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____La chronique du conflit 2005 |Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Août | Septembre | _22 DECEMBRE. Le Conseil de sécurité des Nations unies se félicite dans une déclaration présidentielle de l'ouverture, à Abuja (Nigeria), de la septième série des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour, réitérant son appel à cesser immédiatement les affrontements et condamnant les attaques au Tchad. [Le Conseil s'est dit "encouragé par la
participation active" de représentants de tous les
groupes invités du Mouvement/Armée de libération
du Soudan et du Mouvement pour la justice et l'égalité,
ainsi que de membres du Mouvement populaire de libération
du Soudan en tant que composante du gouvernement d'unité
nationale, et exhorte tous les participants à poursuivre
leur coopération avec la Mission de l'Union africaine au
Soudan (MUAS) et la Mission des Nations Unies au Soudan.
_21 DECEMBRE. Kofi Annan condamne l'attaque lancée le 19 décembre contre le village d'Abu Sarouj, dans l'Ouest du Darfour, qui aurait fait au moins vingt morts dont plusieurs femmes et enfants. "Selon les informations disponibles, vingt personnes, dont plusieurs femmes et enfants, ont été sauvagement assassinées au cours d'un assaut auquel ont pris part plusieurs centaines de miliciens armés, qui ont également brûlé des douzaines de huttes et volé du bétail", indique le secrétaire général des Nations unies. _13 DECEMBRE. Luis Moreno Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), demande, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l'entière coopération de tous les pays de l'Union africaine (UA) et une collaboration supplémentaire du gouvernement du Soudan, dans son enquête sur les crimes commis au Darfour depuis le 1er juillet 2002. Rendant compte des progrès réalisés dans l'enquête sur les "graves violations des droits de l'homme" perpétrés au Darfour et présentant au Conseil de sécurité le rapport sur les activités de son Bureau depuis le 29 juin2005, Luis Moreno Ocampo, Procureur de la CPI, explique que la première phase de ses travaux d'investigation, qui consiste à rassembler les faits qui se rapportent à ces crimes, ainsi qu'aux groupes ou aux individus qui en portent la responsabilité, a bien progressé. Le Procureur de la CPI a néanmoins indiqué que "l'insécurité permanente qui prévaut au Darfour empêche la mise en place d'un système efficace de protection des victimes et des témoins". "Cela a forcé mon équipe à enquêter hors du Soudan et cela représente également un handicap sérieux dans la conduite d'une enquête complète au Darfour par les organes judiciaires nationaux", ajoute-t-il. _12 DECEMBRE. L'organisation américaine Human
Rights Watch (HRW) accuse les plus hautes autorités
de Khartoum, dont le président Omar al-Béchir,
d'être responsables des violences perpétrées
dans la région du Darfour. "Le gouvernement soudanais
au plus haut niveau est responsable pour les abus généralisés
et systématiques" perpétrés dans la
région du Darfour, dénonce l'organisation de défense
des droits de l'homme dans un rapport sur la situation au Darour. _8 DECEMBRE. Kofi Annan, préoccupé par la détérioration de la situation au Darfour, demande à nouveau à toutes les parties de "respecter leurs accords ainsi que les dispositions du droit international humanitaire". Il les exhorte à « faire des efforts sérieux en vue de parvenir à un règlement politique dans le cadre des pourparlers de paix d'Abuja avant la fin de l'année ». "La Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) fait état d'actes de banditisme, de pillages, d'affrontements entre tribus, d'accrochages entre des rebelles du Mouvement de libération du Soudan et des tribus, d'attaques à l'encontre des civils - dont la destruction de puits, qui sont essentiels à leur subsistance, et l'expulsion forcée de milliers de personnes de leur foyer, qui s'ajoutent aux deux millions de déplacés existants - ainsi que l'augmentation continue du nombre d'attaques et de vols commis à l'encontre des travailleurs humanitaires", indique le secrétaire général des Nations unies dans un message transmis par son porte-parole. _21 NOVEMBRE. Dans son dernier rapport sur le Darfour, Kofi Annan prévient que "la menace de l'anarchie totale se rapproche, en particulier au Darfour-Ouest, où les seigneurs de guerre, les bandits et les milices se montrent de plus en plus agressifs". "L'intensification redoutable de la violence au Darfour sévit maintenant depuis deux mois. Elle compromet gravement l'acheminement de l'aide humanitaire, fait des morts parmi la population civile et le personnel de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et assombrit de nouveau les perspectives de retour des personnes déplacées dans certaines zones. Des villageois ont dû s'enfuir à nouveau de leurs foyers, dans certains cas pour la deuxième ou la troisième fois", déclare le secrétaire général des Nations unies dans son dernier rapport mensuel sur la situation au Darfour.
