_______L A   L E T T RE_______

Bulletin trimestriel de l'Association suisse
des Amis du Dr Janusz Korczak

________________VOL XXII - N° 38 - octobre 2001________________

| LE MOT DU PRÉSIDENT | BEIT HAM : DES MAISONS CHALEUREUSES POUR LES JEUNES EN DIFFICULTÉ | UNE RENTRÉE DES PROFESSEURS, À LYON, PLACÉE SOUS LE SIGNE DE KORCZAK | KORCZAK ET L'ÉDITION D'UN JOURNAL | LA PENSÉE KORCZAKIENNE À L'APPUI DE PROJETS PÉDAGOGIQUES EN INDE | PRIX KORCZAK 2001 | JANUSZ KORCZAK, MAÎTRE DE L'HUMANITÉ | PROCHE-ORIENT : LES ACTIVISTES DE LA PAIX PERSÉVÈRENT | LE MONUMENT KORCZAK À VARSOVIE EN DANGER | MON CHEMIN MÈNE AU TIBET | L'ASSOCIATION DÉMÉNAGE | UN LIVRE: LA FESSÉE | LE JARDIN DE LA PAIX |

Parution en mars 2001, aux Editions Noir sur Blanc d'un livre inédit de Korczak en français :

Janusz Korczak  - LA PALESTINE -

Notes de voyage et correspondance, 1927-1939
Présentation et traduction de Zofia Bobowicz.

Le mot du président

Respect. Maître mot dans la pensée et l'uvre de Janusz Korczak, le respect est aujourd'hui au cur le plus chaud de l'actualité et il constituera opportunément le thème de la conférence que prononcera le psychanalyste et éducateur Henri Cohen Solal le 6 novembre 2001 à l'occasion de notre assemblée générale.

Car s'il n'est pas réaliste d'attendre de chacun amour et tendresse, encore moins de l'y contraindre - même à l'endroit des ses proches, même à l'endroit de ses propres enfants - on peut en revanche exiger de lui, comme de nous-mêmes, qu'il accepte que les relations humaines soient régies par le respect, c'est-à-dire par une réciprocité d'attitudes que recouvrent les sens profonds de "respicere" (regarder en arrière, prendre en considération, prendre du recul, faire la part des choses) et qui nous ramène à l'ancienne et sage consigne de ne pas faire à autrui ce que l'on n'aimerait pas qu'autrui nous fasse.Ht de page

En quoi cela est-il actuel ? Eh bien en ceci que tout autour de nous, à New York, à Hébron, à Jérusalem, à Kandahar, à Durban ou à Zoug, les actes de haine déferlent. Actes de fanatisme pour les uns, actes de démence pour les autres (si tant est qu'il existe un fanatisme qui ne soit pas dément par sa nature même), qu'il s'agisse de mots, de balles ou de bombes, voici des actes dont il est difficile et peut-être impossible de totalement se prémunir. Ce n'est pas l'amour du prochain qui va servir ici de garde-fou, alors même que le prochain n'est vécu que comme mal absolu et objet à détruire... Ce n'est pas non plus la référence à une autorité suprême, divine, morale ou idéologique, qui nous mettra à l'abri, alors que justement Dieu, les principes ou les idées sont cyniquement dévoyés pour mieux servir la cause des assassins. Seul le respect, me semble-t-il, a une petite chance d'aider notre humanité à résister à la tentation de la " toute violence ", lui qui invite chacun - remarquable paradoxe ! - à se distancier de l'autre (on garde une distance respectueuse, on tient en respect) tout en se mettant dans sa peau (car le respect commence nécessairement par l'identification), et qui, échappant à tout particularisme culturel ou religieux, a vocation à l'universalité. Sous toute latitude, chacun peut se reconnaître dans son aspiration à la dignité, donc dans son besoin d'être respecté. Et l'on peut faire avec le respect ce qu'on ne peut faire avec l'amour : on peut le définir, le codifier, l'enseigner, l'exiger et en sanctionner les violations ou l'absence.

