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XXIe siècle
Le dialogue entre les religions




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NOVEMBRE 2002 / L’ECOLE LAIQUE ET L’ENSEIGNEMENT DES RELIGIONS
__Le gouvernement français se prononce pour un enseignement "raisonné" des religions


Dans le cadre d'un séminaire, qui a réuni du 5 au 7 novembre 2002, à Paris, quelque 300 responsables pédagogiques, le ministre français délégué à l'enseignement, Xavier Darcos, a appelé les enseignants a abordé les faits religieux à l'école pour lutter contre le "déficit culturel" des élèves et contribuer à "donner du sens à la vie". "Nous avons besoin des mythologies pour comprendre" le monde. La religion ne doit pas être ce qui "relègue" les élèves mais ce qui les "relie". Mais, a-t-il mis en garde, l'enseignement devra être "critique" et "totalement laïque", afin d'éviter un retour de "Dieu à l'école".

Moïse

Moïse par Gustave Doré

Pourtant l'urgence de développer cet enseignement de manière pluridisciplinaire et d'améliorer la formation des enseignants, ainsi que le contenu des manuels scolaires, a été soulignée mardi lors d'un colloque à Paris ouvert aux cadres de l'éducation nationale, qui dure jusqu'à jeudi.

L'éducation nationale souhaite développer l'enseignement des faits religieux à l'école. Prudente, la démarche est soutenue, très officiellement, par le président de la République, qui a transmis un message aux participants. "C'est du repli sur soi et de l'ignorance que se nourrissent les préjugés et les communautarismes", a affirmé Jacques Chirac, dans un texte lu à la tribune par Xavier Darcos. Contre ce risque et pour conforter "l'esprit de tolérance", le chef de l'Etat plaide pour une amélioration de l'enseignement du fait religieux au sein même de l'école laïque, "dans l'ensemble des matières" : "Dans le monde d'aujourd'hui, la tolérance et la laïcité ne peuvent pas trouver de base plus solide que la connaissance et le respect de l'autre. Car c'est du repli sur soi et de l'ignorance que se nourrissent les préjugés et les communautarismes".

"Critique", "raisonné" et "totalement laïque", l'enseignement des faits religieux ne débouchera pas sur l'instauration d'une nouvelle discipline, a souligné Xavier Darcos, qui plaide pour une approche "rigoureusement patrimoniale" partant des textes et des oeuvres artistiques pour aborder le sujet. "Du fait de la laïcité, ce qui touche aux religions ne peut pas, bien entendu, être enseigné de façon confessionnelle", a précisé, de son côté, Luc Ferry, ministre de l'éducation nationale, dans un entretien, publié le 5 novembre 2002, par le quotidien La Croix.

Des expériences pilotes devraient être lancées d'ici à fin 2002 dans les académies de Strasbourg et de Versailles. Auteur d'un rapport sur "L'enseignement du fait religieux dans l'école laïque", remis au ministre Jack Lang en mars 2001, Régis Debray reconnaît que "religion et laïcité sont des mots qui sentent encore la poudre, même au cur d'un pays et d'un continent qui tranchent avec tous les autres par une sécularisation avancée". Il voit dans l'école l'outil le plus pertinent de formation critique dans ce domaine.

Pour le philosophe, le fait religieux, qui "n'est pas qu'archive et vestige", "renvoie à des questions qui fâchent - port des signes religieux, jours d'examen, menus et demandes de dispenses". Le fait religieux n'est pas tout, mais il est partout, constate Régis Debray. "Que cela plaise ou non, il y a depuis mille ans en France des cathédrales dans les villes de France, des uvres d'art sacré dans les musées, du gospel, de la soul music à la radio, des fêtes au calendrier, des façons différentes de décompter le temps à travers la planète".

Sources : quotidiens Le Monde, 7 novembre 2002, et Libération, 9-10 novembre 2002, Paris.
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