_______L A   L E T T RE_______

Bulletin trimestriel de l'Association suisse
des Amis du Dr Janusz Korczak

__________Vol . XX - Nº 30 - Février 1999__________

|  Mot du Président  |  Droits de l'enfant  |  Conférence académique Korczak en Israël |
|  Annecy : une marche des enfants  |  Korczak vu par un éducateur marocain  |  Groupe lecture  |
|  Flope Flowers School sur Internet  |  Jardin de la Paix de Jérusalem  |  Korczak au théâtre  |
|  Fondation internationale Korczak  |  Simon, Prix Korczak 97  |  Rachel Akgönül-Arditi  |

 

 Le mot du Président

Chers Amis korczakiens. En ce début d'année qui est aussi le début de la fin d'un siècle et d'un millénaire, l'Association souhaite à chacun de ses membres une kyrielle de joies, de bonheurs et de satisfactions en tous genres. 1999 sera l'année du 10e anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant. A ce titre, elle doit nous rappeler, jour après jour, que cette Convention (que Korczak avait appelée de ses vœux avec ferveur et insistance et dont il reste le puissant inspirateur) ne peut atteindre ses objectifs qu'à la condition que chaque État - mais aussi chaque individu - la connaisse, la reconnaisse et l'applique au mieux de ses moyens. L'idée maîtresse qui en constitue le filigrane est le droit de l'enfant au respect. Dès lors que l'on réfléchit à ce concept en observant la vie de l'enfant au quotidien, dans sa famille, à l'école et dans la société, on s'aperçoit qu'il ne s'agit pas de mots creux, mais d'une exigence très concrète.

Ce droit, comme tout autre, s'assortit de sa contrepartie, l'obligation de respecter. L'un ne va pas sans l'autre car ne peut respecter que celui qui est respecté. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le colloque international Korczak qui vient de se tenir en Israël était intitulé : "The right to dignity and the obligation to respect", reprenant le thème retenu pour toute l'année 1999 par le Ministère israélien de l'Éducation.

À nous de faire vivre ce message et de le partager, ce que nous nous efforcerons de faire, avec vous, tout au long de l'année qui s'ouvre. Daniel Halpérin.


 Droit de l'enfant à une éducation dans un esprit de paix : deux journées riches
      en rencontres et échanges

Cette manifestation a eu lieu les 20 et 21 novembre 1998 sous les auspices du Dr F. Berthoud, présidente de la Quinta, et de Mme Bielawski, doyenne du cycle d'orientation de Budé.Nous avions organisé une double exposition : la vie et l'oeuvre de J. Korczak et des dessins et peintures des enfants du Jardin de la Paix (Gan Hashalom/Raoud al-salam) de Jérusalem avec quelques panneaux donnant des explications sur la fonctionnement du jardin d'enfants. Des livres de et sur Korczak étaient en vente.

Par ailleurs, un des travaux récompensés par la Prix Korczak 1998 "Raconte-moi mes droits" était exposé et pouvait être consulté sur place. Plusieurs classes de l'école primaire et du cycle d'orientation se sont rendues à la manifestation. Les élèves ont visité les différents stands puis ont choisi l'un ou l'autre des sujets traités, pour en rendre compte en classe.

Le Dr D. Halpérin a participé à la table ronde dirigée par Christiane Perregaux. En quelques mots, il a mis en évidence la pensée de Korczak et son combat en faveur des droits de l'enfant puis il a exposé le travail exceptionnel du Jardin de la Paix à Jérusalem. D'autres intervenants ont parlé de leur expérience personnelle par rapport au thème traité et un débat fourni a suivi avec un public passionné d'une centaine de personnes, pour la plupart des éducateurs. Plusieurs livres ont été vendus à notre stand et de nombreuses questions sur le Jardin d'enfants ou sur Janusz Korczak ont été posées.

Vu l'intérêt suscité par cette manifestation, il est question d'organiser le 20 novembre 1999 une nouvelle rencontre autour des droits de l'enfant.Ht de page


 Le droit à la dignité et le devoir de respect.
      La 6e Conférence académique Janusz Korczak en Israël

C'est sous ce beau titre que se sont réunis du 14 au 18 décembre 1998 les Amis du Dr Janusz Korczak, à l'invitation de l'Association Korczak en Israël. Les participants au nombre d'une centaine représentaient treize sociétés Korczak établies en Pologne, Israël, Autriche, Brésil, Bulgarie, Etats-Unis d'Amérique, France, Italie, Japon, Russie, Suède, Suisse et Ukraine.

