmée et aggravée.
Conséquence des attentats du 11 septembre 2001, la société
civile intervient dans un contexte devenu plus hostile et dans
lequel s'est produit un changement de paradigme. Le tout sécuritaire
est devenu la priorité absolue et la lutte contre le terrorisme
- légitime et nécessaire - est de plus en plus
détournée de son objectif premier et utilisée
par les Etats pour asseoir ou renforcer leur propre pouvoir au
détriment des engagements qu'ils ont pris en faveur des
droits de l'homme. Certains Etats, comme l'Ouzbékistan,
la Russie, l'Egypte, la Malaisie, se sont
ainsi servis de ces événements pour légitimer
ou renforcer leurs pratiques répressives, souvent avec
l'encouragement ou la bénédiction de gouvernements
occidentaux donnant eux-mêmes le mauvais exemple et révisant
leurs alliances, au nom de la lutte internationale contre le terrorisme.
Aussi, dans ce contexte, ceux qui osent critiquer les régimes
pour leurs atteintes aux droits de l'homme sont plus que jamais
en première ligne. Ils sont pris en étau par le
pouvoir ou les groupes privés qui lui sont liés.
Leurs appels au respect de l'Etat de droit, leurs dénonciations
des violations sont perçus comme des menaces par un nombre
croissant d'Etats qui s'emploient en conséquence à
réprimer ces "fauteurs de troubles", ces "mauvais
patriotes" qui ternissent l'image de leur Etat au niveau
national comme international.
Cette répression, si elle n'est pas nouvelle, s'inscrit
dans une stratégie de criminalisation du mouvement des
droits de l'homme de plus en plus élaborée à
mesure que ce mouvement prend de l'ampleur. La criminalisation
est identifiable au travers des discours des autorités
qui qualifient les défenseurs d'ennemis de l'Etat, les
assimilent à des opposants politiques, à des délinquants
ou encore à des terroristes, et les accusent de porter
atteinte à la sécurité nationale.
Ainsi, le président de la République de Géorgie
n'hésite pas en mars 2002 à comparer les activités
des ONG à celles des terroristes et appelle à un
contrôle étroit de leurs finances. Des mesures répressives
accompagnent ces discours calomnieux : poursuites judiciaires,
arrestations et détentions arbitraires, menaces, surveillance,
campagnes de diffamation. En Ethiopie, deux défenseurs
sont poursuivis pour tenter de changer la Constitution par des
moyens illégaux parce qu'ils ont promu les libertés
fondamentales lors d'une conférence universitaire.
Des droits individuels bafoués
Les défenseurs et leur famille voient leurs droits individuels
bafoués (droit à la vie, liberté d'expression,
de mouvement) tout comme leurs droits collectifs (liberté
d'association, de réunion, de manifestation). De l'Italie
à l'Azerbaïdjan en passant par l'Algérie
et l'Argentine, les mouvements de protestation sociale
sont réprimés par une utilisation disproportionnée
de la force. Certains gouvernements refusent d'accepter le caractère
social et économique de ces mouvements ou d'en reconnaître
la légitimité. Les organisateurs des manifestations,
les associations qui déposent auprès des autorités
compétentes les plaintes pour utilisation disproportionnée
de la force, celles qui s'enquièrent du sort des détenus
ou encore les personnes qui documentent ces agissements (journalistes,
photographes) sont particulièrement vulnérables
aux représailles de la part des responsables de ces violences.
Cette criminalisation s'appuie sur un arsenal juridique que
de nombreux Etats instrumentalisent à des fins politiques
pour museler toute forme d'opposition. On peut citer les législations
pénales qui prévoient une incrimination large pour
notamment "troubles à l'ordre public", "publication
de secrets d'Etat", "hooliganisme", "actions
contre l'ordre constitutionnel", "diffamation à
l'encontre des autorités".
La campagne internationale contre le terrorisme a fourni à
de nombreux Etats une occasion de renforcer cet arsenal en se
dotant de nouvelles lois qui, sous prétexte de lutter contre
le terrorisme, restreignent ou permettent de restreindre l'exercice
des libertés fondamentales et notamment les libertés
d'association et de manifestation.
La Russie a adopté en quelques jours, en juin
2002, une loi sur l'extrémisme politique qui constitue
une réelle menace pour toute la société civile
russe. Cette loi ne donne aucune définition claire de "l'extrémisme
politique", laissant ainsi la porte ouverte à de nombreuses
interprétations arbitraires. Le procureur ou toute autre
institution judiciaire peut suspendre ou dissoudre une organisation,
un syndicat ou un groupe religieux soupçonné d'"extrémisme".
