_______L A L E T T RE_______Bulletin trimestriel de l'Association suisse
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M. Eckmann, E. Hallaq, T. Walden, H. Cohen-Solal |
Ciblant la discussion sur la situation spécifique du Moyen-Orient, Henri Cohen Solal, psychanalyste et éducateur israélien, Eyad Hallaq, psychologue palestinien, et Tsvia Walden, psycholinguiste israélienne, ont confronté leurs visions dune coexistence israélo-palestinienne rendue possible par (ou malgré) lédification de frontières. Là encore, on sen doute, se heurtent la perception de frontières protectrices (le point de vue israélien) et celle de frontières liberticides et punitives (le point de vue palestinien). Chacun, en fin de compte, souhaiterait voir un jour ces frontières abolies, mais encore faut-il quelles aient été préalablement établies ! De la frontière-fermeture (la « barrière » ou « mur » de sécurité, par exemple) à la frontière-ouverture (celle qui pourrait donner aux deux peuples lidentité à laquelle ils aspirent tant), il y a toute une histoire à bâtir, ce à quoi, précisément, contribuent de tels débats. DH![]()
PAROLES KORCZAKIENNES
On me dit souvent que je forme le public de demain. Ça me gâche une journée ! Les enfants, cest le public daujourdhui. Dominique Catton, directeur du théâtre Am Stram Gram, Genève,
Le Temps, 2.10.04.
M. Marek Mogilewicz, enseignant à l'école professionnelle commerciale de Nyon, organise avec le concours de ses élèves, un séjour de 3 mois pour 20 enfants de Beslan. Ceux-ci seront accompagnés de 3 enseignants et d'un psychologue. Tous vont habiter dans des familles d'accueil de la région de Nyon. Les enseignants accompagnants donneront des cours tous les jours à ces enfants qui bénéficieront, par ailleurs, de cours intensifs de français donnés par des professeurs bénévoles de la région lémanique.
M. Mogilewicz est parti fin février à Beslan pour aller les chercher. Le groupe arrive à Nyon le 2 mars et reste en Suisse jusqu'au 31 mai.
Le groupe de pédiatres genevois signataires de l'appel paru dans notre Lettre précédente donne un coup de pouce à cette opération en organisant une sortie à la montagne.
Pour tout complément d'information vous pouvez consulter le site internet de ce beau projet :
www.mmci.ch/projet_beslan
"Afin d'alléger la mémoire, on passe sous silence la cause d'innombrables sans-nom, au seul bénéfice de quelques guerriers". Janusz Korczak, Pour un nouvel epos.
L'Histoire ne manque pas d'héroïnes féminines, combattantes d'une noble cause ou créatrices d'uvres de la pensée, scientifiques ou sportives audacieuses, femmes aux actions éclatantes qui suscitent notre admiration. Or, ce qui provoque le respect dans la personne de Stefa Wilczynska, c'est au contraire cet héroïsme ordinaire, quotidien, au visage terne voire ingrat, qui mérite pourtant qu'on lui rende justice en ne l'oubliant pas.
Joseph Arnon [1], qui fut jeune éducateur à la Maison des orphelins et la connut personnellement, parle d'elle avec chaleur : "Il semble injustifiable de passer sous silence le rôle de (la) principale compagne pédagogique (de Korczak) Pendant quarante ans, Stefa travailla à ses côtés dans sa maison d'enfants juifs, pendant des centaines de mois, elle se battit péniblement en faveur des faibles et des sans-défense, dans une Pologne antisémite, pendant des dizaines de milliers de jours et de nuits, elle resta à la hauteur de sa tâche".
