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AUSCHWITZ, 60 ANS APRES / UNE EXPOSITION - PARIS
__Mémoire des survivants dAuschwitz
Les témoignages
Soixante ans après l'entrée de l'Armée
rouge à Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945, la mairie
de Paris et le "Mémorial de la Shoah" ont recueilli
les témoignages des survivants de la Shoah qui aujourd'hui
encore habitent Paris ou son agglomération. Ce sont ces
témoignages, recueillis entre novembre 2004 et janvier
2005, qui ont été présentés dans le
cadre d'une exposition, conçue par l'artiste Esther Shalev-Gerz,
et présentés du 25 janvier au 12 mars 2005,
à la mairie de Paris, sous le titre : "Entre l'écoute
et la parole, DERNIERS TEMOINS, Auschwitz-Birkenau, 1945/2005".
Montrer l'insupportable, entendre l'innommable, faire face
à la réalité fut-elle synonyme d'horreur.
Soixante ans après la libération des camps, notre collectivité a choisi d'honorer les derniers survivants de cette page monstrueuse de l'histoire de l'Humanité, en leur demandant d'offrir à chacun leurs paroles, leurs souvenirs et leurs témoignages. Nul ne peut sortir indemne d'une confrontation à de tels récits. Chaque mot participe d'une description tragique et bouleversante : la négation de l'essence même de la condition humaine
Portée par une volonté de mémoire, cette
exposition est aussi un tribut à la vérité.
Elle est une invitation au combat nécessaire, inlassable,
contre ceux qui nient les droits de l'homme, qui révisent
le passé, bafouant la dignité des victimes pour
mieux réhabiliter une idéologie de mort.
Résonne ici cet avertissement de Stefan Zweig : "[
] le national-socialisme avec sa technique de l'imposture dénuée de scrupules se gardait bien de montrer la caractère radical de ses visées, avant qu'on eût endurci le monde. Ils appliquaient leur méthode avec prudence : on procédait par doses successives et on aménageait une petite pause après chaque dose. On n'administrait jamais qu'une pilule à la fois puis on attendait un moment pour voir si la conscience universelle supportait encore la dose. Et comme la conscience européenne, pour le malheur et la honte de notre civilisation, soulignait en toute hâte que cela ne la concernait en rien puisque aussi bien ces actes se passaient de l'autre côté de la frontière, les doses se firent de plus en plus fortes jusqu'à ce que l'Europe en périt".
Puisse cet enseignement éclairer les générations
futures dans l'écriture d'un avenir porteur de progrès,
de tolérance et d'humanisme. Bertrand Delanoë,
maire de Paris.
A nous tous d'écouter, d'entendre et de réfléchir sur leurs propos pour ne pas oublier
Livrer aux Parisiens les témoignages des derniers d'entre
eux qui il y a soixante ans survivaient à la Shoah, tel
était le souhait de la mairie de Paris et du Mémorial
de la Shoah, à un moment solennel où notre pays
se souvient.
Il y a soixante ans la communauté juive de France vivait
la Libération de la France et la fin de la guerre comme
un soulagement et une douleur. Soulagement de retrouver la liberté,
après plus de quatre années de persécution,
d'exclusion et d'humiliation exercées par les autorités
allemandes d'occupation avec la complicité du régime
de Vichy. Mais cette liberté retrouvée était
troublée par la douleur de l'absence des 76'000 Juifs raflés
et déportés entre 1942 et 1944. Sur les 76'000 juifs
déportés de France quelque 2'500 ont survécu.
Depuis une vingtaine d'années, notre pays regarde ce
pan de son histoire en face. Les témoignages des déportés
occupent une place essentielle dans la connaissance et la transmission
de cette histoire. Ils sont au centre de l'exposition que nous
présentons aujourd'hui à l'Hôtel de Ville.
A nous tous d'écouter, d'entendre et de réfléchir
sur leurs propos pour ne pas oublier. Eric de Rothschild,
président du "Mémorial de la Shoah".

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