_10 NOVEMBRE. La Mission des Nations unies au Soudan (Unmis) mène une enquête sur des attaques qui auraient été menées contre six villages, brûlés au Sud-Darfour, par près de 1'500 hommes cavaliers à cheval et à dos de chameau.
"Le Conseil de sécurité se dit gravement
préoccupé par les récentes informations faisant
état d'une recrudescence de la violence au Darfour imputable à toutes les parties et insiste pour que celles-ci respectent rigoureusement les obligations que leur impose l'Accord de cessez-le-feu de N'djamena et les engagements qu'elles y ont pris, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité et les protocoles d'Abuja", déclare le président du Conseil de sécurité, Mihnea Ioan Motoc. _11 OCTOBRE. Juan Mendez, Conseiller spécial du Haut Commissariat aux droits de l'homme pour la prévention des génocides, rend compte à la presse de sa dernière visite au Darfour où il a constaté que la situation s'était gravement détériorée depuis 2004 et que les populations n'étaient toujours pas à l'abri d'un génocide ou Juan Mendez d'un deuxième génocide. Dans son rapport, le Conseiller spécial recommande notamment de renforcer la présence de l'Union africaine (UA)en lui donnant véritablement les moyens d'agir, à savoir les hommes, le matériel et l'argent nécessaire pour opérer sur le terrain. Il faut aussi, selon lui, renforcer la pression sur le gouvernement du Soudan pour qu'il cesse de restreindre la liberté de mouvement des troupes de l'UA. [Le même jour, plusieurs membres du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Russie, Chine et Algérie - ont refusé d'entendre le témoignage de Juan Mendez qui a remis un rapport au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, proposant des recommandations pour empêcher que la situation ne se détériore.] _28 SEPTEMBRE. Le Conseil de sécurité des Nations unies se dit "profondément préoccupé par la recrudescence de la violence au Darfour" et souligne "la nécessité, pour toutes les parties, de faire preuve de calme et de retenue et de respecter scrupuleusement le cessez-le-feu". Le Conseil engage toutes les parties à "conclure l'Accord sur le statut des forces, afin de permettre la libre circulation sur le territoire soudanais des membres de la Mission des Nations unies au Soudan (UNMIS) " et à "mettre immédiatement un terme à tout ce qui peut faire obstacle aux mouvements du personnel de la Mission de l'Union africaine au Soudan". Il demande également que soient levées "toutes les restrictions imposées aux organisations humanitaires" au Darfour. "Si la violence continue à s'intensifier au Darfour, les 11'000 travailleurs humanitaires qui portent secours à plus de 2,5 millions de personnes ne pourront pas maintenir leurs opérations", prévient Jan Egeland, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires. [Le conflit a déjà causé la mort
de 180'000 personnes, provoqué le déplacement de
plus de 2 millions de civils et affecté près de
3,4 millions de personnes.]
_26 SEPTEMBRE. "Il y a le sentiment fort que l'impunité continue à prévaloir au Darfour", déclare Juan Mendez, conseiller spécial du Haut Commissariat aux droits de l'homme pour la prévention des génocides, à la suite d'une visite au Soudan. "Il y a une grande différence entre ce que dit le gouvernement soudanais sur les actions qu'il entreprend pour régler les problèmes au Darfour et ce que l'on voit et ce qu'on entend sur le terrain", ajoute-t-il.
