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L’AFFAIRE HANI RAMADAN / LA CHARIA MERITE D’ETRE COMPRISE
__Hani Ramadan répond à la Tribune de Genève : "la lapidation est bien prévue par la loi islamique"


Hani Ramadan a fait parvenir, le 10 octobre 2002, à la rédaction de La Tribune de Genève, le texte ci-dessous. Le quotidien genevois l'a fait paraître dans son édition du 24 octobre 2002.

Je réponds à tous ceux qui se sont exprimés ces derniers temps en soulignant simplement trois points.

Premièrement, l'Islam reconnaît une égalité de droits et de devoirs entre l'homme et la femme. Le Coran souligne lui-même l'utilité des concertations familiales entre époux. La femme peut demander le divorce et faire en sorte que soit stipulé, dans son contrat de mariage, que son mari ne prendra pas une seconde épouse, à moins de lui rendre sa liberté. Je n'ai d'ailleurs jamais dit que les "femmes sont par essence inférieures aux hommes", ni dans mes articles, ni dans mes livres.

Deuxièmement, la lapidation est bien prévue par la loi islamique. Le Prophète l'a appliquée bien avant que Umar Ibn Al-Khattab devienne calife. Les deux sources de la législation islamique sont le Coran et la Sunna (paroles et pratique du Messager de Dieu)*. J'ajoute cependant que cette loi est dissuasive, et qu'au Nigeria, elle ne peut tout simplement pas être exécutée dans le contexte actuel : ce que j'ai toujours soutenu.

Troisièmement, tout ce que j'ai pu dire sur le rapprochement entre la lapidation et le sida est une forme de commentaires d'une parole que Muhammad prononça au VIIe siècle. Je précise qu'à mon sens, nous devons toute notre compassion à ceux et à celles qui sont victimes, directement ou indirectement, de la libération des mœurs; que beaucoup ont contracté ce virus sans être coupables de quoi que ce soit.

On le voit, mes prises de position reflètent simplement ce que dit clairement ma religion, pour autant que l'on se réfère à ses sources. L'humanisme de l'Islam se fonde entièrement sur la loi révélée. Je conçois parfaitement que cette dimension paraisse inaccessible à certains agnostiques, emmêlés dans leurs concepts réducteurs qui les contraignent à sa positionner pour ne pas faire le grand écart. Je laisse à d'autres le monopole de l'invective et des critiques acerbes qui cachent mal une incapacité dogmatique à faire la différence.

* Voir sur ce point : La sharî'a, le Droit islamique, son envergure et son équité, par Saïd Ramadan, thèse de doctorat, éditions Al Qalam, Paris, 1997.
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