Betty Lifton [2] décrit ainsi cette tâche
: "Levée à six heures tous les matins, elle
examinait alors les blessures des enfants, distribuait les médicaments
et enroulait les bandages avant le petit déjeuner. C'était
elle qui tenait le budget, commandait du charbon pour l'hiver,
des médicaments pour l'infirmerie, de la nourriture pour
la cuisine; elle qui inspectait la literie, surveillait les boutons
manquants, les accrocs dans les vêtements, le ressemelage
des chaussures ; elle organisait des sorties au cirque ou au cinéma
; elle notait les séances du tribunal, arrangeait
le tableau d'affichage et suivait les cahiers des éducateurs".![]()
Née en 1906, d'une famille aisée de juifs varsoviens, elle avait 35 ans lorsque, séduite par les idées pédagogiques de J. Korczak, elle vint l'aider à les mettre en pratique et à construire le «"royaume des enfants" de la rue Krochmalna. "Ce qui est sûr, disait Korczak, c'est que je n'y arriverais pas sans elle". En 1914, quand il fut rappelé dans le corps médical de l'armée, les enfants restèrent pendant quatre ans sous la seule garde de Madame Stefa. Et ce ne fut pas l'unique fois où Korczak lui confia la Maison. "Tous deux, dit encore Arnon, formaient une équipe parfaite, car l'imagination et la créativité de Korczak trouvaient leur pendant dans les aptitudes pratiques de Stefa. C'était lui qui donnait l'élan originel, et elle, la continuité". Et Igor Newerly autre stagiaire de la Maison, confirme cette complémentarité : "Stefa était la colonne vertébrale de l'orphelinat"
Betty Lifton pose la question des rapports entre "Pan Docteur" et sa collaboratrice dévouée : "Est-ce Korczak ou les enfants qui maintiennent Stefa attachée au dur travail quotidien ?" Elle avait en effet pour lui des attentions délicates et quand il sortait, "elle se tenait toujours à la porte pour vérifier si sa cravate était bien droite, s'il avait un mouchoir, de l'argent, un parapluie Elle supportait ses humeurs et ses nombreuses absences. Avec elle, il pouvait être lui-même distrait, préoccupé, lointain "
Etaient-ils amoureux ? "Oui, répond Betty Lifton, ils étaient bien amoureux tous les deux, mais des enfants". Et c'est cela l'essentiel. "J'existe peu en dehors de l'orphelinat", écrit Stefa à une amie, et cela répond au principe de Korczak : "L'amour pédagogique n'est pas un sentiment creux mais un véritable don de soi". Que Stefa ait aimé et admiré Korczak, c'est indéniable. Mais si cette "gosse de riches" choisit de le rejoindre et de le suivre, ce fut pour l'idéal qu'il incarnait, leur amour commun de l'enfant orphelin. Stefa a fait don de sa propre force, simplement, sans attendre en retour une autre récompense que le sentiment d'une conscience en accord avec elle-même, et la confiance totale que Korczak lui accordait. La somme de ces petits actes quotidiens, ordinaires, dépourvus de grandeur, fait pourtant de sa vie un seul acte fidèle, héroïque de noblesse et d'abnégation. Un dévouement sans faille, jusqu'au bout, jusqu'à Treblinka [3]. Malinka Zanger et Yvette Métral
1. J. Arnon, La passion de Janusz Korczak / 2. Betty Lifton, Janusz Korczak, le roi des enfants / 3. Le 4 août 1942, Korczak, Wilczynska, et les jeunes éducateurs Broniatowska et Szternfeld quittèrent le ghetto avec leurs 200 enfants.
"Les étiquettes de Rosetta" - Inspiré
par le texte de Korczak "Ma défense" que nous
avons publié dans La Lettre n° 46 (août
2004), Daniel Granval, directeur du Centre d'action éducative
et sociale Benoît Labre à Arras (France) a écrit
un article très émouvant dans le bulletin de son
Association "Labre Echos". On y retrouve une adolescente
contemporaine, Rosetta, expliquant à une éducatrice
en qui elle a confiance le difficile parcours de son enfance et
de sa jeunesse. Faute de pouvoir publier ce texte ici,
vu la place limitée de notre Lettre, nous le mettons
cependant volontiers à disposition de nos membres qui peuvent
en demander gratuitement une copie auprès de notre secrétariat.![]()
Korczak pour l'Europe - Fin 2004, Daniel Halpérin a publié un article sur Korczak dans la revue pédagogique européenne "Children in Europe". La version française de cet article est disponible sur notre site internet. Les personnes intéressées par les versions allemande, anglaise, catalane, espagnole, italienne, néerlandaise ou danoise peuvent les obtenir sur simple coup de fil à notre secrétariat.