Le conflit du Darfour, qui a démarré il y a trois ans, a déjà affecté près de 3,4 millions de personnes et provoqué le déplacement de plus de 2 millions de personnes. [Malgré la volonté affichée du gouvernement
soudanais, les violences sexuelles contre les femmes continuent
de sévir au Darfour, avait également dénoncé,
le 21 septembre, la conseillère spéciale de Kofi
Annan sur les questions de l'égalité entre les hommes
et les femmes, après une visite sur le terrain. _24 AOUT. "Personne ne vous forcera à rentrer", déclare António Guterres, haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, au représentant du camp de Riyad où vivent 10'000 personnes déplacées, dans l'ouest du Darfour. "Le gouvernement soudanais fait pression sur quelques sheikhs - des chefs de village - pour qu'ils fassent revenir les déplacés dans leurs villages détruits par les milices armées", assure-t-il. Le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), qui aide les populations à reconstruire leur vie dans dix villages du Darfour, estimés en sécurité, écarte pour l'instant toute possibilité de retour à grande échelle dans d'autres villages. "Les viols continuent toujours. Le génocide se poursuit et il y a toujours des villages incendiés", a rappelé le représentant du camp de Riyad. _15 AOUT. Premières condamnations du Tribunal criminel spécial (TCS) formé par le Soudan pour juger les crimes de guerre au Darfour. Trois membres des forces armées, jugés à Al-Facher, la capitale du Darfour-Nord, ont été condamnés à 5 ans de prison pour "avoir mené la guerre". [Le TCS doit, selon les autorités soudanaises, se substituer à la Cour pénale internationale, saisie par le Conseil de sécurité des Nations unies pour juger les auteurs de crimes de guerre au Darfour.] _6 JUIN. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) ouvre officiellement une enquête sur le Darfour, donnant ainsi suite au renvoi adressé par le Conseil de sécurité des Nations unies. Selon Luis Moreno Ocampo, les conditions fixées dans le Statut du tribunal pour l'ouverture d'une enquête sont réunies, à savoir l'existence de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. "L'enquête sera impartiale et indépendante, et s'intéressera principalement aux personnes portant la responsabilité pénale la plus lourde concernant les crimes commis au Darfour", indique un communiqué de la CPI. "Pour les besoins de l'enquête, il sera nécessaire d'obtenir la coopération durable des autorités nationales et internationales. Cette coopération s'inscrira dans le cadre d'un effort collectif venant compléter les initiatives de l'Union africaine et d'autres organisations visant à mettre fin à la violence au Darfour et à promouvoir la justice. Les mécanismes traditionnels africains peuvent constituer un complément important à ces efforts, et permettre d'obtenir la réconciliation locale", souligne Luis Moreno Ocampo.
