NOVEMBRE- DECEMBRE 2001, LES REPRESAILLES AMERICAINES
::: De la chute de Mazar-e-Charif à la reddition de Kandahar : la défaite des talibans
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Photo montage: chaîne Al-Jazira, Qatar.
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Avec la chute de Mazar-e-Charif - ville stratégique du nord de l'Afghanistan, non loin de la frontière avec l'Ouzbékistan - le 9 novembre 2001, les talibans essuient leur première défaite depuis le début des opérations américaines dans le pays, le 7 octobre.
13 novembre 2001: des éléments armés de l'Alliance du Nord pénètrent dans Kaboul, aux premières heures de la matinée. Deux mois après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis imputés à l'organisation terroriste Al-Qaida d'Oussama Ben Laden, et cinq semaines après le début de l'intervention armée américaine, le régime du mollah Omar est en passe d'être renversé..
7 décembre 2001: deux mois jour pour jour après le début de la campagne militaire américaine en Afghanistan, les talibans capitulent. Ils acceptent de rendre les armes et renoncent à combattre dans les provinces du sud du pays. A Kandahar, à la suite d'un accord conclu entre les talibans et le futur chef du gouvernement intérimaire, Hamid Karzaï, les soldats pachtounes anti-talibans font leur entrée dans la ville.
"La reddition de Kandahar est pour les Américains un avant-goût de la victoire finale, écrit le quotidien français Le Monde : elle les rapproche de leur vrai but de guerre, qui est Oussama Ben Laden; elle symbolise la fin d'un régime taliban honni et donne ainsi à leur intervention militaire en Afghanistan une justification difficilement contestable." [8.12.2001].
16 décembre. Le réseau de bunkers et de grottes de Tora Bora, dans la région de Jalalabad, où s'étaient retranchés les combattants arabes du groupe Al-Qaida, est aux mains des Américains et des forces antitalibans.
Le 22 décembre, Hamid Karzaï devient le président dui nouvle exécutif afghan, conformément aux accords signés le 5 décembre à Bonn (RFA) par toutes les factions afghanes.
La "guerre contre le terrorisme", lancée par les Etats-Unis après les attentats de New York et Washington, a abouti, après une campagne militaire de près de trois mois, à la chute du régime des talibans, protecteur de l'organisation terroriste Al-Qaida d'Oussama Ben Laden. Mais le mollah Omar, le chef des talibans qui avait annoncé la "destruction de l'Amérique à brève échéance", et Ben Laden, restent introuvables.
A Washington, le président américain Bush annonce que l'année 2002 "sera aussi une année de guerre, car nous allons pourchasser ces gens d'Al-Qaida en Afghanistan et dans d'autres endroits"
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L'intervention américaine, au fil des jours
__1er novembre
Lors d'une conférence de presse donnée à Genève, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, souhaite la fin rapide des opérations militaires, estimant qu'il "n'y a pas de solution militaire au problème afghan". Il met en garde contre le danger d'un effritement de la coalition antiterroriste. "Plus cela durera, plus il y aura des risques de tensions et d'angoisse", affirme-t-il.
Les pays arabes et musulmans ne cachent pas leurs réticences, voire pour certains leur opposition catégorique, à la poursuite des raids en raison du lourd tribut infligé, selon eux, à la population afghane. De plus, à l'approche du mois sacré du ramadan, qui débute à la mi-novembre, des voix s'élèvent pour réclamer l'arrêt de l'opération armée durant cette période.
La présidente de l'Etat musulman le plus peuplé au monde, l'Indonésienne Megawati Sukarnoputri, appelle à une "pause humanitaire" pendant "le ramadan et les fêtes de Noël". Le président égyptien Hosni Moubarak lui fait écho, souhaitant de "tout [son] coeur que la campagne cesse avant le début du ramadan."
A Washington, la conseillère présidentielle américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, exclue une pause dans les bombardements à l'occasion du ramadan.
Dans une lettre écrite en arabe montrée par la chaîne de télévision Al Jazira, Oussama Ben Laden appelle les musulmans du Pakistan à s'opposer à "la croisade contre l'islam" des Etats-Unis: "Les musulmans d'Afghanistan font l'objet de tueries et le gouvernement pakistanais s'est placé sous la bannière des chrétiens [
] Le monde est divisé en deux. Une partie est sous la bannière de l'infidèle Bush, et l'autre moitié est sous la bannière de l'islam.
Dans une déclaration commune publiée à l'issue d'entretiens à Moscou, la Russie et les Etats-Unis jugent que les talibans n'auront "en tant que mouvement" aucune place dans les futures instances du pays.
L'hebdomadaire "Le Nouvel Observateur" écrit, sous le titre "Le bourbier afghan": "Moins d'un mois après le début de la riposte américaine aux attentats du 11 septembre, aucun de ses objectifs n'a été atteint. Ni Ben Laden, ni le mollah Omar n'ont été neutralisés, les bavures se multiplient, la recherche d'une solution politique piétine, les alliés s'impatientent et la famine menace les Afghans".
__2 novembre
Maladie du charbon au Pakistan. Des spores du bacille du charbon découvertes pour la première fois au Pakistan (à trois endroits différents). En Lituanie, on confirme la présence du bacille dans un des cinq sacs de courrier reçus de Washington par l'ambassade des Etats-Unis.
__3 novembre
La contestation et l'inefficacité des bombardements "forcent les Etats-Unis à envisager une offensive terrestre", écrit "Libération", alors que l'aviation américaine accentue ses bombardements sur les positions talibans, au nord de l'Afghanistan.
"Le Monde" relève l'absence de solution politique, notant que "l'intensification de la guerre n'a pas son pendant politique, l'après taliban restant totalement incertain".
