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XXIe siècle
Le dialogue entre les religions




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L’AFFAIRE HANI RAMADAN / POINT DE VUE
__Jean-Michel Olivier, écrivain : La pureté dangereuse
Cette nostalgie de l’Eglise-Etat est dépassée et essentiellement dangereuse


Dans un roman publié en 1996, Les Innocents, j'imaginais Genève victime d'un attentat terroriste qui chassait du meilleur des mondes tout ce que notre belle ville compte d'avocats médiatiques, de journalistes vedettes et de politiciens ambitieux.

Sous la fable et la farce, j'essayais de sonder les racines de l'extrémisme religieux : l'obéissance aveugle à la Loi divine; un sentiment d'innocence originelle; une obsession de la pureté et du puritanisme; un rejet -une peur - de toute forme de mo-dernité.

On sait, depuis le 11 septembre 2001, à quelles aberrations tragiques de telles croyances peuvent mener. Car la réalité rattrape toujours la fiction. M. Hani Ramadan nous fait une fois de plus la leçon à propos de notre indifférence aux malheurs des populations tchétchènes, palestiniennes et nigérianes, toutes victimes du grand terrorisme d'Etat. Ce n'est qu'un avant-goût de sa démonstration (toujours la même) : il n'y a qu'une Loi, dans le monde, la charia, qui justifie tous les excès et tous les châtiments, parce qu'elle est "une injonction divine". Poursui-vant sur sa lancée, M. Ramadan vante les bienfaits de la lapidation, "qui constitue une punition, mais aussi une forme de purification". D'ailleurs, pourquoi se plaindre ? Puisque, après la mort du coupable, "on prie pour lui" ?

Mais M. Ramadan ne s'arrête pas en si bon chemin. Qui a créé le virus du sida ? interroge-t-il benoîtement. La réponse coule de source : Dieu, bien sûr, qui punit ainsi tous ceux qui ont "un comportement déviant", car "la turpitude n'apparaît jamais au sein d'un peuple […] sans que se propagent parmi eux les épidémies et les maux qui n'existaient pas chez leurs pré-décesseurs". Les malades du sida - et tous ceux qui souffrent de maladies qui "n'existaient pas chez nos prédécesseurs" - apprécieront...

On croirait entendre M. Le Pen, qui préconisait, il y a quelques années, des mouroirs pour les "sidaïques". Mais il n'en est rien. M. Ramadan est directeur du Centre islamique de Genève. Il prêche la Bonne Parole et rêve d'un Etat soumis entièrement à la Loi religieuse. En cela, il exprime la nostalgie d'un Dieu qui semble avoir depuis longtemps déserté la Nature. il veut re-mettre la mosquée au milieu du vil-lage, à la place du pouvoir politique, du pouvoir juridique et de l'école publique (et laïque).

Il a la nostalgie d'un Etat qui ne ferait plus qu'un avec l'Eglise. Cette nostalgie est non seulement dépassée: elle est essentiellement dangereuse.

Source : Tribune de Genève, 25 septembre 2002. Site Internet : www.tdg.ch
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