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LE CONFLIT DU DARFOUR
> Le dossier
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____La chronique du conflit
_31 DECEMBRE. Comme le prévoyait la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies, une mission "hybride" composée des forces des Nations unies et de l’Union africaine (UA) a pris le relais de la mission de l'Union africaine au Darfour (AMIS).
[Une fois déployée dans son intégralité, cette Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), la Minuad sera forte de 19’555 soldats et de plus de 6’432 policiers et personnels civils, ce qui en fera la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies au monde. Mais, dans les faits, la Minuad ne démarre qu'avec quelque 9’000 personnes sur le terrain : les 7’000 soldats et 1’200 policiers de l'AMIS déjà en place et quelques soldats et policiers des Nations unies envoyés en renfort en 2007.]
_11 DECEMBRE. Le Conseil des droits de l'homme, réuni à Genève, examine la situation des droits de l’homme au Darfour. Le Soudan assure que son gouvernement s'est efforcé d'appliquer les accords d'Abuja, d'aider au retour des réfugiés et de répondre aux demandes de la communauté internationale, et ce alors que se poursuivent les exactions commises par des groupes rebelles.
Au cours du débat, plusieurs pays relevent que la situation au Darfour reste grave et que les violations des droits de l'homme, y compris les actes de violence sexuelle et les violations du droit international humanitaire, persistent.

_6 DECEMBRE. Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, John Holmes dénonce, devant le Conseil de sécurité, la détérioration des conditions de travail des 13’000 travailleurs humanitaires qui opèrent au Darfour pour venir en aide à quelque 4,2 millions de personnes touchées par le conflit, dont 2,4 millions de personnes déplacées.
John Holmes se déclare préoccupé par les restrictions de mouvement, la violence contre les civils et le personnel humanitaire et le manque de respect des principes humanitaires par toutes les parties au conflit. Depuis le début de 2007, près de 280’000 civils ont fui la violence vers des camps de personnes déplacées déjà surpeuplés. Les attaques contre le personnel humanitaire continuent à un niveau sans précédent. Leurs responsables sont souvent difficiles à identifier, mais il semble qu'ils appartiennent principalement aux groupes rebelles et aux éléments du SLA-Minni Minawi.
_30 SEPTEMBRE. Une attaque commise par un groupe armé fait plus de dix morts parmi les soldats de Mission de l'Union africaine (MUSA) au Darfour - attaque qualifiée de "barbare" par les Nations unies. Un certain nombre de soldats sont portés disparu et l'équipement et les véhicules de la MUAS au poste de Haskanita, au Sud-Darfour, ont été pillés et vandalisés.
[L’attaque a été menée par des hommes de l’une des factions rebelles du Darfour, l’Armée de libération du Soudan-Unité (SLA Unity). Ces derniers ont sans doute été appuyés par une des factions issues de la scission d’un autre groupe rebelle, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM).]
_28 SEPTEMBRE. Le Conseil de sécurité des Nations unies reconduit, jusqu'au 15 octobre 2008, le mandat du Groupe d'experts chargé de surveiller les sanctions sur les armes, les déplacements et les avoirs financiers imposées aux individus et entités non gouvernementales opérant dans la région du Darfour.
Le Conseil se dit préoccupé par "la violence et l'impunité qui continuent de régner, ainsi que [par] la détérioration de la situation humanitaire qui en résulte". Il demande aux parties n'ayant encore "pas accepté de participer aux négociations qui doivent avoir lieu le 27 octobre [2007] en Libye, avec l'Union africaine et l'ONU comme médiateurs, de le faire immédiatement".
La résolution du Conseil de sécurité [ 32 ko]
[Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies, le Conseil, par sa résolution 1779 (2007), demande au Groupe d'experts de coordonner ses activités avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et de l'opération hybride UA-ONU au Darfour (MINUAD) qui lui succédera.]
_25 SEPTEMBRE. Le Conseil de sécurité des Nations unies approuve à l'unanimité une résolution [1778/2007] - présentée par la France autorisant le déploiement d’une force mixte Nations unies-Union européenne dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger les populations touchées par le conflit au Darfour.
Etablie par la résolution 1778 (2007), cette force est destinée à aider à créer les conditions favorables au retour volontaire, sécurisé et durable des réfugiés et des personnes déplacées.
La résolution du Conseil de sécurité [ 45 ko]
[Cette présence inclura une police tchadienne pour la protection humanitaire (PTPH) ainsi que, pour une période d'un an, une mission des Nations unies appelée MINURCAT - Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad -, pouvant comprendre jusqu'à 300 policiers, et une opération de l'Union européenne placée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies.]
_20 SEPTEMBRE. "La décision du gouvernement soudanais de laisser en liberté Ahmad Haroun est un déni de justice", déclare Luis Moreno-Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), au cours d'une conférence de presse donnée au siège des Nations unies à New York.