Dans un reportage de son envoyée spéciale, Françoise Chipaux, le quotidien français relate le témoignage d'un afghan qui travaille à Kaboul et affirme que des combattants arabes s'entraînent, "depuis tant d'années, pour le combat des croyants contre les mécréants: ils sont venus pour cela et s'entraînaient pour cela".
Il ajoute: Les Américains doivent s'attendre à une très longue guerre. Les tribus et les Afghans ordinaires ne sont pas prêts à combattre les talibans, qui se sont, eux, préparés à une guérilla sans fin".
Dans une vidéo diffusée par la télévision qatarie Al-Jazira, Oussama Ben Laden qualifie de "mécréants" tous les pays arabes membres des Nations unies et affirme "cette campagne [militaire] farouche et injuste [...] ne repose sur aucune preuve impliquant le peuple d'Afghanistan dans ce qui s'est passé aux Etats-Unis".
La campagne antiterroriste américaine n'est, pour lui qu'une "guerre religieuse" entre chrétiens et musulmans. Il accuse les Nations unies d'être "un instrument de crime" contre les musulmans, qualifie de "criminel" son secrétaire général, Kofi Annan, et reproche aux dirigeants arabes et musulmans qui soutiennent les Etats-Unis de "renier leur religion".
"Le peuple d'Afghanistan n'a rien à voir dans cette affaire, mais la campagne se poursuit, exterminant les villageois et les civils, femmes, enfants et innocents, sans aucun droit", ajoute-t-il.
__4 novembre
"Le Monde", qui évoque la "crise humanitaire" en Afghanistan, consacre plusieurs reportages à "la tragédie des réfugiés afghans [qui] s'aggrave à l'approche de l'hiver". Le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Rudd Lubbers, a demandé aux autorités iraniennes et pakistanaises d'ouvrir leurs frontières et d'accueillir "tous ceux [des réfugiés afgahns] qui ont besoin d'aide et d'assistance".
En Afghanistan, plus d'un million d'habitants ont abandonné leurs foyers et sont déplacés à l'intérieur du pays. Plus de cent mille personnes ont réussi à gagner le Pakistan depuis le début de la guerre et sont installées dans des camps de fortune le long de la frontière. Des dizaines de milliers d'autres se pressent aux frontières avec le Pakistan et avec l'Iran.
On évalue les réfugiés afghans à 1,5 million en Iran et à 2 millions au Pakistan.
Plusieurs dirigeants arabes ainsi que Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, condamnent, à Damas et au Caire, les propos d'Oussama Ben Laden, affirmant que les musulmans étaient en état de guerre contre l'Occident.
Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, affirme que: "Ben Laden ne parle pas au nom des Arabes et des musulmans". Ahmed Maher, ministre égyptien des Affaires étrangères, affirme que le conflit actuel en Afghanistan est "une guerre entre Ben Laden et le monde". Abdel Ilah Khatib, ministre jordanien des Affaires étrangères, assure que "les concepts présentant la civilisation arabo-musulmane comme en conflit avec le reste du monde sont très dangereux et porteurs de grands dangers pour les Arabes et pour leurs intérêts", ajoutant: "Nous faisons face à une situation internationale qui nécessite beaucoup de vigilance afin que les Arabes et les musulmans n'assument pas la responsabilité des actes terroristes et afin que ceci ne se répercute pas [négativement] sur leurs causes".
Al-Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, dit son opposition aux "allégations sur un choc de civilisations, une guerre de religions et un choc des cultures", mais estime cependant que "la guerre contre le terrorisme ne justifie pas une agression contre le peuple pauvre et sans armes de l'Afghanistan" : "Les villes, villages, mosquées, les vieillards, femmes et enfants de ce peuple sont exposés à une agression violente sans aucune raison logique ou acceptable et avant même [la publication] des conclusions de l'enquête sur les évènements de septembre " 2001 aux Etats-Unis.
__5 novembre
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, invite l'ensemble des Musulmans du monde entier à ne pas se laisser induire en erreur par les déclarations faites par Oussama Ben Laden, qui accusait l'Organisation de partialité dans ses rapports avec le monde musulman. Kofi Annan espère que les Musulmans et les autres habitants de la planète comprendront que l'Onu représente l'expression de la volonté de tous ses membres. L'Onu ne représente ni une culture particulière, ni les opinions d'un seul Etat membre".
__6 novembre
"L'engagement unanime de la communauté internationale pour éradiquer le terrorisme ne doit pas masquer le fait que toutes les actions entreprises doivent se fonder sur le respect des droits de l'homme et ne pas faire de victimes innocentes", déclare Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, à New York.
Dans une interview publiée par le quotidien français "Le Figaro", le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, estime que "le seul moyen de gagner contre le terrorisme, c'est d'organiser une action internationale commune [
] l'essentiel est que ce combat soit mené dans le cadre des Nations unies". Evoquant l'après-talibans, il a toutefois écarté l'idée d'un "protectorat" des Nations unies en Afghanistan.
"Aucune nation ne peut être neutre dans ce conflit [
] ou bien on est avec nous, ou bien on est contre nous", déclare le président Bush, dans un message adressé au sommet est-européen réuni à Varsovie. Il met en garde contre un risque de terrorisme nucléaire, accusant Ben Laden de rechercher des armes chimiques, biologiques et nucléaires. Le président américain, note "Le Monde", tente ainsi de resserrer les liens dans la coalition antiterroriste alors que le doute gagne les opinions publiques sur la stratégie militaire de son pays.
