_______L A   L E T T RE_______

Bulletin trimestriel de l'Association suisse
des Amis du Dr Janusz Korczak

________________VOL XXIII – N° 49 – JUILLET 2005________________

| LE MOT DU PRESIDENT - LE SOURIRE D'UNE RENAISSANCE | APRES LE TSUNAMI : MERCI AUX PEDIATRES GENEVOIS | L'INSTITUT INTERNATIONAL DES DROITS DE L'ENFANTS REDOUBLE D'ACTIVITE | LA MIDDLE EAST CHILDREN ASSOCIATION ENCORE A L'HONNEUR | "MA DEFENSE" EN CATALAN | QUELLE AUTORITE POUR QUELLE EDUCATION ? | LES ENFANTS DES RUES AUSSI MERITENT LE RESPECT | LE PRIX KORCZAK 2005 ILLUSTRE LE DROIT AUX SOINS D'URGENCE ET LE DROIT DE RÊVER | "THE HIDDEN PEACEMAKERS" - INDP, Collection Interculture | "JE RESPECTE LES BAGARRES … JE LES ACCEPTE…EN TANT QU'EDUCATEUR, JE DOIS LES CONNAITRE" (KORCZAK) | KURSK (RUSSIE) : POUR QUE LES ENFANTS PUISSENT CROIRE EN EUX-MEMES | KORCZAK A L'INSTITUT DE FORMATION PEDAGOGIQUE |

 RETENEZ CETTE DATE  : 1er décembre 2005, 25ème assemblée générale.
Conférence de M. Augustin Brutus.


NE PARTEZ PAS EN VACANCES SANS ELLE !  Elle ? Qui elle ? Quoi elle ? Eh ! bien simplement la satisfaction de vous être acquitté-e de votre cotisation annuelle à notre Association. Rappelons que le montant de cette cotisation, inchangé depuis plus de 20 ans, est des plus symbolique : CHF 30.-. Alors, merci d'avance !


LE MOT DU PRESIDENT / LE SOURIRE D'UNE RENAISSANCE

Beslan ? Vous avez dit Beslan ? Dix mois déjà ont passé depuis que cette petite ville d'Ossétie du Nord fut, bien malgré elle, tirée de l'anonymat par une prise d'otages qui la propulsa quelque temps à la une de tous les media du monde. Souvenez-vous : ils étaient un millier, ces otages, lorsqu'au 3e jour de leur détention, en septembre 2004, des échanges de coups de feu déclenchèrent le carnage. On recensa quelque 350 morts, dont 172 enfants, et des centaines de rescapés furent profondément marqués par cette terrifiante expérience.

Six mois plus tard, sous nos latitudes, l'oubli commença à s'installer, inexorablement et partout. Partout, sauf dans une petite ville de la Côte lémanique, Nyon, où d'irréductibles Helvètes, emmenés par un homme de cœur et d'action, décidèrent non seulement de ne pas oublier, mais encore d'offrir une aide aux plus traumatisés des enfants survivants. C'est ainsi que, grâce aux efforts des apprentis de 3e année de l'Ecole professionnelle commerciale de Nyon et de leur professeur, M. Marek Mogilewicz, et grâce à l'hospitalité des familles d'accueil, une vingtaine d'enfants de Beslan âgés de 11 ans purent séjourner pendant 3 mois dans notre pays. Accompagnés par des enseignants et des psychologues de leur région, ces enfants ont été scolarisés selon un programme mis en place spécialement pour eux, lequel comportait, en sus des branches ordinaires, des cours intensifs de français et des activités avec de jeunes Suisses (pour plus de détails, voir : http://www.mmci.ch/projet_beslan). Ce séjour visait à faire vivre ces enfants dans une autre réalité, à leur faire éprouver des sensations nouvelles, à les aider à retrouver un sentiment de sécurité et, globalement, à atténuer les effets des traumatismes subis lors du drame de leur école.Ht de page

Mission remplie. De retour chez eux (en attendant de revenir en Suisse l'an prochain pour les vacances, car le projet a l'ambition de les accompagner jusqu'à la fin de leur scolarité), ces enfants ont fait de gros progrès. Ainsi cette fillette qui n'avait plus proféré un seul mot ni esquissé le moindre sourire depuis le drame : alors qu'elle participait à une école de cirque à Nyon, elle parvint un matin à marcher sur une boule sans être tenue. Cette conquête sur soi, cette redécouverte simultanée du jeu, de la maîtrise et de la confiance, firent jaillir sur son visage un sourire tout neuf qui marquait une véritable renaissance. L'âme de Korczak, cet instant-là, a chanté, je pense. Daniel Halpérin

APRES LE TSUNAMI : MERCI AUX PEDIATRES GENEVOIS !

