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Rwanda-Le génocide des Tutsi


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AGENCE HIRONDELLE

LA COMMEMORATION DU GENOCIDE RWANDAIS
1994 - 2004


>Conférence sur le génocide
>Déclarations du général Dallaire
>Commémoration, 7 avril 2004
>Commémoration, 8 avril 2004

>L’accord de paix d’Arusha
>La fin de l’ancien régime
>L’effervescence
qui précéda le génocide

>Les 100 jours du génocide
>Quelques héros du génocide
>Un laboratoire de la réconciliation
>Les enfants du génocide
>Le génocide au féminin
>Portrait, Kanyange, 16 ans

>Le TPIR en bref
>Les réalisations du TPIR
>L’autre mandat du TPIR
>Entretien avec le procureur du Tribunal
>Les accusés en cavale
>Les relations Rwanda-TPIR

>Le Burundi après le génocide


AVRIL 2004 / FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE / LA COMMEMORATION
__Les accusés encore en cavale

Fondation HirondelleArusha, le 30 mars 2004 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a arrêté à ce jour 67 suspects de génocide. Le procureur recherche encore 16 inculpés. Selon le procureur-adjoint, le Sud-africain Christopher Bongani Majola, 24 autres personnes font l'objet d'enquêtes. Bongani n'a pas voulu divulguer leur identité de peur que "les preuves ne disparaissent si l'opinion publique sait qu'ils font l'objet d'enquêtes".

N'étant pas doté d'une force de police propre, le TPIR compte sur la coopération des Etats pour arrêter les suspects. Le 29 juillet 2000, Washington a annoncé une récompense de l'ordre de cinq millions de dollars pour toute information qui conduirait à l'arrestation de personnes inculpées par le TPIR. La liste américaine qui comprend treize personnes a été établie à partir de celle du TPIR. Washington s'intéresse aux "gros poissons", notamment des ministres et de grands hommes d'affaires alors que le TPIR inclut plus de personnes qui auraient "trempé" dans le génocide.

Félicien Kabuga. Le plus connu des suspects en cavale est l'homme d'affaires Félicien Kabuga. Parent par alliance du président Juvénal Habyarimana, il était aussi président de la société RTLM (Radio-télévision libre des mille collines) s.a.

Selon le procureur, il était également l'un des principaux argentiers du parti présidentiel, le Mouvement démocratique républicain pour la démocratie et le développement (MRND) et de la Coalition pour la défense de la République (CDR) ainsi que de leurs milices.

Selon plusieurs sources, l'homme d'affaires vivrait au Kenya où il a réussi à échapper en janvier 2003 à la police locale et au FBI.

Augustin Bizimana. Il était ministre de la défense sous le gouvernement intérimaire en place durant le génocide. Selon le procureur, outre le fait qu'il exerçait une autorité sur les forces armées, Bizimana a autorisé l'armement de civils.

Callixte Nzabonimana. L'ex-ministre de la jeunesse est aussi en fuite. Ce militant du MRND jouissait, selon l'accusation, d'un ascendant sur la milice et les maires de sa préfecture natale de Gitarama (centre du Rwanda).

Augustin Ngirabatware. Le TPIR recherche également le gendre du milliardaire Félicien Kabuga et ex-ministre du plan, Augustin Ngirabatware, originaire de Gisenyi (nord-ouest) comme le président Juvénal Habyarimana.Up

Yusuf Munyakazi. Un rapport publié en 2003 par l'organisation londonienne de défense des droits de l'homme, Africa Rights, indique que beaucoup d'auteurs du génocide échappent à la justice du fait de leur statut de réfugié accordé par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le rapport cite notamment Yusuf Munyakazi, originaire de Cyangugu (sud-ouest). Le 29 avril 1994, allègue le procureur, Munyakazi aurait participé au massacre de près de 4.000 Tutsis à la paroisse de Shangi. A la paroisse de Mibilizi, 8000 Tutsis auraient été tués sur ses ordres le même jour.

L'homme aurait par ailleurs commis des massacres en dehors de sa préfecture. En mai 1994, il aurait dirigé des attaques sur les collines de Bisesero dans la préfecture de Kibuye (ouest) où ont été tués plus de 25.000 Tutsis qui y avaient trouvé refuge.

Gaspard Kanyarukiga. L'homme d'affaires Gaspard Kanyarukiga, quant à lui, exerçait ses activités à Kigali et à Kibuye. Il est aujourd'hui accusé de génocide, entente en vue de commettre le génocide et de crime contre l'humanité (extermination). L'acte d'accusation indique que Kanyarukiga et l'abbé Athanase Seromba, actuellement détenu par le TPIR, sont impliqués dans le massacre, le 14 avril 1994, de quelque 6000 Tutsis à la paroisse de Nyange, dans la préfecture de Kibuye.

Charles Sikubwabo, Aloys Ndimbati et Ryandikayo. Egalement traqué, l'ex-maire de Gishyita (préfecture Kibuye), Charles Sikubwabo. En fonction depuis 1993, cet ancien sous-officier des Forces armées rwandaises (FAR) aurait planifié et perpétré les massacres de Tutsis dans sa commune.

L'ex-maire de Gisovu, toujours dans la préfecture de Kibuye, Aloys Ndimbati, est aussi en fuite. Le procureur l'accuse d'avoir participé au génocide à Bisesero.

La liste de Kibuye se termine avec le restaurateur Ryandikayo [sans prénom connu] qui se serait entendu avec d'autres personnes en vue de tuer les Tutsis dans la préfecture entre le 9 avril et le 30 juin 1994.

Ladislas Ntaganzwa. Ladislas Ntaganzwa, l'ancien maire de Nyakizu, (préfecture Butare, sud du Rwanda) est également en fuite. Entre mars et juin 1994, il aurait, selon l'accusation, facilité l'entraînement militaire de certains civils dans sa commune et celle de Ngoma.

Protais Mpiranya et Ildephonse Nizeyimana. Deux militaires sont aussi recherchés. Protais Mpiranya, l'ancien commandant de la célèbre garde présidentielle (GP). Selon de nombreux témoignages entendus au TPIR, la GP a été impliquée dans de nombreux massacres notamment aux environs de son quartier général à Kimihurura dans la ville de Kigali.

Le capitaine Ildephonse Niyezimana, était commandant adjoint de l'Ecole des sous-officiers (ESO) à Butare (sud). Il est accusé d'avoir joué un rôle très actif dans les massacres de Tutsis à Butare.

Le Bureau du procureur doit clore ses investigations en décembre 2004. Selon le procureur, Hassan Boubacar Jallow, les enquêtes qui seraient encore en cours à cette date pourraient être transférées aux Etats où les suspects se cacheraient toujours.

Source : Agence d'information, de documentation et de formation (AIDF) - Fondation Hirondelle.
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