Réunion, à Londres, d'un mini-sommet européen, qui réaffirme la "totale solidarité" de l'Europe avec les Etats-Unis dans la poursuite de la guerre en Afghanistan. Pour le président français Jacques Chirac, "l'action militaire indispensable n'est pas la seule solution". "Pour lutter contre le terrorisme international, nous devons renforcer les moyens de la solution politique qui doit être trouvée pour organiser l'Afghanistan", a-t-il déclaré.
__7 novembre
Le conflit afghan "n'est pas l'expression d'un choc des civilisations", déclare Jakob Kellenberger, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au quotidien suisse "Le Temps". C'est, souligne-t-il, un "conflit armé international et le droit qui s'y réfère est applicable". Il qualifie les attentats terroristes du 11 septembre d'"acte[s] contraire[s] aux principes élémentaires d'humanité".
Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR, Genève) quelque 135.000 réfugiés afghans sont arrivés au Pakistan depuis le 11 septembre 2001, date des attentats aux Etats-Unis. 75.000 de ces nouveaux réfugiés sont entrés dans la province pakistanaise du Nord-Ouest, soit la région de Peshawar, tandis que 60.000 sont arrivés plus au sud dans le Baloutchistan pakistanais, la région de Quetta.
"Il n'y a pas de doute dans mon esprit, nous allons traduire [le groupe terroriste] Al-Qaida [de Ben Laden] devant la justice, qu'il y ait une paix ou pas au Proche-Orient" , déclare le président Bush lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche en compagnie du premier ministre britannique, Tony Blair. "Je crois que nous le pouvons. Je crois que nous allons le faire. Nous sommes en train de les pourchasser alors que nous parlons. Et nous les traduirons devant la justice".
__8 novembre
Le président Bush appelle ses compatriotes à rester en alerte et à redoubler de civisme pour relever le "nouveau grand défi national" présenté par le terrorisme et affirme que l'Amérique sortira grandie de cette tragédie "en renouvelant et en retrouvant [ses] fortes valeurs": "Nous sommes un pays différent de celui que nous étions le 10 septembre: plus triste et moins innocent; plus fort et plus uni; et face aux menaces qui existent encore, plus déterminé et plus courageux".
Lakhdar Brahimi, représentant spécial des Nations unies pour l'Afghanistan, se félicite de ce que la communauté internationale ait enfin pris conscience que l'Afghanistan ne pouvait être abandonnée à son sort sans conséquence pour l'humanité. Assurant que le dialogue avec le mouvement taliban ne [servait] à rien, il indique: Lorsqu'on parle des factions afghanes, que ce soient les talibans ou leurs adversaires, il ne s'agit que de 50.000 hommes en armes qui tiennent en otage 25 millions d'Afghans. Il s'agit de libérer ces 25 millions d'Afghans.
__9 novembre
Peshawar (Pakistan): journée de protestation anti-américaine organisée par les partis islamistes. Les manifestations, qui n'ont pas mobilisé des foules importantes, ont été marquées par la mort de quatre manifestants tués lors d'affrontements avec la police.
Le général Abdul Rashid Dostam, un des chefs de l'opposition armée aux talibans, affirme, être entré dans Mazar-e-Sharif, une ville du nord de l'Afghanistan. Ville stratégique du nord de l'Afghanistan, Mazar-e-Sharif pourrait servir de tête de pont aux troupes américaines stationnées en Ouzbékistan.
Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, souhaite que l'Alliance du Nord - coalition opposée aux talibans - "n'entre pas dans Kaboul" avant que toutes les parties n'aient "commencé à mettre sur pied un nouveau gouvernement afghan ou un genre d'arrangement provisoire".
Oussama Ben Laden menace d'utiliser des armes nucléaires et chimiques si les Etats-Unis usaient de ces mêmes armes. "Je souhaite dire que si l'Amérique usait d'armes chimiques ou nucléaires contre nous, nous pourrions alors riposter par des armes nucléaires et chimiques", rapporte le quotidien pakistanais Dawn - le plus ancien des journaux pakistanais en langue anglaise - dans une interview exclusive obtenue à Kaboul auprès du chef du mouvement terroriste Al-Qaida.
__10 novembre
 Les talibans confirment avoir perdu le contrôle de Mazar-e-Sharif affirmant s'être retirés vendredi soir de la ville conquise par l'Alliance du Nord. Selon l'agence de presse officielle des talibans, ces derniers se sont "retirés à l'extérieur de Mazar-i-Sharif afin d'éviter la mort de civils ainsi que des pertes parmi [leurs] forces". Les talibans ont également quitté Hairatan, ville située au nord de Mazar-i-Sharif, à la frontière avec l'Ouzbékistan, et important port fluvial.
Intervenant devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le secrétaire général de l'organisation, Kofi Annan appelle à vaincre le terrorisme sans négliger la lutte contre la pauvreté de "milliards de personnes". Consacrer toutes nos énergies à lutter contre le terrorisme "serait concéder une sorte de victoire aux terroristes", a-t-il dit aux dirigeants du monde entier réunis dans l'enceinte des nations unies. Pour éviter "un affrontement mutuellement destructeur entre soi-disant civilisations", il faut "apporter un espoir réel aux milliards de personnes enfermées dans la pauvreté, les conflits et la maladie". Il a ajouté que l'Onu "ne ménage[ait] aucun effort pour porter secours aux Afghans dans la détresse, et pour les aider à se mettre d'accord sur un gouvernement largement représentatif".
Le président américain Bush, a pris la parole après Kofi Annan, pour appeler chaque pays à renforcer la coalition antiterroriste en apportant un soutien concret à la guerre menée par les Etats-Unis contre Ben Laden et les talibans. "Le temps de la sympathie est maintenant passé, le temps de l'action est maintenant arrivé", a-t-il dit en demandant aux Etats membres de l'Onu de couper les sources de financement des terroristes, de leur refuser l'asile et de ne plus leur fournir d'armes.
