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LA COMMEMORATION DU GENOCIDE RWANDAIS >Conférence sur le génocide >Laccord de paix dArusha >Le TPIR en bref |
Le général- major Augustin Bizimungu, nommé chef d'Etat-major de l'armée par le nouveau gouvernement promet de reprendre les positions "tombées" Mais la présence des rebelles est signalée, au milieu du mois suivant, aux abords de la "capitale bis". Le gouvernement évacue Murambi. Le 29 mai, les poids lourds du régime se retrouvent à Gisenyi (nord-ouest) à la porte du Zaïre de Mobutu Sese Seko, de peur d'être capturés par une rébellion qui vole de victoires en victoires. Kigali tombe, folle panique Durant tout le mois de juin, les combats font rage à Kigali. Le 4 juillet, au petit matin, la capitale tombe entre les mains des troupes rebelles. Deux semaines plus tard, les troupes du FPR s'emparent de Ruhengeri (nord) et s'apprêtent à marcher sur Gisenyi. En proie à une folle panique, le gouvernement se disperse. Certains cherchent refuge à Cyangugu (sud- ouest) dans la zone de "l'opération turquoise", sous contrôle français. Le premier ministre Jean Kambanda gagne Cyangugu à bord d'un hélicoptère de l'armée. Plusieurs de ses ministres le rejoignent par la route en passant par Kibuye, également dans la zone turquoise. Quant au gros des dignitaires, ils se réfugient en territoire zaïrois à Goma, ville jumelle de Gisenyi. Ils traversent la frontière zaïroise avec le charroi
de l'Etat : véhicules de fonctions, bus de l'Office national
des transports en commun (ONATRACOM), véhicules de l'armée
Des centaines de milliers de gens ordinaires les suivent à
pied, balluchon sur la tête. Fin d'un mythe Le mythe de l'invincibilité du régime et de ses forces armées est définitivement brisé. La chute de l'ancien régime est scellée le 19 juillet, lors de prestation de serment à Kigali du " gouvernement d'union nationale" dominé par le FPR. Progressivement, les capitales étrangères reconnaissent officiellement ce nouveau gouvernement. L'un des premiers actes des nouvelles autorités est d'appeler la population réfugiée à rentrer au pays. Des civils traversent la frontière en sens inverse, mais au compte-goutte, fuyant surtout le choléra qui a pris de court les agences humanitaires. Les anciens dirigeants, ou leurs représentants, sillonnent les nouveaux camps de réfugiés appelant leurs compatriotes à être patients. De passage dans un camp du nord Kivu vers fin 1994, Jean Kambanda aurait ainsi conseillé de "ne planter que des cultures à court cycle comme les choux", assurant que "le retour est imminent ", selon les souvenirs d'anciens réfugiés. Le discours des ex-responsables civils est relayé par celui de l'armée qui refuse obstinément de reconnaître sa défaite, et se dit en "repli tactique avant le grand retour au pays." Les camps démantelés, Nairobi destination de prédilection Ce retour aura lieu, principalement en 1996 et 1997, mais pas sous la houlette de Kambanda, ni de l'ancienne armée. Les camps sont démantelés par la nouvelle armée rwandaise et l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui, en moins d'un an, réussissent à installer Laurent Désiré Kabila, à la présidence de l'ex-Zaïre rebaptisé République démocratique du Congo (RDC). Au cours de cette offensive, entre 200'000 et 300'000 réfugiés hutus sont tués ou succombent à l'épuisement. En revanche, la plupart des poids lourds réussissent à se soustraire à la traque et à poursuivre le chemin de l'exil. Leur destination de prédilection semble être Nairobi, la capitale du Kenya. Hommes politiques, officiers, commerçants, leaders religieux..., y bénéficient, à leur arrivée, de la protection du président Daniel Arap Moi, alors très hostile au nouveau gouvernement rwandais. L'opération NAKI Mais, en 1997, une visite au Kenya de Paul Kagame, alors
vice-président du Rwanda, met fin à la bienveillance
du Kenya à l'égard des exilés hutus rwandais.
Au lendemain d'un tête-à-tête Kagame-Moi, la
police kenyane met la main sur plusieurs personnalités
rwandaises recherchées par le Tribunal pénal international
pour le Rwanda (TPIR) dans le cadre de l'opération baptisée
"NAKI" (Naïrobi-Kigali). Avec quatorze arrestations sur son territoire, le Kenya vient aujourd'hui en tête des pays dans lesquels le TPIR a interpellé des suspects de génocide. Sur cette liste kenyane, figurent notamment Jean Kambanda et trois de ses ministres. Arrêté en 1997, Kambanda a été condamné définitivement à la prison à vie en 2000 après avoir plaidé coupable de génocide et de crimes contre l'humanité. D'autres dignitaires avaient pris le chemin de l'Afrique de l'ouest. Après quelques mois de tranquillité, ils ont eux aussi été inquiétés : le Cameroun vient en première position avec dix arrestations, dont celle de l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, considéré par le procureur comme "le cerveau" du génocide. Arrêté en mars 1996, Bagosora est en procès depuis 2002. L'ex- ministre des transports, André Ntagerura, acquitté le 25 février 2004, avait également été appréhendé sur le territoire camerounais. L'engagement de Washington La traque n'est pas finie. En effet, selon le procureur général, le Gambien Hassan Bubacar Jallow, les limiers du TPIR sont toujours à la recherche de seize inculpés. Parmi eux , le milliardaire Félicien Kabuga, principal argentier, selon le procureur, de la Radio-télévision des Mille collines (RTLM), des membres du gouvernement intérimaire, des officiers tel l'ex- commandant de la garde présidentielle, le major Protais Mpiranya. Lors d'une conférence de presse au TPIR, le 23 janvier 2004, Jallow assurait que son bureau " s'emploie à les retrouver". "Toute personne mise en accusation et qui est toujours en fuite est une cible", déclarait sans ambages le successeur de la Suissesse Carla Del Ponte. Jallow peut compter, pour cela, sur l'engagement de Washington. Le gouvernement américain a promis des récompenses atteignant 5 millions de dollars à quiconque donnerait des informations conduisant à l'arrestation de certains de ces accusés en cavale. Le procureur devrait clôturer ses enquêtes en décembre 2004. D'ici-là une vingtaine de suspects auront été inculpés. Source: Agence d'information, de documentation et de
formation (AIDF) - Fondation Hirondelle. |