Aux généreux dons des membres de l'Association suisse des amis du Dr J. Korczak, à savoir quelque 15'000 francs récoltés en faveur des victimes du tsunami et redistribués à nos collègues de l'INDP à Pondicherry, au sud de l'Inde, voici que la Société genevoise de pédiatrie vient d'ajouter 8'000 francs ! Ce geste de solidarité est vivement apprécié et nous en connaîtrons mieux la portée lorsque M. Augustin Brutus, directeur de l'INDP, viendra nous entretenir, le 1er décembre prochain, du travail de reconstruction effectué dans cette région sinistrée. A vos agendas !

L'INSTITUT INTERNATIONAL DES DROITS DE L'ENFANTS (IDE) REDOUBLE D'ACTIVITE

On ne peut être qu'admiratif devant le dynamisme et la créativité de l'IDE (Bramois, Valais). Après la mise sur pied de son diplôme post-grade en droits de l'enfant, puis de celui en protection de l'enfant, voici qu'il nous propose :

une Université d'été autour des droits de l'enfant. Cette nouvelle formule s'adresse à de jeunes professionnels et à des étudiants en fin de formation, et a pour but de les sensibiliser à une culture générale des droits de l'enfant. Elle aura lieu du 22 août au 3 septembre;

son séminaire annuel qui sera consacré, du 18 au 22 octobre 2005, au "droit à l'éducation : solution à tous les problèmes ou problème sans solution ?" Le droit à l'éducation pour tous est consacré par la Convention des droits de l'enfant. Or, dans la situation mondiale que l'on connaît, on doit sérieusement se reposer la question du droit à l'éducation. Est-ce un devoir de l'Etat d'offrir ce service public, rendu obligatoire, ou est-ce un droit individuel attaché à chaque personne, fût-elle un enfant, d'exiger de l'Etat qu'il fournisse la prestation liée à ce droit ? Ce séminaire sera placé sous la direction du Prof. Martine A. Pretceille, de l'Université Paris VIII;

deux ouvrages de qualité : "Les trafics d'enfants : une fatalité ? De la réalité du terrain aux meilleures pratiques" qui regroupe les textes du séminaire précédent (2004) et "Les Droits de l'Enfant : douze récits pour ne pas s'endormir", rassemblant des contributions très vivantes parce que tirées de situations concrètes.Ht de page

Pour tous renseignements, inscriptions ou pour se procurer ces ouvrages : ide@iukb.ch

Last but not least, le 23 février 2005, l'Assemblée générale des Nations unies a élu neuf nouveaux membres auprès du Comité des droits de l'enfant des Nations unies. M. Jean Zermatten, juge des mineurs en Valais et fondateur de l'IDE, a été brillamment élu à ce Comité dont la mission est de vérifier la mise en pratique de la Convention des droits de l'enfant partout dans le monde. Cette nomination honore un authentique et actif défenseur des droits de l'enfant dans notre pays et notre Association s'en réjouit beaucoup.

LA MIDDLE EAST CHILDREN ASSOCIATION (MECA) ENCORE A L'HONNEUR

Après avoir été honorés par la Fondation Konrad Adenauer puis par l'UNESCO, nos amis Ghassan Abdullah et Adina Shapiro, co-directeurs de la MECA (une ONG israélo-palestinienne oeuvrant au rapprochement des deux peuples à travers l'éducation et soutenue par notre Association depuis des années) ont reçu ce printemps le Prix pour l'éducation de la fondation américaine "Common Ground". D'autres lauréats récompensés cette année ou dans le passé par ce prestigieux prix comprennent notamment le boxeur Mohamed Ali, l'ancien président américain Jimmy Carter et l'archevêque Desmond Tutu. Cet honneur fait à Ghassan et à Adina rejaillit directement sur les quelque 300 professeurs israéliens et palestiniens qui animent la MECA et renforcera leur détermination dans l'action pour la paix.

"MA DEFENSE" EN CATALAN

Le texte inédit de Korczak que nous avons publié dans un précédent numéro de "La Lettre" (traduction du polonais par M. Zanger et Y. Métral) et que l'on peut lire et relire sur notre site internet (http://www.aidh.org/korczak), a été récemment traduit et publié en catalan par la Commission de l'Enfance de Barcelone. Ce petit fascicule de quatre pages intitulé "La meva defensa" peut être obtenu gratuitement auprès des notre secrétariat.

QUELLE AUTORITE POUR QUELLE EDUCATION ?

C'est sous ce titre que Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation, directeur de l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) de l'Académie de Lyon et grand connaisseur de Korczak, s'adressera au large public des Rencontres internationales de Genève le mercredi 28 septembre prochain à 18h15, à l'auditoire J. Piaget, Uni-Dufour, Genève. Cette conférence publique s'inscrit dans le thème général de ces 40e Rencontres qui sont consacrées au « Futur de l'autorité ». Parmi les autres orateurs invités : George Steiner, Henry Mottu, Antoine Garapon, Alain Ehrenberg, Krzystof Pomian, Shirin Ebadi, Sergey Kovaliov, Yolande Mukagasana et Olivier Mongin.Ht de page

Programme détaillé au secrétariat des RIG, tél. 022 311 66 55, fax 022 310 66 56.

