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Rwanda-Le génocide des Tutsi




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AVRIL 2000 / UN RAPPORT DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES
__Le Conseil de sécurité, une fois le génocide déclenché, a démontré clairement son "manque de volonté politique" d'y mettre fin

 Le rapport de la Commission d'enquête [pdf 200 ko]

Le Conseil de sécurité des Nations unies a publiquement reconnu, le 14 avril 2000, sa responsabilité pour n'avoir pas réussi à prévenir ou à arrêter le génocide au Rwanda en 1994. De 800'000 à 1 million de Tutsis et Hutus modérées ont été victimes, selon les sources, de massacres organisés.

"L'ensemble de la communauté internationale doit reconnaître sa part de responsabilité", a déclaré l'ambassadeur des Pays-Bas, Peter van Walsum. Les membres du conseil se sont engagés à tirer les leçons de ce terrible échec, pour éviter à l'avenir la répétition de nouveaux massacres à grande échelle, en particulier en Afrique centrale. "L'avenir doit maintenant être notre plus grande priorité. La prévention de nouvelles violences génocidaires en Afrique centrale est "l'un des plus grands défis pour les Nations unies", a prévenu l'ambassadeur américain Richard Hoolbrooke.

La faillite des Nations unies en général, du Conseil de sécurité et des grandes puissances (les Etats-Unis, la France et la Belgique en particulier) en particulier, à empêcher le génocide commis par les extrémistes hutus, a été mise en lumière dans le rapport, rendu public le 16 décembre 1999, d'une commission d'enquête indépendante dirigée par l'ancien Premier ministre suédois Ingvar Carlsson. Le rapport indique que les Nations unies auraient pu empêcher le génocide au Rwanda si leurs casques bleus avaient été autorisés à intervenir dès le début des massacres en 1994.

Le rapport de la commission d'enquête met en cause le système onusien

Après six mois d'enquête et d'entretiens avec les principaux acteurs et l'accès aux documents confidentiels des Nations unies, la commission a "reconstruit" les évènements d'avril à juillet 1994. Elle juge responsable "un grand nombre d'acteurs, en particulier le secrétaire général, le secrétariat, le Conseil de sécurité et les Etats membres des Nations unies", qui ont ignoré les signes avant-coureurs qui laissaient penser qu'un massacre ethnique se préparait. Elle estime qu'ils "auraient dû s'excuser plus clairement, plus franchement, et beaucoup plus rapidement" pour ce génocide, qui est "l'un es pires actes de brutalité dont le genre humain ait été témoin au cours de ce siècle".

Chargé en 1994 des opérations de maintien de la paix, Kofi Annan est accusé par la commission d'une "prudence excessive et incompréhensible" face aux informations sur les préparatifs du génocide qui lui ont été communiquées par le comandant de la force de l'Onu au Rwanda (Minuar), le général canadien Romeo Dallaire. Pour la commission, l'ancien secrétaire général, l'Egyptien Boutros Boutros-Gahli porte lui aussi une part de responsabilité, car il "aurait dû insister davantage auprès du conseil de sécurité pour obtenir le renforcement" de la Minuar.

La commission dénonce vigoureusement le Conseil de sécurité qui, une fois le génocide déclenché, a démontré clairement son "manque de volonté politique" d'y mettre fin - le Rwanda ne présentant pas "d'intérêt stratégique". La Belgique est critiqué pour la décision "honteuse" d'abandonner à leur sort les 2'000 civils réfugiés dans une école. Les Etats-Unis sont accusés, pour leur part, d'avoir affaibli le mandat de la Minuar au Rwanda, en refusant de renforcer les effectifs de la Minuar, comme le proposait l'Onu. Enfin, la commission regrette que les moyens militaires déployés par la France "n'aient pas été mis à la disposition de la Minuar".

Source: Nations unies, New York, avril 2000.
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