Home


Rwanda-Le génocide des Tutsi


Retour




AGENCE HIRONDELLE

LA COMMEMORATION DU GENOCIDE RWANDAIS
1994 - 2004


>Conférence sur le génocide
>Déclarations du général Dallaire
>Commémoration, 7 avril 2004
>Commémoration, 8 avril 2004

>L’accord de paix d’Arusha
>La fin de l’ancien régime
>L’effervescence
qui précéda le génocide

>Les 100 jours du génocide
>Quelques héros du génocide
>Un laboratoire de la réconciliation
>Les enfants du génocide
>Le génocide au féminin
>Portrait, Kanyange, 16 ans

>Le TPIR en bref
>Les réalisations du TPIR
>L’autre mandat du TPIR
>Entretien avec le procureur du Tribunal
>Les accusés en cavale
>Les relations Rwanda-TPIR

>Le Burundi après le génocide


AVRIL 2004 / FONDATION HIRONDELLE - AGENCE DE PRESSE / LA COMMEMORATION
__L’évolution politique au Burundi après le génocide rwandais

Fondation HirondelleArusha, le 25 mars 2004 (FH) - Le déclenchement du génocide rwandais le 6 avril 1994 a eu des répercussions sur l'évolution de la situation politique au Burundi voisin. Le président burundais, Cyprien Ntaryamira, qui avait rejoint les autres chefs d'Etat de la région à Dar es Salaam, est mort dans l'attentat contre l'avion de son homologue rwandais Juvénal Habyarimana.

1994
- 30 septembre : le président de l'Assemblée nationale, Sylvestre Ntibantunganya, est nommé président de la République. Il entre en fonction le 1er octobre. Ntibantunganya est membre du principal parti hutu, le Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU) de Melchior Ndadaye.
- Décembre : l'ex-parti unique, l'UPRONA (Union pour le progrès national), à dominante tutsie, se retire du gouvernement de coalition, à la suite de l'élection du Dr Jean Minani, un Hutu du FRODEBU, à la présidence du Parlement. Il accuse Minani, qui était jusque-là ministre de la santé, d'avoir incité les Hutu à tuer les Tutsi au lendemain du coup d'Etat du 21 octobre 1993.

1995
- Janvier : Minani renonce à la présidence du Parlement. Il devient simplement président de son parti. L'UPRONA rejoint alors le gouvernement. Des assassinats politiques se multiplient, sur fond d'une polarisation ethnique des quartiers dans la capitale Bujumbura. La communauté internationale craint le pire.
- Mai : les organisations humanitaires suspendent leurs activités au Burundi en raison de l'insécurité grandissante.
- Juin : Amnesty International (AI) publie un rapport faisant état d'exactions commises depuis 1993 contre des civils hutu par les forces nationales de sécurité en collaboration avec certains groupes extrémistes tutsi.

1996
- Juillet : le major Pierre Buyoya opère un coup d'Etat et écarte Ntibantunganya du pouvoir. Buyoya avait été battu par Ndadaye lors des élections présidentielles de 1993.

1997
Up - Janvier : un rapport du Haut commissariat pour le réfugiés (HRC) fait état de plus de 100'000 civils tués par l'armée dans des camps de déplacés à l'intérieur du pays.
- Mai : 79 militaires sont arrêtés accusés d'être impliqués dans le coup d'Etat de 1993.
- Juillet : Amnesty International demande à Buyoya de mettre fin à la politique de regroupement des civils dans des camps de fortune. A la fin de ce mois, six personnes sont exécutées après avoir été déclarées coupables de participation à des massacres après le coup d'Etat de 1993. Jusqu'en août, les cours pénales prononcent 30 peines de mort en rapport avec ces crimes.
- Décembre : le gouvernement annonce la suspension pour six mois des activités politiques du FRODEBU. La décision est annulée le même jour.

1998
- 1er janvier : plus de 1'000 rebelles hutu attaquent l'aéroport de Bujumbura. Bilan : 250 morts, selon diverses sources.
- 28 janvier : le ministre de la défense, le colonel Firmin Sinzoyiheba, est tué dans un accident d'hélicoptère. Les circonstances de l'accident n'ont pas été élucidées.
- Juin : une "Constitution de transition" est promulguée. Par ailleurs, le gouvernement entame des négociations de paix avec l'opposition sous les auspices de l'ancien président tanzanien Julius Nyerere.

