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SADDAM HUSSEIN |
IRAK, BAGDAD, 30 DECEMBRE 2006 / L'EXECUTION DE SADDAM HUSSEIN __Réactions contrastées dans le monde : une "étape importante" et une "nouvelle tragique"
ETATS-UNIS. L'exécution de Saddam Hussein est "une étape importante sur la route de l'Irak vers une démocratie qui peut se gouverner, être autosuffisante et se défendre, et être un allié dans la guerre contre la terreur", a déclaré le président George W. Bush dans un communiqué. Elle "marque la fin d'une année difficile pour le peuple irakien et pour nos troupes", a-t-il ajouté. [Revenant sur ses premières déclarations, George Bush a affirmé, le 4 janvier 2007, que cette exécution aurait dû être menée de "manière plus digne" et a appelé les autorités irakiennes à procéder à une "enquête complète" sur les circonstances de la pendaison.] NATIONS UNIES. Le représentant spécial des Nations unies en Irak, le Pakistanais Ashraf Qazi, a déclaré que les Nations unies "sont fermement opposées à l'impunité et comprennent le désir de justice ressenti par de nombreux Irakiens". Mais, il a aussitôt ajouté : "Toutefois, se basant sur le principe du respect du droit à la vie, les Nations unies demeurent opposées à la peine capitale, même dans les cas de crimes de guerre, contre l'humanité ou de génocide".
UNION EUROPEENNE. La présidence finlandaise de l'Union européenne a condamné l'exécution de Saddam Hussein, rappelant que l'Union "a toujours été contre le recours à la peine de mort". Selon l'UE, cette mise à mort "pourrait en outre s'avérer porteuse de divisions pour l'avenir de l'Irak". CONSEIL DE L'EUROPE. Saddam Hussein "était un criminel impitoyable", mais il "ne fallait pas le tuer", a réagi le secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis, estimant que l'Irak a manqué une occasion "de rejoindre le monde civilisé". L'ORGANISATION DE LA CONFERENCE ISLAMIQUE (OCI) a appelé les Irakiens à "rester unis". La LIGUE ARABE a également souhaité que la "fin tragique" de Saddam Hussein n'attise pas les conflits qui déchirent l'Irak. GRANDE-BRETAGNE. Saddam Hussein "a payé", a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, rappelant que "le gouvernement britannique ne soutient pas le recours à la peine de mort en Irak ni nulle part ailleurs". Une porte-parole de Downing Street a précisé que Mme Beckett s'était "exprimée pour le gouvernement dans son ensemble, dont le Premier ministre" Tony Blair. [Rompant un silence de dix jours, Tony Blair a jugé, le 9 janvier 2007,"inacceptable" et "complètement inadéquate" la façon dont Saddam Hussein a été exécuté. "Mais cela ne doit pas nous rendre aveugles face aux crimes qu'il a commis contre son peuple", a ajouté le Premier ministre britannique, qui a ajouté que "les crimes que Saddam a commis n'excusent pas la façon dont il a été exécuté, mais la façon dont il a été exécuté n'excuse pas les crimes". Et de rappeler "la mort de centaines de milliers d'Irakiens innocents, le million de victimes de la guerre Iran-Irak et l'usage d'armes chimiques contre son propre peuple, effaçant des villages entiers".] FRANCE. "La France, qui plaide comme l'ensemble de ses partenaires européens pour l'abolition universelle de la peine de mort, prend acte de l'exécution de Saddam Hussein", a déclaré Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, qui appelle les Irakiens à "regarder vers l'avenir et à travailler à la réconciliation et à l'unité nationale". ALLEMAGNE. Le ministre délégué aux affaires étrangères Gernot Erler déclare "comprendre" la satisfaction des victimes de la dictature de Saddam Hussein, après l'exécution de l'ex-raïs irakien, mais rappelle que l'Allemagne reste opposée par principe à la peine de mort. SUISSE. Le Département fédéral
des affaires étrangères (DFAE) prend acte de la
pendaison de l'ex-président irakien. Le DFAE condamne
les "graves crimes" qu'il avait commis, mais désapprouve
son exécution. "Pour la Suisse, la peine de mort n'est
pas justifiable, même pour les crimes les plus graves"
et cette position vaut pour Saddam Hussein. RUSSIE. Le représentant du comité des relations internationales de la chambre haute du Parlement russe, Mikhaïl Marguelov estime que l'exécution de Saddam Hussein "va provoquer une nouvelle spirale" de violence. Elle "va déstabiliser la situation non seulement en Irak, mais dans toute la région du Golfe", a ajouté un député de la Douma [Chambre basse], Leonid Sloutski, cité par l'agence Itar-Tass. CHINE. Conformément à sa ligne de non-ingérence dans les affaires de pays tiers, la Chine n'a pas commenté l'exécution. AUSTRALIE. L'Australie, bien qu'opposée à la peine capitale, "respecte" la décision des autorités irakiennes et rend hommage à leur "héroisme", a déclaré le Premier ministre conservateur John Howard. CITE DU VATICAN. L'exécution de Saddam Hussein est un "événement tragique comme toutes les peines capitales" et risque de provoquer de nouvelles violences en Irak, a estimé, de son côté, le Vatican. "Une peine capitale est toujours un événement tragique, une cause de tristesse, même lorsqu'elle est infligée à une personne qui s'est rendue