LES ENFANTS DES RUES AUSSI MERITENT LE RESPECT

Le texte ci-dessous, traduit de l'espagnol par Colette Charlet, est adapté d'une conférence donnée il y a peu par notre ami le peintre et infatigable défenseur des droits de l'enfant Rubén Naranjo, lors des Journées de pédiatrie organisées par l'Hôpital des Enfants Victor J. Vilela à Rosario (Argentine). Il témoigne de la situation dramatique des enfants des rues dans ce pays.

Le thème d'aujourd'hui "l'enfant à risque" peut laisser supposer que nous faisons référence à des situations contingentes susceptibles d'affecter un enfant et de menacer son développement. Mais cette vision est par trop réductrice. Ce qu'il faut lire plutôt dans ce titre, c'est "l'enfant en danger de mort". Car si l'environnement traumatisant, les blessures que l'enfant peut subir nous préoccupent, et s'il nous revient de les prévenir autant que possible, nous ne pouvons ignorer que c'est souvent la vie même de l'enfant qui est en jeu.

Inégalités sociales et parcours de vie
Toute mise au monde suppose un risque. Indubitablement, la science a beaucoup avancé et actuellement, il y a moins de risques que puisse se produire une tragédie dans les premiers moments de la vie. Mais, comme le disait Janusz Korczak : "Le tragique est de naître, non de mourir. La mort est simple, vivre est difficile".

Dès l'accouchement les chemins bifurquent : ce n'est pas la même chose de naître dans une cabane de bidonville avec un sol en terre et d'affronter la vie depuis ce lieu que de naître dans de bonnes conditions.

Ceux qui naissent, commencent à vivre et s'installent dans la boue, dans les pires conditions d'alimentation, sans affection, sont exposés à des risques gravissimes. Je ne commenterai pas de statistiques, mais nous tous savons combien d'enfants sont perdus parce que les conditions sociales ont produit de profondes transformations dans leur structure biologique : ces enfants meurent sans soins médicaux, des suites d'une dénutrition profonde que, par manque de moyens et de volonté on n'a pas su combattre.

A un certain moment de ma vie, mes préoccupations m'ont amené à regarder, à observer, à tenter de connaître ce qui se passait dans ces milieux sociaux défavorisés. Avec le temps, ces préoccupations se sont transformées en une volonté délibérée de me consacrer au problème, d'être du côté des victimes, des enfants, des adolescents - entièrement. Je pus le faire, parce que des circonstances favorables m'ont permis de dédier une partie de mon temps à ces enfants abandonnés et maltraités. Ainsi, mes préoccupations sont-elles devenues occupation.

Invité par l'Association CHICOS qui gère un centre de jours pour enfants des rues, j'ai travaillé pendant des années avec ces enfants, notamment par le biais du dessin. Cela m'a énormément enrichi parce que j'ai découvert des réalités qui m'étaient complètement inconnues jusque là.Ht de page

Nous tous voyons des enfants des rues. Ils sont facilement reconnaissables : à leurs vêtements, à la façon dont ils sont chaussés ou pas, à leur manière de marcher, à leurs mains, à leur façon de regarder ou de ne pas regarder. Généralement, ils ne regardent que le sol. Ils marchent lentement, très près des murs, sans accélération, ils ont l'habitude d'aller seuls ou par deux enfants, parfois trois. Ce sont des êtres solitaires. Il n'y a pas de bandes d'enfants des rues.

Nous nous demandons : d'où viennent-ils ? J'ai appris que tous ont des histoires douloureuses : ils viennent de foyers détruits, de parents violents, de familles qui ont perdu toute capacité à les retenir et à leur offrir de l'affection. La solitude les enveloppe. Lamentablement, la société ne les voit pas comme victimes. Il est plus facile de les accuser.

Quelle responsabilité ?
Vous travaillez dans les hôpitaux publics, alors vous savez parfaitement comment arrivent ces êtres dans les hôpitaux ! Au-delà des problèmes de dénutrition et des autres pathologies habituelles, ils peuvent manifester un état de profond manque de défenses.

Ces enfants qui n'ont pas trouvé de cadre affectif dans leurs familles s'en vont Où vont-ils ? Ils s'en vont dans la rue où ils sont grandement vulnérables. La rue est le lieu de la peur et de tous les dangers. Comment les affronter quand on est enfant ? Je le demandai à un garçon, un jour, dans mon atelier. Il me dit que lorsqu'il avait 9 ans, il était soumis chez lui à des châtiments sévères pour n'importe quel motif. C'est pourquoi il partait le matin et revenait la nuit. Il allait vagabondant de-ci, de là. "Mais, une nuit, dit-il, j'ai pris le bus et j'y suis resté pour dormir, le conducteur m'a laissé. Je ne sais pas combien de tours j'ai fait. Beaucoup... Quand je me suis réveillé, c'était le jour et je me suis dit : j'ai passé la nuit en dehors de ma maison et on ne m'a pas battu. Là, je peux rester".