Analyse de la pédagogie korczakienne - Le dossier de la revue Le Furet (n° 45-Hiver 2004) est consacré au thème "Filles, garçons : du jeu dans les rôles ". Marie-Françoise Iwaniukowicz, professeur de philosophie, y présente un texte de Korczak intitulé "Vive la diversité".
En écrivant "Vive la diversité" en 1929, Korczak se hisse une fois de plus au rang de précurseur en matière d'éducation et de pédagogie, mettant en évidence les rapports filles-garçons et les attirances ou les rejets souvent paradoxaux qui découlent des ressemblances et des différences.
Marie-Françoise Iwaniukowicz livre à la suite du texte une analyse pertinente du monde korczakien qu'elle démontre, aujourd'hui encore, en avance sur son temps puisque plus de 75 ans après la parution de ce texte, il n'y a toujours pas de parité garçons-filles, et les différences génèrent toujours autant d'intolérance chronique.
LInstitut international des Droits de lEnfant (IDE) vient de célébrer la première remise de son diplôme en droits de lenfant. Lors de la cérémonie qui eut lieu au Haut-Commissariat des Droits de lHomme à Genève, 19 lauréats ont été récompensés de 2 années de travail intensif. La seconde volée, composée de 36 étudiants, débute sa formation en février 2005. Parallèlement, un nouveau diplôme est proposé par lIDE, en partenariat avec lInstitut universitaire Kurt Bösch à Sion, sur le thème de la protection de lenfant. Trois modules (petite enfance, enfance, adolescence) constituent cette formation (très bienvenue) qui sadresse en priorité aux professionnels travaillant en institutions, offices de protection de lenfance, tutelles, etc., et qui sétend sur une année, à partir de mars 2005.
Pour plus dinformations : www.iukb.ch ou maria-josefina.barreiro@iukb.ch
Les Archives Institut Jean-Jacques Rousseau ont 20 ans. Elles conservent, parmi dautres, les documents de lEcole des sciences de léducation créée à Genève par E. Claparède en 1912, une vingtaine de fonds venant de pédagogues illustres (A. Ferrère, P. Bovet, A. Rey, M. Huberman), ainsi que les archives de trois écoles expérimentales genevoises : la Maison des Petits (1913), lEcole active de Malagnou (1974) et les unités denseignement secondaire (1975).![]()
Cest sous ce titre que sest déroulé à Paris, du 4 au 6 décembre 2004, le 40e Colloque des intellectuels juifs de langue française, présidé par le Prof. Jean Halpérin. Parmi divers aspects traités (socio-historique avec Denis Charbit et David Grossman, politique avec Alexandre Adler, économique avec Gilbert Benhayoun, pragmatique avec Bernard Kouchner, biblique avec Gilles Bernheim, interreligieux avec Régine Azria, Emile Shoufani, Mohamed Arkoun et Théo Klein, psychanalytique avec Patrick Landman), cest sur le volet de léducation à la paix que se sont retrouvés nos amis Henri Cohen Solal et Eyad Hallaq (cf. Quest-ce quune frontière ?) ainsi que M. Hani Salamé, éducateur palestinien, et notre président, Daniel Halpérin. Un difficile mais constructif exercice de dialogue et douverture quon pourra découvrir en détail, dici quelques mois, dans les Actes du colloque.
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Barbara Engemann-Reinhard, à droite, en pleine discussion korczakienne |
"Si j'avais connu Korczak plus tôt, j'aurais éduqué mes enfants de manière moins sévère", dit Barbara Engemann-Reinhardt avec un immense sourire
et les yeux humides. Nous sommes le 20 janvier 2005, dans l'auditoire
de l'Université de Düsseldorf, où a lieu la
solennelle remise de la collection personnelle de cette grande
korczakienne. Ayant vécu en Allemagne de l'Est jusqu'en
1997, Mme Engemann-Reinhardt fut décorée en 1978
de la médaille d'honneur de l'Association internationale
Janusz Korczak pour son engagement dans la Société
de recherche sur Korczak. Pendant plus de trois décennies,
Mme Engemann-Reinhardt a soigneusement rassemblé tous les
éléments qu'elle a pu trouver, malgré les
contraintes de la RDA, sur Korczak et la diffusion de son uvre.