Au nom de la lutte commune contre le terrorisme, les critiques de la communauté internationale à l'égard de pays peu soucieux de respecter l'Etat de droit se sont très nettement amoindries. Nombre d'Etats se sont ainsi vu accorder un véritable blanc-seing dans la mise en uvre de leur stratégie répressive.
En Malaisie, comme dans plusieurs pays de la région,
en raison du fait que l'Asie a été déclarée
par le président des Etats-Unis comme le second front dans
la lutte antiterroriste, les gouvernements ont interprété
la nouvelle alliance contre le terrorisme comme un chèque
en blanc pour mener une répression contre tous les éléments
qu'ils considèrent comme subversifs ou portant atteinte
à la sécurité nationale. Au nom de cette
lutte, tous les abus sont ainsi possibles.
La répression des Etats
Les instances multilatérales ont suivi, en toute
logique, le mouvement des Etats qui les composent. La lutte contre
le terrorisme a animé tous les débats au détriment
d'une évaluation de la situation des droits de l'homme
qui relève pourtant du mandat de ces organes. Le Comité
des Nations unies contre le terrorisme, créé
à l'automne 2001, a reçu un an après sa mise
en place 207 rapports en provenance de 163 Etats. Cet engouement
contraste avec le retard cumulé de 1 371 rapports déploré
par les six Comités de l'ONU chargés de la surveillance
de l'application des traités relatifs aux droits de l'homme.
En 2002, plusieurs organisations régionales ont adopté
des textes pour lutter contre le terrorisme, telles l'Union européenne,
et l'Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe (OSCE), tandis que la Convention contre le terrorisme
adoptée par l'Organisation de l'unité africaine
(OUA) est entrée en vigueur. Ces textes auxquels s'ajoutent
les autres conventions régionales existantes ont tous en
commun une définition très large du terrorisme qui
fait craindre qu'un très grand nombre d'actes, y compris
d'opposition légitime et de mobilisation de la société
civile, ne tombent sous le qualitatif de "terroristes".
L'un des objectifs poursuivis par ces Etats opportunistes dans
la mise en application de cette stratégie de criminalisation
des défenseurs est de contrôler toute information
relative aux droits de l'homme. Cette information constitue un
réel enjeu pour les Etats les plus répressifs. Les
révélations sur les violations des droits de l'homme,
la corruption, les dysfonctionnements de la justice, les abus
commis par les forces de police ou l'armée dans un Etat
donné peuvent conduire à une condamnation par la
communauté internationale ou à la suspension de
l'aide internationale et, en tout état de cause, contribuer
à ternir l'image de cet Etat aux niveaux régional
et international.
Le contrôle des nouvelles technologies de l'information
Ces faits soulignent le paradoxe de ce début du XXIe
siècle où, parallèlement au développement
d'un système mondial de communication de plus en plus sophistiqué,
on assiste au développement de stratégies étatiques
visant à contrôler toujours davantage, sinon les
moyens de communication, en tout cas, l'information les concernant.
Par exemple, en Tunisie, un internaute fondateur et animateur
d'un site consacré aux libertés fondamentales a
été condamné à deux ans de prison
pour propagation de fausses nouvelles. Dans le même temps,
il est prévu que la Tunisie accueille en 2005 la deuxième
réunion du Sommet mondial sur la société
de l'information.
Les nouvelles technologies sont un outil essentiel pour les
défenseurs. Elles leur permettent un accès direct
à l'extérieur sans intermédiaire et d'avoir
plus d'impact dans l'opinion publique. Par exemple, au niveau
national, le droit de recevoir et de diffuser des informations
permet aux ONG de promouvoir les principaux instruments internationaux
et régionaux de protection des droits de l'homme, et au
niveau international, c'est sur cette base que repose leur aptitude
à alerter et à mobiliser la communauté internationale
des violations des droits de l'homme dont ils sont les témoins.
Pour contrôler l'information sur les droits de l'homme,
les Etats s'appuient sur des méthodes variées :
assassinats et enlèvements de défenseurs, menaces
de mort, torture, arrestations et détentions arbitraires,
interdiction de quitter le pays
En plus de ces méthodes radicales visant à faire
taire les défenseurs, depuis plusieurs années, d'autres
mesures de représailles plus pernicieuses se sont développées.
Si elles sont au premier abord moins violentes, elles participent
de la même stratégie de musellement. L'année
2002 a confirmé cette tendance et, sur tous les continents,
on assiste à la systématisation de l'utilisation
de ces méthodes. L'Observatoire a choisi de mettre l'accent
sur certaines d'entre elles particulièrement usitées
en 2002.
