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Rwanda-Le génocide des Tutsi


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AGENCE HIRONDELLE

LA COMMEMORATION DU GENOCIDE RWANDAIS
1994 - 2004


>Conférence sur le génocide
>Déclarations du général Dallaire
>Commémoration, 7 avril 2004
>Commémoration, 8 avril 2004

>L’accord de paix d’Arusha
>La fin de l’ancien régime
>L’effervescence
qui précéda le génocide

>Les 100 jours du génocide
>Quelques héros du génocide
>Un laboratoire de la réconciliation
>Les enfants du génocide
>Le génocide au féminin
>Portrait, Kanyange, 16 ans

>Le TPIR en bref
>Les réalisations du TPIR
>L’autre mandat du TPIR
>Entretien avec le procureur du Tribunal
>Les accusés en cavale
>Les relations Rwanda-TPIR

>Le Burundi après le génocide


6 AVRIL 2004 / FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE / LA COMMEMORATION
__Portrait : Kanyange, handicapée du génocide

Fondation HirondelleKigali, 5 avril 2004 (FH)- Début 1994, Kanyange, âgée de 16 ans, avait mille projets. Mais la perte d'une jambe pendant le génocide l'a conduite à revoir nombre de ses rêves. "Je suis restée cachée pendant deux semaines dans un buisson près de la maison (à Butamwa, près de Kigali). Mais, un jour, tenaillée par la faim, je suis sortie de ma cachette pour aller chercher des patates douces dans un champ. Emmanuel, un jeune voisin hutu, m'a aperçue. Je l'ai entendu appeler d'autres jeunes leur disant qu'il venait de débusquer une petite Inyenzi".

La jeune femme se souvient avoir pris ses jambes à son cou, vers un marais non loin de là. "En courant, je suis tombée d'un long talus et je me suis fracturé la jambe gauche. Ils ne m'ont pas vue. J'y suis restée toute la journée. Je souffrais atrocement. La jambe enflait à chaque minute". La nuit, elle s'est traînée jusqu'au domicile d'une vieille femme hutu. Son fils l'a transportée a l'hôpital central de Kigali où on l'a amputée de sa jambe.

La douleur n'a pas complètement disparu. "Parfois, raconte-t-elle, je ressens des démangeaisons et je gratte le moignon". Mais, contrairement a d'autres handicapés qui ont choisi la mendicité, Kanyange essaye de gagner sa vie. "J'arrive à cultiver, à faire la cuisine et tous les travaux généralement dévolus aux femmes. J'ai horreur de la dépendance".

Elle accepte quand même l'aide destinée aux rescapés. "Je reçois une aide du FARG (Fonds d'assistance aux rescapés du génocide) qui paye le matériel scolaire et les frais de scolarité de mes neveux. J'arrive à subvenir aux autres besoins". Kanyange est en charge de trois des enfants d'un de ses frères, tué pendant le génocide.

A 26 ans, elle ne veut cependant pas entendre parler de mariage. "Je n'y pense plus. Je voudrais bien avoir un enfant pour laisser une trace. Mais je ne fais pas confiance aux hommes. Ils vous disent des mots doux. Vous vous mariez, ils vous convainquent de vendre votre héritage et vous abandonnent et vont chercher une femme valide. Je connais beaucoup de femmes qui sont tombées dans ce piège, elles sont complètement ruinées. Elles ont des enfants et luttent seules, avec leur infirmité. Tout le monde se moque d'elles. Moi, je vais éduquer mes trois neveux. Ce sont eux mes enfants".

Interrogée sur l'accueil qu'elle réserverait, si elle le trouvait, à l`homme responsable de son invalidité, elle répond d'abord par un silence ? "Emmanuel ? On m'a dit qu'il a fui au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo-RDC). Dieu s'occupera de lui", répond la jeune fille, son chapelet au cou.

Source : Agence d'information, de documentation et de formation (AIDF) - Fondation Hirondelle.
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