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SIDA ET DROITS DE L'HOMME |
"Le SIDA a tout à voir avec les droits de d'homme", souligne Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. "L'accès au traitement du VIH/SIDA est capital pour la réalisation du droit humain fondamental à la santé. Selon les lois internationales régissant les droits de l'homme, les Etats ont l'obligation de prendre des mesures positives, sur le plan législatif, budgétaire et administratif, afin de faire avancer progressivement l'accession de tous au niveau le plus élevé de santé qu'il est possible d'atteindre. Cet engagement doit pouvoir s'appuyer sur des ressources, y compris en provenance des donateurs et de la communauté internationale."
La directive 6 révisée est une des 12 Directives internationales concernant le VIH/SIDA et les droits de l'homme, publiées conjointement en 1998 par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDN) et le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (Onisida). "Avec l'avènement des traitements du VIH qui permettent de prolonger la vie et la libéralisation des prix, l'accès au traitement est devenu la condition même de l'accession aux droits de l'homme des personnes vivant avec le VIH/SIDA ", rappelle le Dr Peter Piot, directeur exécutif de l'Onusida. "La nouvelle directive 6 devrait permettre aux gouvernements comme à la société civile de se concentrer sur la nécessité d'accélérer l'accès à la prévention et au traitement. L'inégalité ou la restriction de l'accès au traitement qui, dans les pays en développement, font qu'encore aujourd'hui moins de 5% des personnes nécessitant des médicaments contre le VIH en bénéficient, sont devenues totalement inacceptables." La directive révisée ne fait pas qu'avoir une grande importance pour l'avancement des droits de l'homme; elle renforce aussi la Déclaration d'engagement sur le VIH/SIDA adoptée en 2001 par 189 gouvernements lors de la Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies sur le VIH/SIDA. Au cours de cette réunion, les gouvernements se sont engagés à réduire de 25% la prévalence du VIH chez les jeunes, d'ici 2005 dans les pays les plus touchés et d'ici 2010 à l'échelle mondiale. La directive révisée ouvre de nouvelles voies en demandant aux gouvernements de prendre des mesures spécifiques. Ainsi, la directive 6 prie les gouvernements d'établir des plans nationaux concrets concernant les traitements liés au VIH/SIDA, qui soient assortis de ressources financières et d'un planning précis, afin de pouvoir atteindre progressivement l'accès de tous, et de façon équitable, aux traitements, aux soins et au soutien relatifs au VIH/SIDA; d'établir des mécanismes donnant aux personnes vivant avec le VIH/SIDA la possibilité de se défendre contre les inégalités et la discrimination limitant leur accès au traitement, aux soins et au soutien liés au VIH/SIDA; de mettre en uvre le contrôle de la qualité et de garantir la disponibilité des médicaments, du diagnostic et des technologies apparentées; enfin, de renforcer la coopération internationale et l'aide à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien liés au VIH/SIDA par le biais de contributions au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, récemment créé. La directive 6, qui est issue d'une consultation internationale d'experts sur le VIH/SIDA et les droits de l'homme tenue à Genève les 25 et 26 juillet 2002, donne une orientation politique en accord avec les temps que nous vivons et fondée sur le droit international actuel et les meilleures pratiques ayant cours au niveau des pays. |