Cet enfant, cela fait 10 ans qu'il est dans la rue.

- Tu n'es jamais revenu ?, lui ai-je demandé
- Si, un jour, je voulais voir quelque chose, puis je suis parti
- Mais, tu n'as pas toujours dormi dans le bus ?
- Non, dans les maisons abandonnées, dans les hangars du fleuve, sur la plage où, à partir de minuit, on rencontre les autres et c'est très important.

Que leur offre la rue ? Des bagarres entre eux, parfois très dures, parfois graves. Devraient-ils se faire soigner qu'ils n'osent pas. "Si je vais à l'hôpital, me dit un jour un gosse, le ventre tailladé de part en part à coups de couteau, on va me mettre en prison !"

Dans la rue il y a la drogue. La plupart de ces enfants se droguent avec de la colle et des drogues douces, celles qu'ils peuvent acheter. La colle provoque des effets dévastateurs. Les enfants se droguent dès l'âge de 5, 6 ou 7 ans. A 12 ans, ils sont liquidés sur le plan neurologique. On n'arrive que très difficilement à maintenir une conversation avec eux, parce qu'ils ont perdu toute capacité de réponse ; la colle a détruit leur cortex cérébral.Ht de page

Et puis la rue, c'est aussi la prostitution. Principalement organisée et utilisée par les adultes, mais il arrive que la prostitution se passe entre les enfants eux-mêmes. Le sida les touche, aussi fréquemment. Un jour, dans mon atelier, un enfant a dessiné sur toute une page l'écusson d'une équipe de football. Je lui ai dit :

- Tu es un grand fan de cette équipe.
- Oui, parce que ce club je l'ai dans le sang, comme le sida.
- Et que sais-tu du sida ?
- Très peu de choses, très peu.

Je demandai à L. s'il était content puisqu'il il allait à l'école, lui, au moins de temps en temps.
- Tu es rentré à la maison ?
- Non !
- Alors que fais-tu avec tes cahiers, le soir ?
- Eh ben, sur la place Alberdi, il y a un grand arbre avec un trou dans le tronc. C'est là que je mets mes cahiers. Et le lendemain, sur le chemin de l'école, je les reprends.

L. est allé quelque temps en classe. On ne peut pas fréquenter l'école depuis la rue. C'est presque impossible. Quelques uns, mais ils sont fort peu, ont gravi les premières classes, mais pas au-delà.

Et quand on trouve une possibilité de travailler avec eux, on ne fait pas de scolarisation systématique. Dans la maison CHICOS, nous avons une classe mobile. Il y a une maîtresse d'école qui donne des cours du soir et des volontaires qui aident. Pour ces enfants, pour le moins, nous pouvons atteindre un niveau d'alphabétisation. Mais chaque soir, après la classe, ils retournent à la rue.

Et la police ?
La rue représente, on l'a vu, un lieu de danger maximum à cause des bagarres, de la drogue, du sida, des délits de la prostitution et de l'absence d'éducation. A quoi s'ajout un véritable fléau : la police.

Les démêlés entre la police et les enfants des rues sont indescriptibles: coups, viols On y trouve le paroxysme de l'irrespect envers les êtres humains : la soumission de mineurs à des traitements dégradants.

Les enfants qui marchent dans la nuit racontent comment on les arrête et comment on vide leurs sacs. C'est ainsi que souvent, l'un ou l'autre des enfants qui fréquentent le centre de jour CHICOS disparaissent, un jour, deux jours, voire des mois D'autres nous racontent qu'Untel a été emmené, mais on n'en sait jamais beaucoup plus. Comme c'est un groupe social qui n'a aucune espèce de valeur pour l'Etat, on ne peut jamais savoir combien il y a d'enfants dans les rues, ni ce qui se passe avec eux, ni combien sont détenus.Ht de page

Du fait que ces enfants marchent seuls, qu'ils ne forment pas de bandes, qu'ils déambulent à n'importe quelle heure, dispersés dans toute la ville et pas seulement au centre de Rosario, ils souffrent d'une véritable persécution policière et certains sont même sciemment utilisés par la police pour justifier son action répressive. Par exemple, il est aisé de leur imputer des délits, même s'ils ne les ont pas commis, parce que généralement ils n'ont pas de référents familiaux et sociaux. Et on peut les abattre sans sommation, pour le simple fait d'avoir couru dans la rue à un mauvais moment, comme ce fut le cas ici, à Rosario, en avril 2001. Inutile de préciser que ces "exploits" policiers - bien connus chez nous sous l'appellation de "gâchette facile" - ne sont pas rares (près de 200 victimes répertoriées dans la Province de Santa-Fé ces 20 dernières années, dont 28 mineurs) et ne sont pratiquement jamais sanctionnés.