Le respect se prête ainsi, bien mieux que les grands sentiments, aux jeux de la société, aux jeux de loi et aux apprentissages scolaires. Il y a donc fort à faire de nos jours, et fort à enseigner surtout, dans une société que les violences - à commencer par les violences racistes et intégristes qui obéissent au même délire de grandeur et à la même ambition d'hégémonie - angoissent et fragilisent. Korczak peut nous aider dans cette tâche. Daniel Halpérin

Beit Ham : des maisons chaleureuses pour les jeunes en difficulté

Créer une alternative à la rue pour les jeunes en voie de marginalisation, offrir à ces jeunes un dispositif d'accueil pour les accompagner dans leur enfance et leur adolescence, hors des sentiers de la violence, de la délinquance, de la drogue et de l'abandon : voici ce à quoi les équipes de Beit Ham se consacrent avec passion.

C'est en France, en 1976, que les fondateurs de Beit Ham, Henri Cohen Solal à leur tête, commencent leur parcours avec l'association OPEJ (uvre de protection des enfants juifs) dans la banlieue parisienne. Depuis 1981, ils développent en Israël un réseau de clubs de prévention spécialisée dans les quartiers défavorisés et à ce jour, ce ne sont pas moins de 2000 jeunes qui, grâce à ces lieux d'accueil qu'ils ont eux-mêmes contribué à développer, ont grandi, mûri et assuré leur dignité et leur place dans la société. Parmi eux, la relève pédagogique se prépare puisque Beit Ham s'est dotée d'un Institut qui a formé, depuis 10 ans, quelque 200 éducateurs spécialisés. Aujourd'hui, Beit Ham gère en Israël 10 clubs de jeunes de 8 à 18 ans, un centre multiculturel artistique avec une école de musique, une école de théâtre et des ateliers de communication visuelle, une école de sport et de danse et l'Institut de formation d'éducateurs spécialisés.Ht de page

Nous aurons l'occasion d'en apprendre davantage, lors de la conférence de M. Henri Cohen Solal le 6 novembre prochain, sur cette association qui sort de l'ordinaire et que Korczak, sans aucun doute, aurait appréciée pour la force de son engagement et son humanité. D'ici là, les personnes intéressées peuvent obtenir de plus amples renseignements auprès de notre secrétariat, ou à l'adresse du Comité Beit Ham en Suisse : c/o Mme Claire Luchetta-Rentchnik, 191, route de Chancy, 1232 Confignon (Genève).

Quand une rentrée des professeurs des écoles à Lyon est placée sous le signe de Korczak

Le vendredi 14 septembre 2001, les futurs enseignants étaient réunis au théâtre de la Croix-Rousse, haut lieu de la culture lyonnaise (Les Canuts) pour y faire leur rentrée. Ce fut un accueil symbolique où l'on présenta Korczak, ce pionnier de l'éducation nouvelle, méconnu des centres de formation pédagogique en France, au travers de l'uvre du Journal du Ghetto. Lecture mise en scène avec sobriété par Michel Véricel. Pourquoi une telle forme de présentation alors que l'heure est aux discours habituellement dans les centres de formation ? L'uvre pose la question de l'engagement de l'éducateur. Va-t-on n'enseigner que pour des contenus didactiques ? Jusqu'où peut-on aller ? Quel type de citoyen former et pour transformer quoi, au service de qui ?

Suite au spectacle, nous étions trois intervenants dont un membre de l'Association française des amis du Dr J. Korczak, pour témoigner de l'actualité des pratiques qui prennent en compte la philosophie korczakienne. Ce débat, cette mise en partage fur une ouverture insolite. Il nous est apparu nécessaire d'engager une collaboration plus importante si l'on veut de réelles transformations. Beaucoup de ces jeunes enseignants se retrouveront sur des secteurs difficiles de la banlieue lyonnaise. Gageons que l'expérience de Korczak auprès d'un public difficile constituera une ouverture. Affaire à suivre. Colette Charlet

Korczak et l'édition d'un journal

L'un des outils pédagogiques mis au point par Korczak a été la rédaction et l'édition d'un journal fait par les enfants pour les enfants à Varsovie dans les années 1930. Eh bien, en automne 2001 on peut relever combien cette réalisation est actuelle et comment on peut encore l'appliquer aujourd'hui. Voici deux exemples :