Ces arrestations sont "un évènement très inquiétant", selon Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. "Le viol et la violence sexuelle sont des réalités avérées de la vie des femmes au Darfour", a-t-elle ajouté. "Telle est la conclusion de nos équipes de surveillance sur le terrain, de la Commission internationale d'enquête sur le Darfour et de toutes les enquêtes sérieuses qui ont été menées sur la crise des droits de l'homme qui se déroule dans la région. MSF n'a rien fait de plus que de constater ces crimes odieux et d'essayer d'attirer sur eux toute l'attention nécessaire". "Prendre la communauté humanitaire pour cible alors qu'elle ne fait que son travail ne peut que nuire à la population du Darfour et détourner l'attention des véritables criminels, qui sont ceux qui continuent de violer, de tuer et de piller en toute impunité", a poursuivi Louise Arbour, qui a "demandé au gouvernement soudanais de faire en sorte que le personnel des droits de l'homme et les travailleurs humanitaires puissent travailler librement et sans crainte de représailles". _29 MAI. Kofi Annan en visite au Darfour et dans le sud du pays. Cette visite intervient au terme d'une tournée-marathon du secrétaire général des Nations unies au Soudan pour promouvoir les efforts humanitaires et sécuritaires dans la région du Darfour et d'appuyer l'accord de paix nord-sud. La guerre civile entre le nord arabo-musulman du Soudan et le sud à majorité animiste et chrétien a coûté la vie à plus de 1,5 million de personnes et fait plus de quatre millions de déplacés. "Vous ne pouvez pas avoir la paix dans une partie du pays lorsque vous avez un grave conflit dans une autre", déclare Kofi Annan. _26 MAI. La réaction de la communauté internationale au Darfour reste "tragiquement insuffisante", dénoncent Kofi Annan et Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA) dans une tribune publiée dans le quotidien "Le Figaro". _26 AVRIL. Les milices Janjaouites mettraient de nouveau le feu, comme ils l'ont fait en 2004 pendant la période du ramadan, aux villages abandonnés du Darfour afin que les populations déplacées et terrifiées ne puissent pas y retourner, dénonce l'agence des Nations unies pour les réfugiés, qui s'inquiète de ce que de tels actes menacent de changer irrévocablement la structure sociale et la démographie de la région. Les villages qui ont été abandonnés dans le Darfour Ouest sont de nouveau incendiés pour décourager les populations de retourner dans leurs communautés, dénonce le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué publié à Seraf, au Soudan. Le village de Seraf - à 12 km au sud de Masteri, un village situé à 50 km de El-Geneina, la capitale du Darfour Ouest a brûlé le lundi 18 avril, indique l'agence de l'ONU pour les réfugiés. _18 AVRIL. Pas d'amélioration de la situation sur le terrain, selon le dernier rapport de Kofi Annan. Malgré trois résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Darfour, les engagements des parties et les appels de la communauté internationale, la situation sur le terrain ne s'est pas améliorée et les attaques contre les civils et le personnel humanitaire perdurent. "Globalement, la situation sécuritaire au Darfour n'a pas connu d'améliorations au mois de mars en comparaison des mois précédents", indique le secrétaire général des Nations unies dans son dernier rapport mensuel sur cette région de l'Ouest du Soudan, toujours en proie aux conflits.
"Nous savons ce qui se passe au Darfour. La question est maintenant, pourquoi ne faisons-nous pas plus pour y mettre fin ?", s'interroge le secrétaire général des Nations unies. "L'été [2004], le Conseil de sécurité, les Etats-Unis et l'Union Européenne ont tous dit que le Darfour était leur priorité. Mais c'est seulement [en mars 2005] que le Conseil de sécurité s'est mis d'accord pour imposer des sanctions aux auteurs de violations du droit international au Darfour et, fait historique, et pour référer la situation au Darfour au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), un grand pas en avant pour mettre fin au climat d'impunité qui règne". Kofi Annan rappelle que l'Union Africaine, qui a dépêché une mission sur le terrain, a besoin de renforcer ses troupes supplémentaires, "pas aujourd'hui, pas demain mais hier". "Après tout, donner de l'aide sans protection c'est comme mettre un sparadrap sur une plaie ouverte. Notre échec collectif à fournir une plus grande force est aussi pitoyable et inexcusable que les graves conséquences pour les dizaines de milliers de familles qui sont laissées sans protection". "Nous avons vu tout ça se produire en Bosnie une dizaine d'années plus tôt. Allons -nous laissez les choses se