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__La Déclaration universelle des devoirs et des responsabilités de lhomme
par Rita Barberá Nollá, maire de Valencia, présidente de la Fondation Valencia Troisième Millénaire
Au mois déjà lointain de janvier 1998, Valencia eut l'honneur d'être la première
ville à inaugurer les fêtes célébrant
un anniversaire d'une importance primordiale pour le monde, le
cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle
des droits de l'homme.
Dès le départ, nous avons choisi de nous engager de toutes nos forces au service de l'humanité, armés de la volonté inébranlable de faire advenir la Déclaration universelle des devoirs et des
responsabilités de l'homme. Cet objectif avait déjà
été incorporé au protocole de collaboration
entre notre ville, ADC Nouveau Millénaire et l'UNESCO,
cette organisation mondiale sans égale dans le domaine
de l'éducation, de la science et de la culture, dans le
contexte général du grand projet de réflexion
universelle qu'est "Valencia Troisième Millénaire".
La ville s'est hissée à la hauteur de la situation
en devenant le centre mondial d'un débat sur des questions
aussi éternelles que l'homme et son destin, ses espoirs
et ses désirs, face à des enjeux qui s'inscrivent
déjà dans le nouveau millénaire, avec toutes
les perspectives qu'il offre pour le progrès, le développement,
la solidarité, la concorde, la fraternité et la
paix.
Ainsi, notre ville avait d'avance annoncé son ferme désir d'être le lieu d'où serait lancée dans le monde une Déclaration universelle des devoirs et des responsabilités de l'homme, fruit des efforts et des apports de personnalités issues de tous les horizons du monde et de la vie. Il s'agirait d'un document où seraient énoncés en toute clarté les devoirs essentiels
de tout être humain envers tous ses semblables, mais
aussi à l'égard de la nature et de l'environnement
qui est le cadre de sa vie.
Cette visée n'était pas qu'un rêve. Le fait est que nous avons tenu l'engagement que nous avions pris de mener à son terme, avant le 10 décembre 1998,
date exacte du cinquantième anniversaire de la Déclaration
universelle des droits de l'homme, la rédaction d'un
projet de texte établi avec les mobiles les plus constructifs,
dans une volonté de transcendance universelle, n'en visant
pas moins à établir très concrètement
un ensemble de règles du jeu applicables dans l'avenir
à la conduite humaine.
L'objectif est d'une telle importance que je n'ai pas craint d'affirmer que "ne serait-ce que pour avoir assumé ce projet pour le bien de toute l'humanité, il aura valu la peine de vivre cette vie et d'être le maire qui a pu en être le promoteur".
Nous vivons dans un monde où prolifèrent les souffrances, les pénuries de toutes sortes et des situations qui réclament une intervention résolue, transcendant les frontières des pays en cause.
La Déclaration universelle des droits de l'homme
est écrite sur le fond d'un contexte historique qui porte
aujourd'hui encore les blessures béantes d'un terrible
conflit mondial. Les temps ont changé, mais le monde est
toujours en proie aux guerres, à des crimes contre l'humanité
et il souffre de situations d'injustice où quelques hommes
réduisent les autres à l'état de victimes.
Il y a encore beaucoup de souffrance dans le monde, et telle est
la raison pour laquelle Valencia a déployé,
sous les auspices de l'UNESCO, une succession de réunions
internationales auxquelles ont participé non seulement
des hommes et des femmes de bonne volonté, mais des hommes
et des femmes résolument engagés au service de l'humanité
et prêts à offrir la fleur de leurs idées
et le meilleur de leur collaboration à la création
d'un document qui vise à planter le décor d'un avenir
meilleur, d'un monde harmonieux, animé d'un développement
durable.
Valencia a été le lieu de concentration d'une réflexion sur les grands problèmes et les grandes préoccupations de l'humanité, première étape de la fixation de devoirs et de responsabilités
faite de telle manière que, dès lors qu'aura été
conféré le statut supérieur de Déclaration
universelle à un ensemble de règles et de principes
de droit si souvent oubliés et violés, puissent
être jetées les bases de la prévention du
non-respect des droits de l'homme.
Au cours de cette série de rencontres préparatoires, aucun sujet n'a été éludé et c'est l'esprit de pluralisme et le respect des règles de la démocratie qui ont prévalu, aussi bien lorsque nous nous félicitions de la libre circulation de l'information que quand nous avons abordé un sujet appelé à avoir de vastes répercussions sur le monde de demain, le génie génétique, sans oublier les séances consacrées par les experts à des questions comme la criminalité internationale, le trafic de drogue et le commerce des armes, problèmes qui ont été et sont encore les causes de tant de souffrances dans le monde entier.
Des personnalités nombreuses et diverses, scientifiques, responsables politiques, lauréats du Prix Nobel et hauts représentants d'organisations internationales, ont apporté leurs idées et leurs compétences à une cause commune qui a transformé Valencia en une ville vouée
à l'avenir de l'humanité et au service de la solidarité
et de la justice pour les hommes et les femmes du millénaire
qui s'annonce.
Je crois fermement que nous vivons ici, parallèlement à la Déclaration de Valencia, un moment historique
décisif en vue du temps où les hommes et les femmes
assumeront librement et consciemment un ensemble de responsabilités
et de devoirs inhérents à la condition humaine
et au désir universel de garantir la paix et de faire en
sorte que les valeurs éthiques et morales nous permettent
de continuer à progresser de jour en jour vers un monde
meilleur.
Dans cette ville de Valencia, nous n'avons rien négligé pour nous ménager le concours des meilleurs esprits, s'agissant d'être à la hauteur d'une tâche aussi ambitieuse que l'établissement d'un document de portée universelle, auquel devront souscrire toutes les nations d'un monde devenu totalité, tant il est vrai que dans un monde comme le nôtre, nous ne pouvons pas ne pas lutter contre des situations qui font injure à notre dignité et à nos valeurs éthiques, telles que le manque d'égalité entre les sexes ou la nécessité de protéger les faibles.
La lutte à laquelle Valencia était
si désireuse d'apporter sa contribution touche maintenant
à sa conclusion. A partir de maintenant, nous allons nous
efforcer d'obtenir le maximum de soutien pour cette Déclaration
universelle des devoirs et des responsabilités de l'homme,
déclaration qui vise à rendre toute espèce
d'impunité plus difficile, afin que l'homme puisse faire
front à l'avenir dans les meilleures conditions et former
une communauté mondiale harmonieuse apte à traiter
efficacement toute situation de violence ou d'injustice.
Nous sommes fiers et satisfaits des résultats
obtenus, fiers et satisfaits de ce projet de Déclaration
qui est un appel à l'attention, à la conscience
et à la responsabilité de tous les Etats et de toutes
les organisations internationales, régionales et non gouvernementales,
les exhortant à garantir le respect de la Déclaration
universelle des droits de l'homme.
Valencia aura été son berceau. Valencia, à compter d'aujourd'hui, est la ville de l'espoir.
Rita Barberá Nolla, Valencia, 4 décembre
1998.
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