En février 2007, le Bureau du Procureur avait dénoncé la façon dont l'ancien ministre d'Etat de l'Intérieur du Soudan, Ahmad Haroun, avait élaboré un système, en collaboration avec les miliciens janjaouites, visant à attaquer la population civile du Darfour et à contraindre des millions des personnes à vivre regroupées dans des camps.

_15 SEPTEMBRE. 26 femmes célèbres et activistes appellent la communauté internationale à exiger un cessez-le-feu au Darfour et le déploiement rapide de la force de paix Union africaine-Nations unies dans cette région de l'ouest du Soudan, dans une lettre ouverte publiée dans la presse internationale.
Ce groupe de 26 femmes comprend des femmes du monde politique (Herta Deaubler-Gmelin, Mary Robinson, Ana Gomes, Kathleen Kennedy Townsend), du monde artistique (Cate Blanchett, Elle McPherson, Eva Padberg, Mia Farrow, Angélique Kidjo), ainsi que des représentantes d’organisations humanitaires (Maria Barroso, Isabel Jonet) et du monde sportif (Rosa Mota).
"La crise au Darfour et au Tchad reste l'une des pires crises humanitaires du monde. La communauté internationale ne doit pas détourner le regard alors que la situation se détériore", déclarent ces femmes, qui dénoncent "des meurtres, des viols et […] la destruction de vies dans la province soudanaise".
"Il doit y avoir une assistance humanitaire accrue et de meilleure qualité, et un engagement plus important pour la paix et la construction de la paix", réclament-elles.
_7 SEPTEMBRE. Le gouvernement soudanais nomme Ahmed Haroun, actuel ministre des affaires humanitaires, ministre de l'intérieur au plus fort de la répression au Darfour - visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) - à la tête d'une commission chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme au Darfour.
[Cette nomination est dénoncée comme une provocation par les organisations de défense des droits de l'homme. "C'est une mauvaise blague", a commenté pour sa part Luis Moreno Ocampo, procureur de la CPI.]
_6 SEPTEMBRE. Le Soudan et les Nations unies signent un communiqué conjoint réaffirmant des engagements réciproques des deux parties en faveur de la paix au Darfour. Les négociations de paix reprendront le 27 octobre en Libye, sous les auspices des Nations unies et de l’Union africaine.
Dans ce document signé lors d’un déplacement du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à Khartoum, le Soudan s'engage à "mettre en oeuvre dans sa totalité l'accord de paix global" [du 31 décembre 2004]. Il réitère son engagement "en faveur de la protection des civils et la tenue d'élections nationales équitables au Soudan en 2009", "y compris le Darfour".
Le gouvernement soudanais s'engage à "une pleine cessation des hostilités" dans sa région de l'Ouest du pays et à respecter le cessez-le-feu. Il affirme qu'il "travaillera avec les Nations unies et l'Union africaine (UA) afin de faciliter le déploiement de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour", et assure qu’il travaillera avec la communauté humanitaire.
[Dans un communiqué conjoint signé par le gouvernement soudanais et les Nations unies, le Soudan s'était engagé, le 28 mars 2007, à "appuyer, protéger et faciliter toutes les opérations humanitaires au Darfour, par la mise en oeuvre rapide et complète de toutes les mesures contenues dans le Moratoire sur les restrictions, rédigé le 3 juillet 2004".]
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Des soldats de l’armée soudanaise déchargeant le contenu des soutes d’un appareil Antonov pour le mettre dans des camions militaires, sur l’aire militaire de l’aéroport d’El Geneina. Photo Amnesty.
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_23 AOUT. Le gouvernement soudanais continuerait d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies, affirme Amnesty International, en s'appuyant sur trois photographies prises à l’aéroport d’El Geneina, au Darfour-ouest, et montrant que "le gouvernement soudanais continue à déployer des équipements militaires offensifs au Darfour malgré l'embargo des Nations unes sur les armes et les accords de paix".
Selon l’organisation de défense des droiits de l’homme, une première photographie montre des soldats de l'armée soudanaise en train de décharger le contenu des soutes d'un Antonov, avion de fabrication russe, pour les mettre dans des camions militaires. Les deux autres montrent des hélicoptères militaires (Mi-17 et Mi-24) fournis par la Russie en 2005 et 2006, selon Amnesty.
[Les Nations unies ont imposé un embargo sur la vente et la livraison d'armes au Darfour, embargo étendu en 2005 à toutes les parties au conflit.]
_21 AOUT. Un rapport du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, publié à Genève, demande au Soudan d'ouvrir une enquête indépendante sur des cas d'enlèvements, de viols et de violences sexuelles commis en décembre 2006 par l'armée au Darfour et de proclamer le caractère intolérable de ces crimes.
Le rapport, rédigé par les services de Louise Arbour, haut commissaire pour les droits de l'homme, a été établi en coopération avec la Mission des Nations unies au Soudan (Unmis).

