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L’actualité 2007
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2008, PEKIN, CHINE | LA XXIXe OLYMPIADE
__Au fil de l'actualité...
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OCTOBRE
_8 OCTOBRE [Monde]. Un mois et demi après la clôture des Jeux de Pékin, les associations de défense des droits de l'homme - toutes basées à l'étranger - dressent un bilan plus complet de ce qui a pu arriver aux militants ou pétitionnaires que les autorités avaient jugés bon de "neutraliser" dans ce que China Human Rights Defenders (CHRD) qualifie "d'abus des droits de l'homme systématiques, directement liés aux Jeux". Source : Le Monde.
RSF Les prisonniers olympiques
AOUT
_24 AOUT [Pékin]. Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, clôture les Jeux olympiques de Pékin 2008 qu'il qualifie de "véritablement exceptionnels".
Lu dans la presse
Le président du CIO a prononcé la formule traditionnelle : "Et maintenant, selon la tradition, je proclame la clôture des Jeux de la XXIXe Olympiade et je convie la jeunesse du monde à s'assembler dans quatre ans à Londres pour y célébrer avec nous les Jeux de la XXXe Olympiade".
"Ce furent des Jeux véritablement exceptionnels", a souligné Jacques Rogge, lâchant le mot tant attendu, quatre ans après les Jeux "inoubliables" d'Athènes, huit ans après "les meilleurs Jeux de l'histoire" organisés à Sydney. "A travers ces Jeux, le monde a beaucoup appris sur la Chine et la Chine a beaucoup appris sur le monde", a repris le président du CIO, répétant une phrase devenue qu'il avait prononcée comme un présage avant même l'ouverture des compétitions.
_22 AOUT [France]. Lors de l'inauguration du temple de Lérab-Ling - un centre de retraite et d'enseignement du bouddhisme fondé par le maître tibétain Sogyal Rinpoché à Roqueredonde (Hérault) le dalaï-lama dénonce à nouveau, selon son interprète Matthieu Ricard, la répression chinoise "brutale" qui règne au Tibet "en parallèle aux Jeux olympiques", soulignant à quel point "la situation [est] grave".
Devant le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, le chef religieux tibétain souligne que "[son] combat et celui de [son] peuple n'est pas un combat contre la Chine, mais pour la justice" et que "la marche vers la démocratie" est "la seule solution" pour que "la Chine gagne sa respectabilité au sein de la communauté internationale. La seule solution bonne pour la Chine et bonne pour le Tibet."
_22 AOUT [Paris]. "Il n’y a pas eu de trêve olympique contrairement à ce qui est dit", déclare Robert Ménard, président de "Reporters sans frontières". Son bilan à deux jours de la fin des Jeux de Pékin est plus que négatif. Il égrène la liste des abus commis: "50 militants des droits de l’Homme arrêtés, 15 citoyens arrêtés pour avoir demandé à manifester, 22 journalistes brutalisés ou interpellés…" Pour lui, "les promesses des autorités chinoises n’ont été qu’un leurre, ils ont menti sciemment, à tout le monde".
Si Robert Ménard ne s’étonne pas des "mensonges chinois", il est sans pitié lorsqu’il évoque le silence du Comité Olympique : "L’an prochain, en 2009, il y aura une réélection du président du CIO. Comment voter pour Jacques Rogge, comment imaginer qu’on puisse réélire à la tête du CIO quelqu’un qui aura montré une lâcheté et une couardise sans comparaison depuis sept ans", interroge-t-il ?
Rsf. Un bilan désastreux pour la liberté d'expression
_21 AOUT [Paris]. Le dalaï-lama a accusé l'armée chinoise d'avoir "tiré sur la foule" le 18 août dans l'est du Tibet, faisant des dizaines de morts. Il avance le chiffre, qui "demande à être confirmé", de 140 Tibétains tués, dans un entretien au quotidien "Le Monde".
L'entretien du dalaï-lama au "Monde"
Le dalaï-lama assure également que depuis le début des émeutes au Tibet, le 10 mars, "des témoins fiables ont pu établir que 400 personnes ont été tuées dans la seule région de Lhassa. Tuées par balles, alors qu'elles manifestaient sans armes", souligne-t-il. Selon lui, 10'000 personnes ont été arrêtées et sont détenues dans un lieu inconnu
Le prix Nobel de la paix accuse en outre l'armée chinoise de construire désormais "de vrais campements militaires". "La présence militaire au Tibet est ancienne, mais la frénésie de constructions nouvelles, dans les régions de l'Amdo et du Kham, me fait dire que cette colonisation par l'armée est destinée à durer", souligne-t-il.
_19 AOUT [Paris]. Nicholas Bequelin, responsable pour la Chine de Human Rights Watch (HRW) basé à Hongkong, estime que le pouvoir chinois se raidit pendant les Jeux, mais répond aux attentes sociales afin de prévenir le désir de démocratisation.
Rsf. La répression continue
"Le souci premier du pouvoir est de maintenir son contrôle sur l'information, explique-t-il au quotidien Le Monde. Dans le cadre des Jeux, les autorités chinoises ont avant tout cherché à empêcher que des défenseurs des droits de l'homme chinois puissent trouver une audience plus large grâce à la présence des médias internationaux.
"Cela répondait, d'une part, à la volonté de dissimuler l'ampleur des violations des droits de l'homme dans le pays, et d'autre part à la nécessité de maintenir la fiction que la revendication des droits de l'homme, "imposée" par l'Occident, n'émane pas des citoyens chinois eux-mêmes. La vérité est que la défense des droits est devenue une question essentielle pour les citoyens. Les Jeux olympiques ont eu un impact négatif sur la situation des droits de l'homme en Chine, même si la dynamique d'émancipation de la société chinoise par rapport à l'Etat n'est pas enrayée pour autant".
_18 AOUT [Pékin]. Les autorités chinoises ont reçu 77 demandes de manifestation depuis le 1er août dans les trois parcs de Pékin désignés à cet effet pendant la durée des Jeux, mais aucune n'a eu lieu, indique l'agence "Chine Nouvelle". Sur les 77 demandes, qui portent surtout sur des questions de protection sociale et de conflits du travail, précise l'agence de presse officielle chinoise, une demande a été refusée parce qu'elle "contrevenait aux lois chinoises".
["Les Jeux ne constituent pas une plate-forme politique pour régler tous les problèmes du monde, a estimé Wang Wei, le responsable du Comité d'organisation des Jeux, lors du briefing quotidien à la presse internationale. Les Jeux concernent surtout le sport et visent à célébrer l'esprit olympique, le renforcement de notre compréhension mutuelle. Or, je crois qu'il y a un manque de compréhension de la situation en Chine, de ce qu'est la démocratie à la chinoise. Le peuple chinois est très heureux, très content. Demandez à n'importe qui dans la rue : les gens ont beaucoup d'espoir en l'avenir".]
_18 AOUT [Nantes-France]. Le Tibet ne recherche pas l'indépendance par rapport à la Chine "car du point de vue du développement matériel, nous avons intérêt à faire partie de la Chine", déclare le dalaï-lama, lors d'un rassemblement public à Nantes. "D'autre part, le Tibet dispose d'une langue, d'une écriture, d'une culture extrêmement riche, principalement sa culture bouddhique très précieuse", souligne-t-il. "C'est pour la survie de cette culture bouddhiste que nous demandons une autonomie véritable".
"Le peuple chinois aspire à devenir une superpuissance. Pour devenir une grande puissance, il faut une population importante, une puissance militaire, une puissance économique, mais il manque une chose essentielle à la Chine : une autorité morale", assure-t-il dit, avant de conclure sur une image : "Nous avons deux mains. L'une tendue vers la Chine. Tant qu'elle demeure vide, nous devons continuer à tendre l'autre main vers ceux qui nous soutiennent".
"Nous avons toujours été pour le dialogue"
_14 AOUT [Pékin]. Le responsable du Comité d'organisation des Jeux (Bocog), Wang Wei, de justifie l'attitude de la Chine sur toute une série de questions, posées sans ménagement par les journalistes occidentaux accrédités lors de la conférence de presse du Bocog. "Oui, j'ai dit [il y a sept ans] que les JO en Chine aideraient la Chine à s'ouvrir et à se réformer, a-t-il reconnu. Certains [d'entre vous] ne sont pas satisfaits, c'est vrai." Mais, "la Chine se développe très vite. Les gens jouissent de plus de liberté, ils ont beaucoup de choses à dire. Si vous demandez au Chinois de la rue, il vous dira la même chose... Les gens sont heureux, ils sont optimistes sur leur avenir. Il faut croire la majorité des gens, sinon vous vous laissez tromper".
Pour Wang Wei, la faute incombe à "un très petit nombre de gens qui sont venus ici pour parler, pour critiquer, pour fouiller dans les moindres détails et dénicher des failles. Cela ne veut pas dire que nous ne tenons pas nos promesses".
Une partie du contentieux est politique, note Sylvie Kaufmann dans Le Monde. Il tient, estime un éditorial du "Financial Times", à la "contradiction flagrante entre les promesses préolympiques d'ouverture et la réalité de la domination du Parti communiste chinois".
"L'autre partie du contentieux, qui porte sur les trucages de la cérémonie d'ouverture, relèverait, selon certains experts, des différences culturelles : le souci chinois de la perfection, de "sauver la face", contre l'accent mis par les Occidentaux sur l'authenticité, relève la journaliste. Il reste que, comme l'a expliqué […] le sinologue américain Orville Schell, si ces JO de Pékin ont d'ores et déjà apporté à la Chine la reconnaissance de sa puissance, celle de son autorité morale est, en revanche, encore loin d'être acquise". Le Monde, 16 août 2008.