__11 novembre
Talibans ou Alliance du Nord, quelle différence pour les Afghanes ? Dans l'une de ses dépêches, l'Agence France Presse (AFP) rapporte le témoignage Khadija, un médecin de 35 ans, ancienne directrice d'un hôpital de Kaboul, l'une des rares femmes exerçant un métier à Ianguiqala, un district afghan de deux millions d'habitants sous contrôle de l'opposition de l'Alliance du Nord qui tient, selon elle, la bride "presque aussi serrée" aux femmes que la milice intégriste des talibans. Aujourd'hui, elle doit revêtir la burqa, ce long voile qui cache tout le corps et le visage, à l'exception d'un grillage au niveau des yeux, pour sortir dans les rues de Ianguiqala.
"Je prie pour que l'Alliance du Nord chasse les talibans de Kaboul, mais il ne faut pas être naïf et penser que tout sera alors merveilleux pour les femmes, que les conditions redeviendront ce qu'elles étaient avant la guerre", constate Khadija.
__12 novembre
Réunion, à New York, des chefs de la diplomatie des Etats-Unis, de la Russie et des six pays voisins de l'Afghanistan - le groupe "six plus deux". A l'issue de cette réunion, le secrétaire général des nations unies, Kofi Annan, a souligné "la nécessité d'agir vite" sur les fronts politique et humanitaire. Il a fait état de "progrès" dans les discussions avec toutes les parties afghanes pour former un large gouvernement et indiqué que son représentant spécial Lakhdar Brahimi allait accélérer ses efforts pour mettre en place un régime post-taliban.
Par ailleurs, Washington et Londres appellent l'Alliance du Nord à ne pas prendre le contrôle de la capitale Kaboul tant qu'un gouvernement de large union n'aura pas pu être formé.
Après la prise de Mazar-e-Charif, les forces de l'Alliance du Nord progressent rapidement dans le nord et l'ouest du pays. Les talibans, qui paraissent en déroute, refluent vers Kaboul - mais leurs reculs, note "Le Monde", "pourraient être un repli stratégique". Les Britanniques confirment qu'ils ont déployé des troupes sur le sol afghan.
Au nord de Kaboul, 7 à 8.000 hommes de l'Alliance du Nord mettent en déroute les forces talibanes, qui se seraient repliées sur Kandahar, sans rencontrer de résistance majeure.
"Libération", qui relève que les "antitalibans [sont] aux portes de Kaboul", écrit: "Les chefs de guerre afghans déclarent avoir repris la moitié du pays au gouvernement taliban. Issus de la guerre contre l'occupant soviétique (1979-89), ils se sont tous affrontés ou trahis à un moment ou à un autre. Au bout de 22 ans de guerre, les programmes politiques des uns et des autres se réduisent souvent à la notion d'appartenance ethnique. La question est de savoir si l'Alliance du Nord, [dont les dirigeants "défendent d'abord les intérêts de leur clan"], parviendra à surmonter ses divisions et à faire place à l'ethnie pashtoune (38% de la population), dont sont originaires la majorité des talibans" ["Libération", 13.11.2001].
__13 novembre
Le président américain Bush signe un "décret militaire" permettant à un tribunal militaire spécial de juger des terroristes, "qui n'ont pas la citoyenneté américaine", suspectés" "de participation à des actions terroristes ou de soutien au terrorisme".
Des éléments armés de l'Alliance du Nord pénètrent dans Kaboul, aux premières heures de la matinée. Les miliciens talibans ont fui par le sud dès l'arrivée des moudjahidines de l'Alliance. Le siège de la présidence de la République est occupée dès le début d'après-midi.
Deux mois après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis imputés à l'organisation terroriste Al-Qaida d'Oussama Ben Laden, et cinq semaines après le début de l'intervention armée américaine, le régime du mollah Omar est en passe d'être renversé..
 Les dirigeants de l'Alliance du Nord, arrivés à Kaboul - Mohammad Quassim Fahim, chef des forces de l'Alliance du nord et successeur du commandant Massoud, Abdullal Abdullah, ministre des Affaires étrangères - affirment qu'ils sont à Kaboul que "pour maintenir la sécurité dans la ville, et empêcher les criminels de s'en prendre aux citoyens. Nous sommes toujours engagés aux côtés du conseil national d'unité que nous avons formé avec l'ancien roi Zaher Shah (en exil à Rome depuis son renversement en 1973)".
Le Pakistan demande l'intervention d'une force internationale à Kaboul, sous l'égide des Nations unies.
Les forces de l'Alliance du Nord, qui avancent sur tout le pays, notamment dans les provinces du sud considérées comme des bastions talibans, contrôlent désormais tout le nord de l'Afghanistan, les villes d'Herat (ouest) et de Zarandj (la capitale de la province de Nimruz, au sud-ouest), ainsi qu'un aéroport proche de Kandahar (sud-est).
__14 novembre
L'effondrement du régime taliban s'accélère: les forces de l'Alliance du nord avancent dans tout le pays. Les talibans se replient vers le sud - et leur fief Kandahar. Jalalabad, la grande ville de l'est de l'Afghanistan, est tombée. Kandahar serait assiégée.
"Il s'agit incontestablement d'un succès pour Washington et ses alliés même si l'incertitude persiste sur l'avenir politique du régime au pouvoir", note le quotidien Le Monde.
