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LES VIOLATIONS
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2007, GENEVE | LE RAPPORT DE L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME
__Les défenseurs des droits de l'homme toujours autant menacés en 2006
La répression à l'égard des défenseurs des droits de l'homme s'est encore accentuée en 2006 dans le monde, souvent en toute impunité, selon le rapport annuel publié, le 14 mars 2007, à Genève, par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
Dans une préface au rapport, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, s'alarme des "graves dérives tendant à criminaliser l'action des défenseurs ou à limiter abusivement leurs activités".
Plusieurs pays ont renforcé, au nom de la lutte contre le terrorisme, leur arsenal législatif contre les libertés - "afin de restreindre les libertés d'association, d'expression et de rassemblement pacifique par des Etats qui considèrent la société civile indépendante comme une menace".
L'Observatoire a dénombré 1’306 cas de répression en 2006, dans près de 90 pays. 1’172 cas avaient été signalés en 2005 et 1’154 en 2004. Le rapport fait état de 98 assassinats ou tentatives d'assassinats de défenseurs des droits de l'homme dans 23 pays, parmi lesquels la Colombie (30), les Philippines (23) et le Guatemala (9). Il relève également neuf cas de disparition forcée, 69 cas de torture ou de mauvais traitements et 150 agressions physiques ou attaques.
71 peines de prison ont été prononcées à l'encontre de défenseurs des libertés fondamentales et 364 cas de poursuites judiciaires, sans compter 334 cas de détention arbitraire. L'Observatoire cite le cas de l'avocat chinois Chen Guangcheng, condamné à quatre ans et trois mois de prison pour sa dénonciation des abus de la politique de contrôle des naissances. "Il est l'un des défenseurs des droits de l'homme les plus symboliques des blocages de la société chinoise contemporaine".
"Ces données ne représentent pas une liste exhaustive", soulignent les auteurs du rapport, rappelant que l'année écoulée "a été ponctuée de nombreux assassinats de défenseurs des droits de l'homme", parmi lesquels la journaliste russe Anna Politkovskaïa, spécialiste du conflit en Tchétchénie, tuée le 7 octobre 2006. Ses agresseurs n'ont jamais été arrêtés. Thabet Hussein Ali, dirigeant syndical irakien, Gregorio Izquierdo Meléndez, responsable d'une organisation colombienne de défense des droits fondamentaux, ou encore Thares Sodsri, défenseur du droit à l'environnement en Thaïlande, ont payé leur engagement de leur vie.
"Sauf en de rares exceptions, l'impunité est restée la règle en matière de poursuites des auteurs de violations commises à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme", ajoutent-ils.
LE RAPPORT DE L’OBSERVATOIRE
En Asie, "des exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées" ont été constatées en Afghanistan, aux Philippines ou encore en Thaïlande. Les défenseurs des droits de l'Homme font aussi l'objet de "multiples menaces et actes de harcèlement" au Cambodge, en Chine, Inde, Iran, Malaisie, Népal, Pakistan, Philippines, Corée du Sud, Sri Lanka ou Vietnam.
Par ailleurs, les "lois, restrictions et mesures d'urgence mises en place par de nombreux Etats asiatiques afin de lutter contre le terrorisme, de garantir la sécurité nationale ou d'encadrer les activités des ONG nuisent gravement au travail des défenseurs", note le rapport.
Au Maghreb et Moyen-Orient, les libertés d'association, de rassemblement et d'expression, hormis "quelques avancées, notamment au Koweït ", restent "extrêmement restreintes, voire inexistantes" dans "d'autres pays du Golfe ainsi qu'en Libye". Des "lois très répressives sur l'état d'urgence restent en vigueur (Algérie, Egypte, Syrie), d'autres ont adopté de nouvelles législations liberticides, mises en place au nom de la lutte contre le terrorisme (Bahreïn, Jordanie)".
Les défenseurs des droits de l'homme sont confrontés à des "formes variées de répression: assassinats (Irak), détentions arbitraires et poursuites judiciaires (Algérie, Bahreïn, Israël, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, Yémen), entraves à la liberté de mouvement (Israël et Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie) et de nombreux actes de harcèlement".
Dans l'ex-URSS, plusieurs pays comme la Russie, le Bélarus ou l'Ouzbékistan ont mis en place des stratégies pour "durcir la législation nationale en matière de liberté d'association" afin de "mieux contrôler la société civile indépendante". Les libertés de réunion et de rassemblement pacifique "ont également été bafouées dans un grand nombre d'Etats " comme l'Azerbaïdjan, le Bélarus, la Russie, la Géorgie, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan.
En Afrique, "de nouvelles restrictions législatives aux libertés d'association, d'expression et de rassemblement pacifique" ont été adoptées, "comme en Ethiopie ou au Nigeria, tandis qu'un nombre croissant de défenseurs ont fait l'objet de poursuites judiciaires, d'arrestations et de détentions arbitraires" en "Angola, Burundi, Cameroun", notamment.
En Amérique latine, "la défense des droits de l'homme est restée en 2006 une activité à très haut risque". De nombreux assassinats, agressions, disparitions forcées ou actes de tortures ont été recensés au Brésil, en Colombie, au Guatemala, au Honduras, Mexique, Pérou et Venezuela.
Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Paris, www.fidh.org
Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Genève, www.omct.org

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