_13 AOUT [France]. "La Chine est désireuse de se joindre à la communauté mondiale. La communauté internationale a la responsabilité d'entraîner la Chine sur la voie de la démocratie", déclare le dalaï-lama lors d'une conférence de presse tenue à Paris. Le monde ne "doit pas isoler la Chine", a ajouté le chef spirituel tibétain. Le Prix Nobel de la paix appelle à être "ferme" sur "certains principes comme la démocratie, la liberté religieuse, les droits de l'Homme, la liberté de la presse, l'Etat de droit" et la liberté de la presse. Il dit espérer davantage de "transparence" de la part de Pékin estimant qu'une "société fermée n'a pas d'avenir".
[Reçu au Sénat, le dalaï-lama a affirmé aux élus français - députés et sénateurs - qui le recevaient que la Chine ne respectait pas la "trêve olympique" et continuait sa répression au Tibet. A Robert Badinter, qui lui demandait si "pendant la trêve olympique la Chine avait au moins suspendu ses oppressions, ses arrestations [...], la réponse a été très précise : 'Non. Pendant que se déroulent les Jeux, l'oppression du peuple tibétain et la répression continuent'", a rapporté le sénateur socialiste. Le chef spirituel des Tibétains a aussi évoqué "une politique de colonisation accélérée, avec peut-être un million de Chinois supplémentaires qui viendraient occuper le Tibet pour noyer et diluer la population tibétaine", a indiqué le député socialiste Jean-Louis Bianco, vice-président du groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée nationale.]
_11 AOUT [Pékin]. George W. Bush quitte Pékin après une visite de quatre jours dans la capitale chinoise dominée par le sport et la politique. Au cours de son séjour, le président américain a rencontré les hauts dirigeants chinois pour parler de grands problèmes internationaux du moment, comme le conflit en Ossétie du Sud et le nucléaire nord-coréen, mais aussi des relations bilatérales et des libertés.
[Auprès de son homologue Hu Jintao, "le président a soulevé la question des droits de l'homme et de la liberté religieuse. Il a dit au président Hu qu'il s'agit d'un aspect important du dialogue entre les Etats-Unis et la Chine, et qu'un futur président américain, quel qu'il soit, en fera aussi un aspect important de notre dialogue", a déclaré Dennis Wilder, un collaborateur de la Maison-Blanche.]
_11 AOUT [Paris]. Le dalaï-lama arrive en France pour une visite de douze jours hautement symbolique en pleine période des jeux Olympiques en Chine, même si aucune rencontre au sommet de l'Etat n'est prévue pour le chef spirituel tibétain.
[La visite du dalaï-lama, 73 ans, prix Nobel de la Paix et figure mondiale de la non-violence, se veut essentiellement religieuse, hormis une rencontre, le 13 août, au Sénat sur le Tibet.]
_10 AOUT [Chine]. Des attaques à l'explosif contre un poste de police, à Kuqa, et plusieurs bâtiments publics (bâtiments du gouvernement, postes militaires et de sécurité) dans la province musulmane du Xinjiang, à l'ouest de la Chine, provoquent la mort de onze personnes. Dix assaillants et un garde de sécurité ont été tués; deux policiers, deux civils et un autre garde de sécurité blessés lors des fusillades qui ont suivi les attentats.
_8 AOUT [Pékin]. "Ces olympiades promettent d’être une grande fête sportive et une réussite spectaculaire. […] C'est la première fois qu’un président de la République française exerçant les fonctions de président en exercice de l’Union européenne participera à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques", déclare Nicolas Sarkozy, qui assiste à la cérémonie d'ouverture des Jeux.
"Le premier message que je souhaiterais transmettre au peuple chinois, c’est que l’organisation des Jeux à Pékin consacre, de manière solennelle, la reconnaissance de ce qu’est la Chine du 21ème siècle : une puissance moderne, d’envergure mondiale; un des géants du monde d’aujourd’hui. Ces Jeux Olympiques le confirment avec éclat, la Chine [...]".
_8 AOUT [Pékin]. "Les jeux de la 29e olympiade s'ouvrent […] dans une atmosphère étrange, excitante certes, mais qui reste empreinte d'une certaine inquiétude, note le quotidien. En confiant à Pékin l'organisation des JO 2008, le Comité olympique international (CIO) offrait à la Chine l'occasion de montrer au monde son nouveau visage, celui d'un pays en extraordinaire mutation, impatient d'entrer de plain-pied dans le concert des grandes nations. Ce n'était pas sans risque. Le néo communisme chinois encadre jalousement sa course au libéralisme économique et sa marche à pas lents vers les libertés individuelles. Il reste, de ce point de vue, encore bien des choses à régler pour parvenir aux canons occidentaux du respect des droits de l'homme. Sourd aux pressions de tous bords, Pékin entend aller sur cette question à son propre rythme. Comment, dans ces conditions particulières, se dérouleront des jeux porteurs d'interrogations ?". Le Monde, Paris, 8 août 2008.
_7 AOUT [Thaïlande]. A Bangkok, sur le chemin de Pékin, George Bush exprime sa "profonde préoccupation" sur la question des droits de l'homme. "Les Etats-Unis estiment que le peuple chinois mérite la liberté fondamentale qui est le droit naturel de tout être humain", déclare le président américain. "L'Amérique s'oppose fermement à la détention par la Chine de dissidents politiques, de défenseurs des droits de l'homme et de militants religieux".
Le gouvernement chinois "doit accepter que des gens expriment leur propre point de vue", souligne George Bush, prenant soin de se plier à une logique non interventionniste : des changements en Chine ne peuvent intervenir "que dans ses propres conditions et en tenant compte de sa culture et ses traditions spécifiques", souligne-t-il. "Au bout du compte, seule la Chine peut décider du chemin qu'elle suivra".
_7 AOUT [Europe]. Et si l'on abolissait les Jeux olympiques ? A l'heure où Pékin procède aux derniers réglages de la cérémonie d'ouverture des JO, la presse internationale revient, à l'instar du quotidien suisse "Le Temps", sur sept ans de "crispation olympique", depuis que le CIO a attribué en 2001 les 29es olympiades à la Chine. "Nul n'a jamais prétendu que les JO pourraient transformer la Chine, mais il n'était pas illégitime d'espérer qu'ils arrimeraient un peu plus Pékin aux normes internationales". Or, "Le Temps" constate l'inverse. "La Chine se crispe, se referme, obsédée par la maîtrise sans faille de sa fête".
Une déception telle que l'architecte chinois du fameux "nid d'oiseau", le stade aux 91'000 places, en vient à prendre la plume dans le "Guardian". "Le nid d'oiseau est censé incarner l'esprit olympique de loyauté", écrit Ai Weiwei, qui, désenchanté, explique qu'il "n'ira pas à la cérémonie d'ouverture car je crois que la liberté est le principe fondateur d'une compétition loyale". Plus radical, l'éditorialiste Alessio Altichierri, du "Corriere della sera", va jusqu'à suggérer sur son blog d'"abolir" des Jeux "corrompus".
_5 AOUT [Madrid]. La justice espagnole se déclare compétente pour instruire une plainte pour génocide, enregistrée à Madrid après la répression des troubles de la mi-mars au Tibet. Cette plainte, déposée le 9 juillet par le Comité de soutien au Tibet et deux autres associations pro-tibétaines, vise sept responsables politiques et militaires chinois, dont le ministre de la défense, Liang Guanglie, et le responsable du Parti communiste au Tibet, Zhang Qingli. Selon le quotidien espagnol El Pais , ils sont accusés par les plaignants d'avoir mené depuis le 10 mars une attaque "généralisée et systématique contre la population tibétaine", qui aurait fait 203 morts, 1’000 blessés graves et 5 972 disparus.
[La justice espagnole s'est reconnue en 2005 une compétence universelle en matière de génocide et de crimes contre l'humanité, au motif que "le principe de juridiction universelle prime sur l'existence ou non d'intérêts nationaux".
L'Audience nationale, le tribunal espagnol chargé des dossiers de crimes contre l'humanité et de génocide, a indiqué qu'une enquête sur les faits dénoncés est de son ressort. Selon elle, le peuple tibétain est "un groupe ou une communauté persécutée par les autorités pour des motifs politiques, raciaux, nationaux, ethniques, culturels, de religion ou de genre, ou tout autre motif reconnu universellement comme inacceptable au regard du droit international".]
_4 AOUT [Chine]. Un grave attentat commis à Kashgar, dans la province à majorité musulmane du Xinjiang, dans l'ouest du pays, provoque la mort de seize policiers et en blesse seize autres. D’après les autorités, deux hommes auraient attaqué avec un véhicule un poste de police et lancé des grenades.
[Le Xinjiang, région montagneuse et désertique, qui compte plus de 8 millions d'Ouïgours, des musulmans turcophones d'Asie centrale, se trouve à plus de 3'000 km au nord-ouest de Pékin. Rattachée à l'empire chinois en 1884, cette région a été connue initialement sous le nom de Turkestan chinois avant que Pékin ne lui donne le nom de Xinjiang ("Nouvelle frontière").]
_4 AOUT [Lausanne]. Le Comité international olympique (CIO) annonce que YouTube diffusera les Jeux olympiques de Pékin dans 77 pays où aucun accord concernant la retransmission numérique n'a été signé, comme l'Inde, la République de Corée (Sud), ou encore l'Irak.
Cette chaîne du site de partage de vidéos YouTube sera lancée principalement en direction de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient. Elle devrait diffuser de façon quotidienne les meilleurs moments de chaque compétition, ainsi que des informations et des clips vidéo des Jeux de Pékin.