_6 AOUT. Huit factions rebelles de la région soudanaise du Darfour, réunies du 4 au 6 août 2007 à Arusha (Tanzanie), en présence des ”envoyés spéciaux” des Nations unies de et de l'Union africaine, Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, se sont accordées sur de des revendications communes pour négocier la paix avec le gouvernement soudanais.
Ces groupes rebelles "ont présenté une plate-forme commune sur le partage du pouvoir, le partage des richesses, les arrangements sécuritaires, les problèmes liés à la terre et aux questions humanitaires, en vue de négociations finales", indique le communiqué. "Ils ont aussi recommandé que les discussions finales se tiennent d'ici deux à trois mois" avec le gouvernement soudanais, ajoute le texte. Ils ont en outre décidé que des parties qui n'ont pas participé à la réunion d'Arusha pourront rejoindre la plateforme commune, si elles le souhaitent.

Deux principaux chefs rebelles n'ont pas participé aux discussions d'Arusha. Abdel Wahid Mohammed Nur - un dirigeant vivant en France - a boycotté cette réunion, et Suleiman Jamous, coordinateur humanitaire de l'Armée de libération du Soudan (SLA), empêché par les autorités soudanaises de quitter un hôpital des Nations unies proche du Darfour.
La réunion d'Arusha était la première à rassembler autant de chefs rebelles depuis l'accord de paix du Darfour signé en mai 2006 à Abuja (Nigeria) par une seule faction rebelle (Mouvement/Armée de libération du Soudan de Minni Minawi) et le gouvernement soudanais.
_31 JUILLET. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte à l'unanimité une résolution prévoyant le déploiement d'une force Nations unies-Union africaine (UA) dans la province soudanaise du Darfour.
La résolution 1769 autorise cette force à prendre "les mesures nécessaires" [signifiant l'usage de la force si elle s'impose] prévues au chapitre VII de la Charte des Nations unies pour protéger son personnel, assurer la sécurité et la liberté de circulation des travailleurs humanitaires, prévenir les attaques et les menaces contre les civils et soutenir la mise en oeuvre de l'accord de paix du Darfour.

[La force hybride, baptisée Unamid et constituée d'environ 26’000 soldats et policiers, prendra le relais des 7’000 soldats de l'UA actuellement sur place. Le coût de cette nouvelle force est estimé à environ deux milliards de dollars.]
_20 JUILLET. Louise Arbour accuse le gouvernement soudanais d'avoir abandonné le village de Bir Dagig au Darfour (ouest) livré, depuis début juillet, aux attaques de bandes en uniforme malgré les appels à l'aide des Nations unies.
La haut commissaire pour les droits de l'homme, qui "appelle le gouvernement [soudanais] à tenir immédiatement ses engagements", demande le rétablissement d’une présence policière dans ce village de 4'500 habitants afin de protéger ses habitants des agressions, enlèvements et viols commis par des hommes armés se déplaçant à cheval ou en dromadaire.
_20 JUILLET. Les représentants du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad et au Soudan constatent l'absence de solution pour les réfugiés dans toute la région, ainsi que la détérioration des conditions de sécurité du personnel humanitaire sur place.