1 / Sarah Benamram prend ses sources chez Janusz Korczak et publie un journal scolaire au Cycle d'Orientation de Versoix depuis de nombreuses années. Avec ses élèves elle publie de plus, chaque année, en 24 heures, un journal fax avec des liaisons par fax ou e-mail dans le monde entier. Cette année, le journal sera publié en public dans le cadre des manifestations "Genève un lieu pour la paix" les jeudi 25 et vendredi matin 26 octobre sur le thème : Quels combats pour la paix ? (Voir encadré ci-dessous).Ht de page

__GENÈVE, UN LIEU POUR LA PAIX ?

Les tragiques événements qui secouent le monde imposent plus que jamais une réflexion approfondie sur la paix. L'occasion nous est donnée par le centenaire du premier Prix Nobel de la Paix attribué en 1901 à Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge Internationale. Du 23 octobre au 9 novembre 2001, l'association Genève, un lieu pour la paix organise trois semaines de manifestations ouvertes au public pour rappeler que Genève a été et continue d'être un formidable terreau d'où ont germé d'innombrables initiatives en faveur de la paix.

Une passionnante mise en perspective aux travers d'expositions, d'itinéraires en ville de lieux symboliques, d'un colloque historique autour d'Henry Dunant, et d'un concert cuménique à St. Pierre où sera joué le Kol Nidré de Max Bruch, avec François Guye au violoncelle. Une première !

Autre point fort de ces manifestations : la table-ronde sur le thème Qu'est-ce qu'une paix juste ?, qui réunira à Uni Dufour des personnalités d'envergure internationale telles que le député israélien Yossi Beilin, artisan des négociations d'Oslo et de Taba, le professeur Stanley Hoffmann, de Harvard University, spécialiste en éthique et morale politique, le professeur Adam Roberts d'Oxford University, expert en droit humanitaire, et le Palestinien Edward Saïd, de Columbia University, connu pour ses travaux sur l'impérialisme culturel. Les 29 et 30 octobre à 20h15, auditoire Piaget, en français et en anglais, traduction simultanée. Françoise Buffat

2 / Laetitia Ritzuto, professeur de musique qui réalise régulièrement un journal avec les enfants et les parents de ses classes de musique, a introduit la production d'un journal lors d'un séminaire qu'elle a donné avec d'autres personnes en Sardaigne, à un groupe d'employés du fisc italien réunis en une session de formation continue. Le séminaire s'intitulait : La capacité d'écouter attentivement et de se mettre sur la même longueur d'onde.

Au cours de son intervention elle a mentionné la pédagogie de Korczak et a proposé à son groupe d'éditer un journal sur place qui a été effectivement publié avec enthousiasme en quelques heures à la fin de son séminaire et qui a été mis sur le site Internet du fisc italien. Le journal (feuillet de deux pages voir ci-contre) donne les impressions du cours et est joliment illustré . Il montre comment les participants ont assimilé les données du séminaire et certains d'entre eux ont pu exprimer à travers quelques dessins humoristiques, les sentiments qu'ils ressentent au cours de leur travail. Merci à Laetitia d'être une ambassadrice de Korczak dans le monde !Ht de page

La pensée korczakienne à l'appui de projets pédagogiques en Inde

Les 1er et 2 septembre 2001, Augustin Brutus de l'ONG Intercultural Network for Development and Peace (INDP) à Pondichéry en Inde, est venu préparer des projets de développement auprès des populations Dalits qui souffrent du régime des castes et luttent pour leurs droits élémentaires. Les premières victimes sont évidemment les enfants qui ne peuvent bénéficier du droit à l'éducation. C'est pourquoi, tout comme Korczak le faisait avec ses colonies de vacances, des ONG dont l'INDP ont organisé des camps d'été pour enfants avec des animateurs bénévoles afin qu'ils puissent à la fois s'approprier des contenus de savoir, développer des personnalités capables de penser par elles-mêmes, connaître leurs droits et agir par des comportements solidaires.

A cet effet, des outils méthodologiques ont été mis en place pour donner des idées et guider les animateurs, les sécuriser et leur permettre d'agir en toute liberté créatrice. Ces outils de travail sont : le cahier des enfants, et le cahier-guide des animateurs. Il s'agit d'une construction didactique cohérent et en rapport avec la réalité culturelle, sociale et économique où les enfants apprennent à exprimer leur point de vue.