[Par la voix de Timo Lumme, le directeur des droits TV et du marketing, le CIO s'est félicité de cette nouvelle étape dans la popularisation des Jeux : "La priorité du CIO est de faire en sorte qu'un maximum de personnes puissent vivre la magie des Jeux olympiques. (...) Pour la première fois dans l'histoire des Jeux, nous aurons une couverture mondiale complète en ligne, et le CIO offrira des moments fantastiques des JO [sur un site] où les jeunes générations d'amateurs de sport ont déjà l'habitude de se rendre", a-t-il ajouté.]
_4 AOUT [Allemagne]. Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel", Kelsang Gyaltsen, l'envoyé spécial du dalaï-lama pour les négociations engagées depuis 2002 avec les autorités chinoises, dénonce "la campagne patriotique de rééducation en cours" actuellement effectuée au Tibet.
Alors que l'attention est concentrée sur l'ouverture des Jeux olympiques, «"les gens sont contraints, d'après lui, d'abjurer leur allégeance" à leur chef spirituel, le dalaï-lama. "Nous savons que beaucoup de moines le refusent [...], ils sont arrêtés et maltraités", précise-t-il. "Nous avons aussi appris que pendant les compétitions olympiques, des étudiants tibétains doivent être éloignés de Pékin", assure-t-il.
Kelsang Gyaltsen annonce que les Tibétains présenteront lors de leur prochaine rencontre avec les responsables chinois, en octobre, un plan détaillé sur l'autonomie du Tibet. "Lors de cette huitième réunion, on jouera pratiquement le tout pour le tout. [...] Au cas où la partie chinoise réagirait positivement, nous pourrions proposer de premières mesures concrètes, par exemple un pèlerinage du dalaï-lama en Chine. Un tel développement peut conduire à une rencontre entre Sa Sainteté et le président chinois".
_2 AOUT [Pékin]. Membre du Comité international olympique (CIO), le Néerlandais Hein Verbruggen, président de la commission de coordination des Jeux, admet que les autorités chinoises "ont le droit" de défendre la "sécurité nationale". Il assure que les journalistes pourront non seulement couvrir les épreuves olympiques, ami aussi réaliser "des reportages sur des sujets généraux". Il se félicite que l'internet ait été rouvert. "Toutefois, ajoute-t-il, les Chinois ont toujours émis des réserves sur ce qui constitue un danger pour la sécurité nationale. C'est leur droit".
Le CIO attribue aux manifestations hostiles qui ont accompagné le parcours de la flamme olympique à travers le monde le tour de vis sécuritaire déclenché par les autorités chinoises. "Ils étaient fiers de faire dorénavant partie du monde et […] ils ont eu le sentiment que certains pays les repoussaient. Ils se sont sentis insultés", ajoute le représentant du CIO, qui craint que ces tensions ne débouchent sur un "ultra-chauvinisme, une exacerbation nationaliste", pendant le déroulement des épreuves.
_2 AOUT [Pékin]. Mis en cause après que la Chine a restreint l'accès à certains sites Internet, les responsables du Comité international olympique (CIO) multiplient les interventions dans les médias pour affirmer qu'il n'y a pas eu d'accord entre l'instance olympique et les autorités chinoises. "Nous exigeons que les différents médias aient l'accès le plus complet possible pour couvrir les JO et j'affirme qu'il n'y a aucun accord pour bloquer l'accès à certains sites", déclare Jacques Rogge, président du CIO. "Je suis heureux de l'accès rétabli au site de la BBC, de Wikipédia et de sites des droits de l'homme", ajoute-t-il, précisant que "le CIO a exigé l'accès le plus complet possible et c'est ce que le Bocog [le comité d'organisation des Jeux olympiques de Pékin] s'est engagé à fournir".
_1er AOUT [Pékin]. La Chine allège sa censure sur Internet. Deux jours après avoir annoncé que les médias étrangers n'auraient qu'un accès limité à Internet depuis le Centre de presse des JO. les autorités chinoises lèvent la censure sur plusieurs sites, dont ceux d'Amnesty International et de "Reporters sans frontières".
Le porte-parole du comité d'organisation, Sun Weide, promet un accès "suffisant et acceptable" d'internet aux journalistes. "Nous continuerons à fournir des structures et moyens pour que les journalistes étrangers puissent travailler", déclare, de son côté, le président chinois, Hu Jintao, dans un entretien avec la presse étrangère. "Bien sûr, nous espérons aussi que la presse étrangère se conformera aux lois et règlements chinois. Nous espérons qu'elle fournira des informations objectives sur ce qui se passera ici", ajoute-t-il, appelant les médias à "ne pas politiser" les Jeux. "Il est inévitable que les peuples de différents pays et régions du monde aient des perceptions qui ne sont pas les mêmes sur différents sujets, a-t-il déclaré. [Mais] je ne pense pas que politiser les Jeux olympiques aidera à répondre à cela".
JUILLET
_31 JUILLET [Paris]. Sur son site web, le quotidien Le Monde explique "comment Pékin contrôle la Toile". Les autorités chinoise ont annoncé que les connexions à partir du Centre de presse seraient limitées.
"Une décision qui a de quoi inquiéter les journalistes, souligne le quotidien. Le "bouclier d'or", sorte d'intranet géant géré par les autorités chinoises, est en effet l'outil de contrôle du Web le plus sophistiqué au monde, selon OpenNet initiative, entité née d'un partenariat entre le Berkman Center for Internet & Society de l'Université Harvard, le Cambridge Security Programme de l'Université de Cambridge et le Citizen Lab de l'Université de Toronto.
"Le réseau chinois possède de nombreux points de contrôle, mis en place avec l'aide de l'américain Cisco Systems, qui permettent aux autorités de contrôler physiquement tous les flux entrant et sortant du pays. […]
"L'outil de filtrage chinois est connu sous le nom de "grande muraille pare-feu"."Quand on parle de grande muraille du Web, c'est exactement ça", explique Clothilde Le Coz, responsable du bureau Internet et libertés de "Reporters sans frontières" (Rsf). Grâce à un arsenal d'outils techniques, ce filtrage intervient à au moins trois niveaux : blocage de noms de domaines, d'adresses URL et de mots-clés". Source : Lemonde.fr
Rsf 2007 "Chine, voyage au coeur de la censure d'Internet" [ 520 ko]
_31 JUILLET [Paris]. "La répression s'accroît à l'approche des JO", titre le quotidien Le Monde, qui relève que "le régime [chinois] pourchasse ceux qui pourraient gâcher la fête olympique". "Les gêneurs sont réduits au silence. Ainsi un activiste qui faisait campagne pour la défense des victimes du séisme a été arrêté pour "possession illégale de secrets d'Etat". Des défenseurs des Pékinois expulsés pour moderniser les vieux quartiers de la capitale ont été mis sous les verrous. Récemment libéré, le cyberdissident Du Daobin a été de nouveau arrêté".
La Chine à reculons
[REPERES. 742 personnes ont été arrêtées en 2007 en Chine, contre 561 en 2006 pour des crimes qui "portent atteinte à la sécurité de l'Etat" (subversion, divulgation de secret, espionnage, sabotage, séparatisme...), selon la fondation Dui Hua, basée aux Etats-Unis.
33 journalistes et 51 cyberdissidents sont emprisonnés, selon le rapport 2008 de Reporters sans frontières.
130 personnes sont encore emprisonnées depuis le massacre de la place Tiananmen, en 1989, selon Human Rights Watch (juin 2008).
8'037 membres du mouvement religieux Fa Lun Gong, interdit en 1999, ont été arrêtés depuis décembre 2007.
500'000 personnes sont détenues sans inculpation ni procès, d'après Amnesty International.]
_30 JUILLET (Paris). Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce les atteintes à la liberté de la presse et aux droits de l'homme en Chine, envoi à de nombreux journalistes accrédités pour les Jeux olympiques un courrier électronique avec des conseils pratiques.
Il est ainsi proposé d'"équiper son ordinateur avec des programmes qui permettent de contourner les firewalls (barrières filtrant les accès aux sites ou les interdisant)", de ne pas "laisser ses équipements et contacts professionnels accessibles dans une chambre d'hôtel". Le document insiste aussi sur le contrôle possible des communications téléphoniques : il faut "utiliser plusieurs cartes SIM chinoises ou internationales, notamment pour contacter les personnes "sensibles".
Il est aussi conseillé de "ne pas utiliser les services des entreprises chinoises qui proposent des traducteurs ou des guides. Ces compagnies sont liées aux autorités". Vincent Brossel, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF, souligne qu'il n'existe "aucune confidentialité". Selon lui, le contrôle des médias, "forcément beaucoup plus difficile lorsqu'il y a 20’000 accrédités", s'effectuera aussi d'une autre manière, en coupant l'accès aux "200 militants des droits de l'homme".
_30 JUILLET [Lausanne]. Le Comité international olympique (CIO) reconnaît que la Chine n'a jamais envisagé de lever toutes les restrictions concernant l'accès à internet pour les journalistes qui vont couvrir les jeux Olympiques de Pékin. "Ils [les responsables chinois] ont toujours fait clairement savoir que l'accès à certains sites posait problème et nous travaillons avec eux pour nous assurer que les médias aient le moins de restrictions possibles", explique à l'Agence France-Presse (AFP) Giselle Davies, la porte-parole du CIO.
La protestation de Reporters sans frontières
[Les autorités du CIO, à commencer par le président Jacques Rogge, avaient annoncé qu'il n'y aurait aucune censure durant les Jeux pour les quelque 20'000 journalistes attendus. "Pour la première fois, les médias étrangers pourront faire des reportages librement, les transmettre librement en Chine. Il n'y aura pas de censure sur internet", avait assuré Jacques Rogge lors d'un entretien à l'AFP.]
