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Mémoire de l'esclavage


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NATIONS UNIES, DECEMBRE 2007 | JOURNEE INTERNATIONALE POUR L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE
__Donnons un sens à la Déclaration universelle des droits de l'homme qui dit : "Nul ne sera tenu en esclavage ou en servitude", déclare Ban Ki-moon

A l’occasion de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage, le 2 décembre 2007, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé à donner un sens à la Déclaration universelle des droits de l'homme, en nous élevant contre des crimes qui auraient dus être relégués "aux oubliettes de l'Histoire".

"Le fait que ces atrocités puissent se produire à notre époque devrait nous emplir tous de honte. Le fait qu'elles soient très souvent avalisées, soutenues ou ignorées par ceux qui ont le pouvoir et le devoir d'y mettre un terme devrait susciter en nous une profonde indignation", a déclaré Ban Ki-moon dans un message transmis à l'occasion de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage.

Le secrétaire général des Nations unies déplore que ces crimes, qui appartiennent aux "plus graves commis par l'humanité", soient encore une réalité. "De nos jours, des millions d'êtres humains continuent de vivre en esclaves, victimes de pratiques abominables comme la traite des êtres humains, le travail forcé et l'exploitation sexuelle", rappelle Ban Ki-moon, et "d'innombrables enfants sont enrôlés de force dans les armées, contraints de travailler dans des ateliers-bagnes ou vendus par des familles désespérées. Des femmes sont brutalisées et échangées comme des marchandises. Des familles et des villages entiers travaillent dans des conditions de servitude pour dettes", dénonce-t-il.

Ban Ki-moon appelle chacun de nous à agir, en rappelant que "l'esclavage est un problème pour toutes les régions et pour tous les gouvernements". Il doit être combattu à l'échelle tant nationale que régionale et internationale.

Il faut oeuvrer de concert, dit-il, pour réaliser les droits égaux pour tous que promet la Charte des Nations unies et donner un sens aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui stipulent que "nul ne sera tenu en esclavage, ni en servitude".

Le crime d'esclavage se nourrit de la pauvreté endémique, de l'exclusion sociale et de la discrimination rampante, les esclavagistes trouvent leurs victimes chez les plus faibles et les plus démunis, rappelle-t-il.

Alors que cette année, le Conseil des droits de l’homme a créé un nouveau mandat au titre des procédures spéciales et nommé un Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d'esclavage, Ban Ki-moon réaffirme que les Nations unies sont foncièrement résolues à combattre ce crime avec ses partenaires.

LE MESSAGE DE BAN KI-MOON

Message du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, célébrée le 2 décembre 2007.

Aujourd’hui, la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage ne devrait commémorer qu’un vestige du passé, un chapitre dans l’histoire des crimes les plus graves commis par l’humanité. Malheureusement, la réalité est tout autre.

En effet, de nos jours, des millions d’êtres humains continuent de vivre en esclaves, victimes de pratiques abominables comme la traite des êtres humains, le travail forcé et l’exploitation sexuelle. D’innombrables enfants sont enrôlés de force dans les armées, contraints de travailler dans des ateliers-bagnes ou vendus par des familles désespérées. Des femmes sont brutalisées et échangées comme des marchandises. Des familles et des villages entiers travaillent dans des conditions de servitude pour dettes.

Le fait que ces atrocités puissent se produire à notre époque devrait nous emplir tous de honte. Le fait qu’elles soient très souvent avalisées, soutenues ou ignorées par ceux qui ont le pouvoir et le devoir d’y mettre un terme devrait susciter en nous une profonde indignation. Il faut donc, avant toute autre chose, que le sort des personnes ainsi réduites en esclavage nous pousse à agir.

Il incombe à chacun d’entre nous de s’élever contre des crimes qui privent d’innombrables victimes de leur liberté, de leur dignité et de leurs droits fondamentaux. Il nous faut œuvrer de concert à la réalisation des droits égaux pour tous que promet la Charte des Nations unies. Il nous faut aussi donner collectivement un sens aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipulent que "nul ne sera tenu en esclavage, ni en servitude".

Aucune personne, aucune communauté, aucun pays ne peut rester silencieux face à une telle infamie. L’esclavage est un problème pour toutes les régions et pour tous les gouvernements. Il doit être combattu à l’échelle tant nationale que régionale et internationale. Il nous faut aussi chercher à comprendre pourquoi et comment, à une époque aussi "civilisée" que la nôtre, il est si courant. Il nous faut aussi reconnaître qu’il se nourrit de la pauvreté endémique, de l’exclusion sociale et de la discrimination rampante. C’est en effet parmi ceux qui sont désespérés, démunis et défavorisés que les esclavagistes trouvent leurs victimes.

L’Organisation des Nations unies est foncièrement résolue à combattre l’esclavage. Cette année [2007], le Conseil des droits de l’homme a créé un nouveau mandat au titre des procédures spéciales et nommé un Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage. Ces nouvelles mesures apporteront une contribution de premier plan à la lutte contre l’esclavage en collaboration étroite avec les Etats membres des Nations unies, nos partenaires de la société civile et les groupes de victimes.

En cette Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, réaffirmons une fois encore la dignité inhérente à tous les êtres humains, hommes, femmes et enfants, et redoublons d’efforts pour édifier des sociétés dans lesquelles l’esclavage aura été définitivement relégué aux oubliettes de l’Histoire.

Source : Nations unies, New York, décembre 2007.
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