_19 JUILLET. Reçu à Paris par le président français Nicolas Sarkozy, le président tchadien, Idriss Deby, se dit prêt à accepter le déploiement d'une force de l'Union européenne (UE) dans l'Est de son pays pour assurer la sécurité des déplacés (environ 150’000 personnes), et des réfugiés (200’000) venus de la province soudanaise du Darfour.
[En parallèle à l'opération européenne, devrait logiquement se déployer au Darfour la force hybride des Nations unies. Mais cette partie de l'opération tarde à aboutir. "Le Tchad a tenu ses engagements. Malheureusement, nos amis soudanais n'ont pas encore tenu les leurs", a rappelé le président tchadien.]
_11 JUILLET. La poursuite des violences contre les civils au Darfour a fait 160’000 déplacés de plus cette année, pour atteindre le chiffre de 2,1 millions de personnes, tandis que parallèlement "le nombre des attaques contre la communauté humanitaire a triplé au cours de l'année écoulée", affirme le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Le résultat de cette situation est que le "nombre total de civils ayant besoin d'une assistance s'élève désormais à 4,2 millions de personnes", souligne l’OCHA.
"En juin, sur six convois au départ des capitales provinciales du Darfour, un convoi faisait l'objet d'une embuscade ou d'un détournement". "Depuis le mois de janvier, 64 véhicules appartenant aux agences des Nations unies ont été détournés, alors que 132 personnels humanitaires ont été temporairement détenus, souvent sous la menace des armes", dénonce l’OCHA. En tout, depuis le début de l'année, plus de 35 convois ont été pillés et volés. Quatre membres du personnel local ont été tués, ainsi que 11 soldats de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS).
_25 JUIN. "L'avenir s'est éclairci" pour le Darfour estime le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, à l'issue d'une conférence internationale sur le sujet à Paris. "Quelqu'un a pu dire [lors de la réunion] qu'il y avait une petite lueur au fond de ces ténèbres", a-t-il rapporté.
"La communauté internationale ne peut pas continuer à rester sans rien faire", a pour sa part déclaré la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. "Nous devons redoubler d'efforts", a-t-elle répété. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a souligné que "cela fait trop longtemps que la communauté internationale attend, la population a trop souffert." "Le temps est venu d'agir, en particulier pour le président [soudanais] Omar el-Béchir, et en même temps, je demande aux rebelles de montrer plus de souplesse et de participer au processus politique, qui a dit avoir besoin d'un soutien très fort de la part de la communauté internationale".
[Il s'agissait de la première rencontre de ce type des grandes puissances, dont la Chine et les Etats-Unis, et des organisations internationales, pour unir leurs efforts pour tenter de mettre fin à la tragédie du Darfour.]
_17 JUIN. Le Soudan a accepté le déploiement "sans conditions" d'une force hybride au Darfour, associant les Nations unies et l'Union africaine (UA), déclare l'ambassadeur d'Afrique du Sud aux Nations unies, Dumisano Kumalo.
Lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien à Khartoum avec le président soudanais, Omar Al-Bachir, l’ambassadeur précise que "l'acceptation a été confirmée par le président Bachir". Dumisano Kumalo codirige avec l'ambassadeur britannique aux Nations unies, Emyr John Spade, une délégation du Conseil de sécurité, venue à Khartoum s'assurer de l’accord du Soudan pour le déploiement de cette force.
_17 JUIN. L’armée française met en place un pont aérien humanitaire, dans l’est du Tchad, pour venir en aide aux dizaines de milliers de réfugiés soudanais du Darfour, ainsi qu’aux Tchadiens déplacés par les violences qui se sont étendues à la frontière entre le Tchad et le Soudan.
_12 JUIN. Le gouvernement soudanais accepte le déploiement d'une "force hybride" regroupant des casques bleus des Nations unies et des militaires de l'Union africaine (UA) dans la province du Darfour, selon un communiqué UA-Nations unies-Soudan publié à l'issue de consultations entre les trois parties.
"Au vu des explications et clarifications fournies par l'UA et les Nations unies [...], le gouvernement du Soudan a accepté les propositions communes sur l'opération hybride", indique le communiqué.