Si nous voulons que ce travail soit opératoire, il est nécessaire de le poursuivre, de l'amplifier, de créer les conditions matérielles de sa réussite. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'ils ont commencé, expérimenté avec peu de moyens. Ils ont conscience des enjeux pour leurs enfants. Il a fallu organiser la solidarité matérielle au sein de la communauté pour que les animateurs bénévoles assurant l'animation des camps d'été ne laissent pas leurs familles dans le besoin. Ils l'ont fait, conscients des enjeux d'une émancipation collective au service de leurs enfants.

Il nous est apparu important d'accompagner, de soutenir activement ce projet. Avec le soutien de l'Association suisse des Amis du Dr J. Korczak nous partirons donc en février 2002 pour 15 jours en Inde afin que s'établisse une véritable coopération, sur un pied d'égalité. Il y aura un stage d'immersion dans la réalité indienne puis des séminaires pour une dizaine d'animateurs qui assureront le rôle de relais et d'agents de démultiplication des pratiques. A suivre.... Colette Charlet

Prix Korczak 2001

Le Prix Korczak n'a pas été attribué cette année. En effet, le Jury a décidé à l'unanimité qu'aucun des travaux présentés ne correspondait entièrement aux exigences du règlement. Cependant, il a été décerné un prix d'encouragement à M. Michael Romig, élève de l'Ecole Internationale, campus de La Châtaigneraie.Ht de page

Le travail qu'il nous a remis, Hand in Hand with Tanzania, est un rapport sur la construction et la rénovation d'un groupe scolaire à Moshi, petit village de Tanzanie. Michael Romig et d'autres élèves de l'Ecole Internationale ont récolté des fonds pour ce projet puis sont allés sur place pendant leurs vacances scolaires estivales pour aider à la construction de cette nouvelle école.

Il s'agit là d'une belle réalisation et les membres du Jury ont vivement apprécié l'initiative de la construction dune jolie école où les enfants auront envie d'apprendre et se sentiront bien. Janusz Korczak se battait pour que les enfants les plus défavorisés aient accès à la beauté, à la créativité et à la culture. Miriam Dicker

Janusz Korczak, maître de l'humanité

Janusz Korczak, maître de l'humanité__UNE VIE EXEMPLAIRE, UN LIVRE INDISPENSABLE
Le 22 juin 2001 restera pour nous tous, amis du Dr Janusz Korczak, une date importante. Un soir frais de ce jour d'hémisphère sud, plus précisément "à Rosario, dans la Pampa Humeda d'Argentine, entre le Paraná et la Sierras de Cordoba"*, un public nombreux a assisté à la présentation du livre "Janusz Korczak, maître de l'humanité".

Ce livre sur le pédagogue Janusz Korczak, écrit avec ferveur par Rubén Naranjo et édité par les éditions "Novedades Educativas", avec le parrainage de la maison d'édition Mila de la "Asociación Mutual Israelita Argentina" et, vient remplir un vide dans la bibliographie pédagogique de langue espagnole. Il s'avère presque impossible de présenter la vie et l'oeuvre du maître polonais qui, déjà au début du 20ème siècle, affirmait que l'enfant pouvait avoir des pouvoirs et des droits sans disposer d'une documentation adéquate justifiant notre admiration et notre adhésion aux idées et pratiques de Janusz Korczak.

Ce livre est le fruit d'un travail rigoureux et le produit de nombreuses années de recherche et d'étude. Ecrit avec simplicité et clarté - difficile de s'attendre à autre chose de la part d'un homme qui admire et respecte la pensée et l'action du vieux docteur - ce livre relate la vie du maître polonais et transcrit certains passages de son oeuvre, très importante dans le contexte socio-politique de son époque.

Le texte et les photographies illustrent la figure et la pensée korczakiennes et, surtout, nous transmettent son identification, son engagement et sa passion pour les enfants défavorisés. C'est pour eux - ou à travers eux - que Rubén écrit ce livre. C'est à eux qu'il s'adresse:

    __"A los niños de la calle de Rosario
    A los niños de la calle del mundo
    Otros son sus nombres y sus rostros pero
    Ht de pageSon los mismos que amó Korzcak"
    __

(Aux enfants de la rue de Rosario; aux enfants de la rue du monde; ils ont des noms et des visages différents mais ce sont les mêmes qu'a aimés Korczak)

Nous ne pouvons pas omettre de mentionner l'homme qui a donné l'impulsion et rendu possible l'apparition de ce livre: notre cher Vladimir. Dans ses remerciements, Rubén Naranjo écrit: "Vladimir Halpérin a ouvert mes yeux sur des possibilités et a écarté beaucoup de mes doutes, toujours avec une infinie bonté. Il est présent dans mon coeur."