_30 JUILLET [Pékin]. La Chine va censurer le web utilisé par les médias durant les Jeux olympiques de Pékin. "Nous fournirons un accès à Internet suffisant pour les journalistes" au centre de presse, déclare le porte-parole du comité d'organisation, Sun Weide. Mais, il confirme les déclarations d'un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, selon lequel les sites contenant des informations sur le mouvement spirituel Fa Lun Gong, interdit en Chine, ne seraient pas accessibles, ainsi que d'autres, dont il n'a pas précisé les noms.
"Notre promesse était que les journalistes pourraient se servir d'Internet pour leur travail pendant les Jeux olympiques. Et nous leur avons donné suffisamment d'accès pour cela", assure Sun Weide. Mais, le Comité d'organisation, sous la pression du Comité international olympique (CIO), avait promis un accès complet au réseau pour les milliers de journalistes présents en Chine durant les Jeux.
[A Pékin, les journalistes travaillant dans le principal centre réservé à la presse pendant les JO se sont déjà plaints de ne pas pouvoir accéder aux sites d'Amnesty International, de la BBC et de la radio allemande Deutsche Welle, ou encore aux journaux de Hongkong, Apple Daily, et de Taïwan, Liberty Times.]
_29 JUILLET [Washington]. Le président américain George Bush reçoit à la Maison Blanche, cinq dissidents chinois connus, auxquels il assure qu'il portera en Chine le "message de la liberté" lors de son voyage à Pékin, le 8 août. Il s'agit de Harry Wu, spécialiste des laogai chinois (camps de travail), du militant de la démocratie Wei Jingsheng, de Rebiya Kadeer, figure de proue de l'opposition ouïgoure en exil, de l'intellectuelle Sasha Gong et de l'ancien étudiant de Tiananmen devenu pasteur clandestin, Bob Fu.
[Le 28 juillet, le "New York Times" avait publié un éditorial cinglant sur le "silence inacceptable" du président américain, l'encourageant à saisir la dernière opportunité que représentent les Jeux olympiques de faire connaître ses vues lorsqu'il sera en Chine et à rencontrer les proches de prisonniers politiques.
La Chine a fermement condamné la rencontre entre le président américain et les dissidents chinois en exil, affirmant que cela envoyait "un message foncièrement mauvais aux forces anti-chinoises". "En arrangeant une telle rencontre entre leur président et ces gens, et en faisant des remarques irréfléchies sur les droits de l'homme et la situation religieuse en Chine, les Etats-Unis ont indécemment interféré dans les affaires internes de la Chine", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, cité par l'agence "Chine nouvelle".]
_28 JUILLET [New York]. Ban Ki-moon lance un "appel solennel" à tous les Etats membres des Nations unies pour qu'ils démontrent leur engagement en faveur de la trêve olympique à l'occasion des Jeux olympiques de Pékin.
Le secrétaire général des Nations unies appelle à "un arrêt mondial des hostilités pendant les Jeux". "Bien que limitée dans le temps, cette trêve pourrait permettre de réfléchir au prix élevé de la guerre, d'ouvrir un dialogue et d'apporter une assistance aux populations qui souffrent d'un conflit", a souligne-t-il.
[L'Assemblée générale des Nations unies a également appelé les Etats membres à prendre "des mesures concrètes aux niveaux local, national, régional et international, pour promouvoir et renforcer une culture de la paix et d'harmonie fondée sur l'esprit de la trêve". Cet appel a aussi été lancé par le Comité international olympique (CIO), qui avait décidé en 1998 de faire flotter le drapeau des Nations unies sur tous les sites des Jeux olympiques.]
_28 JUILLET [Londres]. A une dizaine de jours des Jeux olympiques à Pékin, un rapport d'Amnesty International estime que la Chine utilise l'événement "comme un prétexte pour poursuivre, voire intensifier les mesures et les pratiques existantes qui ont conduit à des violations très répandues des droits de l'homme", et vider la capitale des "indésirables". "A moins d'un changement radical de la part des autorités, l'héritage des Jeux olympiques ne sera pas positif pour les droits de l'homme en Chine", estime l'organisation de défense des droits de l'homme basée à Londres.
Amnesty appelle le Comité olympique international (CIO) et les dirigeants politiques à être plus exigeants envers la Chine. L'organisation énumère cinq mesures pour améliorer la situation des droits de l'homme dans le pays, déjà présentées dans une lettre ouverte adressée au président chinois Hu Jintao. Elle appelle la Chine à "libérer l'ensemble des prisonniers d'opinion, empêcher la police de procéder à des détentions arbitraires de signataires de pétitions, rendre publique la totalité des statistiques sur la peine de mort et mettre en oeuvre un moratoire sur les exécutions". Amnesty souhaite également que Pékin offre aux médias "une liberté totale" et rende compte de "tous ceux qui ont été tués ou interpellés à la suite des manifestations de mars 2008 au Tibet".
Plus d'information
_24 JUILLET [Paris]. "Le Tibet sous la botte" titre l'hebdomadaire "Le Nouvel Observateur", qui publie le reportage de son envoyée spéciale Ursula Gauthier. Patrouilles incessantes, contrôles d'identité à chaque instant, mouchards, caméras de surveillance. Micro-espions dans les rues : quatre mois après la révolte du Tibet, le pouvoir chinois fait régner à Lhassa, d'où les journalistes sont bannis, une paranoïa qui rappelle les pires persécutions staliniennes, note la journaliste.
Où sont les moines ?
_23 JUILLET [Chine]. Un groupe islamiste ouïgour, issu de la population musulmane vivant dans la province chinoise du Xinjiang, revendique plusieurs attentats en Chine et menace d'en organiser de nouveaux durant les Jeux olympiques.
Dans une déclaration vidéo, le "commandant" Seyfullah, du "Parti islamique du Turkestan" - nom donné au Xinjiang par les séparatistes ouïgours -, met "une nouvelle fois en garde la Chine", affirmant que le but de ce mouvement séparatiste allait être de "cibler les principaux points névralgiques liés aux Jeux olympiques". "Nous allons attaquer des villes de Chine centrale en utilisant des tactiques qui n'ont jamais été employées". Source : Le Monde, Paris.
[Cette province du Nord-Ouest chinois, intégrée tardivement dans l'empire au XVIIIe siècle, est peuplée d'une majorité de musulmans turcophones à la très forte identité et qui perçoivent souvent les Chinois han comme des colonisateurs. Le parti islamiste du Turkestan serait l'autre nom du Mouvement islamique du Turkestan-Oriental (ETIM). Ce dernier, qualifié d'"organisation terroriste" par les Chinois et les Américains, constitue la frange la plus radicale des mouvements indépendantistes ouïgours et aurait des liens avec Al-Qaida.]
_12 JUILLET [Monde]. Une journée d’action mondiale s'est appuyée sur l’art vu du ciel pour appeler les autorités chinoises à garantir un "héritage positif" pour les droits de l'homme à la suite des Jeux olympiques de Pékin.
PEKIN 2008 Vidéo
_18 JUILLET [Paris]. Arianne Mnouchkine et le Théâtre du Soleil diffusent trois films rélisés avec "Mémoire Magnétique", des dissidents chinois, des réfugiés tibétains, et de nombreux bénévoles. Des films diffusés à moins de trois semaines des Jeux olympiques, "alors que l’on nous dit que tout est joué".
Le message que nous souhaitons faire passer, explique Ariane Mnouchkine au quotidien Libération, "c'est: "il n'est pas trop tard pour réagir". Ces Jeux restent une tribune pour pouvoir défendre les droits de l'Homme en Chine, il faut l'utiliser. Après la forte mobilisation au moment du passage de la flamme olympique, il y a eu un moment de creux après le séisme qui a frappé la Chine. Et c'est bien normal, la décence l'imposait. Seulement à un moment donné, il nous est apparu important de relancer le mouvement, d'alerter à nouveau, de ne pas laisser le gens fermer les yeux. D'où ces clips, réalisés par le Théâtre du Soleil, mais portés par un collectif plus large, mentionné au générique, comprenant des dissidents chinois, des exilés tibétains, "Reporters sans frontières", la Ligue des droits de l'homme...
PEKIN 2008 | Clip 1 | Clip 2 | Clip 3 |
_17 JUILLET [Strasbourg, Parlement européen]. Daniel Cohn-Bendit, le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, a fait parvenir à Nicolas Sarkozy une liste de sept prisonniers politiques chinois dont il souhaite obtenir la libération. Pris à parti sur sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin par l'élu vert, le 10 juillet, lors de la présentation des priorités de la présidence française de l'Union européenne devant le Parlement européen, le président français a proposé à Daniel Cohn-Bendit de rédiger une liste de prisonniers politiques dont il demandera la libération aux autorités chinoises.
Dans une lettre envoyée à Nicolas Sarkozy et à Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, Cohn-Bendit expliquent que ces sept prisonniers "symbolisent différents secteurs de la société civile chinoise qui défendent les droits et libertés en Chine. Néanmoins, le nombre de prisonniers politiques en Chine est de plusieurs milliers. En conséquence, nous vous soumettons également les listes des principales organisations de défense des droits de l'homme".
Parmi les sept prisonniers figure Hu Jia, 34 ans, condamné début avril 2008 à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion, après avoir publié des articles critiques sur Internet et accordé des entretiens à la presse étrangère. La liste comprend également Huang Qi - célèbre pour son site Internet de défense des droits de l'homme -, les avocats Chen Guangcheng et Yang Maodong, le moine tibétain Tenzin Delek, le membre du mouvement spirituel "Fa Lun Gong" Bu Dongwei, et l'activiste Yang Chunlin, initiateur de la campagne "Nous voulons les droits de l'homme, pas les JO".