Dénaturer l'information et le message sur les droits
de l'homme
Les autorités relayées par les médias
officiels organisent des campagnes de diffamation contre les défenseurs
afin de dénigrer auprès de la population et de la
communauté internationale le contenu des informations transmises
et ainsi les couper des relais et du soutien nécessaires
à leurs activités.
Au Zimbabwe, le ministre de la Justice en novembre 2002
a ainsi déclaré : "Nous avons une série
d'ONG étrangères et nationales qui dissimulent leurs
activités sous une sémantique liée aux droits
de l'homme, la démocratie et la promotion de la société
civile. Leur but est de déstabiliser le pays." Le
président a lui-même accusé les ONG d'interférer
dans les affaires nationales et d'être des "petits
gouvernements".
En Equateur ou au Honduras, les défenseurs
sont présentés comme des amis et protecteurs des
délinquants, en raison de leur lutte pour le droit à
un procès équitable ou à des conditions de
détention humaines. Ces campagnes, dans des contextes de
tensions et ou de conflits armés, constituent de réelles
menaces pour la vie des défenseurs.
Dans la partie de la République démocratique
du Congo contrôlée par les forces rebelles, les
défenseurs sont présentés lors d'émissions
de radio comme des "agitateurs" ou des "agents
de Kinshasa". Ces propos mettant leur vie en grave danger,
ils sont fréquemment contraints à la clandestinité
ou à l'exil.
En Colombie, de nombreuses organisations sont publiquement
accusées d'être la façade des groupes subversifs
et de collaborer avec eux. Ces accusations font courir un grave
danger à leurs membres. En effet, plusieurs organisations
ont été déclarées objectif militaire
par des groupes qui profitent de la suspicion qui pèse
sur le travail de défense des droits de l'homme pour commettre
des violations en toute impunité. Certaines organisations
ont dénoncé ce qu'elles considèrent comme
une véritable chasse aux sorcières renforcée
par le recours à un réseau d'informateurs qui peut
activer la perquisition des locaux d'une ONG ou l'arrestation
d'un défenseur par un simple témoignage.
Manipulation et instrumentalisation de l'information sur
les droits de l'homme
Compte tenu du rôle joué par les ONG et les informations
qu'elles diffusent dans la perception de l'opinion sur telle ou
telle politique d'un Etat, les gouvernements les plus répressifs
s'efforcent d'investir le domaine de la société
civile indépendante et de l'instrumentaliser.
Une grande variété de formules existent. Par
exemple, la création par un pouvoir de GONGOs [Governmental
non governmental organisations - galement OVG, Organisation véritablement
gouvernementale] est une pratique courante. Les formes de ces
GONGOs sont diverses et les liens entre ces GONGOs et le pouvoir
peuvent être plus ou moins directs. Mais dans tous les cas,
depuis le banc des ONG, par exemple lors de rencontres multilatérales,
elles appuient la politique de leur gouvernement et dénigrent
le message porté par les ONG indépendantes. Se développent
également des ONG qui défendent un intérêt
partisan privé (sectaire ou prosélyte, économique,
etc.) au détriment de l'intérêt général
que constitue la défense de l'ensemble des droits et libertés
universels. On mesure combien les activités de ces associations
peuvent être porteuses de discrédit à l'égard
des ONG indépendantes qui défendent l'intérêt
général. Dans ce contexte, la question du régime
du statut consultatif des ONG au sein des instances internationales
devient cruciale. Celles-ci sont de plus en plus parasitées,
et le droit de parole des ONG indépendantes - qui permettent
de faire entendre la voix des victimes dont les intérêts
sont souvent négligés et de rappeler aux gouvernements
leurs engagements librement souscrits au titre des instruments
internationaux est réduit d'année en année.

Cependant, une ONG véritablement indépendante devrait respecter les principes suivants : organisation d'intérêt général (cela doit figurer dans les statuts et être visible au niveau des activités), effectivité (les activités doivent être avérées au travers des actions menées, et grâce à des publications, prises de position, etc.), but non lucratif, indépendance à l'égard des gouvernements, partis politiques, intérêts privés, diversité des ressources financières, transparence, démocratie interne, usage par l'ONG de sa liberté d'expression et en particulier de sa liberté de critique. C'est à l'aune de la mise en uvre de ces différents principes que peut être mesurée l'indépendance des ONG de défense des droits de l'homme, en tenant compte du contexte politique dans lequel elles agissent, qui peut représenter un obstacle objectif au respect de l'un d'entre eux.
