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PARIS-GENEVE, SEPTEMBRE 2002 : LAFFAIRE HANI RAMADAN
Les propos de Hani Ramadan dans la tribune du Monde ont suscité une vive polémique non seulement en France mais également en Suisse. En France, l'organisation de défense des malades du sida Act Up-Paris a bloqué, dans les jours qui ont suivi la parution de l'article, le standard et le fax du Centre islamique de Genève pour dénoncer "les propos insultants tenus par son directeur, Hani Ramadan." Des lecteurs du Monde se sont émus. "Comment osez-vous publier de tels propos dans vos colonnes ?", interroge une lectrice. Un autre lecteur est surpris : "Je ne pensais pas trouver un jour dans "Le Monde" un article qui justifie la lapidation des femmes adultères et explique que le sida a été créé par Dieu pour punir les homosexuels, les adultérins et autres débauchés ! [
] Je ne trouve pas acceptable [de trouver dans les pages "Débats" du Monde] l'expression de thèses qui contreviennent ouvertement aux principes fondamentaux de la démocratie et des droits de l'homme" [Le Monde, 15-16 septembre 2002]. En Suisse, à Genève, le quotidien Le Courrier a également décidé de fermer ses colonnes à Hani Ramadan, "au vu des informations très discutables [que] véhiculent" ses prises de position, selon son rédacteur en chef Manuel Grandjean. Le journal publie, dans son édition du 30 septembre 2002, un échange de correspondance entre son rédacteur en chef et le directeur du Centre islamique. Pour sa part, le quotidien La Tribune de Genève publie, le 25 septembre 2002, trois lettres de personnalités genevoises" qui dénoncent les propos" tenus dans "Le Monde" par Hani Ramadan. "La charia mérite mieux qu'une défense lapidaire", écrit le journal dans un point de vue signé Bernard Favre. Dans le "Courrier des lecteurs" du quotidien, une lectrice s'étonne que, "alors qu'il est établi qu'au nom de la laïcité de l'école publique genevoise, prêtres, jésuites, pasteurs de l'Eglise réformée, et autres religieux, sont interdits d'enseignement", "le Département de l'instruction publique confie à l'imam Ramadan (Petit Robert : fonctionnaire employé dans une mosquée comme chef de prières) - par traitement exceptionnel - des classes dans notre institution scolaire" [La Tribune de Genève, 10 octobre 2002]. [L'article 120 de la loi genevoise sur l'instruction publique (LIP) indique que les fonctionnaires de l'instruction publique "doivent être laïques" et "observer dans leur attitude la dignité qui correspond aux responsabilités leur incombant vis-à-vis du pays".] Hani Ramadan suspendu de ses fonctions d'enseignantLe 11 octobre 2002, le Conseil d'Etat genevois [exécutif] a pris la décision, "après avoir mûrement réfléchi", de suspendre Hani Ramadan de ses fonctions d'enseignant. Il "estime en effet que les propos tenus violent le devoir de fidélité et l'obligation de réserve exigés de tout fonctionnaire". "Ce n'est pas la première fois qu'il tenait des "propos excessifs, après des avertissements en 1998 et 2000", a déclaré la conseillère d'Etat Martine Brunschwig-Graf, en charge de l'instruction publique. ". Une "enquête interne" a en outre été ouverte à l'encontre du directeur du Centre islamique qui risque d'être radié de la fonction publique.
* Nous reprenons ici le titre du dossier publié le 25
septembre 2002 par la Tribune de Genève. |