Le texte ajoute que "les participants ont convenu de la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et complet, accompagné d'un processus politique inclusif". Les "propositions" dont fait état le communiqué n'ont pas encore été rendues publiques.
_11 JUIN. Le ministre soudanais de l'Intérieur, Zubair Bachir Taha, dénonce les mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre les suspects impliqués dans le dossier du Darfour, et s'engage à ne remettre aucun des citoyens soudanais à la CPI, rapporte le journal "Sudan Tribune". Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, n'est rien d'autre qu'un "petit employé qui effectue un travail médiocre", affirme le ministre.
Le ministre soudanais de la Justice, Ali al-Mardi, précise, de son côté, que toute tentative d'arrestation des deux hommes par l'Interpol signifierait "le kidnapping et la piraterie internationale".
[En mai, Luis Ocampo a émis les premiers mandats d'arrêt de la CPI à l'encontre de plusieurs suspects pour des crimes de guerre perpétrés dans la région du Darfour. Il s'agit du ministre d'Etat soudanais des Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et du commandant d'une milice, Ali Mohamed Ali Abdelrahman, alias Ali Kushayb.
Le ministre de l’Intérieur a suggéré a Luis Ocampo d'émettre un mandat d'arrêt contre le président américain Bush pour "la torture de prisonniers à Guantanamo et l'usage de bombes à fragmentation en Irak, en Afghanistan et au Liban". Si le procureur de la CPI refuse de le faire, "il est donc condamné pour toujours", a-t-il ajouté. Le Soudan n'a pas ratifié la Convention de Rome sur la création de la CPI.]
_11 JUIN. Un groupe de sept experts des Nations unies conduit par Sima Samar, Rapporteur spécial sur les droits de l'homme au Soudan, propose au Conseil des droits de l’homme - réuni à Genève - un plan de protection des droits de l'homme au Darfour, qui fixe une trentaine d'objectifs précis pour le gouvernement soudanais, à remplir dans des délais de trois mois à un an.
"Les engagements du gouvernement [soudanais] et les mesures prises sont cruciales, mais c'est la situation des droits de l'homme sur le terrain qui permettra d'évaluer toute éventuelle amélioration", avertissent les experts.
La première priorité est la fin des attaques des forces armées soudanaises et de leurs milices supplétives contre les civils.
D'autres recommandations ont trait au désarmement des milices, à la protection des femmes, des enfants et des travailleurs humanitaires. A chaque recommandation correspond un "indicateur" permettant de juger des résultats sur le terrain, comme le nombre d'attaques à l'encontre des populations.

_7 JUIN. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, appelle, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, à l'arrestation d'Ahmad Harun, ex-ministre d'Etat chargé de l'Intérieur au sein du gouvernement soudanais et actuellement ministre d'Etat chargé des Affaires humanitaires, et d'Ali Kushayb, un dirigeant de miliciens/Janjawid.
"Le Conseil et les organisations régionales doivent prendre la tête du mouvement appelant le Soudan, en tant qu'Etat territorial, à arrêter ces deux individus et à garantir qu'ils soient présentés devant la Cour", a-t-il déclaré, ajoutant : "Et nous comptons sur tous les Etats pour procéder à cette arrestation si l'un de ces individus venait à pénétrer sur leur territoire".

_29 MAI. Devant la lenteur de la communauté internationale à faire cesser au Darfour ce que le gouvernement américain estime être un génocide, le président George Bush prend des mesures unilatérales : il annonce un renforcement des sanctions financières américaines contre le Soudan, accusé d'encourager les violences dans cette province de l'ouest du pays.
