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LE RAPPORT |
Il manque plus de quatre millions de médecins, d'infirmières, de sages-femmes, d'administrateurs et d'agents de santé publique (dont 2,3 millions dans les pays en développement) pour répondre aux besoins de ces pays, dont 36 sont situés en Afrique subsaharienne. "Alors que la population mondiale augmente, le nombre de soignants reste stationnaire ou diminue là où l'on a le plus besoin d'eux", constate le Dr Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS. "Dans l'ensemble du monde en développement, les agents de santé sont confrontés à des difficultés économiques, à la détérioration de l'infrastructure sanitaire et à des troubles sociaux. Dans beaucoup de pays, ils sont aussi victimes de l'épidémie de VIH/SIDA". L'OMS estime à 59,2 millions le nombre des travailleurs de la santé à temps plein. Mais ils sont concentrés dans les pays riches et dans les villes, et les pays pauvres pâtissent d'un exode des compétences. Les maladies infectieuses et les complications de la grossesse
et de l'accouchement font au moins dix millions de morts chaque
année. Beaucoup de ces décès pourraient
être évités s'il y avait plus d'agents de
santé. Il est prouvé que quand le nombre d'agents
de santé augmente par rapport à la population, le
taux de survie des nourrissons, des enfants et des mères
augmente lui aussi. L'accès aux soins élémentaires
"On ne forme et on ne recrute pas assez d'agents de santé là où ils sont le plus nécessaires et les professionnels qualifiés sont de plus en plus nombreux à émigrer dans des pays plus nantis pour un emploi mieux rémunéré, soit dans un pays voisin, soit dans un pays industrialisé riche. Il est probable que ces pays attireront davantage de personnel étranger encore à mesure que leur population vieillit car elle aura besoin de soins chroniques au long cours", commente le Dr Timothy Evans, sous-directeur général de l'OMS. En tout, ce sont 2,4 millions de médecins, infirmières et sages-femmes, sans compter les autres personnels de santé, qu'il faudrait recruter dans le monde, dont 1,16 million en Asie du Sud-Est. L'Afrique noire, épicentre de la crise L'Afrique noire est "l'épicentre de la crise mondiale qui frappe le personnel sanitaire", selon le rapport : il y a en moyenne 2,3 travailleurs de santé pour 1'000 personnes dans cette partie du monde (contre 18,9 en Europe et 24 dans les Amériques) alors que le continent noir subit 24 % de la charge mondiale de morbidité. Moins de 30 % des budgets de santé en Afrique sont consacrés au personnel, contre 35% en Asie du Sud-Est, 42 % en Europe et 50 % en Amérique. L'Afrique subsaharienne possède 3% du personnel sanitaire mondial et ses dépenses de santé représentent 1% du total mondial, contre 37% et 50% dans les Amériques. Des stratégies novatrices Parfois, pénurie de personnel qualifié et chômage coexistent. Le rapport incrimine "les imperfections du marché du travail dans le secteur privé, le manque de fonds publics, les pesanteurs administratives et les ingérences politiques", ainsi que les politiques d'ajustement structurel qui restreignent le recrutement et la formation dans le secteur public. L'OMS recommande aux gouvernements d'adopter des stratégies novatrices visant une plus grande efficacité. Par exemple, les programmes de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et d'autres maladies prioritaires ont réussi à confier certaines tâches à des agents de santé ayant très peu de qualifications. Mais ces stratégies ont un coût : 10 dollars par personne et par an jusqu'en 2025 dans les 57 pays les plus durement frappés par la pénurie. Sources : Nations unies et OMS, New York et Genève,
avril 2006. |