Entraver la recherche d'information
Les défenseurs se voient parfois empêchés
d'effectuer des enquêtes par des limitations imposées
à la liberté de mouvement. Dans les Territoires
palestiniens occupés, lors des opérations militaires
israéliennes à l'instar de celles d'avril, les défenseurs
des droits de l'homme n'ont pas pu mener librement des enquêtes
sur le sort des civils : ils n'ont pu avoir accès aux sites
et ont été l'objet de destruction de matériel
et de raids dans les bureaux des ONG.
Les autorités ou les groupes armés qui leur sont
liés se livrent à la saisie d'ordinateurs et d'imprimantes,
et au vol des disquettes pour entraver le traitement de l'information.
Au Guatemala, de nombreuses associations ont vu leurs bureaux
fouillés et leur équipement volé pendant
la nuit. L'infraction peut aussi se dérouler de jour :
des hommes, parfois armés, entrent de force dans les locaux,
menacent le personnel et s'enfuient avec l'équipement informatique.
Dans la majorité des cas, aucune enquête n'est menée
par les autorités et ces actes restent impunis.
Entraver la diffusion des informations
Les Etats cherchent à renforcer leur contrôle
sur les moyens de communication au travers de législations
restrictives en matière de liberté de la presse,
de blocage de sites Internet, d'arrestation de cyber-dissidents,
de suspension des ONG, etc.
A Cuba, un décret a été promulgué
fin 2001 qui interdit la vente d'ordinateurs, photocopieuses,
imprimantes aux associations, individus et fondations, sans l'autorisation
préalable du ministère de l'Intérieur. Au
Vietnam, en Chine, en Tunisie, plusieurs
militants diffusant leurs documents sur Internet ont été
condamnés.
Les gouvernements entravent la communication entre les ONG
nationales et internationales et avec les organisations intergouvernementales
: restriction de l'accès au site d'organisations internationales
de défense des droits de l'homme, interdiction de se rendre
à l'étranger pour les défenseurs, entraves
pour appeler l'étranger, coupures des lignes téléphoniques
des ONG et de leurs membres.
En Tunisie par exemple, le juge Yahyaoui, qui avait
dénoncé dans une lettre le manque d'indépendance
de la justice tunisienne, n'a pu assister aux travaux de la Commission
des droits de l'homme de l'ONU, la police lui ayant confisqué
son passeport à l'aéroport. De même, en novembre,
M. Khiari, membre fondateur du Conseil national pour les libertés
en Tunisie (CNLT), a été empêché de
sortir du territoire pour la septième fois.
Dans le climat de "l'après-11 septembre",
on peut se demander, à la lumière des pratiques
rapportées dans ce cinquième rapport annuel de l'Observatoire,
si les militants des droits de l'homme ne sont pas devenus, pour
de nombreux Etats, ces "nouveaux criminels" qu'il importe
de neutraliser au nom de la lutte antiterroriste ou grâce
aux moyens offerts par celle-ci. Jamais le qualificatif de "terroriste"
n'a été tant détourné pour qualifier
ou discréditer ces hommes et ces femmes qui militent en
réalité contre tous les terrorismes, qu'ils soient
privés, religieux ou d'Etat.
Leur lutte pour l'égalité, la dignité
et la justice, appelle en réalité à la fin
des impunités de toutes sortes dont bénéficient
les auteurs de violations des normes universelles de protection
des droits de l'homme : pour la responsabilité pénale
de l'individu ou de la personne morale coupable de crimes internationaux
! Pour la responsabilité internationale de l'Etat qui organise
ou tolère des violations des droits humains, ou faillit
à son obligation d'en garantir la jouissance pour tous.
A cet égard, les défenseurs des droits de l'homme
marquent des points. Par exemple, 2002 aura été
l'année d'une victoire historique, avec l'entrée
en vigueur, le 1er juillet, de la Cour pénale internationale
(CPI). La virulence de certaines oppositions à ce projet
centenaire en confirme l'extrême importance. Malgré
les obstacles, inexorablement, l'enjeu de la protection des droits
de l'homme investit les relations internationales, y compris commerciales.
Dans ce contexte, la systématisation de la répression
à l'égard de leurs défenseurs est un baromètre
de la dégradation des libertés. Elle constitue surtout
une preuve de l'efficacité de leur combat. Protéger
la liberté de défendre les droits de l'homme: un
enjeu essentiel pour notre avenir commun.
Source: FIDH-OMCT, Paris et Genève, 2003.
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