Enfants des rues, victimes de la gâchette facile, ils sont cantonnés dans l'espace de la marginalité. Il y a une géographie du risque dans laquelle ils sont immergés. Ce risque, ils le portent comme un stigmate sur le front, une espèce d'empreinte digitale de l'opprobre : si tu vas dans une ville, si tu y grandis, si tu t'échappes, quand tu es dans la rue tout est fermé. Tu n'intéresses plus personne. Et pourtant, malgré la drogue, malgré les délits, ou peut-être précisément à cause de la drogue et des délits, ils méritent d'être respectés.

De l'importance de la pensée korczakienne
C'est ici que ressurgit devant nous l'exemple de Korczak. Celui qui était un "Enfant de salon" attentif aux "Enfants de la rue" (titres de deux de ses premiers livres), celui qui dédia sa vie aux enfants abandonnés, aux orphelins et aux victimes de la pauvreté, celui qui renonça à l'exercice de la médecine et au confort d'une vie bourgeoise pour se consacrer pleinement à sa tâche éducative, celui qui refusa d'abandonner ses pupilles au moment de leur déportation vers le camp d'extermination de Treblinka, celui-là disait : "Respect pour son ignorance, respect pour ses erreurs, respect pour ses croyances magiques, respect pour ses échecs".

Ce respect qu'il pensait être fondamental pour établir une relation avec les enfants, Korczak l'exprimait en mots simples : "Ils ne sont pas importants pour ce qu'ils vont être, mais pour ce qu'ils sont. Ils sont importants pour ce qu'ils sont avec toutes leurs erreurs, avec tous leurs problèmes, avec toutes leurs indécisions"

Korczak affirmait aussi que la société ne pourrait changer si elle ne dépassait pas la dichotomie adulte-commandement / enfant-obéissance. Et en accord avec ce principe, il organisa ses institutions, lutta pour que l'on n'établisse aucune sorte de hiérarchie, ni entre enfants et adultes, ni entre élèves et maîtres, ni entre religions. "Les enfants ne sont ni catholiques, ni juifs, ce sont des enfants", disait-il.

La méconnaissance que nous avons des enfants des rues nous empêche de nous approcher d'eux et de les comprendre. Ils sont éloignés du monde des adultes qu'ils considèrent comme hostile. Pourtant, ils ont des choses à nous dire, si tant est que nous voulions bien les entendre.

Par exemple : "Nous ne sommes pas dangereux. Nous sommes en danger" ou bien : "Nous sommes les enfants qui travaillons dans la rue, nous avons des histoires de vie différentes et nous ne voulons pas  Ht de page

Qu'on nous poursuive, Qu'on nous discrimine, Qu'on nous maltraite, Qu'on se méfie de nous, Qu'on pense que nous sommes tous drogués, Qu'on pense que nous sommes tous des voleurs, Qu'on pense que tout se réglera avec la prison.

Nous, nous voulons :

Apprendre des choses, Travailler, Pouvoir vivre en famille en étant acceptés, Que l'on nous respecte quand nous sommes dans la rue, Nous voulons pouvoir choisir".

Alors, je vous le demande, quand un enfant arrive chez le médecin ou au commissariat de police et demande à être écouté avec attention, à quel moment est-il traité comme un objet ou comme un sujet ? A ce moment précis, la responsabilité du professionnel est extrêmement grande, car non seulement il doit lui porter attention, mais encore, cet enfant qui arrive malade, malheureux, ayant été battu, doit être fortement soutenu de manière sensible. C'est-à-dire que tous les moyens publics et techniques et toutes les capacités humaines doivent être mises à sa disposition. Korczak disait : "J'ai lu des livres intéressants, maintenant, je lis les enfants".

"J'ai lu des livres intéressants" signifie reconnaître toute sa formation, mais "lire les enfants" signifie apprendre d'eux. Les mots du maître polonais sont prophétiques. Quand un enfant arrive dans un service d'urgences, le fait d'être un enfant en fait un être important. Je crois qu'il est fondamental que le médecin ait la possibilité de favoriser l'estime de soi de ces enfants, tant de fois dépréciés socialement. Et cette possibilité de prendre soin de l'enfant pour favoriser sa récupération clinique doit s'accompagner d'un maximum de tendresse et de respect.

Les enfants enveloppent leur honte de silences douloureux. Ces silences viennent de loin : des parents, des grands-parents parfois. C'est une forme pathétique de communication. Les soignants qui travaillent dans les centres de santé ont une merveilleuse opportunité de se mettre à l'écoute de ces silences. Et conscients des dangers mortels qui guettent ces enfants des rues, de se souvenir qu'eux, professionnels de la santé, peuvent, de leurs mains, de leurs mots, de leurs gestes, faire jaillir la vie.

LE PRIX KORCZAK 2005 ILLUSTRE LE DROIT AUX SOINS D'URGENCE ET LE DROIT DE RÊVER !