Le contingent principal fut celui de la Pologne qui comptait une trentaine de membres, pour la plupart des éducateurs ou des professeurs de pédagogie dont certains visitaient Israël pour la première fois. A leur intention, nos hôtes organisèrent avant la conférence une visite commentée des principaux lieux saints chrétiens de Jérusalem, et après la conférence une excursion à Nazareth et au lac de Tibériade, une attention délicate vivement appréciée.

Les moments forts de notre bref séjour ont été la visite du mémorial de Yad Vashem élevé dans les collines dominant la ville par les survivants de l'holocauste comme signe d'un "héroïsme actif" à transmettre aux nouvelles générations, et la "Via dolorosa" dont les 14 stations aboutissent à la basilique chrétienne du Saint-Sépulcre au coeur de l'ancienne cité.

DessinLa conférence internationale proprement dite fut organisée dans un kibboutz situé au Nord-Ouest du pays, non loin de Haïfa et de Saint-Jean d'Acre, dans une belle région de collines recouvertes d'eucalyptus et de villages blancs, où de toute évidence règne un esprit de tolérance et d'harmonie entre les trois éléments qui composent la population israélienne : les Juifs, les Arabes musulmans et les Arabes chrétiens qui ont tous la même nationalité, mais s'expriment en hébreu et en arabe. Nous avons reçu chacun un petit appartement installé dans le vaste parc d'un village très accueillant occupé par des familles d'agriculteurs et d'animateurs du musée "Beit Lohamei Haghetaot" dont la partie consacrée spécialement aux enfants a été appelée "Yad Layeled". Certes les conférences brillantes des spécialistes de l'éducation ont permis une avancée dans la compréhension et la diffusion de l'oeuvre et la pensée de Korczak. Mais la visite du musée des combattants du ghetto sous la conduite de son directeur Benjamin Anolik qui a lui-même vécu l'enfer des camps de concentration en Lituanie fut une expérience inoubliable.

La conclusion que nous en avons tirée : "Plus jamais ça". Extirpons l'antisémitisme qui imprègne encore trop souvent nos mentalités et même nos sociétés. Extirpons aussi toute forme de racisme et de mépris de "l'autre", car le mal absolu et l'horreur n'ont hélas pas disparu avec les victimes de l'holocauste. Les exemples ne manquent pas dans le monde où les droits de l'homme sont piétinés au nom de principes de caractère politique, économique ou social. Dans un monde devenu beaucoup plus petit, grâce au développement des technologies de l'information et des transports, il est maintenant urgent d'élargir à tous les hommes la "pratique du souvenir" dont Israël nous a démontré l'efficacité à Yad Vashem et à la Maison des combattants du ghetto.

Ce message de vérité a été complété par la visite de réalisations éducatives de la région de Galilée. Par petits groupes les congressistes ont pu choisir plusieurs excursions. J'ai pour ma part pu me rendre personnellement compte de la qualité de l'enseignement donné dans deux villages arabes où l'école est fréquentée par des élèves musulmans (85%) et chrétiens (15%).

Ces jeunes s'étaient rendus avec leurs maîtres au musée des combattants du ghetto pour comprendre la tragédie du peuple juif. Ils avaient été sensibilisés au message du Dr Korczak et leurs réponses à nos questions étaient d'une clarté frappante. "Je veux servir dans ma vie la cause des droits de l'homme qui est universelle" affirmait une jeune Israélienne arabe de 14 ans avec force, en réponse à une question du Dr D. Halpérin, président de l'Association Korczak de Suisse. Il est évident à mes yeux que cette jeunesse arabe israélienne, bien formée et préparée à affronter les problèmes de demain, constitue un précieux atout pour un État d'Israël décidé à tendre la main à ses voisins. Cette jeunesse affirme que la paix est possible si elle peut être construite sur une compréhension et un respect mutuels. Beaucoup doit encore être fait dans ce domaine, car les communautés juive et arabe ont des existences parallèles. Les éducateurs réfléchissent aussi au plus haut niveau de responsabilité du pays, comme nous l'a dit M. Aaron Yadlin, pour savoir s'il convient de poursuivre à l'école ce "développement culturel séparé" des deux principales communautés du pays.Ht de page