La liste de Daniel Cohn-Bendit [ 90 ko]
_15 JUILLET [Washington]. Selon Radio Free Asia, basée aux Etats-Unis, 82 personnes ont été arrêtées par la police chinoise depuis le début 2008 dans la région musulmane de Xingjiang, peuplée notamment de Ouïgours. Deux personnes, condamnées à mort pour activités séparatistes et terroristes, ont été exécutées dans la ville de Kashgar, le 9 juillet. 15 autres Ouïgours ont été condamnés à des peines de prison allant de 10ans à la prison à vie.
_14 JUILLET [Chine]. Plus d'un millier de travailleurs migrants chinois ont attaqué récemment, et trois jours durant, le poste de police de Kanmen, une ville d'un comté de la province du Zhejiang, située au sud de Shanghaï, illustrant la persistance d'un malaise social dans les campagnes de Chine, indique le correspondant du quotidien Le Monde à Pékin, Bruno Philip.
Selon une information diffusée par la branche hongkongaise du Centre pour les droits de l'homme et la démocratie (CHRD), la colère des ouvriers a explosé, après que l'un d'eux a été battu par des policiers. La victime, Zhang Zhongfu, protestait contre le refus de la police de lui attribuer un permis de résident.
[Les travailleurs migrants ou "mingong", en chinois, représenteraient une force de travail de près de 200 millions de personnes. Paysans pauvres de villages reculés des provinces défavorisées, ils sont venus en ville participer à l'essor d'urbanisation de la Chine de la fin du XXe siècle. Parfois exploités par des patrons qui ne les paient pas, ils travaillent dans des conditions dégradantes avec des horaires harassants, souligne Bruno Philip.]
_10 JUILLET [Strasbourg]. Le président du Parlement européen, le conservateur allemand Hans-Gert Poettering, annonce qu'il n'assistera pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin vu l'absence de résultats du dialogue ouvert entre les autorités chinoises et les émissaires du dalaï-lama.
_10 JUILLET [Strasbourg]. Devant le Parlement européen, réuni en séance plénière pour accueillir le président français venu présenter les priorités de sa présidence de l'Union européenne, le co-président des Verts au Parlement, Daniel Cohn-Bendit, reproche à Nicolas Sarkozy sa décision de se rendre aux Jeux olympiques de Pékin, estimant que c'est "minable".
"Vous allez manger avec des baguettes avec le président chinois Hu Jintao. Je vous souhaite bon appétit", a lancé Daniel Cohn-Bendit, qui portait le T-Shirt de "Reporter sans frontières" montrant les anneaux olympiques menottés.
"Quand vous rédigerez votre autobiographie, vous regretterez ce que vous avez fait", a-t-il ajouté, estimant que Nicolas Sarkozy aurait eu "une occasion en or" de dire : "Je ne participerai pas à la mascarade du Parti communiste chinois". "C'est une honte, c'est minable d'aller à l'ouverture des Jeux Olympiques", a conclu l'ancien leader de Mai 68.
["Chacun a le droit d'avoir un regard sur la meilleure façon" de défendre les droits de l'homme, a répondu Nicolas Sarkozy, qui a estimé dans le même temps que "ce n'est pas par l'humiliation de la Chine que l'on fera progresser la question des droits de l'homme".
Soulignant qu'il entendait "y aller, et parler des droits de l'homme, et les défendre", le président français a précisé qu'il ne pensait "pas qu'on puisse boycotter un quart de l'humanité".]
_9 JUILLET [Pékin]. "Les Nouvelles de Pékin", l'un des principaux journaux de la capitale chinoise, estime que la Chine doit accepter les informations critiques des médias étrangers durant les jeux Olympiques.
"Lorsque les médias étrangers s'intéresseront au grand événement des jeux Olympiques et aux réalisations de la politique de réforme et d'ouverture, il sera difficile d'éviter quelques informations critiques et déplaisantes", souligne dans un éditorial le journal.
"On ne peut pas obliger les gens à reconnaître que la Chine est formidable dans tous les domaines, que tout est beau, car cela ne serait pas objectif, ni vrai. […] Nous devons simplement montrer une Chine ouverte, libre et en développement", juge le journal, estimant cependant que la Chine devra répondre "immédiatement" à tout reportage "biaisé, voire faux".
_9 JUILLET [Paris]. Nicolas Sarkozy assistera à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, confirme la Présidence française, dans un communiqué publié à l'issue d'un entretien entre le président français et son homologue chinois, Hu Jintao, dans le cadre du Sommet du G8 au Japon.
"Le président de la République a confirmé au président chinois son intention de se rendre à Pékin le 8 août pour prendre part à la cérémonie d'ouverture des 29e Olympiades", déclare ce communiqué. "Le chef de l'Etat a consulté à ce sujet l'ensemble de ses homologues européens. En accord avec eux, c'est donc en sa double qualité de président de la République française et de président en exercice du Conseil européen" qu'il assistera à la cérémonie d'ouverture des JO.
[La décision de Nicolas Sarkozy de se rendre à Pékin, notamment en tant que président en exercice du Conseil européen, a suscité de vives critiques au sein du Parlement à Strasbourg.
Le communiqué de Reporters sans frontières
En France, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a appelé Nicolas Sarkozy au boycott des JO "au nom de tous ceux qui luttent pour la liberté et les droits de l’homme". Le secrétaire général de Reporters sans frontières (Rsf), Robert Ménard, lui a reproché d’ "abandonner ses propres engagements".]
_9 JUILLET [Pékin]. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, estime que les jeux Olympiques de Pékin "seront les plus réussis de l'histoire" après avoir visité le "Nid d'oiseau", le stade qui sera au coeur des JO.
Ban Ki-moon "espère que les Jeux olympiques seront le lieu où tous les athlètes et gens du monde feront la promotion de la compréhension mutuelle, de l'harmonie, de la réconciliation et de l'amitié sur la base de compétitions justes".
_8 JUILLET [Pékin]. La Chine émet un billet de banque "spécial JO", remplaçant l'habituel portait de Mao par une image du stade olympique. Six millions de ces billets de 10 yuans (près d'un euro), représentant le "Nid d'oiseau", seront émis. Ils seront légèrement plus larges et aussi plus colorés, dans les verts, que les billets ordinaires qui sont dans les bleus-gris.
L'emblème des JO figure au-dessus de la représentation du stade olympique. Dans le fond, une image du Temple du Ciel, l'un des bâtiments anciens les plus visités de Pékin. L'autre côté du billet affiche "2008" et plusieurs images d'athlètes dominées par la reproduction d'une statue grecque représentant un lanceur de disque.
_8 JUILLET [Paris]. Evoquant une possible rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama, en visite en France entre le 12 et le 22 août, l’ambassadeur de la Chine à Paris, Kong Quan, menace la France de représailles.
"Nous sommes convaincus que la rencontre entre M. Sarkozy et le dalaï-lama ne doit pas avoir lieu. Dès lors, assure-t-il, que l’on reconnaît que le Tibet est une partie de la Chine, ce qui est le cas de la France, on ne doit pas recevoir ce moine politique, à l’activité séparatiste, adepte du double langage qui dirige un gouvernement en exil". Menaçant, le diplomate chinois indique que si, d’aventure, un entretien était organisé, "il y aurait des conséquences graves sur le plan bilatéral" entre la France et la Chine, sans en préciser la nature.
["Il y a des choses que je ne dirai pas à la Chine parce que la Chine doit être respectée, mais il y a des choses que la Chine ne doit pas dire aux pays européens […]. Ce n’est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous", a répliqué, le 10 juillet, le président français.]
_8 JUILLET [Paris]. Les négociations entre la Chine et les Tibétains en exil, sont "dans l’impasse", écrit Bruno Philip, le correspondant du "Monde" à Pékin. Lyodi Gari, le négociateur tibétain en chef, accompagné de trois collèges, s’est entretenu pendant deux jours à Pékin, les 1 et 2 juillet, avec le ministre Du Qinglin, chef du "département du front uni" du Parti communiste chinois. Ce dernier a accusé le dalaï-lama d’avoir préparé de longue date les émeutes destinées à "saboter" les Jeux olympiques.
"Ces allégations sont sans fondement", a répliqué Lyodi Gari, à son retour en Inde. Il a ajouté, selon l’Agence France-Presse (AFP), qu’il y a "un sentiment grandissant parmi les Tibétains que la tactique des Chinois consiste à gagner du temps. Et nous avons dit à nos interlocuteurs chinois que l’on commence à être d’accord avec cette interprétation".
"Le séjour de la délégation tibétaine, constate Bruno Philip, semble bien avoir été en pure perte même si les deux parties ont convenu de se revoir "après les Jeux olympiques". La pression internationale sera alors retombée et le pouvoir chinois sera en position de force face aux Tibétains.
"Les envoyés du dalaï-lama avaient espéré un geste de Pékin, notamment l’arrêt des séances d’"éducation patriotique" durant lesquelles les moines doivent dénoncer le chef de l’église bouddhique du Tibet. Il n’en fut rien".
[Selon Amnesty international, "les très rares informations qui filtrent du Tibet dressent un tableau préoccupant d’arrestations arbitraires et d’atteintes aux droits fondamentaux des détenus". Un millier de manifestants auraient été mis au secret.]
_8 JUILLET [Londres]. Amnesty International a adressé au président chinois, Hu Jintao, une lettre ouverte énumérant cinq mesures pour améliorer la situation des droits de l'homme dans le pays.