Le Conseil de sécurité des Nations unies vote une résolution envisageant l'envoi d'une force internationale et l'ouverture d'un processus politique en Afghanistan. La résolution appelle toutes les factions à accepter, "sans délai, de bonne foi et sans préalable", l'invitation de l'Onu à prendre part à une conférence inter-afghane, chargée d'organiser une transition politique.
Selon un porte-parole des Nations unies à Islamabad, Stephane Bunker, plus de cent jeunes soldats talibans cachés dans une école de Mazar-e-Charif, ont été massacrés, le 9 novembre, "apparemment" par des membres de l'Alliance du Nord qui s'étaient emparés de la ville la veille.
__15 novembre
L'Alliance du Nord, qui a mis en place un "conseil de sécurité suprême", se dit favorable à un gouvernement d'intérim et promet des élections avant deux ans.
Les talibans résistent encore dans leur fief de Kandahar et au nord, non loin de la frontière avec le Tadjikistan, à Kunduz, mais les forces de l'opposition continuent leur progression et contrôlent désormais 80 % du territoire après avoir conquis Khost, Jalalabab, Gardez et Asadabab. A Kandahar, les talibans annoncent qu'ils sont décidés "à résister jusqu'au dernier".
"Les talibans acculés dans leurs derniers bastions", titre le quotidien "Libération", qui souligne que, "alors que les frappes américaines se raréfient, les commandos américains se mettent en chasse de Ben Laden".
Dans une interview à la radio anglaise BBC, le mollah Omar, chef des talibans, promet "la destruction de l'Amérique [
] à brève échéance": "Le plan est en marche et, inch Allah, il sera mis en uvre".
__16 novembre
Bombardements sur Kunduz, au nord du pays (où sont encerclés des milliers de talibans et de combattants islamistes non-afghans), et sur Kandahar. L'agence Afghan Islamic Press (AIP) annonce que le mollah Omar a demandé aux talibans de quitter la ville "dans les 24 heures".
A Genève, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) juge peu probable le retour rapide de quelque 4 millions de réfugiés se trouvant actuellement dans les pays voisins - Pakistan et Iran notamment.
Selon le Pentagone, l'Egyptien Mohammed Atef, un des principaux lieutenants de Ben Laden, aurait été tué dans d'un bombardement près de Kaboul, en même temps que plusieurs autres membres du mouvement Al-Qaida. Présenté comme le numéro deux - et le spécialiste militaire - du mouvement terroriste, Mohammed Ataf est soupçonné d'être à l'origine des attentats terroristes du 11 septembre, à New York et Washington, d'avoir commandité ceux contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998, et d'avoir incité aux attaques contre les troupes américaines en Somalie en 1993.
Ancien policier, Atef était l'un des dirigeants du groupe islamiste radical Al-Djihad, fondé en Egypte par Ayman al-Zawahri, également membre du réseau Al-Qaida. Le Djihad est responsable de l'assassinat en 1981 du président égyptien Anouar el-Sadate.
__18 novembre
De retour dans la capitale afghane, Burhanuddin Rabbani, seul président afghan reconnu par les Nations unies et la communauté internationale depuis son renversement par les talibans en 1996, demande "à toutes les parties de retrouver leur unité, de laisser de côté les vengeances et les conflits ethniques et de contribuer à la mise en place d'un pouvoir indépendant, central et représentatif" à Kaboul. Il rejette "la présence de forces étrangères" sur le sol afghan, soulignant que l'avenir de l'Afghanistan devait être "déterminé par le peuple afghan et sans ingérence étrangère".
__19 novembre
Kundunz et Kandahar toujours assiégées. A Kunduz, les talibans seraient prêts à se rendre à une instance afghane, sous les auspices des Nations unies, et non aux forces de l'Alliance du Nord. A Kandahar, des négociations sont en cours pour une possible reddition des talibans.
__20 novembre
Les talibans continuent toujours de résister à Kunduz et Kandahar. A Kandahar, les talibans affirment contrôler toujours la ville. "Notre guerre sainte continue. Il n'y a pas de négociations en cours à Kandahar", déclare Najibullah Sherzai, vice-ministre taliban des affaires étrangères.
Sous le titre : "Le nouveau désordre afghan", Le Monde écrit que, une semaine après la chute de Kaboul, l'Afghanistan replonge dans le règne confus des "seigneurs de la guerre", "qui se partagent le pays en féodalités aux alliances changeantes". Le quotidien poursuit : "La communauté internationale butte sur l'opposition de l'Alliance du nord au déploiement de forces [internationales] chargées d'assurer la sécurité".
L'Alliance du Nord accepte de participer à une conférence interafghane sur l'avenir de l'Afghanistan, sous l'égide des Nations unies, qui aura lieu, à partir du 27 novembre, à Bonn, en présence de représentants des principales ethnies afghanes et de l'ancien roi Mohammed Zaher Shah, en exil à Rome, qui a régné pendant 40 ans avant d'être renversé en 1973.
L'Alliance du Nord est composée principalement des minorités tadjike, ouzbèke et hazara, alors que l'ancien souverain et la plupart des talibans sont issus de l'ethnie majoritaire pachtoune, qui représente quelque 40% de la population afghane.
__21 novembre
A Kunduz, un général de l'Alliance du Nord lance un ultimatum aux quelques milliers de talibans et de "mercenaires" tchétchènes, pakistanais et arabes retranchés dans la ville. Les chefs talibans se sont déclarés prêts à rendre les armes, à condition que ce soit par l'entremise des Nations unies qui ne semblent pas vouloir jouer ce rôle d'intermédiaire.
Selon porte-parole du mollah Omar, Sayed Tayyab Agha, les talibans ont assez de forces pour défendre les régions d'Afghanistan qu'ils tiennent encore, en particulier leur bastion de Kandahar, et "sont suffisantes pour défendre les zones que nous contrôlons actuellement".