  • Une plaque à la mémoire de Vladimir Halpérin

Je ne voudrais pas achever ce rapport sans évoquer deux moments intenses. L'un au "Musée des enfants" de Yad Layeled : après avoir parcouru, en descendant dans une demi-obscurité une rampe en colimaçon, les différentes étapes de l'horreur telle qu'elle fut vécue par les petits Juifs dans l'Europe occupée entre 1939 et 1945, nous arrivons à une salle joyeuse et claire où est rappelée par une exposition, l'action bienfaisante du Dr Korczak. Une cérémonie permet alors à tous les congressistes d'assister là à un hommage vibrant rendu à Vladimir Halpérin en présence de son frère Jean et de son fils Daniel. En souvenir de cet homme de bien, trop tôt disparu en avril 1995, qui s'est identifié à la cause de l'enfant et a joué un rôle essentiel dans la création et le développement du mouvement korczakien en Suisse et dans le monde, une plaque commémorative a été fixée à l'entrée de la salle. Ses amis présents, nombreux et fidèles, sont reconnaissants aux Autorités d'Israël pour ce témoignage exceptionnel de gratitude. Ils ont quitté ce lieu avec le sentiment que Vladimir Halpérin demeure associé aux initiatives présentes et futures visant à donner à l'enfant sa juste place dans la société.

L'autre événement s'est passé le vendredi soir, veille du shabbat, moment où la vie des Israéliens s'arrête pour que la place soit rendue au Seigneur Dieu. Nos hôtes du kibboutz se sont donc adressés à leurs voisins du village chrétien œcuménique et international de Nes Ammim (Signe des peuples - nom emprunté au prophète Isaïe) où une soixantaine d'entre nous fut accueillie pour un repas communautaire accompagné de chants et suivi d'une visite guidée de l'exposition sur les relations entre chrétiens et juifs. Nes Ammim souhaite encourager la réflexion et invite les chrétiens à réviser leur attitude envers le culte, la doctrine et le comportement éthique des Juifs et à assumer une responsabilité commune et historique pour les crimes perpétrés en Europe au nom du racisme et de l'antisémitisme.

Ce fut une bonne conclusion pour notre congrès. Même si tout ce que nous avons vu et entendu pendant ces 8 jours de vie intense n'a pas emporté notre adhésion totale, nous avons mieux compris les motivations profondes qui ont entraîné la création de l'État d'Israël et l'espoir qu'il a rendu à son peuple martyrisé. Nous comprenons mieux aussi la difficulté de conclure la paix avec les voisins arabes qui n'ont pas eu comme nous l'occasion de parler et de comprendre, mais se considèrent comme les victimes d'un nouveau nationalisme soutenu par l'Occident.

Qu'il me soit permis de formuler une affirmation : il n'y a sur terre qu'une seule humanité. Aucune décision historique ou religieuse ne peut justifier l'existence d'une "humanité séparée" qui aurait le droit, pour affirmer ses valeurs, de piétiner celles des autres. Puisse le chemin de la paix trouver sa voie en Israël et puisse ce peuple chéri pour son histoire, sa culture, son intelligence et son sens de l'universel accepter la véritable paix "dans la dignité et le devoir de respect mutuel" comme l'aurait désiré le Dr Korczak. Jean-Baptiste de Weck.

 Annecy : construire les droits de l'enfant par la solidarité

Notre amie Colette Charlet du mouvement "Groupe Français d'Éducation Nouvelle" nous informe d'une action en cours sous sa direction. Il s'agit d'une suite à la Marche des Enfants travailleurs qui a eu lieu au printemps dernier. Colette a choisi de construire concrètement des actes de solidarité avec de jeunes enfants par la création. Ainsi, en mars 1999, elle va construire, avec les enfants de son école et d'une maison de quartier, un mur artistique de la fraternité (écrits mis en espace plastiquement et démontables pour le transport) qu'ils feront parvenir aux enfants de Rosario (Argentine), Pondichéry (Inde) et à l'école des Beaux-Arts d'Alger (dont le directeur a été assassiné récemment). Le Théâtre du Lac sera sollicité pour une mise en voix et la valorisation des écrits des enfants. Le travail réalisé sera exposé au Forum de Bonlieu (Centre culturel d'Annecy) lors de la journée internationale de lutte contre le racisme le 21 mars 1999. Miriam Dicker.Ht de page


 Korczak, Freinet et la pédagogie constitutionnelle vus par un éducateur marocain

DessinLa 18e assemblée générale de notre Association a été l'occasion d'une importante et émouvante causerie par un jeune pédagogue marocain. Sous des dehors timides et discrets, Ahmed Lamihi appartient à cette catégorie d'éducateurs qui n'ont peur de rien, et surtout pas de lutter contre l'inertie et les préjugés. Originaire de Tétouan et issu d'un milieu très modeste, il lui a fallu du courage, en effet, pour entreprendre des études supérieures, les réussir brillamment à Paris et enseigner aujourd'hui à l'École normale supérieure de sa ville natale. Ses lectures personnelles et ses rencontres - tout spécialement celle avec Raymond Fonvieille de l'Association française Janusz Korczak (qui a honoré de sa présence notre assemblée générale) - l'ont amené à découvrir l'œuvre pédagogique et la vie du "vieux docteur" de Varsovie.