Dans ce document, daté du 1er juillet, la secrétaire générale de l'organisation, Irene Khan, appelle le président chinois à "libérer l'ensemble des prisonniers d'opinion", "empêcher la police de procéder à des détentions arbitraires de signataires de pétitions", "publier la totalité des statistiques sur la peine de mort et mettre en œuvre un moratoire sur les exécutions", et "rendre des comptes sur tous ceux qui ont été tués ou interpellés à la suite des manifestations de mars 2008 au Tibet". Enfin, elle lui demande d'"autoriser les journalistes, qu'ils soient chinois ou étrangers, à se rendre dans toutes les régions de Chine et à y exercer librement leur métier".
La lettre ouverte d'Amnesty
_7 JUILLET [Hong Kong]. Le gouvernement chinois continue de retenir et de menacer les journalistes étrangers malgré ses maintes promesses de lever les restrictions concernant la liberté de la presse à l’approche des Jeux Olympiques, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW) publié à Hong Kong.
Plus d'information
Par ailleurs, HWR a édité un guide "à l'usage des journalistes se rendant en Chine pour les Jeux". Entre autres conseils : protéger ses interlocuteurs chinois, ne pas laisser traîner d'information permettant d'identifier ses sources. Minky Worden, directrice médias de HRW, demande de prendre toutes les précautions pour éviter les représailles. "A la fin des Jeux, vous partirez, n'oubliez pas qu'ils resteront", dit-elle.
Le guide de HRW [ 980 ko]
_3 JUILLET [Nantes-France]. Les organisateurs du 3e Forum mondial des droits de l’homme qui s’est tenu à Nantes du 30 juin au 3 juillet adressent un "appel" au président du Comité olympique international (COI), dans lequel ils lui demandent de "lancer un appel solennel à tous les Etats au respect des droits de l’Homme, au moment même où les Jeux sont traditionnellement l’occasion d’appeler à la trêve des conflits entre les peuples, et cela "pour un monde meilleur".
Le texte de l'appel de Nantes
_3 JUILLET [Washington]. Le président américain George W. Bush assistera à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin le 8 août, au cours d'un voyage qui le conduira également en Corée du Sud et en Thaïlande.
_1er JUILLET [Pékin]. Des envoyés du dalaï-lama et des responsables du Parti communiste chinois se sont rencontrés à Pékin, dans le cadre d'une nouvelle série de discussions destinées à ébaucher l'esquisse d'un compromis pour ramener le calme au Tibet, deux mois et demi après les violentes émeutes de Lhassa.
Ce que veulent les Tibétains, note Bruno Philipp, dans Le Monde, "c'est notamment la fin des campagnes de "rééducation patriotique" imposées dans les monastères et la libération des prisonniers".
Ce que veut la Chine, ajoute-t-il, "c'est que le dalaï-lama applique une politique consistant à freiner les "activités des séparatistes" et à arrêter de "saboter les Jeux olympiques". Le Monde, Paris, 2 juillet 2008.
[Dans un entretien accordé, le 24 mai 2008, au quotidien britannique "The Financial Times" lors de son passage au Royaume-Uni, le dalaï-lama avait clairement expliqué qu'il revendiquait une "autonomie réaliste" pour les Tibétains "dans le cadre de la Constitution chinoise", renouvelant sa promesse de ne pas "chercher l'indépendance" du Tibet.]
JUIN
_30 JUIN [Pékin]. Lors de rencontres avec le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a indiqué avoir abordé la question du Tibet, le sort de certains dissidents et le contrôle de l'internet par les autorités chinoises. "L'internet devient tellement omniprésent. Cela ne devrait pas être utilisé pour réprimer ou limiter le discours politique", déclare-t-elle à la presse, à l'issue de ces entretiens.
Concernant le Tibet, la secrétaire d’Etat a souligné que les Etats-Unis que n'acceptaient pas les accusations de la Chine, selon laquelle le chef spirituel du bouddhisme Tibétain serait un "dangereux séparatiste" cherchant l'indépendance de la région himalayenne. "Le dalaï lama est une figure d'une considérable autorité morale. Il a rejeté la violence. Il parle d'autonomie historique sur le plan culturel et religieux".
_24 JUIN. "Afin de glorifier davantage l'esprit olympique, nous devons fermement écraser les complots de la clique du dalaï-lama et des forces étrangères hostiles qui cherchent à ruiner les Jeux olympiques de Pékin" déclare Zhang Qingli, le secrétaire du Parti communiste de la région autonome du Tibet, après le passage de la flamme olympique au Tibet.
[Interrogé par l'Agence France-Presse (AFP) sur les propos de Zhang Qingli, le Comité international olympique (CIO a répondu : "Le CIO regrette que des déclarations politiques aient été faites durant la cérémonie de clôture du relais de la flamme au Tibet. Nous avons écrit au Comité d'organisation des Jeux de Pékin pour lui rappeler la nécessité de séparer le sport et la politique [...]".
_21 JUIN [Tibet]. Treize semaines après les émeutes au Tibet, les autorités chinoises organisent avec l'appui d'un important déploiement policier - le passage de la flamme olympique dans les rues de Lhassa. La torche portée par 156 relayeurs depuis la place de Norbulingka au Palais du Potala, à Lhassa. Gangbung, 75 ans, premier porteur de la torche, est parti de Norbulingka [qui signifie "parc du trésor" en tibétain], après une minute de silence observée pour les victimes du séisme du 12 mai qui a secoué la province du Sichuan en Chine du sud-ouest.
[L'agence Chine nouvelle a annoncé la libération de 1'157 personnes impliquées dans les émeutes de Lhassa, qui ont fait, selon Pékin, 21 morts. Les responsables du gouvernement tibétain en exil, en Inde, affirment de leur côté, que 203 personnes ont été victimes de la répression.]
_19 JUIN [Londres]. Amnesty international publie un rapport dans lequel elle estime que la pression exercée par les autorités chinoises sur la dissidence au Tibet ne s'est pas relâchée depuis les émeutes meurtrières du mois de mars. Selon ce document, "des centaines et des centaines, peut-être des milliers, de Tibétains croupissent en prison sans que le gouvernement ait publiquement dit où ils se trouvaient, et sans qu'ils aient été inculpés en bonne et due forme de quelque délit que ce soit". L'organisation de défense des droits de l'homme exhorte, dans le même temps, les autorités chinoises à mettre fin au black-out sur l'linformation dans les régions peuplées de Tibétains, en permettant aux journalistes et autres observateurs étrangers de s'y rendre librement.
_18 JUIN [Genève, Paris]. Le rapport annuel de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des doits de l'homme indique que la situation des droits de l'homme en Chine a connu des reculs majeurs. Elaboré conjointement par l'Organisation mondiale contre la torture (Omct) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (Fidh), ce document souligne que la répression du gouvernement chinois s'est "accentuée en 2007", "afin qu'aucune voix dissidente ne vienne perturber les Jeux olympiques de 2008".
L'Observatoire pointe notamment le contrôle de la presse et de l'Internet. "La presse chinoise est l'une des moins libres du monde, la liberté de parole étant limitée afin de satisfaire les critères de propagande du Parti communiste chinois (PCC), surtout en ce qui concerne la presse électronique", souligne le rapport "la Chine a développé l'un des filtres Internet les plus importants du monde".
D'après le rapport, ce contrôle est exercé avec "la complicité de certaines entreprises occidentales, qui fournissent la technologie nécessaire au blocage d'Internet et apportent un soutien aux efforts déployés par les agences du PCC pour traquer les dissidents".
_15 JUIN [Genève]. A 53 jours des Jeux de Pékin, le président de Comité olympique international (CIO), Jacques Rogge, revient, dans l'hebdomadaire "Le Matin Dimanche" sur la vague de protestations dénonçant la situation du Tibet et les conditions des droits de l'homme en Chine.
"Ce que nous demandons, c'est que [les] manifestations soient pacifiques. S'il y a une chose à laquelle nous ne nous attendions pas, c'était que le parcours de la flamme soit parsemé d'actions aussi violentes. Et ça, c'est très regrettable. Je me réjouis que cela soit terminé.
"Le problème a été que l'opinion publique et les médias ont estimé que c'était au CIO de régler les droits de l'homme en Chine, ajoute-t-il. Or, nous sommes une organisation sportive qui a ses limites et qui ne saurait entrer dans le domaine souverain. Ça, c'est la tâche des gouvernements. De plus, ce que les gens n'ont pas su, c'est que le CIO a fait ce que j'appelle de la diplomatie silencieuse. […] Et grâce à cette méthode, nous avons obtenu de vrais résultats".
Lesquels?
"Aujourd'hui, je peux le dire; la nouvelle loi sur les médias mise sur pied début janvier est l'oeuvre du CIO. Pour la première fois, 25'000 journalistes pourront se déplacer librement dans le pays. […] Nous avons aussi obtenu des Chinois qu'ils indemnisent convenablement les personnes expropriées suite aux travaux olympiques. Mais, également que les autorités soient beaucoup plus rigoureuses concernant le travail des enfants, notamment après avoir découvert que certains étaient employés pour la fabrication des équipements".
_12 JUIN [Pékin]. "En raison des incidents violents à Lhassa, le 14 mars, Lhassa et le Tibet ne sont toujours pas ouverts" aux étrangers, déclare le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang. "Mais, ce n'est pas notre faute, c'est évidemment la responsabilité de la clique du dalaï-lama", assure-t-il.
MAI
_26 MAI [Angleterre]. Dans un entretien accordé au "Financial Times" en marge d'une tournée en Europe, le dalaï-lama dit espérer que la Chine va engager dans les prochaines semaines de véritables négociations avec ses représentants.
Mais, il souligne que la jeunesse tibétaine, plus radicalisée, a tendance à perdre foi dans sa stratégie d'autonomie par un dialogue pacifique. Au journaliste qui lui demande s'il perd le contrôle de ses partisans, le dalaï-lama répond: "Oui, naturellement. Mes efforts n'ont pas produit de résultats concrets, la critique devient par conséquent de plus en plus forte." "De nombreux Tibétains ont le sentiment que notre approche non-violente n'a aucun effet", ajoute-t-il.