__22 novembre
Olivier Durr, responsable du CICR en Asie, annonce que des membres de la Croix-Rouge ont découvert entre 400 et 600 cadavres dans la ville de Mazar-e-Charif, après le départ des talibans, mais ne peut dire si ces gens ont été exécutés ou sont morts dans les combats.
__23 novembre
La bataille engagée par l'Alliance du Nord pour faire céder la forteresse de Kunduz, où sont retranchés des milliers de miliciens islamistes étrangers, se poursuit. Les talibans sont toujours présents à Kandahar, au sud, ainsi qu'à Maidan Shar, aux portes de Kaboul, où s'est ouvert un troisième front.
"Le mollah Omar n'est pas entré dans la clandestinité et se trouve toujours à Kandahar", affirme un porte-parole des talibans. Le chef spirituel des talibans aurait désigné un proche collaborateur, le mollah Aktar Mohammed Usmani, comme son adjoint et son éventuel successeur. Les deux hommes auraient fréquenté la même madrasa (école coranique), Jamia Farooq Azam, avant de commencer à enseigner ensemble.
__24 novembre
Les talibans commencent à évacuer Kunduz, leur dernier bastion dans le nord de l'Afghanistan, où ils étaient assiégées depuis deux semaines par les forces de l'Alliance du Nord, et se rendent avec leur matériel militaire. Plus de 2.000 combattants, talibans et étrangers, se sont rendus.
Selon l'un des commandants de l'Alliance du Nord, les étrangers "faits prisonniers [Tchétchènes, Pakistanais et Arabes], seront traités en être humains, selon les principes de la Charia" (code islamique) et "ils seront remis aux Etats-Unis, aux Nations Unies ou à leur pays respectifs s'ils sont recherchés ou réclamés".
__25 novembre
Des centaines de marines américains - héliportées depuis les porte-hélicoptères d'assaut Peleliu et Bataan postés en mer d'Oman - prennent le contrôle de l'aérodrome de Dolangi, à 90 km au sud-ouest de Kandahar. "On aura plus d'un millier de marines [avec blindés et artillerie] sur les terres des talibans dans les deux jours", déclare le général James Mattis, qui commande l'opération. Les Etats-Unis veulent contrôler la capitulation des talibans dans leur fief historique avant de poursuivre la traque de Ben Laden, commente Le Monde.
Sanglante révolte de miliciens islamistes étrangers dans la forteresse de Qalae-Jangi, près de Mazar-i-Sharif. "Pratiquement tous" les 600 combattants étrangers pro-talibans auraient été tués.
Le chef de l'Alliance du Nord, le président Burhanuddin Rabbani, n'exclu pas que des talibans "innocents" participent à titre individuel" à un gouvernement de transition en Afghanistan.
Réunis à Attock, dans le nord-ouest du Pakistan, pour une convention organisée par les Ahmedzai, l'une des plus grandes tribus pachtounes afghanes, quelque 500 Pachtounes demandent le déploiement en Afghanistan d'une force multinationale pour rétablir la sécurité après la chute du régime des talibans. "Nous demandons au secrétaire général des Nations unies [Kofi Annan], au Conseil de sécurité et à l'Union européenne que Kaboul soit décrétée zone démilitarisée et que des troupes internationales placées sous mandat de l'ONU soient déployées dans la ville".
__26 novembre
L'Alliance du Nord a définitivement pris possession de Kunduz. "5.000 talibans ont volontairement rendu les armes, et avec eux 750 mercenaires étrangers", selon un adjoint du général ouzbek Abdul Rachid Dostam.
Le mollah Mohammad Omar et Ben Laden sont encore "ensemble à Kandahar", et les forces de Ben Laden sont "contenues" dans cette région, affirme à Kaboul le ministre des Affaires étrangères de l'Alliance du Nord, le Dr Abdullah Abdullah.
__27 novembre
Ouverture à Bonn de la conférence interafghane, sous l'égide des Nations unies. Quatre délégations - 28 délégués représentant les différents courants ethniques et politiques du pays, dont trois femmes, sans voile ni burqa - tentent de mettre sur pied une administration provisoire chargée de diriger l'Afghanistan pendant les six prochains mois.
L'administration provisoire, installée à Kaboul, aurait pour tâche de préparer la convocation d'une Loya Jirgah [assemblée traditionnelle afghane] chargée de nommer un gouvernement et un parlement de transition pour une période de deux ans, jusqu'à l'adoption d'une Constitution et l'organisation d'élections démocratiques.
Les Etats-Unis réaffirment qu'ils ne reconnaissaient pas le gouvernement du président Rabbani à Kaboul: "Le soi-disant gouvernement Rabbani ne constitue pas un successeur viable aux talibans". La Russie et l'Iran, qui soutiennent le président Rabbani, ont décidé de réouvrir leurs ambassades à Kaboul.
__28 novembre
Les forces de L'Alliance du Nord ont repris le contrôle de la forteresse de Qalae-Jangi, une prison près de Mazar-i-Sharif. Plusieurs centaines de mercenaires étrangers pro-talibans - pakistanais, arabes et tchéchènes - ont été tués.
Amnesty International demande l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de la révolte. "Une enquête doit être ouverte immédiatement pour déterminer ce qui a provoqué cet incident violent et établir si la réponse de l'Alliance du Nord et des forces britanniques et américaines a été proportionnée".
__29 novembre
Les Marines américains poursuivent leur déploiement dans le sud de l'Afghanistan pour empêcher la fuite de membres du réseau terroriste Al-Qaïda. Ils participent à la traque contre Ben Laden, soupçonné d'avoir trouvé refuge dans des tunnels de la base de Tora Bora près de Jalalabad.