Il n'en a pas fallu plus pour lui donner l'envie d'étudier et de comparer la notion de démocratie (ou de constitutionnalité) telle qu'elle a été mise en pratique, parallèlement et dans leurs contextes respectifs, par Korczak, Freinet, Freire et d'autres. En décembre 1997, Lamihi participe à un colloque sur Korczak et Freire à l'Université de Paris 8. Quasi simultanément, il consacre à Korczak un petit ouvrage qu'un important éditeur français publie aussitôt (cf. La Lettre No 27 de mars 1998). Le voici aujourd'hui qui parle de Korczak, de la démocratie, de la Shoah et des droits de l'enfant à ses étudiants et à ses collègues marocains. Le voici encore qui crée au Maroc le Mouvement pour l'innovation et la recherche en éducation (MIRE) avec, pour premier thème de recherche retenu pour l'année 1998-99, "l'éducation à la citoyenneté et les droits de l'enfant".

Et dans quelques mois, c'est à l'Université de Paris 8 qu'il animera pendant plusieurs semaines, en qualité de professeur invité, un séminaire sur ces riches sujets. Cette double percée - la diffusion de la pensée korczakienne dans le monde arabe et son introduction dans les sphères académiques - a de quoi nous réjouir. Elle témoigne en effet tout à la fois de l'universalisme de Korczak, du caractère rassembleur de son action pédagogique et sociale, et de la profondeur d'une pensée jusqu'ici boudée par nombre d'universitaires d'Europe occidentale qui la jugeaient trop pragmatique. Merci donc à A. Lamihi de cet élan nouveau qu'il donne aux études korczakiennes et au rapprochement des cultures ! D.H.

P.S. Cet élan va nous motiver davantage à remettre en chantier la traduction en arabe du "Droit de l'enfant au respect" et de "Comment aimer un enfant". Il y a quelques années, nous avions dû interrompre ce projet auquel était associée l'UNESCO, les traductions réalisées à partir du français n'étant pas jugées suffisamment fiables. Nous espérons que notre nouvelle entreprise, à partir de la langue originale, le polonais, sera promise à un plus grand succès.Ht de page


 Compte-rendu du groupe de lecture de l'association

Nouvelle séance animée et passionnante au siège de l'Association autour de notre cher ami le professeur Henri Wermus. Celui-ci choisit d'évoquer le regard tourmenté de J. Korczak sur le monde. Rappelons le but de ces rencontres: resserrer les liens entre les membres de l'Association, découvrir les textes de Korczak et recevoir l'éclairage d'un "spécialiste", enfin, susciter des questions et une discussion. Tel fut le cas le mardi 13 octobre (98), puisqu'il nous a été permis de (re)découvrir des extraits de Seul à seul avec Dieu (1922), Quand je deviendrai petit (1925), Le droit de l 'enfant au respect (1929), Le journal du ghetto (1942), un texte de Marek Rudnicki, Le dernier chemin de Janusz Korczak (traduit en 1988) et divers documents retrouvés après 1945.

La sélection des citations et "petites phrases" (rappelons qu'avant les séances, les textes étudiés sont envoyés aux participants) a permis à chacun de prendre connaissance des aspects de la pensée korczakienne que le professeur Wermus tenait à souligner. Selon lui, ces "petites phrases" permettent l'émergence d'une réflexion profonde, elles sont l'expression d'un vécu particulièrement riche et permettent "à ceux qui veulent écouter et comprendre" (Korczak, Documents emmurés retrouvés après 1945, p. 251) de découvrir l'actualité de Korczak. Henri Wermus nous a proposé, avant d'entamer la lecture et la discussion, un brillant exposé sur sa propre vision de Korczak dont les interrogations sur le comportement humain sont - à son avis - fondamentales. Il nous rappelle aussi qu'il a lui-même été témoin des conditions de vie évoquées par Korczak et que chaque vendredi, comme tant d'autres, il s'imprégnait de la pensée du vieux Docteur.

