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SEPTEMBRE 2002 / LA SUISSE ET L’ISLAM
__Un imam macédonien interdit de séjour dans le canton du Valais


Le canton suisse du Valais a refusé, le 24 juillet 2002, un permis de séjour et de travail à un imam macédonien qui voulait occuper cette fonction au Centre islamique de Sion. Ce dernier, de formation "wahhbite", a été jugé trop extrémiste.

L'autorité publique doit veiller à ne pas favoriser le fondamentalisme religieux, explique Françoise Gianadda, responsable du Service cantonal des étrangers. Or les imams qui ont suivi la même formation que ce religieux sont généralement appuyés par l'Arabie Saoudite pour réislamiser les Balkans et y dispenser un enseignement de type fondamentaliste.

Pour Françoise Gianadda, l'arrivée de l'imam, formé notamment à Université islamique de Médine, représentative d'un courant intégriste de l'islam, "pourrait remettre en cause une cohabitation sereine des différentes tendances musulmanes et Valais". Les autorités valaisannes, souligne-t-elle, souhaitent "éviter le renforcement de toute forme de fondamentalisme dans le but d'assurer [...] le respect de l'ordre et de la sécurité publique".

Un premiers recours contre cette décision, déposé début septembre, n'a pas abouti. Un second recours est pendant devant le Conseil d'Etat valaisan. Le dossier pourra être porté ensuite devant le Tribunal cantonal, puis, éventuellement, devant le Tribunal fédéral pour violation des droits constitutionnels. Jean-Jérôme Crittin, l'avocat qui défend les intérêts de l'imam, dénonce une "violation de la liberté religieuse".

La Suisse compte actuellement quelque 450'000 musulmans dont environ 5'000 vivent en Valais. Et ils ne sont pas tous adeptes des mêmes mouvements.

Le Temps  "Selon Françoise Gianadda, [le centre islamique de Sion est traversé] par des luttes de pouvoir et des divergences extrêmement importantes entre sa composante balkanique et ses autres entités. Le fossé est tel que "les contacts que j'ai m'indiquent que des Maghrébins et des Turcs ne se rendent tout simplement plus à la mosquée de Sion", note-t-elle. Depuis une dizaine d'années, les services de Françoise Gianadda ont été étroitement confrontés aux événements survenus dans les Balkans. Si les musulmans de Sion étaient d'abord plutôt arabophones, la guerre en ex-Yougoslavie a changé la donne et s'est traduite, notamment, par l'arrivée de Bosniaques. "Il y a aujourd'hui une islamisation des Balkans financée par l'Arabie saoudite wahhabite, très fondamentaliste", juge Françoise Gianadda.

C'est dans ce contexte que doit être lue la décision valaisanne. Un membre du comité du Centre islamique de Sion, d'origine macédonienne également, qui ne souhaite pas apparaître sous son nom, dément cependant que pareilles divisions existent au sein des musulmans de Sion. Il souligne que cet imam a été choisi parce qu'il parlait les principales langues utilisées par les membres de la communauté - arabophones, albanais, bosniaques et macédoniens - et relève que d'autres prédicateurs passés par la même école sont actifs ailleurs en Suisse, notamment à Zurich, sans que cela ait soulevé des problèmes." / Quotidien Le Temps, Genève, 10 octobre 2002.Up