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L’AFFAIRE HANI RAMADAN / DECEMBRE 2002, LE RAPPORT BERTOSSA
__Hani Ramadan : "Je me battrai pour faire valoir mes droits"


Hani Ramadan conteste les conclusions de l'enquête administrative menée par l'ex-procureur Bernard Bertossa, à la demande du Conseil d'Etat du Canton de Genève. Le directeur du Centre islamique de Genève déclare ne pas être un homme religieux. Il est prêt à aller jusqu'au Tribunal fédéral. "J'ai jusqu'au 22 janvier [2003] pour donner des réponses. Et je suis prêt à aller jusqu'au Tribunal fédéral pour faire valoir mes droits".

Hani Ramadan, qui affirme que "la communauté musulmane est à 95% avec [lui]", estime que le rapport de Bermard Bertossa "comporte bien des inexactitudes"; il réfute notamment le statut d'ecclésiastique qui lui est attribué, et qui serait en contradiction avec le principe de laïcité exigé pour les enseignants de l'instruction publique. "En tant que musulman, je ne sais pas ce que cela veut dire. Je ne suis pas un homme de religion, je suis directeur d'un centre islamique. [...] On m'a admis comme directeur [de ce centre] pendant des années. J'ai participé à de nombreux débats et, pour cela, le [département de l'instruction publique] m'a toujours accordé des congés. Cette fonction n'a donc jamais été remise en question."

Hani Ramadan ajoute que ce n'est ni à Bernard Betossa "ni à Martine Brunschwig Graf [Conseillère d'Etat, responsable de l'instruction publique genevoise] de décider qui peut s'exprimer ou pas. La liberté d'expression doit être un vrai débat de société. Nous sommes dans un cadre démocratique: il faut que nous puissions débattre librement, en prenant en compte les points de vue de tous. [...] Parce que la différence existe, il y a forcément des tensions. Mais, je le répète, nous vivons dans une démocratie où la liberté d'expression doit être respectée", fait-il valoir.

La liberté d'expression des enseignants

Selon Martine Brunschwig Graf, la liberté d'expression des enseignants est préservée, "le cas de Hani Ramadan [s'avérant] très particulier: Il peut advenir que les limites de la tolérance soient franchies. Mais cela n'arrive pas tous les matins. Les enseignants n'ont nullement à se sentir menacés dans leur liberté d'expression."

L'invocation du non-respect du "devoir de fidélité" pour justifier le probable licenciement de Hani Ramadan pourrait en effet faire craindre à certains que les fonctionnaires doivent une fidélité absolue à l'Etat et à leur hiérarchie. Ce n'est pas le cas, affirme la conseillère d'Etat. "La définition de ce devoir est extensible. Jamais nous ne sommes intervenus pour, par exemple, contester le droit de la Coordination des enseignants à exprimer ses positions [...] Tout ceci reste dans le cadre d'un débat démocratique où les règles du jeu sont respectées par tous." Elle ajoute: "Il n'est pas question de mettre en place une sorte de système de censure. Le cadre doit être large."

Source : quotidiens Le Nouvelliste, Sion, 19 décembre 2002, et La Tribune de Genève, 20 décembre 2002.
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