1999
- Les combats se poursuivent entre rebelles et l'armée régulière. En septembre, au moins 350'000 personnes sont regroupées de force dans 60 camps de fortune.
- Décembre : l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, est nommé médiateur dans le conflit burundais, en remplacement de Nyerere décédé en octobre.
2000
- Mars : Buyoya accepte de démanteler progressivement les camps des déplacés.
- 3 mai : l'Assemblée nationale adopte une loi permettant aux citoyens burundais la double nationalité.
- 28 août : les parties burundaises signent à Arusha en Tanzanie un accord politique. Les deux principaux groupes rebelles, le Conseil national pour la défense de la démocratie- Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), et les Forces nationales de libération (FNL) ne sont pas liés par cet accord.

2001
- 18 avril : des rumeurs de coup d'Etat circulent à Bujumbura. Les auteurs présumés sont emprisonnés.
- Fin août : plus de 300 soldats sont radiés de l'armée, en raison de cette tentative de coup d'Etat.
Up - Octobre : l'Afrique du Sud accepte de donner une force de protection pour les personnalités politiques qui vont rentrer d'exil en vue de participer aux institutions de transition. La commission de suivi de l'accord de paix (CSA), qui jusque là se réunissait à Arusha, s'installe à Bujumbura.
-1er novembre : le gouvernement de transition est inauguré en présence du médiateur Mandela et de plusieurs chefs d'Etat africains. Buyoya va conduire la transition pour une durée de dix-huit mois avec comme vice-président, Domitien Ndayizeye, alors secrétaire général du FRODEBU.

2002
- Février : le CNDD-FDD accepte d'engager des négociations de cessez-le-feu avec le gouvernement.
- Fin juin : l'ancien président Jean-Baptiste Bagaza retourne au Burundi après quatre années d'exil en Libye et en Ouganda.
- Octobre : les branches dissidentes du CNDD-FDD et du FNL signent un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement mais les analystes en minimisent la portée.
- Novembre : Bagaza est placé en résidence surveillée, accusé d'avoir planifié l'assassinat du président Buyoya.
- 3 décembre : un protocole de cessation des hostilités est signé à Arusha entre la plus grande faction du CNDD-FDD et le gouvernement.

2003
- 26 mars : l'Union africaine (UA) et le gouvernement du Burundi signent un accord sur le déploiement de la force africaine d'intervention (AMIB).
- 4 avril : Bagaza est remis en liberté.
- 30 avril : Ndayizeye est proclamé chef de lEtat du Burundi devant conduire la deuxième moitié de la transition. Le Guinéen Mamadou Bah est nommé chef de l'AMIB.
- 16 novembre : signature d'un accord politique global entre le gouvernement et le CNDD-FDD. Les ex-rebelles entrent dans le gouvernement de transition une semaine plus tard.
- 15 décembre : l'ex-commandant rebelle, Adolphe Nshimirimana, est nommé chef d'Etat major adjoint de l'armée en voie d'intégration.
- 22 décembre : le Conseil de sécurité des Nations unies accepte le principe du déploiement d'une force onusienne de maintien de la paix au Burundi, qui remplacerait l'AMIB.
- 29 décembre : le nonce apostolique au Burundi, Mgr Michael Courtney, est tué dans une embuscade à une cinquantaine de kilomètres de Bujumbura.

2004
- 5 janvier : les FNL acceptent à leur tour de négocier avec le gouvernement. Les deux premiers rounds se tiennent respectivement à Nairobi au Kenya et à Amsterdam en Hollande.
- 17 mars : lancement de la formation d'une nouvelle unité mixte armée gouvernementale-ex-rebelles CNDD-FDD chargée de la garde des institutions.

La transition au Burundi doit s'achever le 1er novembre 2004. Mais des retards accumulés notamment dans la réforme de l'armée pourraient retarder cette échéance. La classe politique sera une nouvelle fois appelée à trouver un compromis.

Source : Agence d'information, de documentation et de formation (AIDF) - Fondation Hirondelle.
Up