”Cela fait trop longtemps que la population du Darfour a souffert à cause d'un gouvernement qui est complice dans le bombardement, le meurtre et le viol de civils innocents, déclare George Bush. Mon gouvernement a employé pour ces actions le terme qui convient : «génocide». Le monde doit aider à y mettre fin.»
Les sanctions frappent 31 compagnies soudanaises, contrôlées par le régime et liées pour la plupart au secteur pétrolier, ainsi que trois personnes accusées de graves violations des droits de l'homme : Ahmed Haroun, le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, déjà accusé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI), et Awad Auf, le responsable du renseignement militaire. Le troisième est le chef de l'un des mouvements rebelles, Khalil Ibrahim, du Mouvement pour la justice et l'égalité. Sept noms figurent désormais sur cette liste de personnes dont les avoirs sont gelés par les Américains.
Les nouvelles sanctions annoncées par George Bush sont essentiellement d'ordre financier.
SANCTIONS COMMERCIALES. 31 nouvelles sociétés publiques soudanaises sont ajoutées à la liste des entreprises avec lesquelles les Américains sont interdits de toute transaction commerciale et financière. Ces sociétés ne pourront pas utiliser le dollar comme monnaie d'échange, ce qui va rendre plus difficile le commerce avec l'étranger. Sur les 31 entreprises, 30 travaillent dans le secteur des hydrocarbures (le Soudan est un producteur de pétrole). La dernière est une société de transport que les Américains soupçonnent d'être active dans les importations d'armes.
SANCTIONS VISANT TROIS PERSONNALITES. Il s'agit d'Ahmed Mohammed Haroun, le secrétaire d'Etat aux affaires humanitaires, un homme déjà poursuivi pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye; de Awad Ibn Auf, le chef du renseignement militaire; enfin, de Khalil Ibrahim, le chef d'un mouvement rebelle, le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), qui a refusé de signer l'accord de paix. Ces trois personnes ne peuvent avoir de relations financières avec les Etats-Unis.
EMBARGO SUR LES ARMES. Une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, si elle était votée comme le souhaitent les Etats-Unis, renforcerait le système d'embargo sur les armes à destination du Soudan, et interdirait tout vol militaire des forces soudanaises au-dessus de la province du Darfour.
_18 MAI. Louise Arbour demande au gouvernement soudanais d’ouvrir une enquête indépendante sur l'implication de ses forces de sécurité dans des attaques contre des villages au Sud-Darfour.
"Les attaques menées près de Nyala auraient fait plus d'une centaine de morts et causé le déplacement de milliers de personnes depuis le mois de janvier", dénonce la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui fait état de "témoignages extrêmement cohérents relatant les attaques". Entamées le 6 janvier, ces attaques ont trouvé leur point culminant le 31 mars 2007.
Dans tous les cas, les attaquants ont été décrits comme des membres des Services secrets chargés de surveiller la frontière, la plupart du temps habillés d'uniformes beiges ou kaki et se déplaçant dans des véhicules des Services secrets équipés de mitrailleuses, assure Louise Arbour.
"Lors des incidents, les attaquants ont tiré de façon indiscriminée depuis les alentours des campements puis ont tué les hommes à l'intérieur, avant de piller systématiquement les objets de valeur, en particulier le bétail". Autre point commun à toutes ces attaques : l'incendie volontaire d'une partie des campements.