Le vice-président américain Dick Cheney affirme que Les Etats-Unis ont "réduit l'espace où Ben Laden peut se sentir en sécurité en Afghanistan". Les marines américains s'efforcent de couper toute retraite des talibans et des membres du réseau Al-Qaïda vers le Pakistan.
La ville de Kandahar, assiégée, est désormais isolée du reste du pays. L'ancien ambassadeur des talibans au Pakistan, le mollah Abdul Salam Zaeef, reconnaît que "le bilan des victimes est lourd, [...] les martyrs sont innombrables". "Notre système de communications est si détruit que nous ne pouvons pas connaître le nombre exact des victimes".
__30 novembre
A Kandahar, les talibans négocient leur reddition. Les Etats-Unis s'opposent à toute "amnistie" ou "droit de passage" dont pourrait bénéficier le mollah Omar, le chef des talibans.
L'Alliance du Nord annonce la capture d' Ahmed Omar Abdel-Rahman, membre important du réseau al-Qaida, qu'elle remettra "dans peu de temps" aux autorités de la coalition anti-terroriste internationale. Abdel-Rahman est le fils du cheikh Omar Abdel-Rahman, réfugié aux Etats-Unis et condamné à la prison à vie en 1995 pour son rôle dans l'attentat de 1993 contre le World Trade Center.
Burhanuddin Rabbani nie toute légitimité au roi Zaher Shah, en exil à Rome, mais évoque la possibilité de renouer des relations amicales avec le Pakistan. Le président de l'Alliance du Nord proclame son attachement à la démocratie et indique que la composition de la future Loya Jirgah devra tenir compte de la population du pays (et de sa répartition ethnique), des tribus et des institutions sociales, ainsi que des partis.
Il se pose en défenseur "de la démocratie et de la liberté de vote", notamment pour les femmes qui "doivent pouvoir être élues et pouvoir voter".
__4 décembre
Après plus de 20 années de guerre, l'Afghanistan fait un pas important sur la voie de la paix. Les quatre délégations afghanes, réunies à Bonn depuis le 27 novembre 2001, ont conclu un accord sur l'avenir politique de l'Afghanistan et la sécurité dans le pays.
L'accord prévoit notamment la nomination d'un gouvernement intérimaire de 29 membres qui gouvernera le pays pendant six mois et le déploiement, sous mandat des Nations unies, d'une force internationale chargée d'assurer la sécurité à Kaboul et dans ses environs.
Les femmes afghanes doivent être pleinement représentées dans les futurs organes politiques de leur pays et associées à sa reconstruction, déclare à Bruxelles la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Mary Robinson. "Si le soutien à la reconstruction de l'Afghanistan a lieu, nous devons voir dès le début la participation de celles qui représentent, après tout, la majorité de la population". Il s'agit, ajoute-t-elle, d'une "toute première priorité" pour les Nations Unies.
__6 décembre
L'ancien ambassadeur du régime taliban au Pakistan, Abdoul Salam Zaef, annonce la reddition de Kandahar. Au terme d'un accord passé avec le chef intérimaire afghan, Hamid Karzaï, le mollah Omar devrait se rendre à deux chefs de guerre pashtouns de la région, le mollah Naqibullah et Gul Agah. "Les deux parties, les talibans et Hamid Karzaï, se sont mises d'accord pour la reddition de Kandahar pour le bien du peuple, afin de minimiser les pertes en vies humaines et pour protéger la dignité du peuple, a déclaré Abdoul Salam Zaef, reconnaissant que les talibans sont "finis en tant que mouvement politique".
"La vie du mollah Omar, a-t-il ajouté, sera épargnée, et il pourra continuer de vivre dans la dignité. c'est un moudjahid [combattant de la guerre sainte] qui a oeuvré pour le peuple afghan et il n'est pas coupable []; la vie et la sécurité des talibans et de leurs dirigeants doivent être garanties".
A Washington, le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, assure qu'à "un arrangement qui laisserait [le mollah] Omar vivre dans la dignité à Kandahar ou ailleurs en Afghanistan, la réponse est non".
Selon des informations données par les leaders des forces de Jalalabad, dix responsables du mouvement terroriste d'Al-Qaida auraient été tués lors d'un raid américain le 3 décembre. Le responsable financier du réseau, Ali Mahmud, ferait partie des victimes, et le numéro deux du mouvement, Ayman al-Zawahiri, aurait été blessé, voire tué.
__7 décembre
Kandahar, au sud du pays, le fief du régime taliban où résidait le mollah Omar, passe aux mains des moujahidines antitalibans. "Depuis ce matin, les talibans n'existent plus ni en tant que gouvernement, ni en tant que mouvement en Afghanistan", assure Hamid Karzaï dans une interview à la télévision Al-Jazira du Qatar.
Hamid Karzaï annonce que le mollah Omar, qui a réussi à fuir, sera jugé pour avoir soutenu jusqu'au bout le terrorisme. "Au cours du mois écoulé, je lui ai demandé de renoncer au terrorisme et de condamner les violences liées au terrorisme en Afghanistan, aux Etats-Unis et dans le reste du monde", déclare-t-il sur CNN, ajoutant: "Il ne l'a pas fait. La nuit dernière était sa dernière chance pour le faire avant le transfert du pouvoir. Il ne l'a pas fait et doit être tenu pour responsable de son association avec le terrorisme".
__8 décembre
Les bombardements américains reprennent sur des positions d'Al-Qaida dans la région montagneuse de Tora Bora dans l'est de l'Afghanistan. Ben Laden et le mollah Omar restent introuvables.
