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Le Code international de conduite sur le droit de l'homme à une nourriture adéquate a été proposé pour la première fois au Sommet mondial de l'alimentation de 1996. Il a recueilli un vaste soutien parmi les organisations non gouvernementales qui plaident la cause de ceux qui ont faim.
Le droit à la nourriture est énoncé dans les constitutions de plus de 20 pays, et quelque 145 pays ont ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, de 1966, qui invite expressément les Etats signataires à légiférer pour le droit à une nutrition adéquate. Cependant, le Code a de fortes probabilités de se heurter à l'opposition, compte tenu de questions épineuses comme celles-ci :
En partant de la Magna CartaDans la théorie des droits de l'homme, il existe deux types de droits: ceux respectés simplement par non-intervention, comme le droit de culte, et ceux qui nécessitent des ressources. D'aucuns se demandent si ces derniers sont des droits à part entière. Il y a donc une nette distinction entre une interprétation stricto sensu - le droit d'obtenir de la nourriture librement par ses propres efforts - et une interprétation plus vaste - le droit d'être approvisionné en nourriture lorsqu'on ne peut s'en procurer. La première interprétation n'a rien de nouveau. La Magna Carta de Grande-Bretagne, en 1215, stipulait que "personne ne sera condamné à une amende qui le prive de ses moyens d'existence". Au sens large, l'interprétation garantit une nutrition adéquate lorsque le travail ou la terre vient à manquer et implique par conséquent l'utilisation de ressources pour nourrir les gens. Un certain nombre de gouvernements n'acceptent pas cette interprétation. Certains ont même soutenu que le temps et l'argent dépensés pour promouvoir le droit à la nourriture gaspille des ressources précieuses destinées aux pauvres. Mais considérer la sécurité alimentaire comme un droit aide à se concentrer sur les questions cruciales de la responsabilité et de la non-discrimination, qui ont aussi leurs fondements dans la loi des droits de l'homme. En résumé, le droit à la nourriture concerne la bonne gouvernance et l'attention aux plus démunis et aux marginalisés. Jean Ziegler, le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la nourriture, s'interroge sur la distinction entre libertés abstraites et celles qui demandent des ressources. "Même la mise en pratique de droits civils et politiques requiert des ressources", a-t-il écrit. "Le coût de mise en place et de formation d'une force de police, militaire et judiciaire pour veiller au respect de la loi internationale sur les droits de l'homme n'est pas négligeable". Même dans le cadre d'une interprétation stricte du droit à la nourriture, les gouvernements doivent maintenir un environnement permettant à la population de se nourrir. "Les gens Rendez-vous au tribunalLe Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels, va plus loin : les états doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir une nutrition adéquate et promulguer des lois à cet effet. Mais les citoyens affamés ne peuvent poursuivre en justice leur gouvernement en vertu de ce Pacte, seulement en vertu des lois de leur pays. Si un pays n'a jamais voté de lois de ce type, il a violé le Pacte, mais le citoyen n'a aucun recours. Est-ce que cela fonctionnerait ? Jean Ziegler a cité quelques exemples à l'appui :
"Les gens qui meurent de faim n'ont guère les moyens d'intenter un procès", déclare Margret Vidar. "Mais les ONG et d'autres organes peuvent utiliser la loi pour protéger les pauvres. Laissons donc le Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels, ou son équivalent, être inscrit dans les législations nationales, que nous adoptions le Code de conduite ou pas. La loi peut servir de passerelle entre ceux qui sont victimes de la faim et la nourriture dont ils ont besoin". Source : site Internet de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, www.fao.org |