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LACTION DE LORGANISATION DES NATIONS UNIES
::: Kofi Annan : Rester unis contre le terrorisme
L'engagement des Etats de toutes les confessions et de toutes les régions du monde à combattre le terrorisme avec énergieAlors que le monde commence à mesurer l'ampleur du désastre, les Etats-Unis sont en train de décider de ce qu'ils feront pour défendre leurs citoyens. L'unité du 11 septembre [2001] va être invoquée, et elle sera mise à l'épreuve. J'ai exprimé au président Bush et au maire de New York, Rudolph Giuliani, de même qu'aux New-Yorkais réunis dans les églises, les synagogues et les mosquées de la ville, la pleine et entière solidarité de l'Organisation des Nations unies avec le peuple américain en cette heure d'affliction. En moins de 48 heures, le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale se sont joints à moi pour condamner les attaques et ont décidé de soutenir une action à l'encontre des responsables et des Etats qui leur viennent en aide, les appuient ou les abritent. Que personne ne mette cette solidarité en doute. Personne non plus ne devrait mettre en question la volonté résolue qu'ont les peuples du monde de lutter aussi longtemps qu'il le faudra contre ce fléau. Sans doute la réaction la plus éloquente aux attaques de la semaine dernière réside-t-elle dans l'engagement qu'ont pris des Etats de toutes les confessions et de toutes les régions du monde de combattre le terrorisme avec énergie. Le monde se définit non seulement par ce pour quoi, mais aussi par ce contre quoi et contre qui il agit. Les Nations unies doivent avoir le courage de reconnaître que s'il est des objectifs communs, il est également des ennemis communs. Pour triompher de ceux-ci, toutes les nations doivent joindre leurs forces et mener ensemble une action qui s'étende à tous les aspects du système mondial ouvert et libre, si perversement exploité par ceux qui ont perpétré les atrocités de la semaine dernière. L'ONU est on ne saurait mieux placée pour étayer cette action. Elle constitue le cadre indispensable à la construction d'une coalition universelle et est en mesure de conférer à la lutte à long terme contre le terrorisme la légitimité nécessaire sur le plan international. Au surplus, les conventions des Nations unies offrent d'ores et déjà le cadre juridique pour nombre de mesures à prendre pour éradiquer le terrorisme, y compris l'extradition et la poursuite en justice des criminels, ainsi que la répression du blanchiment d'argent. Le terrorisme menace aujourd'hui toutes les sociétésCe qui importe au plus haut point, c'est d'affermir encore l'unité mondiale du 11 septembre [2001] et de se garder des fractures. Il faut, certes, que le monde reconnaisse que toutes les sociétés ont des ennemis communs, mais aussi qu'il comprenne que ceux-ci ne sont pas - ne sont jamais - définis par la confession ou la nationalité. Aucun peuple, aucune région, aucune religion ne doivent être pris pour cible en raison des actes innommables de certains individus. Comme l'a dit M. Giuliani, "voilà exactement ce contre quoi nous combattons ici". Permettre que les divisions entre les sociétés et en leur sein soient exacerbées par des agissements de ce genre reviendrait à faciliter la tâche des terroristes. Le terrorisme menace aujourd'hui toutes les sociétés. Tandis que le monde se dresse contre ceux qui y recourent, il nous a été rappelé à tous qu'il faut nous attaquer aux conditions dans lesquelles peut proliférer ce type de haine et de dépravation. Nous devons faire face à la violence, au fanatisme et à la haine plus résolument encore. L'ONU doit continuer à lutter contre les fléaux de notre temps: les conflits, l'ignorance, la pauvreté et la maladie. Elle ne tarira pas ainsi toutes les sources de haine, ni ne mettra fin à tous les actes de violence. Il y en aura toujours pour haïr et pour massacrer, même s'il est mis un terme à toutes les injustices. Mais si le monde parvient à montrer qu'il tiendra bon, qu'il continuera de s'employer à créer une communauté internationale plus forte, plus juste, plus bienfaisante et plus authentique, par-delà toute considération de race ou de religion, alors le terrorisme aura perdu la partie. Kofi Annan, 24-30 septembre 2001. Article publié dans plusieurs journaux européens. |