Le futur chef du gouvernement intérimaire de Kaboul, Hamid Karzaï, déclare au quotidien français Libération que le mollah Omar "est désormais un fugitif" qui "ne saurait bénéficier d'aucune amnistie".
__11 décembre
Selon l'un des commandants afghans des forces anti-talibans, le réseau de bunkers et de grottes de Tora Bora, dans la région de Jalalabad, où sont retranchés les combattants du groupe Al-Qaida de Ben Laden, serait aux mains des moudjahidines. Des négociations de reddition sont ouvertes avec les combattants étrangers d'Al-Qaïda.
__13 décembre
Après plus de deux mois de frappes, le bilan des victimes civiles est difficile à préciser. Le quotidien Le Monde, à Paris, avance le chiffre dun millier de victimes : Plus que les villes, il semble que ce soient les villages plus ou moins reculés qui ont payé le prix le plus lourd en termes de victimes.
__15 décembre
Poursuite des combats dans les montagnes de Tora Bora, où se cachent encore de nombreux combattants d'Al-Qaida. La zone, cernée par les forces spéciales américaines et les forces afghanes, est toujours bombardée par les forces de l'aviation américaine.
__16 décembre
Tora Bora est tombée et le réseau Al-Qaida semble en déroute en Afghanistan, même si quelques poches de résistance semblent subsister ici ou là. Mais son chef, Ben Laden, a disparu, échappant aux Américains et aux forces afghanes. Une partie des combattants arabes a pu trouver refuge au Pakistan voisin.
__18 décembre
Oussama Ben Laden échappe à la traque des forces américaines et afghanes qui ne savent pas où est passé le chef d'Al-Qaida, ses lieutenants et une partie de ses troupes. La presse internationale se fait l'écho du "mystère Ben Laden". Ben Laden demeure introuvable et le mollah Omar est en fuite, note Le Monde, qui relève que "les chefs d'Al-Qaida et des talibans disposent de caches ou de filières de passage vers le Pakistan".
__19 décembre
Accord sur le déploiement à Kaboul d'une force multinationale de 3.000 hommes, aux missions limitées à la reconstruction et à des opérations de sécurité ponctuelles. Les missions de sécurité de la force seront encadrées, "en coopération" avec les autorités afghanes.
__16 décembre
Prise de Tora Bora est tombée et le réseau Al-Qaida semble en déroute en Afghanistan, même si quelques poches de résistance subsistent ici ou là. Mais son chef, Ben Laden, a disparu, échappant aux Américains et aux forces afghanes. Une partie des combattants arabes d'Al-Qaida a pu trouver refuge au Pakistan voisin.
__18 décembre
Oussama Ben Laden échappe à la traque des forces américaines et afghanes qui ne savent pas où est passé le chef d'Al-Qaida, ses lieutenants et une partie de ses troupes. La presse internationale se fait l'écho du "mystère Ben Laden". Ben Laden demeure introuvable et le mollah Omar est en fuite, note Le Monde, qui relève que "les chefs d'Al-Qaida et des talibans disposent de caches ou de filières de passage vers le Pakistan".
__19 décembre
Accord sur le déploiement à Kaboul d'une force multinationale de 3.000 hommes, aux missions limitées à la reconstruction et à des opérations de sécurité ponctuelles. Les missions de sécurité de la force seront encadrées, "en coopération" avec les autorités afghanes.
__22 décembre
A Kaboul, cérémonie d'investiture des autorités intérimaires afghanes, en présence de 2000 invités afghans et étrangers venus saluer l'avènement d'un régime qui succède à celui des talibans. Le président Rabbani, jusqu'alors considéré comme le chef de l'Etat par les Nations unies, qui n'avaient pas reconnu le régime taliban, a transmis ses pouvoirs à Hamid Karzaï, nommé président de l'administration intérimaire, conformément aux accords signés à Bonn sous l'égide des Nations unies. Le nouveau gouvernement comprend 29 ministres, dont trois femmes.
"Après des années de guerre, le pouvoir est transféré d'une administration à une autre, non par le fait des armes, mais pacifiquement et conformément à un accord politique", déclare le représentant spécial des Nations unies, Lakhdar Brahimi.
__26 décembre
La télévision Al-Jazira diffuse une nouvelle cassette de Ben Laden, sans doute enregistrée début décembre. "L'Occident déteste l'Islam et les musulmans", déclare-t-il notamment.
__29 décembre
A Kaboul, pour la troisième fois en deux jours, le ministère afghan de la Défense évoque la présence de Ben Laden au Pakistan. "Nous ne sommes pas complètement sûrs qu'il est là-bas en ce moment, mais des rapports du renseignement nous indiquent qu'il utilise Peshawar comme base".
Des agents américains interrogent des membres d'Al-Qaïda, dont des Européens d'origine arabe, internés dans la prison de Kohat (nord-ouest du Pakistan). Selon certains témoignages, de 6.000 à 7.000 membres d'Al-Qaïda se trouveraient toujours en Afghanistan où le long de la frontière avec le Pakistan.
__31 décembre
Un accord final sur le déploiement de la force internationale de sécurité (ISAF) intervient entre le ministre afghan de l'Intérieur Younis Qanooni et le général britannique John McColl. Cette force, à laquelle 17 pays contribuent, est destinée à garantir la stabilité dans le pays au terme de 23 ans de guerre. Déployée à Kaboul avant la mi-janvier 2002, elle comptera environ 4.500 hommes dont plus de 1.000 Britanniques, quelque 700 Allemands, 550 Français et 400 Espagnols.
3.01.2002

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