_24 MAI [Dharamsala, Inde]. Selon le Tibetan Center for Human Rights and Democracy (TCHRD), organisation basée à Dharamsala (Inde),TCHRD, 55 nonnes bouddhistes du monastère de Pang na tashi gephelling, situé dans la préfecture autonome de Ganzi (province du Sichuan) ont été arrêtées le 14 mai. Elles protestaient contre les campagnes de "rééducation patriotique" durant lesquelles moines et nonnes doivent rituellement dénoncer le dalaï-lama et abjurer leur foi dans le chef spirituel tibétain.
Selon TCHRD, les nonnes ont organisé une marche de protestation après avoir tenu une réunion lors de laquelle elles ont proclamé : "Il vaut mieux mourir que de dénoncer, critiquer et attaquer le dalaï-lama. Si les Chinois veulent nous tuer, qu'ils nous tuent, nous ne regrettons rien.
_22 MAI. Pour Joseph Blatter, président de la Fédération internationale de football (FIFA), l'agitation autour des JO de Pékin relève d'une "hypocrisie totale".
"Le CIO [Comité olympique international] a décidé en 2001 d'attribuer les Jeux à la Chine. Ce n'est pas à trois mois des Jeux qu'il faut remettre en cause cette décision. Ce n'est pas l'idéal olympique qui est perturbé, c'est notre société. Au lieu de chahuter la flamme, on aurait dû applaudir à son passage pour faire passer le message que l'idéal olympique peut apporter quelque chose à la Chine. Tout le monde veut faire des affaires avec ce pays, mais on se sert des Jeux pour le perturber. Nous, les footballeurs, nous irons en Chine pour jouer, et aucun joueur ne portera ni badge ni quoi que ce soit. Notre seul problème est que le CIO ne veut pas que les équipes jouent avec les maillots des sélections nationales".
_7 MAI. La Chine parvient à transporter la flamme olympique jusqu'au sommet du mont Everest. Une équipe d'une douzaine d'alpinistes est arrivée au point culminant, à 8 848 mètres, pour y déployer également le drapeau chinois, le drapeau olympique formé de cinq anneaux et un drapeau portant le logo des JO de Pékin.
La dernière relayeuse, Ciren Wangmu, une Chinoise d'origine tibétaine, a hissé la torche, allumée peu avant par une température extérieure de - 30 C°. Les images de l'ascension ont été retransmises en direct sur la télévision chinoise.
_4 MAI [Chine]. La rencontre entre des représentants du dalaï-lama et des officiels chinois ne débouche sur rien de tangible. Selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle, "les membres du gouvernement central et des représentants personnels du 14e dalaï-lama ont convenu de tenir une nouvelle série de contacts et de consultations à une date appropriée".
_4 MAI [Chine]. La flamme olympique ovationnée à son arrivée en Chine continentale (après ses escales à Hong Kong et Macao), où elle effectuera un parcours de trois mois jusqu'à l'ouverture des Jeux de Pékin.
"Allez la Chine", a scandé la foule massée le long des rues de la ville balnéaire de Sanya, sur la pointe sud de la province insulaire de Hainan.
_3 MAI [Chine]. Arrivée à Hong-Kong de deux émissaires du dalaï-lama invités à participer, dans la ville chinoise de Shenzhen, à des entretiens"informels" avec les autorités chinoises.
[Les émissaires Lodi Gyari, représentant du dalaï-lama à Washington et Kelsang Gyaltsen, son homologue en Suisse, "feront part des profondes inquiétudes de Sa Sainteté sur la manière dont les autorités chinoises gèrent la situation et feront des suggestions pour apporter la paix dans la région" du Tibet, a précisé Thubten Samphel, porte-parole du gouvernement tibétain établi à Dharamsala.
Zhu Weiqun et Sithar, hauts responsables du "département du Front uni du Parti communiste", représenteront le gouvernement chinois. Sithar, ancien diplomate en Suisse, vétéran des discussions sino-tibétaines, qui a rang de vice-ministre, est d'ethnie tibétaine. Il est décrit comme un pragmatique.
_2 MAI [Suisse]. Dans une interview accordée au quotidien romand Le Temps, Jacques Rogge, président du Comité olympique international (CIO), justifie le choix de la Chine pour l'organisation des Jeux olympiques de 2008 et les avancées politiques déjà obtenues. "Quand je vois des protestations violentes dans le monde concernant les droits de l'homme, assure-t-il, je ne crois pas qu'il s'agit de la bonne façon de faire". Il ajoute : "En Chine, on ne parle qu'en pratiquant le dialogue et non dans une relation de force ou d'agression".
Plus d'information
_1er MAI. Inauguration à Pékin d'une exposition sur le "Tibet, passé et présent" exposition qui, assure l'agence Chine nouvelle, "dévoile le retard de l'ancien Tibet face au développement et aux progrès du nouveau Tibet, ainsi que les liens inséparables entre le Tibet et la patrie dans l'histoire".
Selon Li Changchun, officiel du Parti communiste chinois (PCC), "l'exposition met à jour l'obscurité, la cruauté et le retard de l'ancien Tibet et l'hypocrisie de qualifications telles que "gardien des droits de l'homme", "missionnaire de la paix" ou "leader spirituel" pour le dalaï-lama".
"Les matériaux historiques prouvent que le Tibet est une partie inséparable de la Chine depuis l'Antiquité, où le gouvernement central exerçait une souveraineté effective sur le Tibet", souligne Zhou Yongkang, secrétaire de la Commission des politiques et des lois du Comité central du PCC.
_1er MAI. De nouvelles manifestations contre la France ont lieu devant des magasins Carrefour dans plusieurs villes de Chine pour protester contre la position de la France sur le Tibet, rapporte l'agence de presse Chine Nouvelle. Des centaines de personnes ont agité des drapeaux chinois et scandé des slogans hostiles à Carrefour et à l'indépendance du Tibet, mais favorables aux jeux Olympiques de Pékin, précise l'agence.
AVRIL
_30 AVRIL. L'agence de presse Chine nouvelle annonce que la police a tué un "insurgé" indépendantiste tibétain dans la province de Qinghaï. Un policier, ajoute la dépêche, a également trouvé la mort dans cette fusillade au cours de laquelle "le suspect a tenté de résister".
C'est la première fois que les autorités admettent que les forces de l'ordre ont tué quelqu'un : officiellement, le bilan est toujours de 20 personnes tuées par les "émeutiers tibétains" depuis la mi-mars. Selon le gouvernement tibétain en exil en Inde, le nombre de morts est de 203. Un milliers de personnes auraient été blessées et 5'175 arrêtées.
La presse officielle chinoise indique, par ailleurs, que 17 personnes arrêtées après l'émeute du 14 mars à Lhassa ont été condamnées à des peines variant de trois ans de prison à la réclusion à perpétuité pour leur rôle durant cette manifestation. Quatre cents personnes avaient été arrêtées à Lhassa, de source officielle chinoise.
[A cent jours de l'ouverture des Jeux olympiques, alors que la Chine a fait une concession inattendue en acceptant le principe d'une rencontre avec des représentants du dalaï-lama, le Tibet et les régions avoisinantes restent bouclés.]
_25 AVRIL [ Inde]. Le dalaï-lama veut des discussions "sérieuses" avec la Chine "sur la façon d'apaiser le ressentiment des Tibétains", ainsi qu’une "discussion exhaustive" sur les problèmes du Tibet. "Je n'ai pas encore reçu d'informations détaillées [à propos du dialogue proposé par les Chinois], mais, de manière générale il est bon de parler", déclare le chef spirituel du bouddhisme tibétain, à Dharamsala.
Une rencontre uniquement destinée à calmer les inquiétudes de la communauté internationale n'aurait "aucun sens", ajoute-t-il.
_25 AVRIL [Pékin]. La Chine prévoit de rencontrer un représentant du dalaï-lama, annonce l'agence officielle Chine Nouvelle. "Face aux demandes répétées de la part de l'entourage du dalaï-lama pour reprendre des discussions, le département concerné du gouvernement central aura des contacts et des consultations avec le représentant privé du dalaï-lama dans les jours à venir", déclare un responsable gouvernemental cité par l'agence.
"Il est souhaitable qu'à travers ces contacts et consultations, la partie du dalaï prenne des mesures crédibles pour cesser ses activités visant à diviser la Chine, cesser de comploter et d'inciter à la violence et cesser de perturber et saboter les Jeux olympiques de Pékin, afin de créer les conditions pour un dialogue", ajoute-t-il.
_24 AVRIL [Paris]. Le président français Nicolas Sarkozy, "choqué par ce qui s'est passé au Tibet", réaffirme vouloir "créer les conditions d'un dialogue entre le dalaï-lama et les autorités chinoises", à quatre mois des JO de Pékin.
Appelant la Chine à "faire un geste", Nicolas Sarkozy prône "davantage d'autonomie pour la province du Tibet". "Je ne peux pas accepter ce qui s'est passé au Tibet. J'ai été choqué par ce qui s'est passé au Tibet et je l'ai dit au président chinois".
Pour autant, le président français rejette l'idée d'une indépendance du Tibet. Cette province faisait "partie de la Chine lorsque le général de Gaulle l'a reconnue en 1964", fait-il valoir. "Le dalaï-lama lui-même ne demande pas l'indépendance du Tibet ni le boycott des Jeux olympiques".
