Santé et dh

Journée mondiale du SIDA



SIDA 2002 / Vivez et laissez vivre
Kofi Annan : Prenons la résolution de remplacer la honte par le soutien, la peur par l’espérance, le silence par la solidarité


Live and let live"Lorsqu'un patient vient dans notre service, les lettres HIV sont inscrites en gros sur le dossier auprès de lui. N'importe qui peut donc les voir." Employé dans un hôpital privé, Mumbai.

Le 1er décembre chaque année, la Journée mondiale du SIDA attire l'attention sur la prévention et les soins du VIH/SIDA. La Campagne mondiale contre le SIDA 2002-2003 a pour thème la stigmatisation et la discrimination.

"Mes collègues ne m'ont rien dit ouvertement, mais leur attitude a changé. Ils m'évitaient. Si j'entrais dans une pièce, ils en sortaient aussitôt. Ils m'ont ensuite demandé de mettre mon verre à part. C'est alors que j'ai décidé de démissionner." Daljit, employé d'usine de 25 ans.

La stigmatisation et la discrimination continuent d'alimenter l'épidémie de VIH/SIDA en faisant obstacle aux efforts de prévention et de soin. De nombreuses communautés réagissent par l'ignorance, la peur, le refus et l'intolérance. Les personnes vivant avec le VIH/SIDA et leur famille doivent affronter à la fois le traumatisme de l'infection et les réactions négatives dans la vie quotidienne.

Kofi AnnanMessage de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida.

L'épidémie mondiale de sida a créé un terrible fardeau pour des millions de personnes, de familles et de communautés de par le monde. Pour le soulager, il faut une amélioration des soins de santé, un meilleur accès aux traitements, des efforts de prévention plus vigoureux, une solidarité sociale plus efficace et un soutien pour les plus vulnérables, en particulier les orphelins.

Mais il existe un autre fardeau terrible qu'impose le sida, fardeau que chacun d'entre nous a la possibilité de soulager: celui de la honte qui s'attache au VIH.

Les effets de cette honte peuvent être aussi néfastes que le virus lui-même. La solitude et le manque de soutien qu'elle impose meurtrissent profondément ceux qui en souffrent. Cela devrait aussi meurtrir chacun d'entre nous, car c'est un affront à notre condition d'être humain.

Certaines personnes vivant avec le sida se voient refuser la reconnaissance de leurs droits fondamentaux tels que le droit à la nourriture et au logement, et sont renvoyées de leur travail alors qu'elles sont parfaitement en mesure de l'accomplir. Il arrive que leur communauté ou, chose plus tragique encore, que leur propre famille s'en écarte.

Les murs de la honte et du silence se désagrègent

La peur de la honte conduit au silence et, quand il s'agit de lutter contre le sida, le silence c'est la mort. Il empêche tout débat public sur la maladie et dissuade les gens de chercher à savoir s'ils sont infectés. Il peut en amener certains, une mère nourrissant son enfant au sein ou un partenaire sexuel peu enclin à révéler s'il est infecté par le VIH, à courir le risque de transmettre le virus plutôt que d'être soupçonnés d'être infectés.

Mais les murs de la honte et du silence se désagrègent. On constate des progrès sur tous les continents. Les dirigeants s'expriment au plus haut niveau. Les droits des personnes vivant avec le VIH/sida sont défendus devant les tribunaux. Des normes se mettent en place sur les lieux de travail. Les écoles, les médias et les programmes d'éducation de la jeunesse contribuent à produire une génération mieux équipée pour vivre dans le monde du sida. Et, [en 2001], lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée générale, les Etats Membres de l'Organisation des Nations Unies ont adopté à l'unanimité une Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, qui a diffusé un message très clair dans le monde entier. Ils se sont engagés à adopter ou mettre en oeuvre une législation interdisant la discrimination à l'encontre des personnes vivant avec le VIH et des membres de groupes vulnérables.

Mais quelles que soient les lois et réglementations adoptées, les armes les plus puissantes contre la honte et le silence sont les voix des gens du monde entier qui s'expriment au sujet du sida. En adoptant le slogan "Vivre et laisser vivre", la Campagne mondiale de lutte contre le sida de cette année nous incite à veiller à ce que tous les gens, vivant ou non avec le VIH, puissent jouir de leurs droits fondamentaux et vivre dans la dignité. En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, prenons la résolution de remplacer la honte par le soutien, la peur par l'espérance, le silence par la solidarité. Agissons en sachant que ce travail commence avec chacun d'entre nous.

Source: Nations unies, New York,1er décembre 2002.
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