Lors de la présentation publique du livre, j'ai pu rappeler aux personnes présentes - mères et grand-mères de la Plaza Mayo, enfants de la "Casa Chicos", maîtres, étudiants, et autres collègues dévoués à la cause de la défense des Droits de l'Homme - que ce livre a une histoire, une histoire qui a commencé à se tramer dès 1993 au n°13 de l'Avenue Bertrand de Genève. C'est là que Ruben et Vladimir se sont rencontrés, tombant dans les bras l'un de l'autre comme deux grands navires qui, après avoir traversé l'océan, s'unissent pour continuer ensemble le long chemin de la défense des Droits de l'Enfant.

Le livre "Janusz Korczak, maître de l'humanité" est déjà parmi nous; il circule en Amérique latine. A nous maintenant de nous engager pour que son message, sans frontière ni couleur de peau, soit le levier d'une réflexion profonde et nous aide à affronter les situations d'injustice que vivent au quotidien nos enfants. Amanda Paccotti de Hiba, Lima, Pérou.

Post-scriptum. Une deuxième présentation du livre a eu lieu à Buenos Aires le 25 juillet, dans la salle Jorge Luis Borges de la bibliothèque nationale. La pédagogue Berta Braslavsky, le professeur Francisco Cabrera et le député militant pour les Droits de l'Homme Alfredo Bravo participèrent à une table ronde dirigée par Ricardo Feierstein, directeur de la maison d'édition Mila de la Asociación Mutual Israelita Argentina. Ce livre spécial des éditions Novedades Educativas fut présenté en hommage à tous les maîtres argentins. Moments de chaleur et d'émotion où furent évoqués la pensée, les actes et l'engagement du pédagogue polonais et souligné le travail admirable de Naranjo, chercheur et porte-parole de son histoire.

* HALPERIN Daniel: Lettre au Dr Janusz Korzcak au sujet d'un certain Rubén Naranjo, préface du livre "Janusz Korczak, maître de l'humanité", Editorial Novedades Educativas, Argentina, 2001.Ht de page

Proche-Orient : les activistes de la paix persévèrent

Malgré l'Intifada, nos amis de la Middle East Children Association (MECA) qui tentent de promouvoir le rapprochement et le dialogue entre Israéliens et Palestiniens (voir La Lettre No 35, octobre 2000 et 36, février 2001), n'ont pas baissé les bras. Madame Adina Shapiro, co-directrice, nous écrit que des groupes de professeurs israéliens et palestiniens se sont réunis à 5 reprises ces derniers mois sous l'égide de la MECA. Ces réunions ont eu lieu à l'étranger vu le climat violent qui prévaut dans la région. Il n'est pas impossible que, comme l'an dernier, notre Association puisse parrainer et soutenir les efforts de MECA en l'aidant notamment à se réunir sur terrain neutre dans notre pays. Un projet dans ce sens est actuellement à l'examen.

D'autre part, à l'instar de MECA l'année passée, le Centre judéo-arabe pour la Paix de Givat Haviva (Israël) vient de se voir décerner par l'UNESCO le Prix de l'éducation à la Paix 2001. Ce Centre est actif dans le domaine de l'éducation à la paix depuis 40 ans. Il est doté d'une équipe de 20 éducateurs juifs et arabes et combine des activités de recherche, d'enseignement, de rencontres et de dialogue, d'artisanat et de travail communautaire en rapport avec le conflit israélo-arabe.
Nos plus vives félicitations vont à tous les collaborateurs du Centre et à leur deux co-directeurs Mme Sarah Ozacky-Lazar et M. Riad Kabha.