répéter une nouvelle fois au Darfour ?" _13 AVRIL. Dans une tribune libre publiée par le quotidien Le Monde, Jan Pronk, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Soudan, déclare que "la sécurité au Darfour et dans les autres régions déstabilisées du pays doit être assurée avant qu'une solution politique et économique puisse être mise en place pour relever les immenses défis auxquels cette nation déchirée par la guerre doit faire face. Le Darfour requiert une stratégie en trois temps : le déploiement d'une force de sécurité internationale de plus grande ampleur, un accord politique entre les rebelles et le gouvernement soudanais, et un plan à long terme pour le développement durable comme fondement de la croissance économique future et de la lutte contre la pauvreté". _8 AVRIL. Regrettant les atermoiements des autorités soudanaises, qui ont empêché le déploiement de l'Union africaine pour protéger les populations, les missions de l'Union africaine et de Nations unies au Soudan condamnent conjointement l'attaque "sauvage" qui a causé, le 7 avril, la destruction du village de Khor Abeche, au Sud-Darfour, par des milices qui ont mis leurs menaces répétées à exécution. _5 AVRIL. Kofi Annan remet à Luis Moreno Ocampo, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), la liste de noms scellée qui lui a été transmise par la Commission internationale d'enquête sur les crimes commis au Darfour. _31 MARS. Dans sa première référence à la Cour pénale internationale (CPI), le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 31 mars 2005, une résolution saisissant la Cour des crimes contre l'humanité commis au Darfour. Le texte de la résolution (S/2005/1593), votée par dix voix pour et quatre abstentions - celles de l'Algérie, du Brésil, de la Chine et des Etats-Unis, qui ont renoncé à leur droit de veto -, indique que le conseil a décidé de déférer au Procureur de la Cour pénale internationale la situation au Darfour depuis le 1er juillet 2002. _30 MARS. Le bilan des massacres au Darfour a été "grossièrement sous-estimé", selon un rapport parlementaire britannique pour qui les crimes qui y sont commis sont aussi graves qu'un génocide. Le nombre des victimes se situerait "autour des 300'000". Le nombre des victimes est "plusieurs fois supérieur" aux 70'000 avancés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a affirmé à l'Agence France-Presse (AFP) le président de la Commission de la chambre des Communes sur le Développement international, le député travailliste Tony Baldry. Selon lui, le chiffre de l'OMS "n'est qu'une estimation minimale". Le rapport des députés britanniques accuse la communauté internationale d'une "réponse scandaleusement inefficace" face à la situation. Il estime que les crimes commis par les milices arabes pro-gouvernementales au Soudan contre la population du Darfour "n'étaient ni moins graves ni moins haineux qu'un génocide". "Le Darfour est un test réel pour la communauté internationale et la civilisation dans son ensemble à l'aube du XXIe siècle et si nous ne pouvons résoudre la situation au Darfour, cela présage bien mal du millénaire à venir", souligne Tony Baldry. _29 MARS. Quelques jours après avoir décidé de la création d'une Mission des Nations unies au Soudan, le Conseil de sécurité adopte une résolution imposant de nouvelles sanctions au gouvernement soudanais, ainsi quaux rebelles du Darfour, qui ont failli au respect de leurs engagements de cessez-le-feu et de protection des populations civiles. La résolution limite les flux d'armes et impose un gel des avoirs et une interdiction de déplacement aux personnes qui entravent les efforts de paix dans la région. _16 MARS. Jan Egeland, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, estime à 1,8 million le nombre de personnes déplacées par le conflit du Darfour, et prévient que ce chiffre pourrait dépasser les 3 millions avant la fin de l'année, en l'absence d'un règlement politique. Selon les seules estimations disponibles, qui en 2004 indiquaient que 70'000 personnes déplacées étaient décédées sur une période de sept mois, Jan Egeland déclare que les conséquences du conflit au Darfour pourraient avoir fait au moins 180'000 morts en l'espace de 18 mois. _11 MARS. Stagnation de la situation humanitaire et manque de bonne volonté de la part des parties, tels sont les deux principaux qualificatifs contenus dans le dernier rapport de Kofi Annan sur le Darfour, dans lequel il préconise le renforcement de la Mission de l'Union africaine au Soudan. "Aucun pas important n'a été fait dans la recherche d'une solution politique à la crise au Darfour au cours du dernier mois", indique le secrétaire général des Nations unies.
