Bagdad, tribunal spécial irakien


Retour


SADDAM HUSSEIN

Repères. 35 ans de dictatures

LES PROCES

La répression de l'insurrection chiite [1991]

Saddam Hussein devant le Haut Tribunal irakien

La tuerie de Doujaïl [1982]

L'opération "Al-Anfal" [1987-88]

La condamnation à mort [Novembre 2006]

L'EXECUTION

Exécuté par pendaison [30 décembre 2006]

Les réactions : dans le monde

Les réactions : dans la presse

DOCUMENT

Le livre noir de Saddam Hussein

POINTS DE VUE

Le destin shakespearien de Saddam Hussein, dictateur sanguinaire et ambigu [Gérard Chaliand]

L'exécution de Saddam Hussein est une faute [Nicolas Sarkozy]

Condamné par une justice de vainqueur [François Terré]

Saddam Hussein pendu, la justice étranglée [Philippe Currat]

L'exécution de Saddam Hussein, sacrifice fondateur du nouvel Irak [Guy Sorman]


IRAK, BAGDAD, AOUT 2007 | HAUT TRIBUNAL PENAL IRAKIEN
__Ouverture du procès sur la répression de l'insurrection chiite de mars 1991

Le procès de quinze anciens responsables du régime de Saddam Hussein devant le Haut Tribunal pénal irakien, jugés pour la violente répression d'un soulèvement chiite en 1991 dans le sud de l'Irak, s'est ouvert le 21 août 2007 à Bagdad. Parmi les inculpés, figure le cousin de l'ex-dictateur, Ali Hassan al-Majid, 66 ans, dit "Ali le Chimique". Il comparait aux côtés du sultan Hachim Al-Tai, ex-ministre de la défense, et de Hussein Rachid Al-Tikriti, ex-haut responsable des forces armées.

Le Tribunal siège dans la "zone verte", fortement sécurisée, au coeur de la capitale irakienne. Près de 90 victimes et témoins doivent être entendus au cours du procès.

Ministre de l'intérieur lors des faits, après avoir été gouverneur militaire du Koweït envahi par l'Irak en août 1990, Ali Hassan al-Majid a conduit la répression qui a fait jusqu'à 100'000 victimes dans les provinces chiites du sud du pays, en mars 1991 lors de la retraite des troupes irakiennes chassées du Koweït par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Les troupes d'élite fidèles à Saddam Hussein avaient réprimé dans le sang un soulèvement menée par des civils et militaires irakiens démoralisés après leur déroute au Koweït en février 1991, sans que les forces étrangères déployées dans la région n'interviennent. "J'ai été dans l'armée pendant 30 ans et je n'aurais jamais imaginé qu'ils puissent faire cela", a expliqué le premier témoin, un ancien soldat, Raybath Jabbar Risan.

Une révolte populaire

La rébellion s'est transformée en révolte populaire et a gagné toutes les villes du sud, notamment Nadjaf et Kerbala, ainsi que Hilla et Bassora. Les officiers et les responsables du parti au pouvoir, le Baas, ont été systématiquement pourchassés, et l'Etat a perdu le contrôle de régions entières, avant de rétablir son autorité par la force.

Le président américain de l'époque, George Bush, qui avait incité les Irakiens à se soulever contre Saddam Hussein dans une allocution prononcée le 15 février 1991, avait par la suite insisté sur le fait qu'il n'était pas dans les projets des Etats-Unis de renverser celui-ci.

Cousin de Saddam Hussein, originaire comme lui de la région de Tikrit, Ali Hassan al-Majid a été affublé du surnom d'"Ali le Chimique" pour avoir eu recours à des gaz de combat en 1987 et 1988 contre des villages kurdes, dans le nord de l’Irak, provoquant la mort de 182'000 Kurdes.

Ali Hassan al-Majid, Hachim Al-Tai et Hussein Rachid Al-Tikriti ont déjà été comdamnés à la peine capitale, le 24 juin 2007, pour ces faits. Ils ont fait appel. Si la peine est confirmée, ils seront exécutés dans les 30 jours, selon la loi irakienne.

Sources : presse internationale, août 2007.

Up