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Nicolas Sarkozy a cherché à obtenir de Tariq Ramadan un appel à abandonner le voile, ou tout au moins à adopter "un petit bandana", signe "non ostentatoire" de son appartenance religieuse. Tariq Ramadan s'est retranché derrière "le respect strict de la loi de 1905" et la "jurisprudence" avant de concéder: "Si dans n'importe quelle école de France, on demande à une jeune fille qu'elle porte un signe discret et qu'on arrive à cette décision-là, je suis d'accord". Le ministre de l'intérieur s'est dit opposé à une loi sur le voile, insistant sur le faible nombre de problèmes: sur "1.256 cas à la rentrée de filles voilées", il y a eu "20 cas difficiles" et "quatre cas d'exclusion". "Je ne veux pas qu'on couvre la France d'école confessionnelles avec les petites musulmanes qu'on aura refusées à l'école publique", a-t-il expliqué. "La laïcité à la française, c'est le respect des religions, ce n'est pas l'adversaire des religions [ ] On va permettre aux enfants de venir avec un piercing dans le nez à l'école et on va être choqué parce qu'ils ont une médaille de baptême? ", a interrogé Nicolas Sarkozy, qui est également ministre des cultes. A propos d'un article controversé de Tariq Ramadan évoquant
la position de certains "intellectuels juifs français"
face au problème israélo-palestinien, qui lui a
valu des accusations d'antisémitisme, Nicolas Sarkozy s'est
montré sévère : "Je n'ai pas aimé
votre article, on ne se laisse pas emporter par la parole, a-t-il
jugé. "Quand on écrit, on pense avec sa tête,
pas avec sa race, a poursuivi le ministre. Votre article n'était
pas une maladresse, c'était une faute. Parce que les Juifs,
ce n'est pas comme les Auvergnats ou les Parisiens. Il y a eu
la Shoah..." "Quand on parle du juif Lévy [Bernard-Henri Lévy] ou du juif Glucksmann [André Glucksmann], on fait l'impasse sur la Shoah et ses six millions de morts mais nous, nous ne l'avons pas oubliée", a ajouté le ministre de l'intérieur. "L'antisémitisme est inacceptable et il faut le combattre", a répliqué Tariq Ramadan, qui a condamné "l'incendie criminel" d'une école juive à Gagny (Seine-Saint-Denis) et les propos antisémites du premier ministre malaisien Mahathir Mohamad. "On m'appelle "intellectuel musulman"; j'ai écrit "intellectuels juifs", je n'y voyais pas malice. En France, on doit pouvoir critiquer un Etat : quand je critique la politique israélienne, je ne suis pas antisémite, de même que lorsque je critique l'Arabie saoudite, je ne suis pas islamophobe." Lapidation des femmes adultères : Un moratoire ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Nous sommes en 2003"Autre sujet d'affrontement: la lapidation des femmes adultères, un châtiment prévu par la charia justifié par Hani, le frère de Tariq Ramadan. Ce dernier a affirmé que cette loi "n'est pas applicable" et a demandé "un moratoire" dans le monde musulman en attendant "un vrai débat" sur cette question. "Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique." "Un moratoire ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Nous sommes en 2003", a lâché le ministre de l'intérieur, pour qui "la lapidation est une chose monstrueuse". "La violence conjugale est inacceptable islamiquement", a répondu Tariq Ramadan, en sommant Nicolas Sarkozy de dénoncer "de la même façon tous les racismes, sans faire de hiérarchie". "Ceux qui n'aiment pas les Juifs et les Arabes ont la même figure, a répondu le ministre de l'intérieur. La figure consternante de la haine. Mais je note que vous avez reconnu seulement une maladresse, là où il y avait une faute." "Demandez aux musulmans"Nicolas Sarkozy: "Demandez aux musulmans qui vous écoutent de ne pas mettre le voile à l'école, de ne pas demander des médecins femmes dans les hôpitaux, des horaires pour les femmes dans les piscines ! Demandez-leur de faire un effort d'intégration, et vous prouverez que vous êtes un modéré! Sources : site France 2, presse française, dont
Le Monde, 22 novembre 2003. |