Le monument Korczak à Varsovie en danger

Lors d'un récent séjour à Varsovie, un membre de notre Association, le Prof. D.H. Schmerling de Gossau, a constaté que le monument érigé à la mémoire de Korczak au cimetière central de Varsovie était en fort mauvais état. " J'étais choqué, écrit-il, par l'état matériel de ce monument commémoratif, extraordinaire par son expression. (…) Il est encore dans sa forme et son état provisoires, en plâtre et matières plastiques, ce qui explique pourquoi il est en train de se décomposer ; pièce après pièce se décollent et tombent par terre. ". Nous avons transmis ces remarques inquiétantes à l'ambassadeur de Pologne en Suisse, M. Jerzy Marganski, qui nous a assuré les avoir à son tour adressées aux ministères de la Culture et des Affaires étrangères de la République de Pologne. L'ambassadeur nous a aussi indiqué qu'il plaiderait personnellement la cause de ce monument auprès des autorités de son pays. Nous suivrons avec attention l'évolution de cette affaire, avec l'espoir qu'une restauration rapide puisse être entreprise.

Mon chemin au Tibet de Sabriye Tenberkken

Nous sommes heureux de vous annoncer la parution de ce livre aux éditions Anne Carrière, septembre 2001. Mme Tenberkken a créé un institut pour aveugles à Lhassa au Tibet que notre Association soutient. Ce livre est un témoignage de "l'inépuisable énergie" qui a permis à Sabriye de dépasser son propre handicap pour venir en aide aux autres dans des conditions extraordinairement difficiles.Ht de page

L'Association déménage encore !

Au fil des ans, notre Association semble prendre goût au changement... d'adresse ! Voici qu'elle vient de déménager à nouveau, pour la 5e fois depuis sa création en 1981. Après quelques années dans le quartier de la Servette, nous voici en bordure de l'Arve, du côté de Carouge et des Acacias, au 8, quai du Cheval-Blanc. Situé en arcade, notre bureau est plus visible qu'auparavant et nous espérons qu'il suscitera la curiosité des passants et des gens du voisinage. Nos amis y seront évidemment accueillis très chaleureusement : rappelez-vous que nous avons à votre disposition de riches archives sur Korczak et que vous pouvez les consulter les jours ouvrables de 8h30 à 11h30 ou sur rendez-vous. Nos numéros de téléphone et de fax, et notre adresse e-mail sont inchangés. Et un grand merci à ceux qui nous ont aidés dans l'organisation et la réalisation du déménagement, en particulier notre fidèle ami André Renck, ainsi que M. Manuel Tornare, maire de Genève, et ses collaborateurs-trices dont le soutien nous est très précieux.

__LA FESSÉE - un petit livre à offrir aux (futurs) jeunes parents.

Selon un sondage Sofres de janvier 1999, seuls 16% des parents français ne donnent jamais de coups à leurs enfants.

A l'heure où les premières "Assises de l'enfance bientraitée" ont eu lieu en France et ont préconisé l'adoption d'une loi interdisant les châtiments corporels non seulement à l'école mais aussi à la maison, on peut saluer la parution d'un petit ouvrage sur le sujet. "La Fessée", par Olivier Maurel (Editions La Plage, France, 2001) capte aisément l'attention du lecteur au moyen de 100 questions-réponses qui font réfléchir : les gifles ou les fessées rendent-elles les enfants plus obéissants ?

Améliorent-elles les apprentissages ? Sont-elles nocives ? Est-il possible d'éduquer sans frapper ?
La célèbre psychothérapeute suisse Alice Miller, écrit dans sa préface, que "ce livre est un cadeau pour les millions de jeunes qui n'ont pas encore d'enfants. Un cadeau aussi et surtout pour tous les enfants à naître dont les parents auront eu la chance de le lire".
A bon entendeur ! Daniel Halpérin

Le Jardin de Paix à Jérusalem : les classes sont complètes !

Malgré la peur, malgré le conflit qui se prolonge et que rien ne semble pouvoir durablement enrayer, le Jardin de Paix de Jérusalem (Gan Hashalom/Raoud al-Salam) a fait cette année le plein d'élèves puisqu'il en compte 136, soit 12 de plus que l'année précédente. C'est dire que l'espoir de temps meilleurs reste vivace et que la volonté d'éduquer les enfants, dès leur plus jeune âge, dans un climat de rapprochement et de culture de paix n'a pas déserté tous les curs, bien au contraire. Nous sommes fiers de pouvoir contribuer à ce projet que nous continuerons de soutenir et pour lequel, rappelons-le, nous avions pu réunir quelque 70'000 francs suisses au printemps dernier.
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