_7 MARS. Alors que les tueries et les viols continuent au Darfour, Kofi Annan, pour qui les efforts entrepris par la communauté internationale ne sont pas suffisants, annonce qu'une mission d'évaluation des Nations unies se rendra prochainement sur le terrain et espère que les membres du Conseil de sécurité adopteront, en mars, une nouvelle résolution. "Je suis préoccupé par le fait que nous n'avançons pas assez vite pour résoudre la situation désastreuse au Darfour ", déclare le secrétaire général des Nations unies dans un message transmis par son porte-parole, à l'issue d'une réunion qu'il avait demandé avec les membres du Conseil de sécurité. Les efforts entrepris sur le plan humanitaire et sur le plan sécuritaire par l'Union africaine "ne sont pas suffisants ", souligne-t-il, rappelant que les informations provenant du terrain continuaient de faire part "de tueries et de viols " au Darfour. Kofi Annan déplore que les troupes de l'Union africaine déployées sur place soient trop peu nombreuses, alors que tout le monde "convient qu'une présence internationale plus forte sur le terrain est cruciale ". Il confirme que les Nations unies, aux côtés de l'Union européenne et des Etats-Unis, vont se joindre à une mission d'évaluation sur le terrain, conduite par l'Union africaine. _16 FEVRIER. Présentant devant le Conseil de sécurité, le rapport d'enquête des Nations unies sur les crimes commis au Darfour, Louise Arbour a préconisé le renvoi devant la Cour pénale internationale (CPI). Selon elle, toute solution alternative, dont la création d'un tribunal spécial, serait soit inappropriée, soit trop coûteuse et trop lente. "Une des façons d'arrêter le carnage au Darfour [ ] est de déposer ceux qui les orchestrent et les exécutent", et les résultats du rapport de la Commission internationale d'enquête sur le Darfour "fournissent un plan d'action", a déclaré la haut commissaire aux droits de l'homme. "Les recommandations de la Commission n'ont pas seulement une importance rétrospective", a-t-elle rappelé, soulignant qu'elles pourraient "effectivement contribuer à réduire l'exposition de milliers de victimes potentielles". _11 FEVRIER. L'agence des Nations unies pour l'enfance (Unicef) attire l'attention de la communauté internationale sur la situation de dizaines d'enfants nés de mères soudanaises victimes de viols perpétrés par les milices Janjawids qui utilisent la violence sexuelle comme arme de guerre pour humilier et affaiblir les communautés de la région du Darfour, dans l'Ouest du Soudan. "La violence sexuelle est utilisée comme arme de guerre pour humilier et affaiblir les communautés", s'insurge l'Unicef, qui craint maintenant que "les femmes et leurs enfants soient ostracisés". _8 FEVRIER. Le Soudan se propose de juger lui-même les crimes au Darfour : intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le premier vice-président du gouvernement soudanais, Ali Osman Taha, affirme que son pays a "les moyens, la compétence et la volonté" de poursuivre les criminels. Par ailleurs, le représentant des Nations unies au soudan, Jan Pronk, avertit le Conseil que le "nettoyage ethnique" continue et qu'il en a vu les "conséquences dramatiques" dans des dizaines de villages lors de sa dernière visite, fin janvier. "Le cessez-le-feu n'a pas été respecté. Les responsables des crimes atroces commis à large échelle restent impunis. Les milices continuent à attaquer. Le gouvernement [soudanais] ne les a pas arrêtées". _31 JANVIER. La Commission d'enquête internationale mise en place par les Nations unies accuse le Soudan, et les milices arabes qu'elle soutient, d'avoir perpétré des crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, mais pas de génocide, contrairement à ce qu'affirmaient les Etats-Unis. Le rapport préconise un renvoi des auteurs de ces crimes devant la Cour pénale internationale (CPI). La commission accuse en particulier les forces gouvernementales et les milices arabes d'avoir mené des attaques indiscriminées à travers le Darfour, avec meurtres de civils, tortures, viols... Elle accuse aussi les mouvements rebelles d'être responsables de sérieuses violations des droits de l'homme et de la loi humanitaire internationale, quoique pas de manière systématique. Le rapport de la commission précise que l'absence de génocide organisé ne minimise pas la gravité des crimes perpétrés. Des abus reconnus internationalement tels que des "crimes contre l'humanité et des crimes de guerre" ont été commis au Darfour.