coupable de graves crimes", a déclaré le porte-parole du Saint-Siège, le Père Federico Lombardi. "La mise à mort d'un coupable n'est pas la manière de reconstruire la justice et de réconcilier la société. Au contraire, elle comporte un risque de nourrir un esprit de vengeance et de semer de nouvelles violences", a-t-il ajouté. IRAN. L'Iran a salué son exécution comme une "victoire des Irakiens". "Les Irakiens sont les vainqueurs, comme ils étaient les vainqueurs quand il a perdu le pouvoir", a déclaré Hamid Reza Assefi, vice-ministre des Affaires étrangères, cité par l'agence Irna. PAKISTAN. Le Pakistan, pays musulman allié des Etats-Unis, espère que l'exécution de Saddam Hussein, qualifiée de "triste événement" par Islamabad, "n'exacerbera pas la situation sécuritaire" en Irak. INDE. L'Inde, qui entretenait des relations chaleureuses avec l'ancien régime de Saddam Hussein, a condamné un "événement malheureux". ISRAEL. Israël considère que "justice a été faite", a déclaré un haut responsable de l'Etat hébreu. "Nous parlons d'un homme qui a mis le Moyen-Orient à feu et à sang à plusieurs reprises, qui a aussi utilisé des armes chimiques contre son propre peuple et qui est responsable de la mort de plusieurs milliers de personnes". "Saddam Hussein a causé sa propre perte. C'était un homme qui avait fait beaucoup de mal à son peuple et qui avait grandement menacé Israël", a déclaré, de son côté, le vice-Premier ministre Shimon Pérès. LIBYE. La Libye a décidé de décréter
trois jours de deuil national pour le "prisonnier de guerre
Saddam Hussein", a annoncé l'agence officielle Jana. PALESTINE. "La pendaison de Saddam Hussein est un assassinat politique qui viole toutes les lois internationales censées protéger les prisonniers de guerre. Saddam Hussein était un prisonnier de guerre", a déclaré le porte-parole du mouvement islamiste palestinien Hamas, Fawzi Barhoum, accusant les Etats-Unis d'avoir "franchi toutes les lignes rouges"."La pendaison a eu lieu le jour de l'Aïd et ceci est un message à la rue arabe : les Américains ont lancé des menaces à tous les Arabes", a-t-il ajouté. La FIDH s'indigne d'"une punition cruelle et inhumaine" LA FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME (FIDH) a condamné, dans un communiqué, l'exécution par pendaison de Saddam Hussein. La FIDH rappelle que, quelle que soit la gravité des crimes commis, la peine de mort n'est jamais justifiée. Selon Patrick Baudouin, président d'honneur de la FIDH, "la peine de mort est la pire des réponses à apporter aux crimes qu'a commis Saddam Hussein, puisqu'on répond à la barbarie par la barbarie". "En outre, a-t-il ajouté, "au delà de la condamnation absolue de la peine de mort, l'exécution hâtive de Saddam Hussein prive les Irakiens et le monde entier d'un procès global concernant le massacre d' Haladja, l'opération Anfal et le massacre des chiites, qui aurait permis de mettre en lumière les complicités occidentales dont il a joui". La FIDH déplore qu'une occasion historique de juger les crimes de Saddam Hussein selon les normes d'un procès équitable se traduise par une parodie de justice, conclue par une exécution qui ne peut que favoriser le cycle de violence en Irak. HUMAN RIGHTS WATCH (HRW), association américaine de défense des droits de l'homme, a condamné, dans une déclaration, la pendaison : "Saddam Hussein était responsable de terribles et de nombreuses violations des droits de l'homme, mais ces actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine". AMNESTY INTERNATIONAL (AI), l'organisation de défense des droits de l'homme, a "déploré" la pendaison de Saddam Hussein, estimant que ce dénouement représentait "une occasion manquée" pour obliger l'ancien dictateur irakien à rendre compte de ses crimes passés. Amnesty rappelle son opposition "de façon inconditionnelle à la peine de mort". L'Irak pourrait revoir ses relations avec les pays qui ont critiqué l'exécution Le gouvernement irakien "pourrait être obligé de revoir ses relations avec tous les Etats qui n'ont pas respecté la volonté du peuple irakien" sur l'exécution de Saddam Hussein, a menacé, le 6 janvier 2007, le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki. "Nous considérons l'exécution du dictateur Saddam Hussein comme une affaire interne qui ne concerne que les Irakiens". "Nous rejetons et condamnons les réactions, officielles ou au travers des médias, de certains gouvernements. [...] Nous sommes stupéfaits de ces réactions de certains gouvernements qui pleurent sur le sort du despote sous prétexte qu'il a été exécuté un jour saint, alors qu'il toujours violé" les fêtes saintes, a-t-il accusé au cours d'une cérémonie officielle organisée pour le 86e anniversaire de la fondation de l'armée irakienne. "Nous estimons qu'il s'agit là d'une insidieuse
sédition, d'une flagrante interférence dans les
affaires internes de l'Irak, et d'un affront aux familles des
victimes", a-t-il assuré. Selon lui, "L'exécution
du despote n'était pas une décision politique, comme
l'affirment les ennemis du peuple irakien. Cette décision
a été appliquée après un juste procès,
que le dictateur ne méritait pas". |