droitshumains.org
XXIe siècle
Le dialogue entre les religions




>Retour

L’AFFAIRE HANI RAMADAN / POINT DE VUE
__Pierre Weiss, sociologue et député libéral : Le diable islamiste se cache dans les notes
Le CIG est un centre de propagande de l’islamisme le plus obscurantiste


"Si la vision de la lapidation est dure et marque les esprits, les témoignages révèlent que la souffrance du condamné est rapidement abrégée: la pluie de pierres qui s'abat sur lui l'as-somme en effet en l'espace de quelques secondes." Voilà comment Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève (CIG), dédramatise la mort des coupables de "turpitudes", comme dit le prophète Mahomet. Et avec un juridisme qui rassure, Ramadan ajoute que "la la-pidation n'est applicable qu'à une personne mariée, homme ou femme, entretenant une relation illicite". C'est dire si les notes de bas de page de son article La charia incomprise, présentes uniquement sur la version intemet du CIG (www.cig.ge-neva-link.ch), méritent le détour.

Ces notes sont loin d'être des détails insignifiants. Ne dit-on pas que le diable s'y cache volontiers ? Elles participent de l'idéologie de ce citoyen suisse qui contribue à faire d'une offi-cine familiale, le CIG, un centre de propagande de l'islamisme le plus obscurantiste. Car comment qualifier autrement la justification en parallèle de la lapidation des époux infidèles et de la mort des sidéens faite par le frère Hani au nom de la loi "révélée" (le Coran) et de la loi naturelle ?

C'est peu dire que Ramadan favorise une vision caricaturale de l'islam en Occident. Présenter la peine pour adultère comme ayant "surtout une valeur dissuasive", "éprouvante pour les musulmans eux-mêmes", rappeler qu'après la mort du coupable, "on prie pour lui", comme
Mahomet, pourrait ne susciter que l'indignation des fils et filles des Lumières, de Kant et de Constant, à la poursuite de la raison, de la mesure, du respect pour la personne et sa sphère privée.

Mais Ramadan va plus loin : à l'absence d'humanité, il ajoute un appel à un retour à la loi divine, "en tout temps et en tout lieu", certes limité aux seuls musulmans. Pour le moment. Donc aujourd'hui à Genève pour ces derniers.

Au-delà de ces manifestations de barbarie et sans paranoïa face à son message politique, quelle réaction adopter ? La plus sotte serait de s'appuyer sur Saint-Just pour qui il n'y avait "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" ou sur Voltaire obsédé par l'idée d'"écraser l'infâme", en son temps : l'Eglise catholique. Laissons plutôt parler Ramadan pour le contrer systématiquement. Et adaptons pour cela une autre citation attribuée à Voltaire: "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, et je me battrai jusqu'au bout, avec Salman Rushdie, pour que l'on n'entende pas que vous."

Pierre Weiss, Tribune de Genève  Genève, 25 septembre 2002. Site Internet : www.tdg.ch
Up