Des textes de qualité ont été présentés par les directions des collèges genevois. Ont été récompensés deux travaux très différents !Ht de page

Le premier décrit avec précision le problème du noma, fléau des pays pauvres, qui tue en peu de temps les enfants cruellement démunis (manque d'hygiène et carences alimentaires). Cette terrible maladie gangrène le visage et faute de soins antibiotiques, entraîne la mort très rapidement. Si la maladie peut être soignée et stoppée, les traces horribles ne peuvent disparaître qu'après une ou plusieurs interventions chirurgicales reconstructives. Ce sont tous les aspects scientifiques, médicaux et sociaux que les lauréates, Maude Von Arx et Milena Scheidegger (Collège de Candolle) ont fait connaître. De plus, elles ont mis en évidence le travail de l'équipe du Dr Montandon à Genève qui offre la gratuité des actes chirurgicaux. L'association Sentinelle qui parraine les petites victimes du noma doit trouver les fonds afin de découvrir et soigner les victimes, les amener en Suisse et s'occuper de leur accueil et du suivi postopératoire. C'est aussi dans ce sens qu'ont travaillé les lauréates puisqu'elles ont organisé une conférence de sensibilisation et un concert afin de recueillir des fonds et qu'elles se proposent de poursuivre leur tâche. Cette sensibilisation simple et claire et surtout le passage à l'action concrète a touché les membres du jury qui ont récompensé sans hésiter les deux étudiantes.

Le deuxième travail est un hommage au fameux écrivain Roald Dahl. A travers l'Imaginarius, est "un recueil de nouvelles destinées aux enfants qui souhaitent se plonger dans un univers où réalité et fantaisie s'entremêlent à travers d'incroyables et étranges évènements". Des trois nouvelles de Sarah Najjar (Collège Rousseau), nous retiendrons certainement "Tati Confiture", texte jubilatoire qui réjouira plus d'un (enfant et adulte) tant les situations sont cocasses et en même temps si proches du quotidien ! Alors, dégustez vos confitures parce que Tati pourrait commercialiser sa propre recette !

Souhaitons que Sarah trouve un éditeur et bravo aux trois lauréates ! S. Benamram

"THE HIDDEN PEACEMAKERS" / INDP, Collection Interculture, mars 2005

Ce livre produit par INDP (Intercultural Network for Devlopment and Peace) animé par notre ami Augustin Brutus Jaykumar, se veut être une contribution au travail mis en route dans le cadre de la Décennie Internationale pour la Culture de la Paix et de la Non-Violence, pour les enfants du Monde, décidée par l'Assemblée générale des Nations unies depuis 2001. Comme le déclarait le directeur de l'UNESCO à Paris : "La paix est plus qu'une absence de guerre. Il signifie justice et égalité pour tous..."

Ce livre a une signification particulière. C'est au moment où il se finalisait qu'eut lieu le Tsunami. Sa construction s'est faite avec les enfants et leurs animateurs après le Camp éducatif. Il est dédié aux enfants et à l'animateur qui participèrent à ce camp éducatif en 2004 à Mayiladuthurai Dist, en Inde du Sud, et qui périrent le 26 Décembre 2004.

Plus forte est la vie....Il fallait que leurs pensées puissent parvenir jusqu'à nous, pour faire face avec courage aux évènements de la vie, " et rêver analyser, proposer et rêver d'un autre monde..."

Au coeur de ce projet de paix assouvir sa soif de savoir et de justice, se questionner, chercher, s'interroger sur le sens de la vie, sur son rapport au monde et aux autres, apprendre à travailler ensemble.Ht de page

Quelle étrange histoire que celle de Vénus venue rendre visite aux enfants du village de Karasur, le lundi 24 Mai 2004. A lire les pensées des enfants, on découvre combien il est important de construire des rapports sociaux d'égalité, pour que l'aventure humaine soit partagée en respectant les droits fondamantaux des êtres humains.

Tout au long de ce camp, ces questions ont été abordées. On ne peut s'empêcher de songer aux colonies de vacances de Korczak. "Leurs rêves envahissent l'espace"...Ils nous disent combien la solidarité leur a permis de résister à l'innaceptable.

Ce travail très korczakien mérite d'être découvert, pour éveiller nos consciences. Colette Charlet

"JE RESPECTE LES BAGARRES JE LES ACCEPTEEN TANT QU'EDUCATEUR, JE DOIS LES CONNAITRE" (KORCZAK)

Le groupe de lecture a invité Maryla Laurent.

Le problème de la traduction. L'animatrice de cette séance est Marina Laurent, responsable du colloque scientifique et pédagogique de Lille consacré à Janusz Korczak ou Ce que laisser seul un enfant signifie : actualité d'une éducation de l'émotion et de l'intelligence.

L'oratrice rappelle que bien des travaux de ce colloque avaient insisté sur la difficulté de la traduction des textes polonais, combien il était ardu de trouver exactement en français le sens employé dans la langue polonaise. Ainsi en est-il de la version reçue ce 19 mai 2005 par les participants : celle-ci subira de légères modifications et l'impression définitive de Les bagarres comportera quelques passages corrigés par la traductrice Lydia Waleryszak.

