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Rwanda-Le génocide des Tutsi




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2004, KIGALI / LE GENOCIDE DES TUTSI AU RWANDA
__Le Rwanda veut "prouver" l'implication de la France dans le génocide de 1994


La réaction française      La France au Rwanda

Dix ans après le massacre organisé de la minorité tutsie au Rwanda, le gouvernement rwandais a décidé, le 1er août 2004, de mettre en place une "commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide perpétré en 1994".

La France est accusée par l'actuel régime rwandais dominé par la minorité tutsie, au pouvoir depuis 1994, d'avoir entraîné et armé les auteurs du génocide, issus de la majorité hutue. Kigali reproche au gouvernement français - qui a toujours démenti toute implication dans le génocide - de n'avoir pas présenté d'excuses, ni demandé pardon au peuple rwandais.

Ce projet de loi "portant création de la commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994", a été adopté fin juillet 2004 par le conseil des ministres.

Le texte du projet de loi à l'étude à l'Assemblée nationale rwandaise accuse la France de "méconnaître et minimiser" le génocide. Dans son article 3, il précise que la commission devra montrer "la part que la France a eu et qu'elle continue d'avoir à ce jour" dans le fait de "méconnaître et de minimiser le génocide qui a eu lieu en 1994 […] en combattant le gouvernement mis en place après le génocide".

La "commission nationale indépendante" sera chargée de "de rassembler et d'examiner les écrits, les témoignages et autres preuves sur les activités tangibles exercées par la France et le comportement qui l'a caractérisé, tous destinés à aider l'Etat rwandais de l'époque jusqu'en juillet 1994, à planifier et exécuter le génocide ".

Interrogé début novembre 2004 par l'Agence France-Presse (AFP), l'ambassadeur de la France au Rwanda, Dominique Decherf, a déclaré que "le moment est venu de voir cette période de façon dépassionnée". "Les relations franco-rwandaises ne vont pas être bloquées à cause de ce qu'il s'est passé il y a dix ans. Il faut qu'on avance et c'est bien clair des deux côtés", a-t-il indiqué, ajoutant que "cette commission d'enquête [lui avait été] présentée non pas comme quelque chose de polémique, mais de scientifique".

Lors d'une rencontre en Afrique du Sud, le 28 juillet 2004, le chef de la diplomatie française, Michel Barnier, avait assuré au ministre rwandais des affaires étrangères, Charles Murigande. Que la France était prête à "travailler [avec le gouvernement rwandais] dans un nouvel état d'esprit et partager un travail de mémoire" sur le génocide rwandais. Selon des explications fournies […] par Charles Murigande, le ministre français se serait alors déclaré "prêt à accepter une part équitable du blâme" pour les crimes contre l'humanité commis au Rwanda en 1994".

Le Monde "En annonçant la mise en place d'une commission pour établir la "complicité" de la France dans le génocide, le pouvoir rwandais maintient la pression sur Paris pour empêcher l'aboutissement de l'enquête menée par le juge Bruguière. Il le fait alors que des témoignages émanant du premier cercle autour de Paul Kagamé attestent non seulement la responsabilité de l'actuel chef de l'Etat dans l'assassinat de son prédécesseur mais, aussi, pour des tueries à large échelle de civils hutus avant, pendant et après l'extermination des Tutsis. Emboîtant le pas au capitaine Abdul Ruzibiza, membre du commando qui a abattu l'avion de Juvénal Habyarimana, un ancien garde du corps du général Kagamé, le lieutenant Aloys Ruyenzi, vient d'accuser le chef de l'Etat rwandais, depuis son asile en Norvège, d'avoir ordonné des massacres de Hutus au Rwanda qu'il a qualifiés d'"épuration ethnique". Stephen Smith, Le Monde, 3 août 2004.

[Selon une enquête du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, dont les conclusions ont été connues début avril 2004, l'actuel chef de l'Etat rwandais a été le commanditaire de l'attentat du 6 avril 1994 contre l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Cet attentat a fait basculer le Rwanda dans un bain de sang.]

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