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Plusieurs réunions avaient eu lieu pour la préparation de l'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana.
Des militaires, qui avaient la permission d'entrer ou qui se trouvaient à proximité du lieu de la réunion, ont entendu ce qui se disait dans cette réunion. Il s'agit du sergent Aloys Ruyenzi, agent de renseignement de l'unité du haut commandement en remplacement du lieutenant Silas Udahemuka qui avait été victime d'un accident de circulation. Le sergent Ruyenzi avait l'autorisation d'entrer et de sortir du lieu de la réunion. Il s'agit aussi du sergent Paul Karabayinga et du sergent Peter Sempa qui étaient de garde au lieu même de la réunion. Cette réunion s'est terminée sur la conclusion que, dès que l'opportunité s'en présenterait, l'avion serait abattu. Le président de la République est sorti du pays à deux occasions. La première fois, il s'est rendu au Zaïre le 5 avril 1994. Selon les informations recueillies par la direction de l'APR, le Président pouvait rentrer à la tombée de la nuit, de sorte que son avion pouvait être abattu. Mais il est rentré un peu plus tôt. La deuxième fois, c'était le 6 avril 1994. Le président Juvénal Habyarimana devait se rendre au sommet des chefs d'Etat à Dar es-Salaam en Tanzanie. Il a été abattu ce jour-là. Le problème primordial était de connaître le moment et la façon dont le président Juvénal Habyarimana allait quitter Dar es-Salaam ainsi que le moment où l'avion parviendrait dans le ciel de Kigali. Ces indications ont été données par les membres du FPR et les officiers du renseignement extérieur (External Security) de l'APR qui se trouvaient à Dar es-Salaam. Ils travaillaient sous couvert de l'armée ougandaise et prétendaient avoir choisi cette armée pour ne pas rentrer au Rwanda. Ils étaient pourtant au service du FPR. La direction de la NRA, y compris le commandant de l'armée, le général-major Mugisha Muntu lui-même, pouvait utiliser sans problème les agents de renseignement de l'APR. C'est ainsi que Patrick Karegeya a été envoyé en Tanzanie. Celui-ci est resté au sein de l'armée ougandaise jusqu'à la chute du gouvernement de Kigali. Il a informé, à partir de Dar es-Salaam, le lieutenant-colonel James Kabarebe que l'avion du président Habyarimana avait décollé. L'information a été transmise à Paul Kagame. Ils ont estimé que l'avion serait au-dessus de Kigali vers 20 h 30. Les ordres ont été donnés rapidement par téléphone satellite et devaient être exécutés dès que l'avion serait dans le ciel de Kigali. Son bruit était bien connu des soldats de l'APR stationnés à Kigali. C'était un avion très rapide, facile à reconnaître par son bruit. Ce soir-là, différentes équipes de commandos ont été déployées à l'endroit du tir. Les deux tireurs et un troisième soldat chargé de leur sécurité ainsi que le chauffeur se sont installés. Vers 20 h 25, l'avion a été abattu par deux tireurs. Le premier tireur, le caporal Eric Hakizimana, a touché l'avion sur l'aile droite sans pouvoir le descendre. Le deuxième tireur, le sous-lieutenant Frank Nziza, a lancé le second missile 3 ou 5 secondes après et a abattu définitivement l'avion. |