De photos inédites aux pièces de théâtre
sur la vie à Dom Sierot, des livres sur le Docteur aux
témoignages de rencontres avec Hanka Daube qui a grandi
dans l'orphelinat et le rédacteur du journal des enfants,
Leon Harari c'est un vrai trésor que Barbara Engemann-Reinhardt
remet à l'Université de Düsseldorf. Sa collection
inclut même des éléments de l'exposition de
l'Association Korczak en Israël. "Mon souhait est d'aider
à transmettre à un maximum d'étudiants et
de chercheurs le cadeau qu'a laissé Korczak à l'humanité",
explique Mme Engemann-Reinhardt. ![]()
Le directeur de l'Université de Düsseldorf, Prof. Dr. Alfons Labisch, est tellement ému quand il parle de Korczak qu'il doit interrompre son discours pour maîtriser ses larmes. L'émotion fait frissonner l'auditoire, où sont rassemblées une centaine de personnes - des représentants des Associations Korczak d'Allemagne, de Hollande et de Suisse, mais aussi beaucoup de visiteurs qui ne connaissent pas encore l'histoire et l'héritage de ce grand homme.
Un point culminant de la soirée : le discours de Marta Ciesielska, la gardienne des archives de Korczak à Varsovie, qui est venue honorer la remise de cette collection et donner un premier aperçu des uvres complètes de Korczak en allemand, polonais et hébreu publication dont le terme est proche. Curiosité de son discours qui a animé beaucoup de discussions entre korczakiens : selon les observations de Marta, Korczak et Stefa étaient bien des figures de parents au Dom Sierot. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, Korczak était plutôt la figure de "mère", Stefa plus le "père". En soulignant l'importance des deux rôles, Marta illustre cette hypothèse par l'exemple des corrections dans les cahiers des enfants : tandis que Korczak utilisait un crayon discret, les remarques de Stefa se lisaient en rouge vif.
Le but de Barbara Engemann-Reinhardt d'aider à faire
rayonner l'uvre de Korczak porte ses premiers fruits. Mme Anja
Eckardt, venue de Kassel où elle est assistante de recherches,
ne connaît Korczak que depuis peu de temps. Interrogée
sur ses impressions, elle s'exclame :
"La "Magna Carta" de Korczak que je vois là,
c'est assez révolutionnaire, je trouve, même aujourd'hui
après 15 ans d'existence de la Convention des droits de
l'enfant. Le droit de l'enfant à sa propre mort, par exemple,
c'est clair ça choque. Mais je pense que nous devons nous
laisser bouleverser par l'innovation qu'apporte Korczak, afin
de réellement avancer dans l'approche de l'éducation.
"
Par la diversité du matériel sur Korczak remis à l'Université de Düsseldorf, et par le contexte politique et culturel de l'Allemagne de l'Est dans lequel elle a mené ses enquêtes, Mme Engemann-Reinhardt donne une nouvelle ouverture à des recherches interculturelles sur la réception de la pédagogie de Korczak. Elle aide à promouvoir le rayonnement de ce grand praticien, de cet "expert des dents de lait et des rêves difficiles". Mais ce qui a été le plus marquant, c'est à quel point la cérémonie d'ouverture de l'exposition a fait "revivre" Korczak pour quelques heures, et a permis de sentir Korczak "en visite" à Düsseldorf, dans les échanges de récits et d'anecdotes sur sa vie. Frédérique Seidel
Un bouleversant témoignage tiré du Feuillet du journal de l'action![]()
Wladyslaw Szengel, qui ne survécut que de quelques mois à Korczak, a laissé un témoignage bouleversant et violent du départ de la Maison des Orphelins pour l'Umschlagplatz
Aujourd'hui j'ai vu Janusz Korczak
Partir avec les enfants pour la dernière marche,
Les enfants proprement vêtus comme pour
La promenade au parc du dimanche.Ils portaient leurs habits de fête -
Désormais on peut les salir -
En rang par cinq les orphelins traversaient la ville
Où se terraient les hommes traqués.La ville avait un visage d'épouvante,
Masse étrangement écorchée et nue.
