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LES VIOLATIONS |
LE RAPPORT 2002 DE REPORTERS SANS FRONTIERES
__Liberté de la presse "nettement dégradée" en 2001, selon lorganisation de défense des journalistes
Aujourd'hui, 106 journalistes sont emprisonnés dans le monde. Un nombre jamais atteint. Dernière donnée qui en dit long sur le mauvais état de la liberté d'expression dans le monde : l'année passée, 31 journalistes ont été tués pour avoir exercé leur profession, dont huit en Afghanistan. Près du tiers des habitants de la planète vivent encore dans des pays où la liberté de la presse n'est purement et simplement pas reconnue. Quelques bonnes nouvelles cependant, concède l'organisation de défense des journalistes: la libération du Syrien Nizar Nayyouf, et de San San Nweh, également écrivain, libérée en juillet en Birmanie. Il y a des progrès accomplis dans quelques pays: au Chili, où un article de la loi sur la sécurité intérieure a été abrogé; au Pérou; en Serbie, avec l'avènement de la démocratie après la chute de Milosevic. De plus en plus de journalistes sont derrière les barreauxLa répression gagne du terrain. "De plus en plus de journalistes sont derrière les barreaux pour avoir dénoncé une malversation, critiqué la gestion d'un responsable ou encore exprimé des inquiétudes de quelque nature qu'elles soient", note Reporters sans frontières. "A l'exception du nombre de journalistes tués, tous les indicateurs sont en très forte hausse par rapport à l'année 2000, qu'il s'agisse des interpellations de journalistes (489) en progression de 50%, des menaces et agressions (716) en hausse de 40%, ou encore des actes de censure à l'encontre des médias (378), en augmentation de 28%. De plus en plus de journalistes sont derrière les barreaux pour avoir dénoncé une malversation, critiqué la gestion d'un responsable, ou encore exprimé des inquiétudes de quelque nature qu'elles soient, bref, pour avoir fait leur métier, ce qui suffit, même si le journaliste a fait preuve de la plus grande prudence, pour les inculper d'atteinte à l'honneur d'un dirigeant ou encore au moral de la nation. Le nombre des embastillés s'élevait à 110 à la fin de 2001 contre 74 un an auparavant, soit un accroissement de près de 50%." Dans les grandes démocraties, les bavures se multiplientOutre les derniers pays communistes, "un certain nombre de gouvernements exercent un contrôle absolu sur l'information", souligne Reporters sans frontières citant des régimes à parti unique, comme la Syrie et l'Iran, des dictatures militaires comme la Birmanie, des monarchies comme l'Arabie saoudite. Pour l'organisation, en Afrique, l'Erythrée et le Zimbabwe sont, "sans aucun doute aucun, devenus les Etats les plus répressifs du continent en matière de liberté de la presse". "Même dans les grandes démocraties, les bavures se multiplient. Et il y a tout lieu de craindre que les choses ne se dégradent", note Noël Copin, le président de Reporters sans frontières. Après le 11 septembre, relève-t-il, "les gouvernements ont été prompts, y compris au sein de l'Union européenne, à élargir les pouvoirs de police, restreindre la liberté de mouvement, faciliter le contrôle de l'Internet, et à rappeler aux médias leurs "responsabilités". Par ailleurs, dans la zone de l'ex-Union soviétique, "les progrès attendus des démocraties en transition marquent le pas". |