DessinAlors quelle est l'actualité de ce grand homme dont l'esprit de compromis a permis à tous ceux qu'il avait en charge, - malgré la tragédie, malgré l'histoire - de vivre dans des conditions humaines les derniers moments de leur destin personnel ? Assurément, c'est tout d'abord, sa "capacité verticale", la capacité d'élaborer une pensée, une réflexion prodigieuse tout en gardant le sens des réalités et d'avoir les pieds sur terre. Ensuite, c'est d'avoir su trouver une voie cohérente entre les exigences quotidiennes d'un médecin, d'un savant et la volonté d'offrir une nourriture affective. Korczak s'est aussi avéré être un homme "passe muraille" capable de traverser les frontières, les murs d'intolérance entre les couches sociales et les religions. Lui, médecin juif, a dirigé un orphelinat catholique ! Enfin, ce que fait remarquer le professeur Wermus, c'est le regard galactique de Korczak sur notre pauvre terre. "L'homme à qui on a confié la responsabilité de la Terre et de ses produits, serait-il ignorant ?... Mal utilisé, le fer devient l'outil du châtiment. Pourtant il est capable de guider l'esprit vers des conquêtes nouvelles, il éduque et initie." Ces quelques propos, extraits du Journal du Ghetto (pp.105-106), sont d'une actualité vibrante.

La philosophie de Korczak, le choix d'unir son propre destin à celui des êtres les plus démunis, ses tourments mais sa capacité de franchir toutes les frontières tant philosophiques que matérielles en font un être d'exception dont l'analyse du professeur Wermus nous a permis de nous approcher encore mieux. Sarah Benamran.


 La Hope Flowers School sur Internet

Pour ceux d'entre vous qui souhaiteraient en savoir davantage sur cette belle école korczakienne de Bethléem (Autorité nationale palestinienne) que notre Association tente de soutenir et d'encourager, sachez qu'elle dispose depuis peu d'un site Internet en anglais www.samarkand.org/HopeFlowers/HopeFlowindex.htm. En attendant de la visiter sur place, pourquoi ne pas la découvrir en vous branchant sur ce site ? Même virtuelle, cette visite en vaut la peine.Ht de page


 Genève : deux concerts en faveur du Jardin de la paix

Genève a offert une fin d'année musicale et généreuse au Jardin de la Paix de Jérusalem.

Le 24 octobre 1998, le Cercle Colladon des épouses de professeurs d'université a pris l'initiative d'organiser à la salle communale de Confignon un concert de musique de chambre dont les interprètes n'étaient autres que leurs talentueux et polyvalents maris. Spontanément, les membres du Cercle Colladon ont proposé de partager le bénéfice de cette soirée entre l'association caritative genevoise bien connue Le Caré et le Jardin de la Paix de Jérusalem. Résultat : un don inopiné de Frs 1500.- que notre président a eu la joie de remettre en mains propres à M. Rizek Abushar, directeur du centre YMCA qui abrite ce jardin d'enfants pilote. Un très grand merci au Cercle Colladon, et plus particulièrement à Mme M. Buchs et au Prof. A. Hurst à l'origine de cette idée et de sa réalisation.

Quelques semaines plus tard, c'est le Conseiller administratif Michel Rossetti qui a organisé, dans la prestigieuse salle du Victoria Hall, une représentation exceptionnelle de la Landwehr de Fribourg. Ce magnifique ensemble philharmonique a enthousiasmé le public par la qualité de ses interprétations et la grande diversité de son répertoire. La soirée s'est terminée sur un bénéfice de Frs 12'000.- qui encourageront le Jardin de la Paix à poursuivre son engagement au service de la tolérance et du respect mutuel. Un engagement qui mérite bien l'appui de la Ville de Genève et celui de notre Association.


 Korczak au théâtre : un moment à ne pas manquer

Si vous avez l'occasion de passer par Zurich entre le 19 et le 22 mai 1999 ne manquez pas le spectacle "Korczak" de Nick Stimson et Chris Williams donné par le Young People's Theatre de Zurich sous la direction de Bev Meyer Zemo. Cette pièce musicale a été montée à Plymouth (Angleterre) en 1997 où elle a remporté un très grand succès. Elle est jouée, chantée et dansée par 46 jeunes. Elle sera également présentée à des écoles de la région de Zurich. Le spectacle est donné en anglais avec, à disposition des spectateurs, des livrets en français et en allemand.

Représentations : Miller's Studio, Mühle Tiefenbrunnen, Seefeldstr. 225, 8008 Zurich.