Elles regardaient la rue, les fenêtres creuses
Comme des orbites de mort.Tantôt un cri comme un oiseau perdu
Payait le sonneur de la mort sans raison,
Indolemment passaient dans leurs rickshaws
Les messieurs de la situation.Tantôt tohu-bohu, et tumulte, et silence.
A la volée fuyaient de furtives paroles,
Pétrifiée et muette d'horreur en oraison
Se dressait l'église de la rue Leszno.Et là, par cinq, les enfants - calmement.
Nul n'essayait d'en tirer un du rang :
Des orphelins. Nul ne graissait la patte
Aux uniformes bleus.Nulle intervention sur l'Umschlagplatz,
A l'oreille de Szmerling nul ne souffla mot,
Nul ne collecta les montres de famille
Au profit du soiffard Letton.Janusz Korczak marchait, droit, quelques pas en avant
La tête nue, le regard sans frayeur,
Un enfant le tenait par la poche,
Lui-même portait deux petits dans ses bras.Quelqu'un se précipita, un papier à la main,
Brailla nerveusement quelque explication :
- Vous pouvez revenir.... Il y a un ordre de Brandt.
Korczak en silence secoua la tête.Il ne prit pas même la peine de leur expliquer,
A ces porteurs de la faveur allemande.
Comment faire entrer dans ces têtes sans âme
Ce que signifie laisser seul un enfant...Tant d'années... sur cette route obstinée
Pour remettre à l'enfant le globe du soleil
Et maintenant le laisser atterré ?
Il ira avec eux... plus loin... jusqu'au bout...Puis il pensa au roi Mathias
A qui le sort épargna malheur semblable,
Le roi Mathias sur l'île parmi les sauvages
Ne se fût pas conduit autrement.Et déjà les enfants montaient dans les wagons
Comme pour une partie de campagne à Lagbaomer,
Et tel petit, avec son air hardi, aujourd'hui
Se sentait tout à fait "shomer".J'ai songé en ce moment ordinaire,
Pour l'Europe un rien insignifiant, sans doute,
Que lui, pour nous, dans l'histoire, en ce même moment,
Inscrit là la plus belle page.Que dans cette guerre aux Juifs, infâme,
Dans cette ignominie sans borne, ce chaos sans issue,
Dans ce combat pour la vie à tout prix,
Dans ces bas-fonds de tractations-trahisons,Sur ce front où la mort est sans gloire,
Dans cette danse de cauchemar en pleine nuit,
Il y eu un unique héroïque soldat,
Janusz Korczak, tuteur des orphelins.Est-ce que vous entendez, voisins de l'autre côté du mur,
Qui, au travers des barbelés, nous regardez mourir ?
Janusz Korczak est mort afin que nous
Aussi ayons notre Westerplatte*.
[Wladiyslaw Szengel (1914-1943), Ce que j'ai lu aux
défunts, Ghetto de Varsovie, 10 août 1942. Traduit
du polonais par Yvette Métral
*A Westerplatter (presqu'île de la baie de Dantzig), en septembre 1939, 180 soldats polonais résistèrent pendant 7 jours au bombardement d'un cuirassier et des avions allemands.]
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Identités en conflit, dialogue des mémoires, par Monique Eckmann. Voici une remarquable plongée au cur des confrontations identitaires et des défis que constituent les rencontres entre groupes en conflit. M. Eckmann, sociologue (cf. aussi Quest-ce quune frontière ?), a observé des séminaires interculturels en Irlande et à la frontière austro-hongroise avec des étudiants en travail social, elle a participé à des rencontres entre Israéliens et Palestiniens, elle a analysé une pédagogie de la mémoire mise en pratique à Francfort à propos de la Shoah. Cest cela que raconte ce livre, rigoureux mais accessible, sérieux, mais passionnant. IES-Editions, Genève, 2004.
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