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Monsieur Ramadan dit en résumé: Glucksmann ne pense pas avec sa tête, il pense avec sa race. Rien de très neuf me concernant. Chez les amis de M. Ramadan circulait la récurrente référence à l'origine raciale de Lévy et de moi, lorsque nous dénoncions les grands massacres islamistes en Algérie en 1997 (massacres qui touchaient, je le rappelle, les populations civiles musulmanes). S'agissant de la guerre contre Saddam Hussein, je laisse le soin à Tariq Ramadan d'expliquer pourquoi 18 gouvernements sur les 25 que compte l'Union européenne ont partagé mon opinion sur la nécessité d'une intervention. Sont-ils tous juifs? Sont-ils tous dirigés par des juifs? Sont-ils tous sous influence juive? Monsieur Ramadan, qui fait mine d'opposer ma position concernant la défense des Bosniaques (musulmans), des Kosovars (musulmans) et des Tchétchènes (musulmans) à celle que j'affiche contre Saddam Hussein (qui tuait des musulmans à tour de bras), ne devrait pas s'étonner si facilement car le collabo mafieux de Poutine à Grozny, Kadyrov, affiche dans son bureau une photographie de lui serrant la main de Saddam Hussein, comme en témoigne. Patrick de Saint-Exupéry (juif évidemment) dans cette feuille de chou on ne peut plus juive qui s'appelle "le Figaro". Ce qui est étonnant, ce n'est pas que Monsieur Ramadan soit antisémite, mais qu'il ose désormais se revendiquer comme tel. Et qu'il fasse des émules. Je reçois en effet beaucoup de lettres qui exhalent un antisémitisme bestial, peu entendu depuis 1945. Et certains expliquent la position de "la bande des Quatre" (Bruckner, Goupil, Kouchner et Glucksmann) par leur (indûment) supposée origine raciale... Comme si la signature du juif que je suis était contagieuse et infectait mes cosignataires. André Glucksmann. Le Nouvel Observateur,
Paris, 9 octobre 2003. |