Mercredi 19 mai 1999 : 19h30. Jeudi 20 mai : Soirée de gala. Apéritif 19h, représentation : 20h. Vendredi 21 mai : 19h30. Samedi 22 mai : 13h30 et 19h30. Matinées spéciales pour les écoles : Mercredi 19 et Vendredi 21 mai. Adultes: 30.- frs. Etudiants et AVS : 20.- frs. Groupes: 15.- frs. Réservations: Zurich Young People Theatre. Tel. 01/720 38 61 / Fax 01/721 04 62.Ht de page


 La Fondation internationale pour la diffusion et la traduction des œuvres du Dr Korczak

Décembre 98, la Fondation a tenu deux séances de travail en Israël. M. J. Kuberski, président de l'Association internationale J. Korczak dont le siège se trouve à Varsovie, a pu y donner de bonnes nouvelles : la collection complète des oeuvres de Korczak actuellement en cours de publication en langue polonaise comptera en tout 16 tomes (21 volumes). Le comité scientifique présidé par le professeur Alexander Lewin progresse de manière satisfaisante. Il peut compter sur l'appui des autorités polonaises qui ont commandé de nombreux ouvrages pour les principales bibliothèques du pays et pour les centres universitaires. La Fondation germano-polonaise apporte elle aussi ses ressources et son expérience dans le domaine des publications. Les 8 derniers volumes devraient paraître d'ici à la fin de l'an 2000. Deux nouveaux membres, Mme Adelle Chabelski (USA) et Karl Garnistchnig (en remplacement de M. V. Edlinger, Autriche) ont été admis dans le comité.

Grâce à l'excellente édition originale complète et commentée, les œuvres de Korczak peuvent désormais être traduites du polonais vers d'autres langues. Une édition complète en hébreu (4 volumes parus à ce jour) et une autre édition complète en allemand (5 volumes déjà publiés) progressent chaque année grâce à l'engagement des Associations Korczak d'Israël et d'Allemagne.

Les ouvrages les plus populaires de Korczak ont en outre été récemment traduits en italien et en portugais. Ceci est dû surtout à la force de persuasion de notre amie Giuliana Limiti pour l'Italie et à celle de l'Association Korczak du Brésil. En France, l'énergie de la traductrice Zofia Bobowicz a permis la réédition en 1998 chez Robert Laffont à Paris de Comment aimer un enfant et Le droit de l'enfant au respect suivi du Journal du ghetto.

Après l'achèvement de l'édition originale en polonais, la Fondation s'intéressera à d'autres langues, en particulier à l'anglais et à l'arabe, poursuivant ses pourparlers avec l'UNESCO à ce sujet. Jean-Baptiste de Weck


 Simon, Prix Korczak 1997, prochainement édité

On se souvient peut-être que le Prix Korczak 1997 avait récompensé une élève du collège Voltaire, Christelle Wassmer, pour son magnifique conte illustré destiné aux enfants. Ce conte intitulé "Simon" raconte l'histoire d'un jeune garçon partant à la découverte du monde. En route, il découvre les autres, leurs besoins et parfois leur dénuement. Chaque étape de son voyage est ainsi l'occasion pour lui d'exprimer sa solidarité et de partager. Une parabole magnifique que nous n'avons eu cesse de vouloir mettre à disposition d'un large public d'enfants et d'adultes.

Ce sera désormais possible grâce au soutien du Département des Affaires sociales, écoles et environnement de la Ville de Genève et de son président, Michel Rossetti : prochainement "Simon" verra le jour en 1000 exemplaires et en quadrichromie et il fera l'objet d'une distribution dans les lieux de socialisation du jeune enfant et dans les bibliothèques.


 Rachel Akgönül-Arditi nous a quittés

C'est avec beaucoup d'émotion que nous avons appris le décès de Mme R. Agkönül-Arditi quelques jours avant le début de la nouvelle année. Veuve de notre ancien trésorier Dario Akgönül - lui-même décédé un an plus tôt - et mère de Gültin Ephrati et de Metin Arditi, respectivement membre et président de la Fondation Janusz Korczak, Mme Agkönül-Arditi était une amie fidèle et attentive - comme ses proches - aux idées défendues par notre Association. Nous présentons à sa famille nos très vives condoléances.

Association suisse des Amis du Dr Janusz Korczak. 8, rue Chandieu, CH- 1202 Genève. Tél. (+41.22) 733.31.38 / Fax (+41.22) 733.32.64.

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