Korczak et la radio. Il y avait un million de postes de radio à Varsovie ! Ce texte est une des émissions de radio de Korczak dont il ne reste aucune trace à part celles qui avaient été publiées. Korczak a réalisé deux séries d'émissions : en 1935-36, pour les enfants jeunes et en 1938-39, pour les adolescents. Korczak était fasciné par ce média et avait réalisé ses premières émissions pour la jeunesse dès mai 1926. "Je cherche un style comme la radio cherche un style", dit-il en décembre 1926.

Pour une radio éducative. En effet, la radio est une autre façon de penser les cours, de faire l'école d'une nouvelle manière et de parler des sentiments. En 1930, lors de la fête de l'enfant, Korczak publie les premiers textes des émissions. La radio éducative permettra de former l'enfant, d'en faire un homme sensible plutôt qu'un homo lupus ! (un loup) Et même s'il s'agit d'une histoire, il est nécessaire de raconter autrement, d'accrocher le petit auditeur. On trouve dans les premiers courriers des lecteurs des textes d'enfant "Cher Docteur, ta parlote me plaît beaucoup". Pour traduire cette pensée, c'est le mot gadaniki qui est utilisé (gadatch signifiant, radoter, dire des choses non structurées). Ce mot typiquement polonais montre que Korczak a volontairement utilisé un vocabulaire et un style proches de l'enfant afin de mieux le convaincre  Ht de page

Climat d'antisémitisme. Ces émissions seront interrompues en 1936, à cause de la "fatigue" du vieux Docteur (pseudonyme adopté en 1934), et aussi à cause des réactions provoquées par l'émission "je veux faire pipi" intervention bouleversante qui a choqué les gens, suscitant des réactions de rejet de la part de certains commentateurs: ces émissions « dépravaient » la jeunesse. A cause de l'antisémitisme ambiant, les amis de Korczak cachaient son véritable nom, mais Korczak a de nombreux adversaires. Dans la "Gazeta Warchawska", sont publiés des articles très violents contre la radio polonaise, où il était question d'enjuivement, de juiverie qui pénètre Korczak reviendra à la radio le 2 mars 1938 avec des textes sur la solitude de l'enfant, du vieillard. Jusqu'au dernier moment (bombardement de la radio polonaise par les envahisseurs nazis), Korczak tentera de rassurer. "Les Juifs au ghetto, je voulais leur parler sans ambages, mais ma parole déplaît aux plus raisonnables", confiera-t-il à un témoin, émigré en Palestine.

Les bagarres. Le texte de Korczak demande à être lu avec beaucoup d'attention. En effet chaque mot est important ; la ponctuation aussi, différente de celle utilisée en français, est en adéquation avec les idées que Korczak tient à expliquer.

Ne pas interdire les bagarres. Korczak, ne veut pas interdire les bagarres, mais montrer qu'au contraire, en tant qu' éducateur, il convient de bien en comprendre les raisons. Son propos commence du reste par la condamnation de ceux qui aiment les conflits ou qui sont méchants par nature. Il insiste par ailleurs sur l'impétuosité qui fait partie de la personnalité de l'enfant, c'est-à-dire son ardeur, sa fougue. On constate d'emblée que Korczak, indirectement s'adresse aux adultes qui condamnent les enfants irrécupérables, impétueux, alors que l'impétuosité est positive !

Créer une relation avec ses auditeurs. Pour continuer et convaincre, il va créer une relation avec son/ses auditeurs en évoquant sa propre expérience. Un exemple de sa propre impétuosité : après avoir accordé sans discernement son amitié à quelqu'un qui ne la méritait pas, des conflits et des bagarres apparaissent. K. s'est battu malgré la connaissance de tout ce qu'il risquait. Se trouvant dans un certain engrenage, il risquait même d'être renvoyé de l'école !

On voit ainsi qu'il dénonce les dangers des mauvaises fréquentations. A noter qu'il raconte cette scène au présent temps utilisé pour présenter des vérités intemporelles ! Ce caractère impétueux qu'il se reconnaît fait peut-être qu'il n'a ni femme, ni amis. Cet aveu relatif à sa solitude, ce constat d'un échec personnel témoigne du caractère authentique de sa relation avec ses auditeurs et parmi ceux-ci, les enfants !

Comment vivre avec son impétuosité ? Dans la suite du texte, Korczak explique les manières de parvenir à éviter les bagarres et à vivre avec son impétuosité. Et ce sera à l'enfant lui-même de faire ses propres choix s'il a appris à s'accepter tel qu'il est. En fait toutes ces techniques (au nombre de cinq) lui montreront petit à petit le chemin pour devenir un vir, un homme, en positivant l'impétuosité.Ht de page

Korczak insiste bien entendu sur les effets du langage : il vaut mieux mordre (tourner) la langue sept fois dans sa bouche avant d'agir ! Et d'autres aspects du problème sont évoqués. Ne pas accepter l'inacceptable : par exemple, prendre quelqu'un à la gorge ou se moquer de quelqu'un qui se battrait mal. Il revendique aussi le droit des enfants à se battre pour leur honneur et leur dignité. Et en fin de compte, il incite les enfants à codifier, à exprimer leur potentiel par des résolutions. Ainsi donc, l'enfant arrive petit à petit à la réflexion, avant d'être dans l'action. Réflexion qui permettra à l'enfant de prendre une décision; celle-ci, il pourra la prendre seul s'il a été préparé à cela, et s'il a la volonté de le faire !