Pour lui, il s'agit d'emprunter "un chemin d'intransigeance sur la question des droits de l'homme" sans "oublier que la Chine [représente] un quart de l'humanité" et sans susciter "un nationalisme chinois" devant les réactions occidentales.
_23 AVRIL [Paris]. L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin fustige dans le quotidien Le Parisien, la décision de Bertrand Delanoë d’honorer le dalaï-lama une décision "inopportune, dans la mesure où elle prend la forme d’une pression médiatique", ajoutant : "Nous ferons en sorte que le cadre de cette décision soit bien perçu par le peuple chinois : il s’agit d’une décision à caractère local".
Interrogé par le quotidien chinois China Youth Daily, Jean-Pierre Raffarin assure que "le geste de Delanoë est une très grave erreur politique. [...] J’ai vraiment honte que le Conseil de Paris soit allé à l’encontre des efforts du président Sarkozy pour améliorer les relations sino-françaises". Et de préciser : "Si le Conseil de Paris veut honorer quelqu’un qu’il considère comme un héros, il doit d’abord analyser le candidat de manière objective et globale, et pas sur une impulsion".
[Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, qui a reçu Jean-Pierre Raffarin le 24 avril, s'est félicité des déclarations de l'ancien Premier ministre appelant à ne pas boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. "Vous soutenez l'organisation par la Chine des Jeux olympiques, vous vous opposez à lier la politique et les JO, exprimant par là l'amitié à l'égard du peuple chinois, lui a-t-il dit. Vous avez souligné à plusieurs reprises qu'entre Etats, il faut respecter la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale. Nous tenons à exprimer notre haute appréciation".]
_22 AVRIL [Pékin et Paris]. La Chine a fait part de son "fort mécontentement" après la décision de la ville de Paris d'honorer le dalaï-lama et le dissident Hu Jia. Elle y voit une "ingérence grossière dans les affaires intérieures chinoises, portant gravement atteinte aux relations franco-chinoises".
[La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a rappelé que la décision de la ville de Paris était une décision strictement locale, qui n'impliquait pas la France. "Les collectivités locales sont tout à fait indépendantes et donc ce que font les communes, les municipalités, c’est leur responsabilité".
Pascale Andréani s'est par ailleurs félicitée de la dernière déclaration de son homologue chinoise, Jiang Yu, selon laquelle les autorités chinoises ne sont "pas d’accord avec certains actes individuels radicaux qui ont eu lieu dans des manifestations" contre la France. "Les propos tenus par la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères montrent que nous sommes tout à fait sur la même ligne".
La porte-parole a enfin rappelé que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et la secrétaire d’Etat, Rama Yade, avaient déjà pris position en faveur de Hu Jia. Dans un communiqué, début avril, ils avaient appelé la Chine à "envisager rapidement une remise de peine" pour le dissident, estimant qu’il n’avait fait "qu’exercer sa liberté d’expression", sans pour autant demander sa libération.]
_21 AVRIL [Paris]. Le Conseil de Paris fait du dalaï-lama, Prix Nobel de la paix, un "citoyen d'honneur" de la ville. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a affirmé lors des débats qu'"aider au dialogue est un des devoirs de la Ville de Paris" et a fait valoir que l'"engagement spirituel" du dalaï-lama était de "son point de vue secondaire par rapport à l'avenir du peuple tibétain". "Je suis laïc. Je ne suis pas devenu bouddhiste", a rappelé le maire, pour qui, "entre l'angélisme et le cynisme, il y a l'affirmation des convictions".
[Un autre emblème de la résistance au pouvoir chinois, le dissident Hu Jia, condamné à trois ans et demi de prison, a lui aussi été fait "citoyen d'honneur" de la ville de Paris. Le dalaï-lama et Hu Jia rejoignent ainsi comme citoyens d'honneur l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, et l'Iranienne Shirin Ebadi.]
_21 AVRIL [Paris]. La France mandate des émissaires pour tenter d'apaiser les tensions avec la Chine. A Pékin, le président du Sénat, Christian Poncelet rencontre l'escrimeuse handicapée Jin Jing, l'une des porteuses de la flamme olympique chahutée lors de l'étape de parisienne, pour lui présenter des excuses officielles de la part de Nicolas Sarkozy et une invitation à venir à Paris. "Je veux vous dire que j'ai été choqué par les attaques dont vous avez été l'objet le 7 avril à Paris et, pour le courage que vous avez montré, j'ai un profond respect envers vous et le peuple dont vous venez. Il est compréhensible que le peuple chinois ait été blessé et je condamne fermement", écrit notamment le président français dans ce document rendu public.
_20 AVRIL [Paris]. L'ancien Premier ministre français Edouard Balladur estime, dans "Le Journal du dimanche", que Nicolas Sarkozy ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques "si rien ne change". "L'idéal olympique, c'est aussi un idéal de liberté et de fraternité, pas seulement d'émulation physique. Les 27 pays membres de l'Union européenne seront-ils capables de prendre une position commune ? Je le souhaite, rien n'est moins sûr. Mais cela ne doit pas faire obstacle au fait que la France prenne sa propre décision. Faute de quoi, cela signifierait qu'exercer la présidence de l'Union nous conduirait à l'effacement.
"Le CIO porte de très lourdes responsabilités dans la situation actuelle. C'est un organisme opaque, recruté par cooptation, qui dispose d'énormes moyens financiers. Il n'est pas concevable que l'organisation des Jeux olympiques continue à être conduite comme elle l'est par le CIO. Il faut réformer celui-ci profondément, les nations du monde ont le droit de l'exiger. Il leur revient de décider si elles veulent ou pas participer à des Jeux organisés par un CIO dont elles n'approuveraient pas l'action".
_20 AVRIL [Chine]. Pour la deuxième journée consécutive, des manifestations anti-occidentales ont lieu dans plusieurs villes de Chine. L'agence Chine Nouvelle a recensé plus d'un millier de manifestants devant le magasin Carrefour de la ville de Xian (nord-ouest), scandant des slogans contre l'indépendance du Tibet et pour les Jeux olympiques. Des rassemblements similaires ont eu lieu à Harbin (nord-est) et Jinan (est).
[La presse officielle chinoise a relayé un nouvel appel au calme des autorités. "En tant que citoyens, nous devons exprimer notre patriotisme avec calme et responsabilité et de manière légale et ordonnée [...]", pouvait-on lire dans le "Quotidien du peuple".]
_19 AVRIL [Chine]. Plusieurs manifestations anti-françaises, visant notamment l'enseigne Carrefour, ont lieu pour protester contre l'attitude de la France sur le Tibet et les Jeux olympiques.
Le plus gros rassemblement a eu lieu à Wuhan, ville industrielle de huit millions d'habitants, dans le centre du pays. Des centaines de personnes, voire des milliers, ont défilé devant des magasins Carrefour, selon la police et des témoins.
[Dans une interview accordée à plusieurs journaux chinois, l'ambassadeur de France en Chine, Hervé Ladsous, a déclaré "regretter profondément" ce qui s'était passé à Paris le 7 avril lors du relais de la flamme.]
_19 AVRIL [Monde]. Des manifestations pro-chinoises se déroulent à Paris, Londres, Berlin et Vienne, ainsi qu'à Los Angeles, pour dénoncer la "désinformation" des médias occidentaux sur le Tibet et les appels au boycott des jeux Olympiques de Pékin. A Los Angeles, 5'000 personnes se sont rassemblées devant le bureau de la chaîne CNN.

A Paris, on comptait quelque 4'000 manifestants. "Pour les JO de Pékin, contre l'injustice médiatique", pouvait-on lire sur une grande banderole tendue par des manifestants sur la place de la République, à Paris. De nombreux manifestants portaient des T-shirts "JO, un pont pas un mur" ou "One China, one family" [Une Chine, une famille].
_19 AVRIL [Paris]. Jeux olympiques : la colère de la Chine inquiète les entreprises françaises, titre, en "une", le quotidien Le Monde. Les dirigeants des grands groupes français doivent tenir compte de cette nouvelle donne politique sans compromettre leurs intérêts, relève le journal, qui cite les propos des responsables de Total, Suez , LVMH et Hermès.
Christophe de Margerie, directeur général de Total (près de 4'000 salariés en Chine). "Ce que les Chinois font au Tibet me choque", a-t-il déclaré à Libération, ajoutant : "Mais ce qu'on dit sur la Chine me choque aussi. C'est important de pouvoir dire "oui, la démocratie est nécessaire", mais cette transition nécessite du temps".
Gérard Mestrallet, PDG de Suez (qui a de grandes ambitions dans les mégapoles chinoises : eau, assainissement, gestion des déchets, services à l'énergie...) invite à "faire attention à bien distinguer le message envoyé aux politiques et à ne pas froisser le milliard de Chinois". La Chine "nous offre de très belles opportunités. Nous sommes des amis de la Chine, et nous souhaitons le rester".
Bernard Arnault, PDG de LVMH (4'000 salariés en Chine). "Les conséquences pour notre groupe sont très limitées. Elles seraient beaucoup plus importantes, j'imagine, si nous traitions des contrats publics", souligne-t-il dans Le Figaro. Il ajoute : "Boycotter une partie des Jeux olympiques n'est pas une solution".
Bertrand Michaud, directeur général Asie-Pacifique d'Hermès, affirme ne pas être inquiet : "A l'aune de la masse asiatique, et en particulier chinoise, ce type d'initiative risque fort d'être dilué."
[L'Agence de presse Chine nouvelle a publié une dépêche, le 17 avril, dans laquelle, tout en estimant que "l'appel au boycottage des produits français est l'expression simple [du] patriotisme populaire [...], la ferveur patriotique doit être canalisée de manière rationnelle et doit se transformer en action efficace".]
_18 AVRIL [Japon]. Un célèbre temple bo |