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La violation des droits de l'homme dans le monde
 

 LES VIOLATIONS 

Les rapports

AVRIL 2004 - FIDH et OMCT / LE RAPPORT ANNUEL DE L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
__Les défenseurs des droits de l’homme à l’épreuve du tout sécuritaire

| LE COMMUNIQUE DE L’OBSERVATOIRE |

 La préface de Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix

Défenseurs des droits de l'hommeL'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, qui a présenté son rapport annuel, le 14 avril 2004, simultanément à Genève, Tunis et Dakar, estime "fort préoccupante" la situation des droits de l'homme au Maghreb / Moyen-Orient après l'invasion de l'Irak et l'enlisement du conflit israélo-palestinien.

Préfacé par l'avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix 2003, le rapport fustige les entraves à la liberté sous prétexte de la lutte "légitime et nécessaire" contre le terrorisme. Il dresse un état des violations dans près de 80 pays à travers le monde où les défenseurs des droits de l'homme sont exposés à l'assassinat et aux brimades de toutes sortes, et dénonce l'absence de toute déclaration publique de l'Union européenne sur la situation au Maghreb / Moyen-Orient.

Le rapport de l'ObservatoireLe rapport de l'Observatoire créé par la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) recense des dizaines de cas de répression dans la région, épinglant l'Algérie, l'Egypte, Israël / Palestine, le Liban, le Maroc, la Syrie et la Tunisie.

Au Maroc, la loi du 28 mai 2003 accorde "une large place à l'arbitraire dans la définition de l'acte terroriste" au risque de réprimer la liberté d'expression.

En Tunisie, une loi similaire (décembre 2003), représente "un danger d'autant plus grand que l'amalgame entre défenseurs des droits de l'homme et terroristes est simple". Selon le rapport, il s'agit d'une "tentative supplémentaire de verrouiller toute voix indépendante en resserrant l'étau autour des défenseurs des droits de l'homme, journalistes et avocats".

Le document rappelle l'Etat d'urgence imposé en Syrie et en Egypte et affirme que les défenseurs des droits humains ont été "fragilisés" en Jordanie et à Bahrein.Haut de page

La situation "est particulièrement difficile" pour eux en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés, en raison "d'innombrables obstacles posés par les autorités israéliennes", dénonce le rapport.

Sur l'insécurité en Irak, le rapport s'élève contre les attaques perpétrées par "certaines forces extrémistes dont l'intérêt est de saboter le processus de reconstruction".

LE COMMUNIQUE DE L'OBSERVATOIRE

"Partout dans le monde, des hommes et des femmes se lèvent pour dénoncer l'arbitraire d'Etats, de puissances économiques ou de groupes armés peu respectueux de l'intérêt général. Si le chemin suivi par ces hommes et ces femmes pour le renforcement de l'Etat de droit et de la démocratie est long, il est indéniable que d'importantes victoires peuvent être mises à l'acquis de ces citoyens anonymes. Parallèlement, leur courage, leur détermination, leur pertinence sont suffisamment efficaces pour susciter en retour répression et musellement par leurs détracteurs", déclare Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, dans la préface du rapport annuel de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme

Le climat sécuritaire actuel et les dérives arbitraires et liberticides qui y sont liées, continuent d'affecter et de mettre à mal les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Dénoncer l'adoption de lois restrictives, défendre le droit à un procès juste et équitable, lutter contre la peine de mort, ou encore dénoncer la torture, devient de plus en plus difficile.

Les défenseurs des droits de l'homme ont, dans ce contexte, davantage de difficultés à se faire entendre, tandis qu'ils subissent de plein fouet les restrictions générales aux libertés d'association et d'expression découlant de l'adoption de nouvelles lois restrictives ou d'une application renforcée d'anciennes lois remises au goût du jour. Aussi, de nombreux dirigeants politiques opportunistes, heureux d'avoir trouvé un nouveau motif pour criminaliser les défenseurs n'hésitent maintenant plus à effectuer un amalgame sordide entre défenseurs des droits de l'Homme et terroristes.

Alvaro Uribe Velez, président de la Colombie n'hésite pas à qualifier les défenseurs des droits de l'Homme "d'écrivains et de politicards [...] au service du terrorisme, qui se cachent comme des lâches derrière le drapeau des droits de l'homme" (8 septembre 2003).

Pour sa part, David Trimble, leader du parti unioniste irlandais et - hélas - prix Nobel de la Paix affirme : "Une des plus grande malédictions de ce monde est l'industrie des droits de l'homme [...]. Ils justifient les actes terroristes et finissent par se retrouver complices dans le meurtre de victimes innocentes", (29 janvier 2003).Haut de page

Ce nouveau rapport annuel de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme met en évidence l'aggravation de la situation des défenseurs des droits de l'homme, résultant de la montée en puissance de l'arbitraire et de l'érosion des libertés fondamentales.
Par la présentation des cas de 576 défenseurs et 80 ONG réprimés dans près de 80 pays à travers le monde, le rapport annuel de l'Observatoire dresse un état des violations dont sont victimes ces hommes et ces femmes qui tentent, malgré tout, d'imposer un monde plus équitable et plus juste.

Ces violations sont multiples : assassinats, menaces de mort, mauvais traitements, arrestations et détentions arbitraires, harcèlement, campagne de diffamation, entraves à la liberté de mouvement, ...

En 2003, plusieurs dizaines de syndicalistes ont été assassinés en Colombie. En Iran, des avocats et journalistes sont arbitrairement détenus, pour avoir défendu des opposants politiques ou dénoncé l'implication des autorités dans l'assassinat d'intellectuels. Au Cameroun, les défenseurs des droits de l'homme qui dénoncent les violations de droits de l'homme perpétrées par les autorités, sont l'objet de menaces et d'actes de harcèlement récurrents.

Parallèlement, un des moyens de plus en plus utilisés pour resserrer l'étau sur la société civile consiste en l'adoption croissante de mesures ou de législations visant à restreindre la liberté d'association en tant que telle : obstacle à l'enregistrement d'ONG indépendantes ou fermetures arbitraires, entraves au financement des ONG, ...

Ainsi, en 2003, plus de 51 associations ont été dissoutes par le pouvoir au Belarus. En Tunisie, la Ligue tunisienne des droits de l'homme a vu les fonds qui devait lui être alloués par l'Union européenne bloqués par les autorités.

Ce rapport témoigne enfin de la situation de très grande insécurité dans laquelle se trouvent toutes celles et ceux qui tentent de dénoncer les violations de droits de l'homme perpétrées dans le cadre de conflits persistants. C'est notamment le cas en Tchétchénie, en Indonésie, en Colombie, en Côte d'Ivoire ou encore en RDC.

Le rapport annuel de l'Observatoire 2003 est disponible sur les sites Internet de la FIDH (www.fidh.org) et de l'OMCT (www.omct.org). Il est publié, en France, par les éditions de l'Aube. Prix: 17 euros

La FIDH a créé l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme en 1997, en partenariat avec l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT). L'objectif de ce programme est double : intervenir pour prévenir ou remédier à des situations précises de répression contre les défenseurs des droits de l'Homme d'une part, et contribuer à la mobilisation internationale en faveur de la reconnaissance de leur rôle et de leur nécessaire protection aux niveaux régional et international de l'autre. L'action de ce programme est fondée sur la conviction que renforcer la coopération et la solidarité à l'égard des défenseurs et de leur organisation contribue à briser l'isolement dans lequel ils se trouvent et à renforcer leur protection et leur sécurité.

Sources : presse internationale et FIDH, Paris, avril 2004.
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