"Le Soudan manque à son obligation de protéger les droits fondamentaux des populations dans la région de Bulbul",regrette Louise Arbour. Selon le Haut Commissariat aux droits de l’homme, les attaques seraient liées à un contentieux sur des terres entre les populations Rizeigat, Abbala et Tarjum, les membres des deux groupes se décrivant comme étant des populations arabes.
_9 MAI. Ban Ki-moon se déclare "profondément préoccupé" par des informations relatives à des bombardements aériens intervenus au Darfour au cours des trois dernières semaines menés par le gouvernement soudanais.
"Ces attaques ont causé de nouvelles destructions et pertes en vies humaines, ainsi que de nouveaux déplacements de populations", déplore un messagedu secrétaire général des Nations unies, qui précise que l'école du village d'Um Rai a été touchée par des roquettes tirées par un hélicoptère appartenant à l’armée soudanaise.
Ban Ki-moon, qui rappele que "seule une solution politique pourrait ramener la paix et la stabilité au Darfour", "exhorte le gouvernement du Soudan à cesser toutes les attaques et à respecter pleinement l'accord de paix sur le Darfour, les résolutions du Conseil de sécurité et le droit international humanitaire".
_8 MAI. Dans un rapport rendu public à Londres, Amnesty International accuse le Soudan d'enfreindre l'embargo sur les armes imposé au Darfour par les Nations unies et affirme que la Chine et la Russie continuent d'approvisionner le régime de Khartoum en armes, qui sont ensuite distribuées aux milices janjawids, alliées à l’armée soudanaise.
"Des armes, des munitions et des équipements [...] sont toujours transférés au Darfour, dans l'ouest du Soudan, pour des opérations militaires", affirme l'organisation de défense des droits de l'homme qui, pour étayer ses propos, publie une série de photographies d'appareils de fabrication russe, prises selon elle entre janvier et mars 2007 sur des bases aériennes du Darfour. On y voit notamment un hélicoptère d'attaque Mi-24 et un avion de transport Antonov-26 peint aux couleurs de l'Union africaine (UA).
[Selon le rapport, le Soudan a importé de Chine, en 2005, pour 24 millions de dollars d'armes et munitions et près de 57 millions de dollars de pièces et équipements pour avion. A la même période, la Russie a exporté vers le Soudan pour 21 millions de dollars d'équipement aérien (avions et hélicoptères) "ajoutant à ses importantes livraisons d'armes au cours des années précédentes", précise Amnesty.]
_30 AVRIL. A Tripoli, les Nations unies, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE)et la Ligue des Etats arabes adoptent une déclaration politique sur le Darfour intitulée : Consensus de Tripoli sur le processus politique au Darfour, appelant à une solution durable d'urgence pour cette région de l'Ouest du Soudan.
Le Consensus de Tripoli réaffirme un soutien aux conclusions de la rencontre d'Addis-Abeba, le 16 novembre 2006, au cours de laquelle le Soudan avait accepté le principe du déploiement d'une force conjointe des Nations unies et de l'UA. Le Soudan a accepté ce déploiement le 16 avril 2007.
[La réunion a rassemblé des représentants du Soudan, du Tchad, de l'Egypte, de la Libye, de la Chine, de la France, de la Fédération de Russie, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Canada, des Pays-Bas, de la Norvège, de l'Union africaine, de l'Union européenne et de la Ligue des Etats arabes. Les participants ont réitéré leur "grave préoccupation" face à la poursuite des violences et de l'insécurité au Darfour, appelant à un cessez-le-feu immédiat.]
_16 AVRIL. Le Soudan accepte le déploiement de quelque 3'000 casques bleus des Nations unies au Darfour pour venir en aide aux 7'000 hommes de l’Union africaine (UA). Ce déploiement, qui pourrait prendre plusieurs mois, devrait préparer l’envoi, toujours incertain, d’une force "hybride" de près de 20'000 hommes des Nations unies et de l’Union africaine.
"C'est un bon signe", estime le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui rappelle que "la situation humanitaire et sécuritaire au Darfour restait difficile, alors que l'on signale des affrontements interethniques au Sud-Darfour et la reprise des bombardements aériens par le gouvernement soudanais au Nord-Darfour".
_6 AVRIL. Louise Arbour demande au Soudan de faire la lumière sur des viols et de possibles crimes de guerre perpétrés par des soldats soudanais ou leurs milices alliées au Darfour en décembre 2006.
La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme se dit "très préoccupée" par le fait que les agressions sexuelles, en augmentation dans la zone du Jebel Marra [est du Darfour], constituent des crimes de guerre, systématiquement utilisées comme "arme de guerre" pour terroriser la population locale, déclare-t-elle dans un communiqué.
Louise Arbour demande "une enquête impartiale et transparente", qui se fasse "dans les meilleurs délais". "Les résultats de cette enquête devraient être rendus publics, une action légale intentée contre les responsables et les victimes indemnisées", souligne-t-elle.
La haut commissaire demande également à Minni Arkoy Minnawi, le chef de l'Armée de libération du Soudan (SLA), de faire la lumière sur le sort de 19 hommes qui auraient été torturés ou tués après avoir été arrêtés par ses soldats en septembre 2006. Au moins huit d'entre eux avaient été retrouvés morts et leurs corps exhumés plusieurs mois après les faits. Des "témoignages crédibles" évoquent aussi des scènes de tortures en présence de soldats de la SLA, selon les Nations unies.
_4 AVRIL. Il y aura "trois ans cette semaine que le Conseil de sécurité [des Nations unies] aura entendu son premier exposé sur le Darfour" et la situation continue d'empirer au point que l'on peut craindre que dans 18 mois, ce soit la moitié de la population de la région de l'Ouest du Soudan qui ait besoin de l'aide internationale, déclare John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence des Nations unies.
"Ces six derniers mois, près de 250’000 civils innocents de plus ont été forcés d'abandonner leurs maisons et de chercher refuge après des attaques menées par les milices soutenues par le gouvernement", souligne-t-il, lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité. A l'heure actuelle, plus d'un tiers de la population du Darfour, soit 2,2 millions de personnes, est déplacée.