Se déclarant "très préoccupé par la situation au Darfour", le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a précisé, lors d'une conférence de presse donnée à l'occasion du Sommet de l'Union africaine (UA) à Abuja, au Nigeria, "qu'il n'était pas possible de permettre que se poursuivent [au Darfour] les violences contre les civils innocents". "Indépendamment de la façon dont la Commission qualifie ce qui se passe au Darfour, il ne fait pas de doute que des crimes graves ont été commis, des violations graves du droit international humanitaire et des violations patentes des droits de l'homme" et "cela n'est pas acceptable", a-t-il souligné, ajoutant qu'il "faut agir quelle que soit la qualification" de ces actes. [La Commission estime que le gouvernement du Soudan "n'a pas poursuivi une politique de génocide au Darfour". "L'élément crucial de l'intention génocidaire semble manquer, du moins en ce qui concerne les autorités du gouvernement central", souligne-t-elle. Elle ajoute cependant que "dans certains cas, des individus, y compris des responsables gouvernementaux, peuvent commettre des actes avec une intention génocidaire. Il revient à un tribunal compétent de déterminer si ce fut le cas au Darfour".] _27 JANVIER. Une centaine de personnes ont été tuées lors d'un bombardement aérien par les forces aériennes soudanaises, le 26 janvier, selon l'Union africaine (UA), qui parle de "l'attaque la plus grave perpétrée ces derniers mois". _26 JANVIER. La situation au Darfour continue d'être préoccupante, dénonce la Mission préparatoire des Nations unies au Soudan (UNAMIS). Dans un communiqué, l'UNAMIS fait part d'une dégradation de la situation sécuritaire dans le pays alors que le rapport de la Commission d'enquête internationale visant à déterminer si des actes de génocide ont été commis dans la région du Darfour a été transmis au secrétaire général des Nations unies. Au Nord Darfour, des organisations non gouvernementales (ONG) ont fait part d'un "afflux considérable" de civils vers Shangil Tobayi, après des combats dans le Djebel Marra oriental. Au Sud Darfour, la police soudanaise a signalé la mort d'au moins 25 civils dans l'attaque de rebelles contre le village d'Al-Mallam, au nord de Mershing. Les observateurs de l'Union africaine (UA) ont constaté que trois villages voisins avaient été attaqués. Enfin, au Ouest Darfour, plusieurs sources signalent une attaque d'hommes armés sur Seleia, le 21 janvier, qui a causé la mort d'au moins 20 personnes.
Jan Pronk a recommande au Conseil d'exiger des deux camps qu'ils fassent preuve d'une "totale retenue : pas d'attaques, pas de représailles" et qu'ils "se retirent derrière des lignes raisonnables et bien définies", comme celles qu'ils occupaient le 8 décembre 2004. L'Union africaine (UA) devra alors occuper les zones ainsi débarrassées d'éléments armés. Il invite également le Conseil à presser le gouvernement d'arrêter sans retard les responsables de graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international dans la province, comme cela avait été prévu dans deux résolutions votées en 2004.
Le secrétaire général des Nations unies constate que "les groupes armés se réarment et [que] le conflit déborde au-delà des limites de la province", au Kordofan voisin. "D'importantes quantités d'armes ont été introduites au Darfour en violation d'une décision du Conseil de sécurité (résolution 1556 de juillet 2004). L'intensification de la violence, incluant des attaques aériennes, trahit une détérioration de la situation". "De nouveaux mouvements rebelles se forment et lancent des attaques dans une zone pétrolière du Kordofan occidental", indique-t-il. "Nous pourrions aller vers une période de violence intense si des mesures n'étaient pas prises rapidement". "Les pressions exercées sur les parties pour qu'elle remplissent leurs engagements n'ont pas d'effet perceptible sur le terrain. J'en conclus que nous devons réexaminer les mesures nécessaires pour améliorer la sécurité et la protection des personnes déplacées au Darfour", ajoute-t-il. |