Bagdad, tribunal spécial irakien


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SADDAM HUSSEIN

Repères. 35 ans de dictatures

LES PROCES

La répression de l'insurrection chiite [1991]

Saddam Hussein devant le Haut Tribunal irakien

La tuerie de Doujaïl [1982]

L'opération "Al-Anfal" [1987-88]

La condamnation à mort [Novembre 2006]

L'EXECUTION

Exécuté par pendaison [30 décembre 2006]

Les réactions : dans le monde

Les réactions : dans la presse

DOCUMENT

Le livre noir de Saddam Hussein

POINTS DE VUE

Le destin shakespearien de Saddam Hussein, dictateur sanguinaire et ambigu [Gérard Chaliand]

L'exécution de Saddam Hussein est une faute [Nicolas Sarkozy]

Condamné par une justice de vainqueur [François Terré]

Saddam Hussein pendu, la justice étranglée [Philippe Currat]

L'exécution de Saddam Hussein, sacrifice fondateur du nouvel Irak [Guy Sorman]


IRAK, JUIN 2007 | LE PROCES DES RESPONSABLES DU REGIME DE SADDAM HUSSEIN - TRIBUNAL SPECIAL IRAKIEN
__La justice irakienne rend son verdict sur le massacre des Kurdes en 1988

Le Tribunal spécial irakien (TSI) a rendu son verdict, le 24 juin 2007, dans le procès de six anciens responsables du régime de Saddam Hussein jugés pour "génocide et crimes contre l'humanité" pour l'opération dite "Anfal" [Butin de guerre], la campagne menée contre les Kurdes, dans les années 1987-88, au cours de laquelle des dizaines de milliers de personnes - entre 150'000 et 200'000 selon certaines sources - ont été tuées.

Le principal accusé, Ali Hassan Al-Majid, dit "Ali le Chimique", cousin de Saddam Hussein, alors responsable des opérations militaires dans le nord de l'Irak et notamment de l'utilisation de gaz chimiques contre la population kurde, a condamné à la peine de mort par pendaison. Lors du procès, qui avait débuté en août 2006, il a reconnu avoir ordonné à l'armée d'exécuter tous les Kurdes qui ignoreraient l'ordre d'évacuation de leurs villages.

Deux autres peines de mort ont été prononcées : contre l'ancien ministre irakien de la défense, Sultan Hachim al-Tai, reconu coupable d'avoir ordonné "des attaques à grande échelle contre des civils dans le nord de l'Irak", après avoir reçu des ordres d'Ali le chimique, et contre Hussein Rachid al-Tikriti, ancien directeur-adjoint des opérations militaires en Irak. Deux autres accusés, responsables à l'époque des faits du renseignement militaire, ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Les charges ont été abandonnées pour manque de preuves contre un le dernier accusé, l'ancien gouverneur de Mossoul Taher al-Ani.

L’OPERATION AL-ANFAL. Accusant les Kurdes d'être sécessionnistes, Saddam Hussein, dès les années 1970, avait lancé une campagne de déplacement des populations kurdes du nord de l'Irak. En 1978, quelque 1'400 villages avaient été détruits, et près de 600'000 habitants déplacés vers des camps de regroupement à l'intérieur du Kurdistan ou dans le sud du pays.

L'opération "Al-Anfal" - du nom d'une sourate du Coran signifiant "butin" - lancée, en 1987 et 1988, après la fin de la guerre entre l'Irak et l'Iran, visait à déplacer les populations kurdes accusées à la fois de liens avec l'Iran et de volonté séparatiste. Près de 3'850 villages sont bombardés et rasés - selon des sources kurdes - au cours d'opérations militaires conduites par "Ali le chimique", commandant de la région Nord.

Entre 100'000 et 200'000 Kurdes sont tués dans une répression impitoyable. Certains ont péri dans des bombardements, d'autres ont été exécutés après avoir été déplacés. Le gazage du village d'Halabja, en mars1988, fait quelque 5'000 victimes.

07.2007