En comprenant ce qui le fait réagir, l'enfant apprend à vivre en société. Au fond, l'émission propose aux enfants de se libérer d'une contrainte importante. Plus l'enfant sera fort et moins il aura à subir. Et en conclusion, le dernier message s'adresse aux adultes : dans ces importantes questions éducatives, il est important en tant qu'éducateur d'avoir du respect pour ces bagarres sans toutefois accepter leur banalisation.

On le voit, ce texte fort propose à l'enfant un important travail sur l'estime et la connaissance de soi, ce qui lui permettra de se préparer à vivre en société.

Cette réflexion d'une très grande force par rapport à l'époque est résolument moderne : une fois de plus, les éducateurs peuvent y trouver source d'inspiration ! Sarabella Benamram

KURSK (RUSSIE) : POUR QUE LES ENFANTS PUISSENT CROIRE EN EUX-MEMES

Chaque année notre Association offre un petit pécule pour soutenir les amis korczakiens de Kursk, en Russie. Anya Savranskaya, étudiante à la Faculté de pédagogie de l'Université de Kursk, décrit ici comment cette aide est utilisée au profit d'enfants particulièrement défavorisés.

"Nous sommes une vingtaine d'étudiants […] unis par le fait que nous nous préoccupons de l'avenir et par conséquent aussi des enfants. Futurs enseignants, nous comprenons la valeur d'une éducation heureuse […] et nous ne pouvons être indifférents à la souffrance des enfants. Dans notre région, il y a malheureusement beaucoup d'enfants qui souffrent de leucémie (nous vivons à 400 km de Tchernobyl). […] La plupart d'entre eux sont profondément déprimés, se méfient des gens et ne croient pas en la bonté. Alors, pour eux, nous effectuons des visites hebdomadaires à l'hôpital, nous jouons avec eux, nous leur parlons, nous montons des représentations théâtrales les jours de fête et nous leur apportons des cadeaux. […] Si vous pouviez imaginer le plaisir qu'il y a à voir le rire de ces petits enfants Il y a aussi l'orphelinat local avec quelque 200 enfants sans aucune famille pour les soutenir. […] Nous essayons de les aider dans la vie quotidienne et de les préparer à une vie de famille pour plus tard, ce qui implique de leur apprendre d'abord à croire en eux-mêmes".

Vous voulez en savoir plus, ou simplement correspondre avec Anya ? Par e-mail, rien de plus simple : AnyaSav1984@yandex.ru

KORCZAK A L'INSTITUT DE FORMATION PEDAGOGIQUE

Genève, juin 2005. La parole aux étudiants

La relation pédagogique, les moyens de susciter l'attention, la participation et la parole des enfants, l'écoute et le respect, la construction des apprentissages dans le respect de chacun, tels ont été les thèmes abordés. Des textes de Korczak, des expériences menées dans les écoles genevoises - notamment en ce qui concerne le journal à l'école - les documentaires de Jorgelina Hiba (Le dernier train pour Treblinka), de l'équipe pédagogique de Yad Layeled (Janusz Korczak of the children) et de Philippe Meirieu ont permis de découvrir quelques aspects du grand pédagogue.
"Janusz Korczak m'a fait découvrir de nouvelles facettes des enfants, de quelle manière les rendre heureux et comment se sentir vraiment humain à part entière. A ce jour, ma curiosité à son égard est encore plus grande, je vais pouvoir faire mes propres recherches afin de pouvoir répondre à mes questions". Delphine Petitpierre, IFP, juin 2005.

"L'enthousiasme de Sarah Benamram, son dynamisme, son sens de l'écoute, son réel plaisir de partager, sa conviction m'ont donnée l'envie d'aller plus loin dans la découverte de Korczak. A travers S.B., j'ai eu un reflet de Korczak. La mission de l'enseignant ne peut être menée à bien que dans un respect réciproque (enfant/élève- enseignant). Il est nécessaire de ne jamais perdre de vue que chacun a sa propre personnalité et qu'il faut la respecter tout en lui montrant qu'elle peut s'épanouir dans le respect des règles, ce qui ouvre un espace de liberté. Ecouter est une chose mais il faut aussi entendre et montrer que l'on prend en considération ce qui est dit. Korczak l'a compris depuis bien longtemps". Brigitte Bichsel, IFP, juin 2005.

Ht de pageGenève, juillet 2005.