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UNESCO, 20 OCTOBRE 2005 / LA PROTECTION ET LA PROMOTION DE LA DIVERSITE CULTURELLE
__Les pays membres de l'Unesco ont adopté une Convention sur la diversité culturelle dans le monde, en dépit de lopposition des Etats-Unis
La 33e Conférence générale de l'Organisation
des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture
(Unesco), réunie à paris, a adopté, le 20
octobre 2005, à une large majorité par 148 voix
pour, deux contre (Etats-Unis et Israël) et quatre abstentions,
une convention "sur la protection et la promotion
de la diversité culturelle".Le texte, fruit de
deux ans de négociations, note que la diversité
culturelle est "un héritage commun de l'Humanité".
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Photo © Unesco/Georges Malempré.
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La convention, défendue par des pays comme la France et le Canada, soutenue par la Chine, la Russie, l'Inde, le Brésil et l'Union européenne, reconnaît "la nature spécifique des activités, biens et services culturels" et autorise les Etats à "conserver, adopter et mettre en uvre les politiques et les mesures qu'ils jugent appropriées" pour protéger leur identité culturelle. Ce
qui pourrait permettre par exemple aux Etats de financer le secteur
culturel hors des règles régissant les échanges
commerciaux au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Les Etats-Unis, qui avaient déposé 27
amendements pour tenter de vider le projet de sa substance, n'ont
été soutenus que par Israël. Pour que la convention
entre en vigueur, il faudra qu'elle soit ratifiée par trente
pays au moins.
La France, qui était apparue en pointe pour défendre
la spécificité de la création culturelle
- "l'exception culturelle"- , s'est félicité
de l'adoption du texte. "C'est un progrès majeur dans
un monde qui a besoin de protéger la diversité culturelle
et d'organiser le dialogue des cultures dans le respect de tous
[...]", a estimé le président Jacques Chirac.
"Cette convention ouvre l'espoir d'une mondialisation plus
respectueuse de l'identité des peuples", a-t-il ajouté.
Jacques Chirac, qui a rendu hommage "à la mobilisation
exceptionnelle de la Francophonie" sur ce sujet, avait estimé
en 2004, lors d'une visite au Vietnam, que l'hégémonie
américaine dans ce domaine risquait d'aboutir "à
une sous-culture générale dans le monde". Il
avait fait valoir que la culture n'est pas une marchandise comme
les autres et ne peut pas s'échanger comme les biens industriels,
commerciaux ou agricoles.
"Un coup d'arrêt à une libéralisation
sans frein"
"Ce texte est d'abord un acte politique. C'est la première
fois que la communauté manifeste de façon aussi
majoritaire une volonté de mettre un coup d'arrêt
à une libéralisation sans frein", a déclaré
au quotidien "Le Monde" le Français Jean Musitelli,
membre du groupe d'experts internationaux qui a rédigé
la convention. Celle-ci constitue un progrès politique,
commercial et juridique. En vertu de ce droit enfin positif, "la
nature spécifique des activités, biens et services
culturels" est reconnue. "Pour la première fois,
des pays vulnérables disposeront d'un levier pour résister",
a-t-il ajouté.
Quant à la Canadienne Liza Frulla, elle a affirmé
au même journal que "nous voulons avoir dans chaque
pays une expression culturelle forte. Et cette expression, nous
voulons la partager. Cela n'a rien à voir avec le protectionnisme".
CE QUE DIT LA CONVENTION
En préambule, pour la première fois dans une convention internationale, on indique clairement que "les activités, biens et services culturels ont une double nature, économique et culturelle, parce qu'ils sont porteurs d'identités, de valeurs et de sens et qu'ils ne doivent donc pas être traités comme ayant exclusivement une valeur commerciale".
L'article 1 affirme "le droit souverain des Etats de conserver, d'adopter et de mettre en oeuvre les politiques et mesures qu'ils jugent appropriées en vue de la protection et de la promotion de la diversité des expressions culturelles sur leur territoire".
L'article 20 stipule que cette convention est "non subordonnée" aux autres traités internationaux, ce qui signifie qu'elle a le même poids que les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

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