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LA COMMEMORATION DU GENOCIDE RWANDAIS >Conférence sur le génocide >Laccord de paix dArusha >Le TPIR en bref |
"Même les nations puissantes n'ont pas le droit de décider de la vie", a dit Kagame qui après avoir entamé son discours en kinyarwanda, l'a poursuivi en anglais. Vêtu de noir, il a rappelé ses déclarations antérieures ainsi que celles de certains leaders comme le président ougandais Yoweri Museveni. Il a rappelé que les Rwandais devaient assumer la responsabilité du génocide. "Nous avons laissé les colonialistes venir et ils nous ont appris à nous diviser et à nous tuer, nous aurions pu refuser", a-t-il dit. Selon lui les Rwandais sont "allés trop loin". Il a notamment cité l'exemple de Rwandais qui avaient tué leur propres enfants ou leurs épouses car ils ressemblaient ou appartenaient à l'ethnie tutsie."Seuls les cochons ou les chiens mangent leur descendance, m'a-t-on dit, mais jamais les humains", a-t-il ajouté. "Les Rwandais l'ont fait ( ). Je n'ai jamais entendu parler dans l'histoire de l'humanité d'une chose semblable à celle qui s'est passée au Rwanda". Kagame a aussi demandé aux Rwandais de changer. "Le monde entier les considère maintenant comme des tueurs, jusqu'aux victimes et aux survivants. C'est un crime dont nous devons nous excuser devant les Africains et l'humanité en général", a-t-il dit. Il a par ailleurs incité les Rwandais à ne pas se venger: "La solution n'est pas de condamner. En cas de litige avec quelqu'un, vous en parler en face, il ne faut pas vous venger sur sa famille". Kagame a aussi remercié les Nations unies pour la décision
de faire du 7 Avril la Journée internationale à
la mémoire des victimes du génocide. Il a également remercié le premier ministre éthiopien Meles Zenawi pour les 20'000 Ethiopiens qui ont défilé dans les rues d'Adis Abeba en mémoire des victimes du génocide et pour les prières organisées le 6 avril dans les écoles et différentes institutions éthiopiennes. LES ETATS-UNIS POURSUIVENT LA RECHERCHE DE SUSPECTS DE GENOCIDE, DECLARE PIERRE-RICHARD PROSPERKigali, le 8 avril 2004(FH) L'ambassadeur américain pour les crimes de guerre, Pierre-Richard Prosper, a déclaré à Kigali que les Etats-Unis continueront à aider le Rwanda, notamment en poursuivant la recherche des suspects de génocide encore en cavale. Prosper s'adressait à un groupe de délégués qui assistaient à la veillée nocturne quelques minutes avant minuit. Il a également indiqué que les Etats-Unis aideraient le Rwanda à unir ses familles, à fournir des bourses, à l'assister dans son combat contre le SIDA et à promouvoir l'Etat de droit. "Le président Bush et toute la nation américaine ont marqué cette occasion le coeur lourd, et reconnaissent que la perte subie par le Rwanda concerne le monde entier," a-t-il ajouté. Il a aussi rappelé que l'ancien président Bill Clinton s'était rendu au Rwanda en 1998 pour présenter ses excuses. Il a par ailleurs reconnu que "la communauté internationale était au courant peu de temps après le 7 avril 1994, qu'un génocide était perpétré au Rwanda". "Face à un génocide, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour y mettre un terme," a-t-il déclaré, ajoutant que "au fur et à mesure que les menaces se précisent, que le mal conspire et que la violence pointe, nous devons être prêts à prendre des décisions audacieuses dans l'intérêt de l'humanité." "Sauver des vies est une obligation morale qui incombe à toute nation et à tout individu," a poursuivi Pierre-Richard Prosper. Un peu plus tôt, le représentant de l'Irlande et de l'Union européenne, Briand Boyle, s'était également adressé aux délégués au stade Amahoro. "L'Irlande et l'Union européenne seront présents aux côtés de l'Afrique, du Rwanda et des Nations unies," a indiqué Mr. Boyle. A vingt heures, heure locale, le stade était encore à moitié plein, avant qu'une averse ne disperse la foule. Des poèmes ont été chantés et une chorégraphie présentée à la foule. L'événement a été retransmis en direct à la radio et à la télévision rwandaises, qui a en plus diffusé des films montrant des corps morts dans des églises, des gens massacrés pendant le génocide et des cadavres flottant sur le fleuve Akagera. Source: Agence d'Information, de documentation et de
formation (AIDF) - Fondation Hirondelle. |