_31 MARS. Au moins soixante personnes tuées et une vingtaine blessées dans une attaque attribuée par un mouvement rebelle et un proche des victimes à la milice pro-gouvernementale des djanjawids. "J'ai les noms de 43 membres de la tribu arabe des Torjam qui ont été tués dans une attaque menée par des Gardes-frontières [nom généralement donné aux janjawids] dans un zone à l'ouest de Nyala", au Darfour-Sud, a déclaré un chef rebelle, Ibrahim Ahmed Ibrahim, joint par téléphone à Londres.
_30 MARS. Le Conseil des droits de l'homme adopte, par consensus, une résolution permettant la création d’un groupe de travail, présidé par le Rapporteur spécial sur les droits de l'homme au Soudan, Sima Samar, qui s'emploiera à mettre en oeuvre les recommandations des Nations unies sur le Darfour.
La résolution un texte de compromis - résulte d’un accord négocié par l'Algérie, au nom du groupe africain, et l'Allemagne, au nom de l'Union européenne (UE), exprime cependant la "vive inquiétude [du Conseil] devant la gravité des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire au Darfour".à Plus d’information

_12 MARS. La mission d’enquête du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur la situation au Darfour accuse le gouvernement soudanais d'avoir "lui-même orchestré et participé" aux "crimes de guerre et crimes contre l'humanité" dans la région, dans un rapport publié le 12 mars 2007, à Genève, à l’ouverture de la 4e session du Conseil.
"Les forces gouvernementales [soudanaises] ont souvent agi de concert avec les milices jandjawids [cavaliers arabes], y compris pour commettre des violations des droits de l'homme", affirme le rapport. La mission, conduite par Jody Williams, Prix Nobel de la paix, appelle la communauté internationale à exercer sa "responsabilité de protéger". Elle dénonce des crimes qui "continuent dans la région".
Selon le rapport, le Soudan, en armant et en agissant avec les milices janjawids contre les rebelles, a "orchestré et participé" à des "crimes de guerre et crimes contre l'humanité", "les populations civiles étant les principales cibles et victimes". "Les tueries de civils restent très répandues, y compris lors d'attaques à large échelle, précise le rapport. Viols et violences sexuelles sont systématiques. Les tortures continuent", alors que "les acteurs et travailleurs humanitaires sont de plus en plus pris pour cible".

_22 FEVRIER. Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis-Moreno Ocampo, présente à La Haye, des éléments de preuve qui indiquent qu'Ahmad Muhammad Harun, ancien ministre délégué chargé de l'Intérieur au gouvernement soudanais, et Ali Kushayb, l’un des dirigeant des milices progouvernementales "Janjaouid" [cavaliers armés], ont commis de concert des crimes contre la population civile au Darfour.
En s'appuyant sur des éléments de preuve recueillis au cours des vingt derniers mois, le procureur de la CPI, qui enquête depuis juin 2005, conclu qu'il existe "des motifs raisonnables de croire qu'Ahmad Harun et Ali Kushayb - également connu sous le nom d'Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman - portent la responsabilité pénale en ce qui concerne "51 chefs de crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés [...], dont persécution, meurtre, torture et viol", commis entre août 2003 et mars 2004 contre des villageois de l'ouest de la région soudanaise du Darfour.

_14 FEVRIER. Le Soudan a refusé de donner des visas aux membres de la Mission des Nations unies chargée d'enquêter au Darfour par le Conseil des droits de l'homme. Celle-ci a renoncé à se rendre au Soudan et fera son rapport sur la base d'informations collectées en dehors du pays. "La Mission a décidé qu'elle ne peut plus tolérer que l'incertitude persistante concernant l'obtention de visas pour le Soudan entrave la poursuite de ses travaux", indique un communiqué des Nations unies.

"La Mission poursuivra son évaluation et recueillera toutes les informations pertinentes qu'elle pourra de l'extérieur du pays", a déclaré Jody Williams, chef de la Mission et lauréate du Prix Nobel de la Paix en 1997, de Addis-Abeba, où les membres de la Mission mènent depuis plusieurs jours des consultations "très importantes et productives sur le Darfour". "Elle présentera son rapport au Conseil des droits de l'homme comme prévu dans son mandat", a-t-elle assuré.
 La Mission continuera son travail dans la capitale éthiopienne, ainsi que dans d'autres villes, avant un retour à Genève le 21 février. Elle présentera son rapport au Conseil lors de sa 4e session régulière, en mars. Cette mission de "haut niveau" a été installée à la suite d’une décision du Conseil des droits de l'homme adoptée par consensus lors d'une session extraordinaire du Conseil consacrée au Darfour, en décembre 2006.
Participant, en France à un Sommet Afrique-France, le président soudanais Omar Al-Bachir a répété son opposition au déploiement de casques bleus des Nations unies et à l’octroi de visas à la mission onusienne car, a-t-il accusé, "certains membres [de cette mission] ne sont ni impartiaux ni honnêtes. Ils ont un parti pris".
_18 JANVIER. Les massacres continuent au Darfour. La Mission des Nations unies au Soudan (UNMIS) annonce que plus de 150 personnes ont été tuées, ainsi que 12 villages brûlés, lors de récents combats dans le Darfour Sud. Un grand nombre de personnes ont fui la zone pour se réfugier dans les villes ou les villages voisins.
L'UNMIS indique par ailleurs que 700 familles ont fui récemment les violences et les harcèlements dans le Darfour Ouest.
[Dans une déclaration conjointe, publiée le 17 janvier, les agences humanitaires des Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme, dénonçant "la violence inacceptable" à l'encontre des travailleurs humanitaires au Darfour et expliquant que l'insécurité est devenue telle que l'accès aux populations n'est pratiquement plus possible.
"Au cours des six derniers mois, plus de 250'000 personnes ont été déplacées par les combats, la plupart d'entre elles fuyant pour la deuxième ou troisième fois. Les villages ont été brûlés, pillés et bombardés de manière arbitraire. Les plantations et les récoltes ont été détruites. La violence sexuelle contre les femmes a atteint des niveaux alarmants",indique la déclaration].

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